Site

Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1138 du 01 aout 2015/Première page

Première page

Editorial: Non aux notables, oui aux vrais défenseurs des travailleurs et des exploités !

Presque chaque semaine, les candidatures pour l'élection régionale du mois de décembre se font connaître. Tout dernièrement c'est l'UPLG, en Guadeloupe (Union pour la libération de la Guadeloupe) parti nationaliste et indépendantiste, qui a fait connaître son intention de constituer une liste à ces élections. Quelque temps avant, Ary Chalus, député maire de Baie Mahault, avait annoncé qu'il conduirait une liste. Michaux Chevry et Penchard, la vieille droite, ont entendu son appel. Les membres ou apparentés du parti socialiste comme Lurel en Guadeloupe ou Letchimy en Martinique ratissent large  pour conserver leur majorité. En Martinique, le petit dernier à avoir rejoint la coalition de Letchimy est Charles Mancé. En Martinique cependant, l'élection sera inhabituelle car là il s'agit de voter pour ceux qui siègeront à la nouvelle Collectivité unique qui remplacera Conseil général et Conseil régional. A entendre les politiciens, on croirait qu'il s'agit là de voter pour un vrai gouvernement martiniquais. Le hic c'est qu'il n'y a pas d'état martiniquais et que  toute cette agitation est  surfaite. On s'agite pour quelque chose de bien dérisoire, une sorte de Conseil régional élargi qu'on appelle CTM : Collectivité territoriale de Martinique. Les dirigeants politiques font croire aux travailleurs et à la population que cette nouvelle assemblée améliorera leur vie, qu'avec elle viendra le salut. Grotesque illusion !  Le chômage restera à 25%,  60% pour les jeunes, avec ce qu'il génère comme maux : désespérance, délinquance, criminalité croissantes. Les bas salaires n'augmenteront pas par la seule magie de la CTM. La pauvreté qui ronge les quartiers pauvres  ne laissera pas la place au bien être non plus. Les grandes formations : L'alliance formée autour de Marie Jeanne et du MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais), "le camp des patriotes" et le regroupement  autour de Letchimy (Ensemble pour une Martinique nouvelle), toutes ces formations et leurs dirigeants ne roulent que pour des postes. Aucune d'elles ne remet en cause le système d'oppression capitaliste qui broie les travailleurs et emmène la société au désastre économique et social à l'échelle antillaise et mondiale. Mieux, ils en sont les soutiens. Il faut les démasquer aux yeux des travailleurs et de la population ! Ces derniers n'ont aucune illusion à se faire sur ces notables liés par bien des fils au lobby patronal ! En Guadeloupe, il n'y aura pas d'élection à une quelconque CTM. C'est l'élection du Conseil Régional classique comme elle se fait en France. Mais les partis et dirigeants politiques sont de la même veine que ceux de Martinique, moins ouvertement nationalistes, indépendantistes ou autonomistes peut-être - à part l'UPLG -. Mais sur le fond c'est  le même personnel politique de la bourgeoisie. Lurel est l'homme de Hollande et épouse toute sa politique d'aide au patronat à coup de milliards et de sacrifices imposés aux travailleurs et à la population. Ils accèdent aux demandes patronales sans sourciller, c'est-à-dire pour que la flexibilité totale devienne la règle dans les entreprises : embaucher et licencier, ou suspendre l'emploi pendant un temps au gré des besoins et des profits patronaux. Notre organisation, Combat Ouvrier saisira l'opportunité de ces élections de décembre en Martinique et en Guadeloupe pour démasquer ces ennemis des travailleurs. Nous serons présents sur des listes Combat Ouvrier dirigées par Ghislaine Joachim Arnaud et Jean Marie Nomertin. Nous serons présents pour dire aussi que pour embaucher immédiatement des dizaines de milliers de chômeurs il faut répartir le travail entre tous sans diminution de salaire, pour dire que pour satisfaire les besoins indispensables de la population en matière de santé, logement, adduction d'eau, baisse des prix et tous les besoins essentiels pour vivre dignement, il faut puiser dans les immenses profits patronaux. Nous appelons les travailleurs et la population à se préparer à faire entendre, en toute indépendance, leur camp, le camp des travailleurs et à en discuter avec nous.


Plan de licenciements à France-Antilles. Les travailleurs n'entendent pas se laisser faire !

Après les journaux France-Antilles-Martinique et France-Guyane qui ont subi des licenciements, la direction du journal France-Antilles sévit maintenant sur la Guadeloupe. Le groupe Hersant Media (GHM) propriétaire du titre, estimant qu’il perd trop d’argent aux Antilles-Guyane, a présenté un plan de redressement et le 30 avril 2015 le tribunal de commerce a décidé de mettre l’entreprise en redressement judiciaire au vu des dettes déclarées. L’administrateur est chargé de trouver des solutions. Les propositions sont les suivantes : - Réorganisation de tous les services - Délocalisation de certains, comme la paye et la comptabilité en Martinique - Suppression de 49 postes (sur un effectif de 130 salariés). La période d’observation est de 6 mois et va donc jusqu’au mois d’octobre. Les représentants du personnel ont rendez-vous au tribunal de commerce le 22 octobre et l’administrateur peut proposer une prolongation de la procédure de redressement de 6 mois supplémentaires si le juge est d’accord. En attendant, les discussions sur le plan de réorganisation des services vont commencer avec les représentants du personnel au mois d’août. Le personnel est inquiet. Certains ont cru qu’en restant silencieux lors des attaques contre France-Antilles en Martinique et en Guyane, ils seraient à l’abri. La direction du journal vient de leur prouver le contraire. En fait, elle n’a fait que mettre en application la technique du «chacun son tour» pour diviser le personnel du groupe. Le personnel de Guadeloupe est bien sûr prêt à se battre pour défendre les emplois. Mais il ne doit pas oublier qu’en Martinique et en Guyane, la mobilisation du personnel a permis à ce dernier d’obtenir de meilleures indemnités de licenciement sans éviter la suppression de près de 70 postes. Alors en Guadeloupe le personnel devra se mobiliser fortement car la direction de France Antilles ne pense qu’à préserver ses profits. Et il ne faudra pas s’attendre à obtenir un accord soi-disant «gagnant-gagnant» avec ces rapaces sans sortir ses griffes. France-Antilles est le seul quotidien qui existe en Guadeloupe et appartient à la puissante famille Hersant. Cette dernière n’a qu’à prendre sur ses profits pour combler les dettes de l’entreprise qui ne sont pas grand-chose par rapport à la fortune de cette famille.


Martinique : Le personnel de la clinique Ste Marie mobilisé

Les salariés de la clinique Ste Marie, qui se trouve à Cluny à Fort-de-France, se sont mobilisés le mercredi 22 juillet, pour manifester leur mécontentement. Ils s'opposent à un plan économique, avec menaces de licenciements prévus par le groupe KapaSanté, propriétaire de l’établissement, avec la complicité du directeur de la clinique monsieur Simon Claudin. Lors de cette mobilisation, la déléguée du personnel de la CDMT s’est exprimée à la presse en ces termes : «Le directeur ne se manifeste pas, on n’a pas de contact avec lui…. Nous avons l’avons interpellé par courrier mais nous n’avons obtenu aucune réponse». Le personnel avait appris lors de la dernière réunion du comité d’entreprise et des délégués du personnel que l’entreprise accusait un déficit de 500 000 euros et que la clinique se trouvait en redressement judiciaire. Jusque là ils n’avaient aucune information sur la situation de la clinique. Le directeur Simon Claudin ne voulait discuter avec les salariés que par visioconférence. Suite à la mobilisation des salariés et face à leur refus d’être reçus de cette façon, il est finalement sorti de l’ombre et s’est présenté à la presse. Pour lui, il s’agit «d’un plan de départs volontaires… il n’y a pas de licenciements prévus». Le directeur régional du groupe KapaSanté, Henri Nagapin, est sorti lui aussi de l'ombre. Il a fini par accepter de recevoir les salariés le vendredi 31 juillet prochain. On connaît la chanson et le vocabulaire de ces patrons-là. Les soi-disant «départs volontaires» ne sont le plus souvent que des licenciements déguisés que la direction présente aux salariés. Elle se contente alors de leur demander quels sont ceux qui se portent «volontaires» pour être mis à la porte. Ce genre de pratique du patronat de préparer en douce et sous silence la fermeture de leur entreprise ou de la mettre en redressement judiciaire est devenue monnaie courante. La direction de l’Agence Régionale de Santé (ARS), quant à elle, a décidé de se bouger un peu, elle a accepté de recevoir le vendredi 24 juillet une délégation de salariés. Quant aux responsables politiques, élections pour la CTM oblige, ils ont décidé de faire le «débouya» autrement dit, ils ne se sont pas bousculés. Ainsi, Camille Chauvet, conseiller régional PPM, chargé de la santé a accepté d’«entendre les doléances des employés». Puis c’est au tour de Luc Louison Clémenté, maire de Schœlcher, et de ses membres du conseil municipal de se dépêcher de recevoir une délégation en milieu de la semaine du 27 au 31 juillet. Pour l’instant, les salariés ont décidé en assemblée générale de suspendre leur mouvement, tout en restant vigilants. En tout cas, ils ont bien compris que c’est seulement lorsqu’ils se mobilisent pour ne pas se laisser marcher sur les pieds qu’ils peuvent se faire entendre tant de leur patron que des responsables politiques et administratifs.


Bookmark and Share