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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1138 du 01 aout 2015/Quatrième page

Quatrième page

Nouvelle tuerie aux États-Unis

ZoomLe 26 juillet, un homme a tué deux personnes et blessé huit autres dans un cinéma avant de se suicider alors qu'il ne pouvait plus s'enfuir. Cet homme souffrait de troubles psychiques et son acte délibéré ne semble pas avoir de justification politique. Cette nouvelle tuerie aux États-Unis après deux autres en juin relance le débat sur la vente quasiment libre des armes. Après la fusillade de décembre 2012 de vingt enfants et six adultes dans une école de 600 élèves du Connecticut, le gouvernement américain d'Obama avait tenté sans succès de limiter la vente des fusils d'assaut, d'améliorer la régulation des ventes en établissant un fichier des patients en psychiatrie entre autre. Ces tentatives ont été bloquées soit au Congrès soit au Sénat. Un lobby pour la vente libre des armes mène une propagande très active avec pour argument «la seule façon de stopper un méchant avec une arme est de lui opposer quelqu'un de bien avec une arme». Ils sont financés par les fabricants d'armes à qui ils assurent de beaux jours. Effectivement, après la tuerie de décembre 2012, le chiffre d'affaire du fabricant d'armes Strum Riger et Compagnie a fait un bond de 44 % au cours des neuf premiers mois de 2013. Tout comme dans n'importe lequel des secteurs capitalistes, quelle que soit la nocivité de ce qui est fabriqué, ce qui compte ce sont les bénéfices réalisés. Cependant si un meurtre de ce type a lieu toutes les deux semaines aux États-Unis en moyenne, ce n'est probablement pas uniquement du à la présence d'armes mais tout autant à la folie de cette société qui impose la violence de la loi du plus fort, une violence amplifiée par les effets déstabilisateurs sur des millions d'individus de la crise. Cependant même dans le cadre de la société capitaliste, la limitation des armes pourrait avoir un effet positif mais même son adoption est difficilement réalisable par des moyens institutionnels.



Il y a cinquante ans, en août 1965, les Noirs pauvres de Los Angeles se révoltaient

Le 11 août 1965, un jeune automobiliste noir de 21 ans, Marquette Frye, fut arrêté par des policiers blancs devant son domicile dans le quartier pauvre de Watts, à Los Angeles. La famille intervint et deux de ses membres furent interpellés brutalement, ce qui provoqua un attroupement de la population du quartier. Cet événement, une brutalité policière de plus, déclencha une des révoltes les plus importantes de l’histoire américaine. Elle dura 6 jours et s’étendit sur une zone de plus de 120 km². La plupart des participants à la révolte étaient des travailleurs noirs vivant dans South Central, le grand ghetto de Los Angeles. La population affronta les forces de police et l’armée. Des barricades furent dressées, des bâtiments et des bus brûlés. La répression fit 34 morts, 1100 blessés, 4000 personnes furent arrêtées. Une radio a ainsi défini ce qui était arrivé: «Ce ne fut pas une émeute. C’était une insurrection contre toute autorité... Si cela avait été beaucoup plus loin, ce serait devenu une guerre civile». En parallèle avec le mouvement non violent prôné par Martin Luther King, qui donna lieu la même année à la marche de Selma, la population noire ouvrière et pauvre se révoltait contre le racisme et l’exploitation. L’insurrection de Watts fut la première d’une série de révoltes noires massives, qui eut un écho dans plusieurs autres villes, dans l’ensemble des États Unis. Le Ghetto: un produit de la société blanche Durant les années 1940, pendant la Seconde Grande Migration, les Noirs se déplacèrent en grand nombre du Sud vers la côte Ouest, en réponse au recrutement de l'industrie de la défense au début de la Seconde Guerre mondiale. La population noire de Los Angeles a presque décuplé, passant de 75 000 en 1940 à 650 000 en 1965. Près de 90 pour cent de cette population résidait dans les 120 km² de South Central Los Angeles, qui comprenait le quartier de Watts. Los Angeles - comme les autres villes du Nord - avait des clauses restrictives raciales qui ont empêché les Noirs de louer ou acheter des logements dans certaines régions, même longtemps après que les tribunaux l’aient déclaré illégal en 1948. Dans le ghetto, les produits alimentaires étaient chers et de mauvaise qualité. Le système de santé, l’éducation étaient laissés à l’abandon, le chômage était important malgré la prospérité de l’économie américaine à l’époque. Les violences policières racistes La police a harcelé des milliers de jeunes hommes noirs dans la rue ou les a battus dans les postes de police du Centre-Sud. Un militant du Centre-Sud, Ted Watkins a observé: «Plusieurs fois, je voyais un policier blanc frapper un mec et rire et dire:« Eh bien, ceci est le premier nègre que j'ai battu aujourd’hui». Entre 1963 et 1965, la police a tué une soixantaine de Noirs, vingt-sept d'entre eux ont été abattus dans le dos. Une situation qui rappelle fortement celle que dévoilent les médias aujourd’hui. La fin de l’insurrection, sinon de la révolte Finalement, la rébellion a reculé à partir du sixième jour. Ces luttes ont imposé un changement rapide dans tous les domaines: l'emploi, les salaires, le vote, le logement, la couverture de la sécurité sociale, la couverture médicale - de vastes améliorations qui ont également modifié la situation de la plupart des travailleurs blancs. Mais ces gains ne furent que temporaires. Quand les luttes ont reculé, la classe capitaliste a repris le dessus pour aggraver l'exploitation des travailleurs noirs et plus largement celle de l'ensemble de la classe ouvrière. Aujourd’hui, cinquante ans après, dans une société en crise, les Noirs sont les principales victimes du chômage, de la misère, de la violence policière. Couramment, des meurtres, des tabassages sont filmés et dévoilés sur les médias. Durant l’année écoulée, les violences et les meurtres de Noirs se sont succédé : Mike Brown tué à Ferguson dans le Missouri, Eric Garner étranglé par des policiers new-yorkais, Freddie Gray mort des suites de son arrestation par des officiers de Baltimore. Et plus récemment, une jeune femme de 28 ans, Sandra Bland, retrouvée pendue dans sa cellule de prison après son arrestation brutale par la police lors d’un contrôle routier. Malgré les gains qui sont restés des luttes et du mouvement des droits civiques, la fin de la ségrégation légale, le droit de vote, l’élection d’un président noir, la société américaine reste profondément raciste. Le capitalisme américain, comme tout capitalisme, entretient les divisions raciales et profite de la surexploitation de la minorité noire et immigrée pour tirer vers le bas l’ensemble des travailleurs. Dans les quartiers noirs, après chaque manifestation de la violence policière, la révolte gronde, sans pour autant que ces explosions de colère prennent l’ampleur des luttes qui ont émaillé les années 60. Le gain principal des émeutes de Watts a été la prise de conscience par la population noire pauvre de sa puissance. C’est cette force potentielle de toute la classe ouvrière américaine, de tous les exploités, Noirs, Blancs, immigrés qui devra exploser pour abattre un système révoltant.


Jesse Jackson. Portée et limites de son combat

Entre le 18 et le 22 juillet, Jesse Jackson était en Guadeloupe, et en Martinique. Durant cette visite, ce pasteur, célèbre militant noir du mouvement des droits civiques au cours des années 60 aux USA, a particulièrement rendu hommage à la lutte des esclaves pour leur libération. Durant une de ces conférences, il a déclaré que la population guadeloupéenne ne devait rien à la France et que c’était la France qui nous était redevable. Il a raison, toute une partie de la bourgeoisie française a bâti sa fortune sur la traite négrière et l’esclavage aux Antilles. Jesse Jackson est né en 1941 à Greenville dans l’État de la Caroline du Sud. Au cours de son adolescence, il fréquenta la Sterling High School, un établissement réservé exclusivement aux Noirs  à Greenville. Après l’obtention de son diplôme en sport à l’université de l’Illinois, Jesse Jackson débuta des études de théologie pour devenir pasteur. En 1965, âgé de 24 ans, il participa à la marche de Selma à Montgomery, organisée par Martin Luther King. Lorsqu’il rentra de Selma, il décida de créer, à Chicago, une section de la Conférence des Chefs Chrétiens du Sud (SCLC), l’organisation de Martin Luther King. L’objectif essentiel du groupe était d’utiliser le boycott comme un moyen de pression sur les hommes d’affaires blancs afin qu’ils embauchent de la main-d’œuvre afro-américaine et qu’ils fassent appel aux services proposés par les entrepreneurs noirs. Le 4 avril 1968, Jesse Jackson était aux côtés de Martin Luther King quand il a été assassiné. Durant les années 70, pour poursuivre la lutte pour les droits civiques, Jesse Jackson a créé deux organisations le PUSH, People United to Serve Humanity (« peuple uni pour servir l'humanité ») et la Rainbow Coalition. Il a participé deux fois aux primaires du Parti démocrate pour l’élection présidentielle. En 1984, il fut en troisième position avec 3 millions voix (18%). En 1984, il arriva en deuxième position avec 7 millions de voix (29%). Jesse Jackson, a été partie prenante de la lutte des Noirs américains durant les années 60 pour arracher les mêmes droits que les Blancs. Et à ce titre, il mérite notre reconnaissance et celle de tous les Noirs opprimés par le racisme ainsi que celle de tous les Blancs et tous les hommes qui soutiennent ce combat. Mais sa lutte s'arrête à la lutte contre le racisme. Jesse Jackson ne se bat pas pour renverser le système capitaliste. Il en est plutôt, en tant que ex candidat du parti démocrate un des piliers puisque ce parti est l'un des deux grands "partis uniques" du système capitaliste et financier des États-Unis. Et en tant que leader noir, il continue à enchaîner le peuple noir aux illusions qu'entretient le parti démocrate en son sein, et tout comme d'ailleurs le parti républicain. Le système capitaliste est pourtant la cause première du racisme. Au 16ème siècle, la bourgeoisie a créé le racisme contre les Noirs pour justifier l’esclavage. Aujourd’hui, elle entretient ces préjugés racistes et xénophobes pour diviser les travailleurs entre eux et mieux les exploiter. Jesse Jackson contribue à entretenir un tel système. Pourtant, le seul combat qui libérera définitivement les travailleurs noirs et l’humanité toute entière du racisme, c'est le combat qui abolira définitivement le système capitaliste pour instaurer à sa place une société, débarrassée de l'exploitation de l'homme par l'homme, une société réellement égalitaire pour tous les hommes.


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Guadeloupe : La question de l'eau... agite les politiciens en mal de "places"

Le Comité de défense des usagers de l'eau présidé par G. Paran a tenu une assemblée à Capesterre B-E le dimanche 26 juillet. Il s'agissait pour les membres de ce Comité de faire entendre leur position sur les mesures que les pouvoirs publics envisagent de mettre en place pour régler le problème de l'eau, et tout particulièrement celui de la rénovation des réseaux de distribution, mais aussi de déplorer qu'ils n'aient pas été invités aux différentes rencontres ayant eu lieu sur cette question. Rappelons que sous l'égide du préfet de la Guadeloupe, le Département, la Région, le SIAEAG, les différentes communautés de communes, à l'exception de celle du sud Basse-Terre présidée par L. Michaux Chevry, se sont réunis pour envisager des solutions au problème de l'eau. Il est envisagé entre autre de créer une seule entité qui sera responsable de la gestion de l'eau sur tout le département. Rien n'est encore décidé. Mais ce qui apparaît clairement c'est que tout ce beau monde, pouvoirs publics et élus confondus, n'envisagent qu'une chose : faire payer au "bon peuple" ce qui est aujourd'hui le résultat d'une immense escroquerie de la part de la Générale des Eaux (anciennement SOGEA). En effet pendant des années, cette entreprise qui est un appendice de la multinationale Vivendi (Véolia) a perçu des sommes immenses pour la gestion de l'eau (distribution, entretien et renouvellement du réseau, etc.). Mais elle s'est souciée comme d'une guigne du renouvellement du réseau. Et au lieu de faire comme on le dit couramment concernant les Multinationales "de l'or avec de l'eau", elle a fait des… diamants. Aujourd'hui, plus de 70% de l'eau captée et traitée sont perdus à cause de la vétusté du réseau et au lieu d'imposer à cette entreprise de prendre en charge le renouvellement du réseau comme prévu dans les contrats, on s'apprête à faire payer la population. Mais on ne sait pas encore quelle sera sa réaction. Ce qui fait que certains, comme Michaux-Chevry et Yoyotte, s'agitent et cherchent à profiter du mécontentement qui risque de monter dans cette population. On les a vus à la réunion du Comité de Défense des usagers de Capesterre B-E. Croire que L. Michaux Chevry, ancienne ministre de J. Chirac, membre ou ex-membre de l'UMP, donc franchement dans le camp des riches et des profiteurs, serait dans le camp du petit peuple contre les profiteurs n'est ni plus ni moins qu'un rêve. Quant à Yoyotte, ce démagogue sans foi ni loi, on sait qu'il est prêt à tout pour obtenir une place dans la mangeoire politique. Il est à souhaiter que les travailleurs, les petites gens se mettent en colère et fassent savoir qu'ils ne sont pas prêts à se laisser arnaquer, comme ils l'ont fait il y a quelques années pour mettre fin aux factures exorbitantes de la SOGEA, en descendant par milliers dans les rues et en refusant de payer les factures exorbitantes.