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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1139 du 12 septembre 2015/Première page

Première page

Editorial: La Dominique : victime d'Erika mais surtout de la pauvreté

ZoomLa tempête Ericka qui a ravagé l’île de la Dominique le jeudi 27 août dernier a laissé derrière elle trente et un morts et de nombreux disparus. Tout le monde a pu voir avec frayeur à la télévision les torrents d’eau et de boue qui entraînaient tout sur leur passage. Et c’est encore la population pauvre qui a subi le plus les conséquences de cette catastrophe, comme ceux de Petite Savane, coupés du monde pendant des dizaines d’heures, sans qu’il soit possible d’y acheminer les premiers secours. Une catastrophe naturelle, c’est une chose, mais le sous développement et l’impossibilité pour la population d’avoir accès à certaines technologies en est une autre. C’est Pascal Saffache, maître de conférence à l’Université des Antilles et spécialiste des études caribéennes qui l’a souligné sur les ondes : «Les infrastructures en Dominique ne correspondent pas aux normes en vigueur, donc la population est victime du sous-développement.» Après une semaine, toute la presse, les médias, continuent de parler de la solidarité de la population de Guadeloupe, Martinique et d’autres îles de la Caraïbe qui se manifeste depuis plusieurs jours, pour venir en aide de façon spontanée à leurs «frères d’à côté». La population des îles de la Caraïbe s’est organisée en associations, collectifs ou en groupe de solidarité pour apporter avec les moyens du bord son soutien aux Dominiquais. En Martinique par exemple, des pêcheurs de la côte caraïbe ont pris le risque de charger à ras bord leurs canots avec des packs d’eau potable ou de nourriture en conserve pour traverser le canal de la Dominique. Quelques propriétaires de catamaran de Martinique et de Guadeloupe ont eux aussi mis à la disposition des organisateurs leurs bateaux pour acheminer des tonnes de nourriture. Il faut ajouter que beaucoup de Martiniquais ou de Guadeloupéens ont des liens de parenté avec des Dominiquais, vivent ou se déplacent d’une île à l’autre, soit pour faire du commerce, soit pour subvenir à leurs besoins. Face à cette solidarité, l’État lui-même, par sa ministre de l’Outremer, a du se montrer un peu plus entreprenant. Et après avoir mis à la disposition des autorités dominiquaises un hélicoptère de la sécurité civile pour évaluer l’ampleur des dégâts sur l’île, les autorités ont passé le relais aux conseils régionaux et généraux, ou aux mairies pour l’organisation d’actions de solidarité tels des prêts de matériels lourds en urgence et plus tard l’organisation de collectes pour venir en aide à la population dominiquaise, et c’était la moindre des choses. Cependant, il y a une chose que la presse et les autorités évitent de dire, c’est que la Dominique est une île pauvre, qui a été dominée et appauvrie durant toute une période de colonisation par l’impérialisme français puis anglais. Comme pour les autres îles de la Caraïbe, la bourgeoisie anglaise s’est enrichie durant des siècles sur les dos de la population, puis elle s’en est débarrassée en négociant au rabais l’indépendance de l’île, sans apporter les moyens financiers et les infrastructures nécessaires à un développement correct de l’île. Par contre, elle s’est arrangée pour mettre à la tête du gouvernement de Dominique une poignée de notables, une bourgeoisie autochtone qui s’appuie, à son tour, sur le dos de la population pauvre pour profiter du peu de privilèges laissés par les capitalistes anglais. La population pauvre perçoit tout juste le minimum vital. Les infrastructures sont très limitées. Les hôtels pour touristes profitent surtout aux riches. Le cyclone est un révélateur : qu'il ait pu faire au 21ème siècle autant de morts, autant de dégâts sur cette île, montre bien la grande misère qui y règne. Le masque des prospectus touristiques sur "l'île aux 365 rivières" est tombé rapidement.


Il y aura une liste Combat Ouvrier, en Martinique à l'élection à la CTM, et en Guadeloupe à l’élection régionale!

Combat Ouvrier présentera une liste en Martinique aux élections à la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique). La CTM est la nouvelle collectivité qui remplacera le Conseil Général et le Conseil Régional dans cette île. Ces élections auront lieu les 6 et 13 décembre prochains. En Martinique notre liste sera conduite par notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud. En Guadeloupe Combat Ouvrier présentera une liste à l'élection régionale qui aura lieu aux mêmes dates. Elle sera conduite par notre camarade Jean-Marie Nomertin. Nos deux listes seront les seules qui ne se placent pas dans le cadre du système actuel, celui dominé par la bourgeoisie contre les travailleurs et la grande majorité de la population : les jeunes, les femmes, et tous les petits, tous les opprimés. Toutes les autres listes trompent les travailleurs et la population en leur faisant croire qu'il y a un avenir meilleur pour eux dans le cadre du système actuel. Les listes indépendantistes ne se battent pas pour la fin de l'exploitation capitaliste. Elles se battent juste pour avoir un pouvoir local indépendant de Paris. Autrement dit pour que les notables locaux dirigent les affaires. Mais ils ne déclarent aucune lutte conséquente contre les possédants et les riches locaux. Ceux là seront représentés par "le gran sanblé" de Marie-Jeanne en Martinique qui regroupe ceux qui se nomment "patriotes martiniquais"- Parti communiste compris. En Guadeloupe ils sont représentés par l'UPLG et le Parti Communiste Guadeloupéen avec chacun sa liste. D'autres listes liées au Parti socialiste français et proches du gouvernement Hollande seront représentées par le regroupement autour de Letchimy en Martinique, de Lurel en Guadeloupe. Ceux-là font la politique du gouvernement. C'est à dire celle de gens qui disent ouvertement à la face des travailleurs qu'il faut enrichir les riches, libérer le patronat de toute entrave à l'exploitation, lui permettre de licencier quand il le veut, lui permettre d'être exonéré toujours plus de charges sociales et fiscales, casser le Code du Travail, augmenter l'âge pour partir à la retraite à taux plein à 65 voire 67 ans, casser les 35 heures légalement etc. En Guadeloupe, la liste annoncée de Chalus, elle, rassemblera aussi bien des candidats de droite comme Chevry ou Penchard que ceux de gauche proches de Gillot ou Gillot lui même, proches du PS ! Une brochette de gens qui se réclament des gouvernements qui tour à tour ont fait et font reculer les droits des travailleurs à la demande du patronat. Nous vivons une période où plus personne ne se cache pour mentir grossièrement en disant haut et fort qu'il faut faire des cadeaux au grand patronat et que c'est cela qui améliorera le sort des travailleurs. Avant, la gauche se cachait pour dire cela. Maintenant elle ne se donne même plus cette peine. Alors, les travailleurs, les exploités qui veulent que leur sort change n'ont aucune confiance à faire à ces politiciens qui tous s'entendent de la droite à la gauche pour monter à deux pieds sur le dos des classes populaires pour hisser toujours plus haut les classes riches et possédantes. «Lè yon ka di koupé, lôt-la ka di haché». Nos listes seront présentes pour dire, entre autre, tout cela et que les travailleurs, les exploités, ne doivent compter que sur leurs propres luttes.


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