Site

Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1139 du 12 septembre 2015/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Une candidature du PCG aux prochaines élections régionales

ZoomDe gauche à droite : Arthein, Flémin, Kancel, Mona CadoceLe Parti Communiste Guadeloupéen a eu à choisir par "un vote des militants", dit-il, sa tête de liste pour les élections régionales de décembre. Ce sera Mona Cadoce. Cette dirigeante du PCG, autrefois vice-présidente du Conseil Régional, ne manque pas d'expérience. Elle fut choisie entre le secrétaire général Flémin, le tout nouveau maire de Port louis, Arthein, et le conseiller général Kancel, ces deux derniers étant d'éminents membres du parti. Le PCG revient donc dans l'arène politique en tant que tel. On aurait pu penser à une candidature du front "patriotique" qu'il avait lancé avec l'UPLG et le CIPPA, mais il semble que ce front comme tous les autres "fronts" depuis un demi-siècle a fait long feu. Si cette candidature est l'occasion pour le PCG de retrouver le chemin de la lutte de classe aux côtés des travailleurs, elle n'aura pas été inutile. Dans le cas contraire...


Le CHU de Pointe à Pitre-Abymes : l'enfer ?

Au CHU de Pointe-à-Pitre-Abymes, les difficultés de toute sorte pèsent de plus en plus gravement sur le moral des employés. La construction du nouvel hôpital se fait toujours attendre et ce depuis des années. Mais en plus des difficultés quotidiennes, deux événements graves sont venus s'ajouter à la longue liste des problèmes auxquels sont confrontés les employés : La mort d'un patient aux urgences, et le suicide d'un interne plusieurs jours après. Il n'y a pas forcément de lien direct entre les deux événements.La sœur du patient mort aux urgences a fait sentir sa colère sur les ondes. Elle a porté plainte pour négligence. L'interne s'est suicidé probablement aussi en raison des conditions de travail, même si ces conditions ne sont pas la seule cause de son geste fatal.

L'un de ses confères, interne aussi, a écrit une lettre pour expliquer dans quelles conditions ils travaillent et vivent, 24h parfois 48h d'affilée. Il dénonce notamment le fait que ces internes métropolitains sont logés de manière dispersée. Ils ne sont pas regroupés dans des logements situés sur l'hôpital même comme cela est généralement le cas dans les hôpitaux. Ils n'ont donc pas la possibilité de discuter ou de se détendre ensemble en dehors des heures de travail. Les logements réservés aux internes sur le site du CHU sont, dit il, insalubres et infestés de rats. Entre eux les internes surnomment l'hôpital "L'enfer". Et bien des travailleurs estiment que ce surnom est justifié. Bref, tout cela n'est donc vraiment pas de nature à rehausser le moral de ceux qui travaillent au CHU. Des militants syndicaux tentent de réagir pour instaurer un dialogue entre les travailleurs, même entre eux et les internes. Oui, des solutions existent : lutter ensemble contre une administration, un ministère, un gouvernement qui, à force de réduire les crédits de la Santé, font des établissements hospitaliers des lieux non plus de guérison mais où l'on devient plus malade, où les personnels chargés de soigner et de guérir rejoignent les malades. A force de gérer la santé publique de manière comptable, on aboutit à des situations dramatiques. La santé n'a pas de prix ! Le combat de tous doit être celui qui consistera à imposer cette doctrine aux yeux des gouvernants !


Martinique : La situation des hôpitaux ne cesse de se dégrader

Depuis des années, tous les hôpitaux de Martinique, l’EPDSM Maurice Despinoy (ex Colson), CHUM (Centre hospitalier universitaire de la Martinique), Mangot Vulcin, (Trinité) sont victimes de dysfonctionnements et plus encore durant la période des vacances. Cette politique de restriction de soins pour la population est une politique menée délibérément par des gouvernements successifs au profit des capitalistes. Parmi ces structures, c’est le CHUM qui subit le plus ces conséquences de plein fouet. Cette structure compte un effectif de près de 5000 salariés. Mais ils ne sont pas assez nombreux pour répondre correctement aux besoins des malades qui s’entassent durant plusieurs heures dans les services des urgences par exemple. Tous les services sont en sous-effectif, les arrêts-maladie ne sont pas remplacés, donc il y a une surcharge de travail et aggravation des conditions de travail pour le personnel hospitalier. C’est encore le cas ces derniers jours pour les kinésithérapeutes du CHUM. Les directions de l’hôpital public en Martinique quant à elles, appliquent à la lettre les directives et les objectifs fixés par le gouvernement qui sont de réduire les fonds destinés à l’hôpital public, développer le secteur privé, ce qui se traduit par le manque constant de matériel ou la persistance de la précarisation pour une bonne partie des salariés. Face à cette situation, les différentes organisations syndicales ne restent pas les bras croisés. Elles protestent et manifestent à juste raison leur mécontentement contre la politique de restriction de leur direction et du gouvernement. Après des grèves à l’hôpital de Mangot Vulcin, des mouvements à l’hôpital de Trinité, il y a eu la grève à l’EPDSM Maurice Despinoy (ex Colson) en juillet dernier. A chaque fois, malgré les mobilisations des agents, les organisations syndicales doivent effectuer de longues et pénibles séances de négociation avec les directions, parfois pour arracher un ou deux agents supplémentaires pour quelques semaines ou quelques mois… La plupart des agents sont conscients du problème et dénoncent les conséquences de la politique du gouvernement et celle des directions. Pour l’instant ils n’en sont pas à se mettre en mouvement tous ensemble et massivement. Ainsi dans un tract daté du 27 juillet et diffusé à la population notamment lors de la course des yoles, la CGTM-Santé écrit : «Au regard de la situation actuelle, les quatre derniers mois de l’année 2015 s’annoncent catastrophiques. Pour s’en sortir l’Administration nous ressort le refrain des organisations à améliorer (on peut admettre qu’il y a des efforts à faire et des activités à mieux penser, dans le sens des intérêts de la population). Mais tout cela est loin de régler le problème de fond, celui du règlement des dettes importantes de l’établissement. C’est toujours la même rengaine, il n’y a pas d’argent ! Que ce soit pour améliorer la sécurité, la qualité des soins ou nos conditions de travail. Les États Français et Belge ont octroyé en une nuit à la Banque Dexia, 6 milliards pour la sauver de la faillite. Et depuis quatre ans, l’État Français préfère saupoudrer le budget du CHUM, plutôt que d’effacer ses dettes et lui permettre de fonctionner dans un climat serein pour le personnel et les fournisseurs. Aujourd’hui loin d’effacer les dettes, il décide de renforcer l’étranglement du CHUM : en demandant de concentrer les activités, de diminuer les emplois, de réduire l’offre de soins, de baisser de 25% les aides apportées aux établissements en difficulté…» Avec une telle politique du gouvernement appliquée par des directions qui sont la plupart du temps leurs fidèles exécutants, il y a bien des chances que le ras le bol voire la colère explose parmi les agents. Et là, pour «faire reculer ce gouvernement», et les exécutants de sa politique, la meilleure façon serait que les agents hospitaliers se mettent tous ensemble à construire un rapport de force qui leur soit favorable, et ce, quelle que soit leur appartenance syndicale ou même s'ils ne sont pas syndiqués.


Martinique : L'Appel de Marie-Jeanne pour la CTM… Du vent !

A la mi-août, A. Marie-Jeanne, leader du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) et tête de liste de la coalition MIM, RDM (Rassemblement Démocratique Martiniquais, CNCP (Conseil National des Comités Populaires), Palima (Parti pour la Libération de la Martinique), Martinique Écologie, PCM (Parti Communiste Martiniquais), qui forment le «Gran Sanblé» (le Grand Rassemblement), a adressé très officiellement son appel à la population pour les élections de décembre à la CTM (Collectivité territoriale de la Martinique). Il s’agit pour lui d’endosser définitivement le costume de grand leader de cette union qui se présente comme une «alternative» à l’équipe de Letchimy et de ses alliés. L’Appel est présenté par les organisations du Gran Sanblé comme une initiative importante de la rentrée, reçue avec intérêt par la population. Cela ne serait pas étonnant tant sont nombreux ceux qui se disent écœurés des comportements de «petits seigneurs» de l’équipe Letchimy-Conconne et surtout par les maigres résultats de leur action sur la situation de la population laborieuse. Mais, à bien lire l'Appel, on n’y trouve rien concernant les dizaines de milliers de travailleurs dont les salaires restent quasi-bloqués depuis des années et qui font face à des hausses de prix répétées (assurances, fournitures scolaires, soins de santé, etc.). Rien non plus concernant la situation d’urgence dans laquelle se trouvent des dizaines de milliers de sans emploi ou vivant de petits jobs souvent obscurs. Marie Jeanne ne s'adresse pas aux chômeurs, jeunes ou moins jeunes, qui restent, des années durant, à la merci des décisions d’un gouvernement plus enclin à mener la chasse aux prétendus fraudeurs de la CAF ou de la Sécu qu’à créer des emplois vraiment nécessaires dans les secteurs utiles, logement, crèches, hôpitaux, etc. Par contre, il propose des recettes favorables au patronat, tels les «partenariats public-privé» ou la «recapitalisation des entreprises martiniquaises», par la Banque Publique d’Investissement, créée par Hollande. A part cela, figure dans cet Appel un catalogue d’actions de développement que pourrait réaliser l’équipe si elle parvenait aux affaires : désenclavement de la Région Nord, prolongation du Transport en commun en site propre jusqu’à Schœlcher. (En gros ce sont les mêmes d’ailleurs que celles envisagées par le groupe Ensemble pour une Martinique Nouvelle, PPM et alliés). S’agit-il d’un nouveau catalogue d’illusions ou d’«espwa a mal papay» - les papayers mâles ne portant pas de fruit- ? En tout cas, cela y ressemble, tant les velléités d'actions de la nouvelle collectivité territoriale dépendront de financements publics (État, Europe) déjà plutôt en baisse depuis plusieurs années. L’énumération litanique des «défis à relever», défi démographique, défi économique, défi écologique, peut satisfaire les alliés de Marie-Jeanne, ceux de Martinique-Écologie de Louis Boutrin, ou du PCM de messieurs Branchi et Érichot. Elle ne change en rien la capacité effective (sans parler de la volonté) de toute l’équipe à relever ces défis. L’auteur ne se contente-t-il pas de citer «le surendettement à dérapages incontrôlés» comme cause de «l’asphyxie par strangulation de l’économie et de souffrances pour le peuple», en oubliant le fonctionnement injuste et irrationnel d’un système entièrement aux mains des grosses sociétés capitalistes à la recherche du profit maximum ? Marie-Jeanne termine son vibrant Appel en demandant à la population martiniquaise de lui faire confiance. Mais ce ne sont pas ses grands mots de «rectitude», d'«Espoir» dans un «projet alternatif et une nouvelle équipe pour éviter le pire», ni le mot d’ordre de «Gran sanblé pour faire réussir la Martinique»  qui permettront d'améliorer la condition des travailleurs. Les travailleurs, les jeunes, les retraités, savent qu’ils ne pourront obtenir une réelle amélioration de leur situation que par leurs luttes. Ils ont intérêt à se préparer à des luttes les plus massives et déterminées possible. C’est le seul moyen pour s’opposer à la politique anti-ouvrière menée au profit des possédants par les gouvernants et leurs suppôts locaux. Le reste n’est que tromperie ! Lors des prochaines élections à la Collectivité Territoriale de Martinique, les travailleurs auront la possibilité d’exprimer cette conviction en votant pour la liste de Combat Ouvrier, menée par Ghislaine Joachim-Arnaud.


Bookmark and Share