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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1139 du 12 septembre 2015/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : Rentrée scolaire : «Une école plus juste» ? Pas du tout !

À la télévision, le recteur Galap a dit qu’il éprouve «un sentiment de satisfaction» pour sa première rentrée dans l’académie. Même si la première semaine de septembre n’a pas vu de mobilisation des parents ou des enseignants, nombreux sont ceux qui ne partagent pas ce «sentiment de satisfaction». À commencer par les parents des élèves de primaire, qui doivent maintenant payer pour envoyer leur enfant à l’école. La majorité des communes de Guadeloupe demandent de l’argent pour les activités mises en place l’après-midi, de 20€ par an jusqu’à 110€ à Terre-de-Bas aux Saintes. Sous prétexte de réformer les rythmes scolaires, le gouvernement a piétiné le principe de la gratuité de l’école. Les écarts constatés d’une commune à l’autre montrent qu’on est bien loin de «l’école plus juste» que la ministre Vallaud-Belkacem prétend mettre en place. Cette rentrée est aussi marquée par de nombreux problèmes, auxquels les familles sont malheureusement habituées. Beaucoup de professeurs manquent pour assurer les cours. C’est logique, quand on sait que cette année encore la Guadeloupe a perdu 63 postes d’enseignants. Pour d’autres élèves, c’est encore pire : ils doivent en urgence trouver un établissement pour les accueillir. Début septembre, 400 élèves qui sortent de troisième n’avaient pas encore trouvé de place ! Derrière les beaux discours sur «l’égalité des chances et la réussite de tous les élèves", les mesures prises par le gouvernement accentuent les difficultés des familles et de leurs enfants.


Chine : l’économie s’enraye

Le 24 août, les marchés financiers chinois ont connu leur «lundi noir» : les prix des actions ont chuté de 8,5 %, un record depuis huit ans. Les autorités ont accusé un journaliste d’avoir diffusé de fausses informations. En réalité, comme partout ailleurs dans le monde, ce qui ne marche pas en Chine, c’est le capitalisme. Au cours des 30 dernières années, l’économie chinoise a grandi d’environ 10 % par an, doublant de taille tous les 8 ans. Ce «miracle» reposait en premier lieu sur l’exportation de produits bon marché, fabriqués par une main d’œuvre surexploitée. Dès 2005, la Chine fabriquait la moitié des caméras vidéo du monde, un tiers des climatiseurs, un quart des machines à laver, etc. En 2010, elle est devenue le premier producteur industriel du monde. Mais il y a une limite à la quantité de marchandises que peuvent consommer les populations des pays riches, en particulier les travailleurs dont les revenus ont été attaqués partout en Europe et aux États-Unis depuis la crise de 2008. Anticipant les difficultés qu’ils auraient à vendre leurs produits à des pays en pleine austérité, les dirigeants chinois ont essayé de les vendre à leur propre population, c’est-à-dire de se tourner vers leur immense marché intérieur. C’est ce mirage qui a conduit, par exemple, la famille Peugeot à fermer l’usine PSA d’Aulnay pour financer des projets d’usines en Chine où on immatriculait alors 15 millions de nouveaux véhicules par an… Mais si la consommation des pays riches est limitée par la crise, celle d’un pays comme la Chine l’est tout simplement par la surexploitation : le PIB (la richesse créée) par habitant est encore aujourd’hui compris entre celui de la République Dominicaine et celui de Grenade ! C’est pourquoi depuis 2012, l’économie Chinoise montre des signes de ralentissement. Dès le 13 juin dernier, une série d’effondrement des bourses chinoises a obligé le gouvernement à bloquer tous les échanges pour tenter d’endiguer la débâcle. Et les 11, 12 et 13 août, il a par trois fois dévalué sa monnaie, le Yuan, pour tenter de rendre ses produits moins chers à l’étranger et relancer ainsi ses exportations… retour à la case départ. L’économie de la Chine est encore loin de la récession, mais les travailleurs chinois – dont les luttes récentes leur ont fait gagner des augmentations de salaires importantes – vont certainement être les premières victimes de ce repli vers une économie d’exportation basée sur une main d’œuvre à bon marché. À terme, la crise est inévitable, et elle risque d’entrainer le monde entier.


Gosier : Mobilisation contre les problèmes d'alimentation en eau.

Lundi 1er septembre les habitants des hauteurs de la section Labrousse ont bloqué les portes de la mairie de leur commune le Gosier. Ils voulaient que le maire intervienne pour que l’eau revienne dans leurs robinets. Ils en avaient marre de se réveiller en pleine nuit pour faire des réserves d’eau. Ils étaient une quarantaine et déterminés à obtenir une solution à leur problème. Le maire a été obligé de les écouter et contraint de tenir une réunion avec tous les manifestants, ses services, et un représentant du SIAEAG, (syndicat intercommunal d'alimentation en eau et assainissement de la Guadeloupe). Lors de ces négociations le maire s’est engagé à distribuer des packs d’eau et le SIAEAG à installer dans la section un réservoir de 7000 litres d’eau. Mercredi et jeudi, ce fut chose faite. Pour régler définitive le problème, engagement a été pris d'installer un suppresseur. Ainsi l’eau aura suffisamment de pression pour atteindre les hauteurs de la section. Les solutions au problème d'eau des habitants des hauteurs de Labrousse existaient mais il a fallu qu'ils "mettent la pression" sur le maire et le SIAEAG pour que ceux-ci daignent s’occuper d’eux. Un exemple à suivre.


Guadeloupe : France-Antilles : La menace de 49 licenciements se précise !

La direction a toujours en tête son plan de suppression de 49 postes et l’a présenté fin juillet aux représentants du personnel qui devaient l’étudier durant les vacances et faire des contre propositions. Le jeudi 3 septembre 2015, le personnel s'est mobilisé car ce jour-là il y avait une rencontre avec la direction. Le mouvement a été largement suivi car le personnel est inquiet et entend se battre contre ce projet Les travailleurs refusant le moindre licenciement, la direction dit étudier un nouveau plan qui leur sera soumis prochainement. Pour l’instant elle propose la suppression totale de 3 services : la comptabilité, internet et le service des maquettistes (ceux qui font la composition et le montage des magazines). Deux postes de journalistes sont aussi menacés ainsi que 2 de reporters photo. Après la grève, la direction a déclaré vouloir proposer un nouveau plan et les négociations vont réellement commencer avec les organisations syndicales dans les jours qui viennent. Dans cette affaire de licenciements, on constate que la direction de France-Antilles a bien "manœuvré". Elle s'en est d'abord pris aux employés de France-Antilles Martinique, pour attaquer aujourd'hui ceux de Guadeloupe. Un mouvement d'ensemble des employés du groupe en Martinique, Guadeloupe et Guyane aurait eu plus de force pour s'opposer aux mauvais coups de la direction. Rien ne dit aujourd'hui que les employés n'y parviendront pas.


Guadeloupe : Les employés de Darty en grève contre 9 licenciements.

Depuis le vendredi 4 septembre, à l'appel du syndicat UEC-UGTG, les employés du magasin Darty à La Jaille (Baie-Mahault) sont en grève pour s'opposer aux licenciements de 9 de leurs camarades sur un effectif de 32. Les grévistes sont rassemblés devant le magasin dont ils interdisent l'accès. Pour les employés en grève, il n'est absolument pas question d'accepter ces licenciements. Cela d'autant plus que le groupe CAFOM qui exploite les enseignes DARTY, BUT, MUSIC & SON en Guadeloupe et dans d'autres DOM a bénéficié du CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi) et d'exonérations de charges sociales et vient de faire savoir que son chiffre d'affaires du 30-9-14 au 30-6-15 a progressé de 10,7%. En fait avant de décider de licencier 9 employés, parmi les plus âgés, la direction de Darty a fait pression pour pousser certains à partir en rupture conventionnelle. Mais son plan a échoué. Et selon les informations des grévistes, Darty prétend pouvoir proposer 3 postes de reclassement et 6 licenciements secs. Mais pour les grévistes, pas question d'accepter. Pour les responsables du groupe CAFOM, comme pour tout capitaliste, une seule chose compte : gagner de plus en plus d'argent sur les travailleurs, quitte pour cela à priver certains de tout revenu par des licenciements et augmenter la pression sur les autres. Une réunion doit se tenir mercredi 9 au matin. A l'heure où nous écrivons les grévistes poursuivent leur mouvement et exigent l'arrêt de toute procédure de licenciement.


Au collège Charles de Gaulle du Moule : LES CHEFS DU COLLÈGE JOUENT LES CAÏDS ? PARENTS, ÉLÈVES, PA PWAN SA ANKÒ !

Nous publions ci dessous un tract du journal Rebelle ! Lundi, une élève de sixième a été bloquée à l’entrée par le principal adjoint, M. Néva, qui n’aimait pas la couleur de son jean. La maman en a apporté un autre. Ça ne plaisait toujours pas à M. Néva, qui a renvoyé l’élève pour la journée. Le principal insulte une maman Le principal, M. Duhamel, a assisté à la scène. Il a agressé la maman : « ay acheté on senti blé ba ti moun-aw, é tend’ jean-la an blé, fè moun chyé ! ». Quel exemple pour la jeunesse ! Deux hommes qui abusent de leur pouvoir, et qui insultent une femme et sa fille ! Ce genre de minable n’a rien à faire à la direction d’un établissement scolaire. La mère est allée au rectorat. On lui a donné raison, mais on lui a quand même dit d’acheter un 3e jean… et d’attendre une semaine ! Le rectorat s’en fiche de régler les problèmes, son seul souci c’est de protéger ses gens. Le rectorat s’en fiche Les délires de certains chefs d’établissement sur la tenue des élèves sont illégaux. Il est interdit d’empêcher un jeune d’accéder à l’école. L’uniforme aussi, d’ailleurs, c’est illégal. Mais comme les chefs du rectorat les soutiennent toujours, il y a des proviseurs et des principaux qui se croient tout permis. Mardi, l’élève a pu retourner en cours. Pour se venger, le principal veut la priver d’espagnol, en exigeant que la maman s’excuse ! Et pour continuer à «faire le boss», il a refoulé d’autres élèves dont les vêtements ne lui plaisaient pas. Ils jouent les petits dictateurs au lieu de se mettre au boulot ! En Guadeloupe, les élèves perdent des centaines d’heures de cours pour des motifs absurdes, qui n’ont qu’un seul but : faire croire aux élèves et à leurs parents qu’ils n’ont aucun droit. Tél: 0690 62 79 25 ou 0690 73 48 93 Facebook : Journal rebelle Site internet : journalrebelle.com Pendant ce temps-là, des milliers d’élèves restent en échec scolaire. À la rentrée, 400 élèves sortis de troisième n’étaient pas affectés. Les chefs de l’école doivent se mettre au travail, au lieu de jouer les petits dictateurs. L’équipe du journal Rebelle !


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