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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1140 du 26 septembre 2015/Première page

Première page

Editorial: Tout est fait pour le grand patronat et les riches! Les attaques s'abattent sur les travailleurs et les pauvres

ZoomLe gouvernement Hollande-Valls et ses notables auxiliaires aux Antilles sont aujourd'hui ouvertement les fidèles exécutants du grand patronat. Il n'y a plus aucune différence entre ce gouvernement et celui de Sarkozy-Fillon. La gauche et la droite se partagent les tâches à tour de rôle contre les travailleurs et la population opprimée. Le grand patronat exige de vouloir embaucher et licencier quand il veut, de contourner les lois ou d'en faire d'autres pour ses profits, de bidouiller le code du travail que certains même veulent abolir, de restreindre l'activité des prudhommes jugés trop favorables aux travailleurs, d'être exonéré de charges sociales et fiscales à chaque fois qu'il le demande.
Et le gouvernement s'exécute. Et plus il s'exécute, plus les grands patrons en redemandent. Et leurs profits s'accroissent ! Pierre Gattaz, le patron du MEDEF (le plus important syndicat du grand patronat), fait sa colère d’enfant gâté parce que le gouvernement reporte d’un trimestre les baisses de cotisations sociales sur les salaires compris entre 1,6 et 3,5 fois le Smic. Pourtant, cette mesure ne remet pas en cause le pacte de responsabilité ni les multiples aides à fonds perdus accordées au patronat ! En octobre 2013 en Guadeloupe il a suffi que les patrons du bâtiment avec Gaddarkhan en tête bloquent la zone de Jarry et les principales artères pour que le soir même une table ronde soit organisée avec les représentants de l'État et de la Région. Ces patrons ont immédiatement obtenu l'effacement de 165 millions de dettes sociales ! Et tout à l'avenant.
Le CICE (Crédit d'impôt-compétitivité-emploi) est le crédit d’impôt accordé par l’État aux entreprises. Son montant est de l’ordre de 1000 euros par an pour un salarié payé au smic. Le comité de suivi du CICE constate que le système fonctionne à plein régime. Il a rapporté au patronat 11,2 milliards d’euros en 2014. Ce sera probablement 18,2 milliards cette année, et ensuite 20 milliards par an. Et les emplois que cette aide est censée aider à créer ? Impossible d’évaluer l’impact du CICE sur l’emploi, déclare le comité de suivi. Il n’y a qu’à voir les chiffres du chômage pour constater que le patronat empoche l’argent sans embaucher.
Le CICE est une arnaque du patronat et du gouvernement au détriment de la population. On comprend bien alors pourquoi le grand patronat acclame les ministres de Hollande : l'année dernière, Valls s'était fait acclamer par les patrons du MEDEF lors de leur université d'été. Il avait déclaré qu'il "aimait l'entreprise", autrement dit qu'il aimait les capitalistes. Cette année, c'est Macron, ministre de l'économie, qui s'est fait acclamer par ces mêmes patrons car il a pris position contre les 35 h devant eux. De plus, il vient de s'attaquer au statut des fonctionnaires. Les pressions pour supprimer les 40% de prime de vie chère des fonctionnaires antillais se font de plus en plus entendre de la bouche des fidèles du gouvernement Hollande et de ceux de la droite. Et voilà que nos notables de Guadeloupe et de Martinique sont en train de se battre dans cette campagne électorale pour la CTM en Martinique et pour les régionales en Guadeloupe, pour tenter d'être chacun le meilleur serviteur possible de ce patronat ! Le véritable enjeu en réalité, c'est cela, qu'ils soient de gauche, indépendantistes ou de droite ! Les listes Combat Ouvrier dans les deux îles conduites par nos camarades Ghislaine Joachim-Arnaud en Martinique, et Jean-Marie Nomertin en Guadeloupe, sont les seules à s'opposer aux capitalistes, aux riches. Elles seules déclarent que la lutte pour faire régurgiter aux grands patrons même une partie de leurs profits réalisés sur l'exploitation des travailleurs est le moyen le plus efficace pour embaucher et pour augmenter les salaires et les pensions !


Guadeloupe : Chalus et Lurel : un petit malin et un vieux rusé mais deux notables à rejeter par le camp des travailleurs et des exploités !

Ary Chalus, député maire de Baie-Mahault a été élu dimanche 20 septembre comme la tête de liste du GUSR (Guadeloupe Unie Socialisme et réalité), une branche séparée des socialistes depuis plusieurs années mais qui s'affirme toujours de gauche. Il rassemblera donc les Losbar, maire de petit Bourg, Gillot sénateur et ex président du Conseil Général ainsi que bien d'autres notables comme Serva, Barfleur etc. Ce qui anime tous ces notables c'est de prendre la place de l'équipe Lurel au Conseil Régional. C'est tout. Chalus pioche à gauche comme à droite puisqu'il récupère aussi les ex ministres de Chirac et Sarkozy : Michaux Chevry et sa fille Marie-Luce Penchard. Est-il différent de Lurel si ce n'est par son plus jeune âge ? Oh que non ! C'est le même type de notable. Bien lié aux patrons de Jarry, aux bourgeois et petits bourgeois aisés, Chalus est fort bien vu par eux pour qui il se montre très conciliant. Et il n'hésite pas avec Chevry et Penchard à se doter d'ex ministres qui ont participé à des gouvernements Chirac et Sarkozy et qui ont exécuté, comme Hollande et Lurel aujourd'hui toutes les volontés du grand patronat et favorisé la montée du chômage et des licenciements. Lurel, lui, fait beaucoup de cadeaux aux gros patrons, à ceux du BTP, aux gros planteurs de banane, aux hôteliers. Il verse des subventions à ces hôteliers qui, malgré tout ferment leurs portes et licencient, comme viennent de le faire les patrons du Manganao. Il permet aux grosses entreprises du bâtiment d'être exonérées de la taxe sur le Gazoil. Il a versé plus de 4 millions aux riches patrons de la banane pour une mûrisserie ; il y a quelques jours il était encore à l'Élysée avec les patrons des DOM pour quémander à Hollande de nouvelles aides en leur faveur. Chalus et Lurel sont en train de cristalliser sur leurs noms toute la campagne des élections régionales. Et la majorité des notables a lancé le match ! Mais les travailleurs, les chômeurs, les jeunes, les exploités auraient bien tort de se battre pour l'un ou pour l'autre. Aucun des deux n'est leur défenseur. Ils font partie du personnel politique qui est utilisé par les gouvernements et les patrons pour qu'ils agissent dans les intérêts des possédants, des capitalistes, des couches aisées de la population.


Martinique : CTM : Tempête dans un verre d’eau

Plus la date de l’élection approche, et plus les insultes, invectives et menaces tiennent lieu d’arguments chez certains. Le dernier fait a été la cause d’un déferlement d’injures à connotation raciste contre un journaliste de Martinique 1ère. Cela concernait le vote d’un amendement précisant une hiérarchisation des deux directeurs généraux des services du Conseil Régional et du Conseil Général dans la nouvelle Collectivité Territoriale de Martinique. Ce vote fera de celui de la Région le directeur titulaire et celui du département, son adjoint. Le présentateur du journal télévisé de 19h attribua (par erreur, semble-t-il, mais cela reste à prouver) la paternité de cet amendement au député de Fort-de-France, Serge Letchimy, qui est le président du Conseil Régional et candidat tête de liste de "Ensemble Pour une Martinique nouvelle" (EPMN). En fait, si le fameux amendement a été présenté par le gouvernement, il a été soutenu par Letchimy alors qu’une députée de Guyane n’en voulait pas.
La présidente du Conseil Général s’est manifestée en saisissant la ministre des Outre-mer et en informant les parlementaires locaux. Nilor, député MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais) du «Gran sanblé» n’en demandait pas tant pour s’en servir comme argument contre son adversaire. Montée au créneau de Chantal Maignan, de Camille Chauvet et du directeur de cabinet du président de la Région ainsi que de nombreux intervenants sur les réseaux sociaux qui n’ont rien trouvé de mieux que de rappeler à ce journaliste "qu’il n’est pas natif de Martinique, mais originaire d’un pays d’Afrique noire", et ils l’accusent même d’avoir des accointances avec le camp des patriotes du «Gran sanblé» de Marie-Jeanne et Lise. Certains sont même allés jusqu’à proférer des propos qui s’apparentent à des menaces et ont justifié leurs prises de position qui se veulent radicales comme étant de la légitime défense. Devant un tel emballement, la tête de liste d’EPMN n’a pu qu’intervenir pour… demander que la sérénité revienne.
Pourquoi ce soudain coup de chaud ? Le gouvernement a décidé de donner son accord pour mettre en place un «machin» comme disait de Gaulle, machin qui aura pour nom CTM (Collectivité territoriale de Martinique), mais que le gouvernement contrôlera via le préfet notamment. Mais ce machin aiguise les appétits. Et pour cause, certains sont allés jusqu’à qualifier cette CTM et son mode de gouvernance de mini gouvernement avec ses ministres. A cela on peut ajouter que, de 86 sièges que comptent l’actuel Conseil Régional (41) et le Conseil Général (45), on passe à 60 dans la CTM, et que chaque coalition regroupe plusieurs partis qui veulent placer leurs notables. On comprend tout de suite que le prix de la place est élevé et qu’il faudra batailler ferme pour espérer avoir son strapontin.
Tous ces protagonistes n’ont jamais mis une telle énergie, un tel engagement à s’en prendre au gouvernement pour qu’il mène une politique de lutte contre le chômage, contre la misère, le manque de logement, contre tous ces riches qui affichent de manière insolente leur confort et leurs privilèges. Non ! Tous ces grands défenseurs de la démocratie et de la transparence crient sus au journaliste qui a révélé une prise de position embarrassante de leur champion. Et voilà comment un fait divers banal est monté en épingle pour éviter de parler des vrais problèmes qui assaillent la grande majorité de la population. Une vraie fausse diversion.


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