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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1140 du 26 septembre 2015/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Les lycéens de Port-Louis refusent le diktat de la proviseure

Depuis la rentrée, la proviseure Mme Derussy a imposé à la majorité des lycéens des cours le mercredi après-midi. Les élèves ont tenté à plusieurs reprises de lui expliquer que cela ne leur convient pas, sans succès. Ils ont donc décidé d’organiser une journée de grève, avec le soutien du journal Rebelle !. Ils ont prévu de distribuer un tract et de boycotter les cours le mardi 22 septembre. À l’heure où nous écrivons, on ne sait pas encore si la proviseure acceptera de revenir sur sa décision. Mais de nombreux élèves sont exaspérés par ce nouvel emploi du temps, qui ressemble plus à une brimade qu’à une tentative d’améliorer leurs conditions d’études. Il est en effet curieux de voir Mme Derussy justifier son choix par des arguments qui sont toujours différents, mais qui ne sont jamais convaincants. À certains, elle explique que c’est pour augmenter leurs chances de réussite. Mais les élèves sont épuisés. Ils n’ont plus le temps de travailler chez eux, ou même de trouver des stages. À d’autres, elle dit que c’est parce que le lycée manque de salles et de professeurs. C’est peut-être vrai, mais les élèves n’ont pas à faire les frais de l’austérité imposée par le gouvernement au service public d’éducation ! S’il manque des professeurs, pourquoi le rectorat a-t-il encore supprimé 34 postes dans le secondaire à cette rentrée ? À ceux qui ont besoin du mercredi après-midi pour faire du sport, elle a précisé qu’ils pourraient rater les cours, à condition de montrer un justificatif. Faut-il comprendre que ces fameux cours ne sont finalement pas si importants ? Ou qu’il est normal que certains lycéens suivent tous les enseignements, et d’autres non ? À tous ceux qui ont protesté, elle a rétorqué : « je veux faire une expérimentation, et c’est soit le mercredi après-midi, soit le samedi matin, point final ». C’est à se demander si elle considère les élèves comme des êtres humains, ou comme des rats de laboratoire… Les lycéens en Guadeloupe souffrent déjà de journées trop longues, encore allongées par des heures de trajet, pour certains. Ils étudient dans des locaux qui sont rarement aux normes, et parfois franchement insalubres. Ils n’ont en général pas de matériel performant pour travailler. Et il faudrait en plus qu’ils renoncent à la coupure du mercredi après-midi ? Les lycéens de Port-Louis ont raison de refuser ! DH210 DH : La grève du mardi 22 a été un succès. La proviseure a reçu une délégation d’élèves, mais elle a refusé de changer les emplois du temps. Les lycéens ont donc décidé de reconduire leur grève pour le lendemain.


Guadeloupe : Procès Nicolas Chaulet : Un Béké raciste devant la justice

Vendredi 18 septembre, a eu lieu le procès de Nicolas Chaulet au Tribunal Correctionnel de Basse-Terre. Il fait partie de ces riches familles blanches qui se sont enrichies grâce à l’esclavage aux Antilles. C’est parce qu’il a un statut «d’intouchable» qu’il s’est autorisé à insulter et agresser un homme noir, en mars dernier. Cet homme, c’est Frédéric Augustin, un artisan, qui déjeunait dans un restaurant avec un ami et deux femmes blanches. Cela n’aurait pas plu à Chaulet. Il a proféré des injures racistes en lui disant: «Sale nègre ! Fils de pute! Esclave ! Fils de vieille négresse ! C'est moi Nicolas CHAULET qui te le dis, les nègres ont toujours été les chiens des CHAULET ! Kounyi-a manmanw, makak ! Un petit nègre comme toi ne peut pas faire peur à un CHAULET ! Je vais te faire tuer, sale petit nègre !» (C’est ce qu’a rapporté un avocat maître Harry Nirelep, témoin de la scène). Ce n’est pas surprenant qu’un Blanc, issu d’une famille de riches planteurs, ait ce genre de comportement et tienne ce genre de propos. Cette classe békée est peut être nostalgique du système esclavagiste où ils avaient le droit de vie et de mort sur les esclaves. Au fil des générations, ils ont perpétué l’idée selon laquelle un Nègre reste inférieur à un Blanc. Un autre procès semblable a eu lieu en avril 2012, celui de Sylvie Hayot. Elle fait partie d’une grande famille békée, les Hayot, qui a son droit d’entrée à l’Elysée. Sous l’emprise de la drogue et de l’alcool, elle avait provoqué un accident de la route. Les pompiers qui sont intervenus ont été traités de «sales nègres» et elle avait même giflé un gendarme noir. C’est parce que Sylvie Hayot fait partie de ces riches familles que sa peine a été plus légère que pour un pauvre qui aurait commis les mêmes délits. On sait bien qu’en général dans ces affaires, la justice, tout comme l’État, sont du côté de cette classe békée. Le procureur qui a requis un an d’emprisonnement ferme et 1500 euros d’amende à l’encontre de N. Chaulet lors de l’audience, aujourd’hui le dément. Il clame que les journalistes se sont trompés, il n’aurait pas dit un an mais un mois de prison. Tous ces Blancs racistes doivent être condamnés. Une justice qui ne condamne pas ces racistes, c’est scandaleux ! Car elle encourage et devient complice de la haine raciale.


Guadeloupe : Bernier, seul contre les vents contraires sur son navire en perdition !

Laurent Bernier, maire de Saint François, conduira en Guadeloupe la liste des "Républicains"- ex UMP à la demande de Sarkozy, aux élections régionales de décembre prochain. Michaux Chevry et Marie Luce Penchard, comme le font les rats, ont préféré quitter le navire sarkoziste qui coule. Elles ont préféré monter dans la vedette plus rapide de Chalus pour tenter d'avoir une place assurée au nouveau Conseil Régional de décembre. En effet, la droite est en pleine déconfiture en Guadeloupe pour l'instant. L'adhésion de madame Carabin, député maire du Moule, à Lurel depuis déjà quelques années avait déjà sonné l'hallali du vieux parti de droite. Bernier se raccroche alors aux centristes de l'UDI tout aussi fantomatiques. Pauvre Bernier, le voilà bien seul... Son petit électoral communal ne lui suffira pas pour gagner de nouveaux postes en conséquence. Sarkozy lui a fait un cadeau empoisonné. Et lui en fidèle serviteur a accepté ce sacrifice. Que ne ferait-t-on pas pour le parti du grand patronat ! Mais il pourra toujours remplacer son navire en perdition par l'une des nouvelles villas flottantes sur la mer de la marina de St François dont il est si fier ! Et alors pourra-t-il alors méditer, les yeux rivés sur sa petite portion d'Atlantique. A chacun son "St Hélène" !


Martinique : ÉCHO DES HÔPITAUX

QUEL EST L’OBJECTIF RECHERCHÉ ? Le 2B est retenu comme service pilote pour les activités liées à la pharmacie. Ainsi, on apprend qu’un patient qui arrive avec sa prescription et ses médicaments, ne doit pas les prendre ; l’IDE du service doit téléphoner à un numéro pour signaler le fait et c’est l’hôpital qui délivre un médicament qui a la même molécule mais pas le même nom ; personne ne comprend le sens de cette mesure. On note que la Sécu va débourser deux fois et on cherchera à faire des économies pour combler le déficit.

DES INQUIÉTUDES JUSTIFIÉES ! Dans certains services des collègues ont développé des cancers. Plusieurs s’interrogent et rapprochent cela de nos conditions de travail : des situations de stress qui se multiplient et se renforcent, des tensions, des interrogations qui restent sans réponse, des dénonciations de souffrance ou harcèlement qui ne sont pas traitées. Le service de Santé au travail a du pain sur la planche ! Notre action collective et solidaire pourrait être salutaire.


Martinique : La CTM , les partis nationalistes, les notables et la position de la liste Combat Ouvrier

Extraits de l’intervention de notre camarade Gabriel Jean-Marie qui sera candidat sur la liste Combat Ouvrier, lors de la réunion Combat Ouvrier du 15 septembre 2015.

« …..La réalité c’est que cette nouvelle CTM c’est peu de-chose et ils le savent. Ce n’est qu’un nouvel arrangement institutionnel concocté avec le gouvernement et qui va dans le sens des intérêts actuels de la bourgeoisie, de concentrer les dépenses. D’ailleurs, c’est la moindre des choses qu’il n’y ait pas de chevauchement des compétences des prérogatives entre le Département et la Région. En définitive, ces formations ou regroupements de formations se taisent sur la situation des exploités, sur la situation des travailleurs. Aucune ne remet en cause le système capitaliste et tous font acte d’allégeance devant les possédants. «Je lance un appel solennel aux investisseurs martiniquais leur demandant d’accompagner les initiatives publiques.» déclarait Marie-Jeanne, 26 avril 2015.
La réalité c’est qu’en ne disant rien, ils sont en fait complices de ceux qui dirigent. Ils sont dans les faits d’accord avec l’exploitation capitaliste et toutes ses conséquences. Notre organisation, Combat Ouvrier, présentera une liste aux élections à la CTM en Martinique.
Et dès maintenant, nous appelons les travailleurs et les exploités à dénoncer la duperie des deux camps nationalistes de notables qui s’affrontent pour les postes en Martinique, mais également de tous ceux qui brandissent l’expression «Martinique» comme gage de désintéressement.

Nous ne nous battons pas pour «défendre la Martinique». La Martinique actuelle, c’est celle des gros possédants, des Hayot, des Aubéry, des Ho-Yo Hen et Parfait et autres De Pompignan.

Nous nous battons pour que, dans cette Martinique, les travailleurs, les classes exploitées, les classes populaires se mettent en lutte contre l’exploitation des capitalistes, békés ou noirs, et ceux des grosses sociétés métropolitaines. Dès maintenant, nous leur disons : «Construisons notre force, indépendante des capitalistes et de tous les notables qui prétendent vous défendre alors qu’ils ne se battent que pour des postes.»
Et puisqu’il faut aussi éliminer les séquelles du colonialisme, c’est cette force des travailleurs et des exploités qui pourra le faire bien mieux que les autres, bien mieux que ces notables qui déjeunent à l’Élysée, qui ne sont que les serviteurs politiques des riches exploiteurs et qui veulent nous faire croire que la CTM serait un pas vers la décolonisation totale. Cela aussi, c’est une tromperie, car cette CTM a été octroyée par l’État français comme un joujou, un hochet, aux notables locaux pour faire croire en notre émancipation. Mais ce n’est qu’un bricolage administratif de plus de l’État français, qui ne changera rien, rien au chômage qui fait des ravages, rien à la pauvreté, rien à l’exploitation et aux bas salaires, rien aux séquelles coloniales. Par contre, cette CTM, les travailleurs pourraient l’utiliser pour y envoyer des travailleurs combatifs. Il faut que des travailleurs combatifs puissent y faire entendre les revendications ouvrières, contrôler les notables et les fonds qu’ils manipulent et dénoncer les mauvais coups. C’est la seule chose utile que nous pourrons faire à ces élections. Et c’est déjà beaucoup. Pour renouer avec la tradition communiste révolutionnaire !
La liste Combat Ouvrier est la seule liste qui se réclame du communisme révolutionnaire. Donc du renversement de l’ordre capitaliste, et de la redistribution des richesses produites par les travailleurs à la majorité de la population et non plus pour une minorité de possédants. Toutes les autres s'inscrivent dans le système actuel. Nous profiterons de cette campagne pour appeler aussi les travailleurs et l'ensemble des opprimés à construire le parti communiste révolutionnaire qui, le moment venu pourra être le fer de lance de la révolution sociale pour le renversement de la bourgeoisie.


Martinique : Baisse des dotations aux collectivités

L’association des maires de Martinique était réunie le mercredi 16 septembre pour définir sa position sur la journée de mobilisation de l’association des maires de France du 19 septembre. Cette association (les maires de France) est dirigée par François Baroin, maire de Troyes et membre du parti Les Républicains-ex UMP. Leur mobilisation était prévue contre la baisse des dotations de l’État. A cette occasion, Maurice Bonté, maire divers Droite d’Ajoupa Bouillon et président de l’association des maires de Martinique, a été interviewé sur les radios. Il a informé le public de la réduction pour les communes de 30% des dotations pour 2017. Il a annoncé les répercussions qu’elle aura au niveau des services rendus à la population par les municipalités : prix de la cantine, des transports scolaires ou autres interventions des services communaux. Selon lui, les budgets des communes de Martinique sont jusqu’ici en équilibre, alors pour ne pas en arriver à des situations difficiles, il faudra «prendre des précautions en amont». Ce qui veut dire compenser les baisses par des augmentations des impôts locaux pour la population.

Ce qui signifie aussi des restrictions sur les salaires qui constituent la première dépense communale… Et M. Bonté de compléter ses propos en disant que dans les mairies il ne sera pas possible de licencier, mais qu’il sera possible de ne pas remplacer les départs en retraite, ou encore de baisser ou supprimer certaines primes, etc. Voilà le discours tenu par le représentant des maires aux populations des communes, en guise de mobilisation contre les baisses des dotations aux Collectivités !

Un tel discours sert plutôt à dire à la population qu’il est normal qu’elle ait à payer et qu’elle doit se préparer à accepter une situation plus difficile pour elle. Il ne sert sûrement pas à lutter contre une politique de l’État qui aboutit à étrangler les finances locales et à accroître les difficultés de la population. A cela il n’y a rien d’étonnant car les élus de la droite hier ou de la gauche aujourd’hui, ont toujours été complaisants avec la politique des gouvernants consistant à prendre dans les caisses de l’État pour financer les cadeaux aux patrons.


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