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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1137 du 18 juillet 2015/Quatrième page

Quatrième page

Elections au Guyana : Des changements au pouvoir, mais c'est tout.

Zoom Le PPP (People’s Progressive Party), au pouvoir depuis plus de vingt ans, a perdu les élections qui ont eu lieu le 11 mai 2015 au Guyana (ex Guyane britannique). C’est une coalition formée de l’APNU (A Partnership for National Unity, Partenariat pour l’unité nationale) et de l’AFC (Alliance For Change- alliance pour le changement) qui obtient 33 sièges contre 32 au PPP.
Donald Ramotar a donc cédé sa place au nouveau président, David Granger, assisté du Premier ministre Moses Nagamootoo.
Dans ce pays où les principaux partis, le PNC et le PPP, s’appuyaient sur les divisions ethniques entre les communautés d’ascendance africaine et indienne (venant de l'Inde), c’est en soi plutôt une bonne chose que de voir arriver au pouvoir des partis affirmant vouloir dépasser ces clivages.
Mais le principal clivage, l’opposition entre la classe laborieuse et la bourgeoisie, ne sera certainement pas réglé par ce gouvernement qui comme son prédécesseur est au service des nantis locaux et du capitalisme international, malgré son étiquette progressiste.


Guadeloupe : Rassemblement du 4 juillet : À bas le racisme contre le peuple noir !

Le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, une centaine de personnes se sont réunies sur la place de la Victoire, pour montrer leur solidarité avec nos frères Noirs américains. Plusieurs organisations étaient présentes : la CGTG, Combat Ouvrier, le journal Rebelle !, le Comité de soutien à Mumia Abu-Jamal, le CIPN (Comité International des peuples noirs) et SOS-Basse-TerreEnvironnement. Par des chansons, des prises de parole, des lectures de poèmes… tous les participants ont dénoncé les crimes racistes qui se multiplient. Nous avons dénoncé le racisme aux États-Unis, où les Noirs sont enfermés dans des ghettos et où ils tombent sous les balles de la police blanche raciste. Nous avons dénoncé le racisme en Europe, où les migrants africains expulsés sont condamnés à une mort certaine. Nous avons protesté contre le racisme dans la Caraïbe, et en particulier la xénophobie anti-haïtienne.
Nous avons rendu hommage à la combativité du peuple noir à travers les siècles, et particulièrement aux esclaves révolutionnaires haïtiens, qui ont conquis leur liberté de haute lutte, et aux militants des droits civiques aux USA. Nous avons aussi salué la combativité de Mumia Abu-Jamal, symbole de cet esprit de résistance qui fait si peur au pouvoir blanc !
 Aujourd’hui le racisme se développe sur la planète. Face à cette situation tous les Noirs et tous ceux qui refusent l’injustice doivent être solidaires.
                                   Correspondance d'un participant


Guadeloupe : Succès du déjeuner champêtre de la CGTG

Le déjeuner champêtre organisé par la CGTG le 05 juillet 2015 à Belle Plaine aux Abymes a connu un vrai succès. En effet, c’est plus de 400 personnes, cégétistes, parents et amis, qui ont répondu présents à cette manifestation. Presque toutes les sections du syndicat étaient représentées : l’hôtellerie, les communaux, les organismes financiers, l’énergie, la santé, le commerce, l’agriculture, le bâtiment, pôle-emploi, les territoriaux etc. Rappelons que c'est pour pouvoir faire face aux deux condamnations que la Confédération et deux responsables de la CGTG Milénis viennent de subir devant la cour d'appel de Basse-Terre (45 000 euros à verser aux Despointes) que la CGTG avait organisé ce déjeuner. A 12h00 la fête était ouverte, avec une très bonne ambiance musicale. Des responsables ou des syndiqués de base sont intervenus pendant le déjeuner : une du Crédit Moderne qui a fait un point explicatif sur le mouvement de grève en cours dans la société ; un autre de l’hôtel «Salako» pour les difficultés rencontrées par les travailleurs dans le secteur ; puis un des licenciés de "So. prestile". C'est enfin l’ancien secrétaire général Claude Morvan qui est intervenu. Pour finir, l'actuel secrétaire général de la CGTG Jean-Marie Nomertin a expliqué le but de la manifestation et tous les problèmes que rencontre l’ensemble des travailleurs de Guadeloupe dans les entreprises. En début d’après-midi, après le repas, une animation musicale au son du ka et ensuite la tombola animée par une camarade très active. C'est à 20 heures que tout s'est terminé dans une ambiance fraternelle.  


Porto Rico étranglée par les fonds de pension

L’État autonome de Porto Rico, dépendant des États-Unis, est actuellement au bord de la faillite financière, au point que certains l’ont surnommé «la Grèce de la Caraïbe». L’île, qui compte plus de 3,5 millions d’habitants pour une superficie de 8800 KM², soit environ 5 fois la Guadeloupe, croule sous une dette publique de 72 milliards de dollars. Tout comme la Grèce, elle ne peut pas dévaluer sa monnaie, qui est le dollar américain, mais cette dette ne dépend pas d’organismes internationaux comme le FMI, mais de fonds spéculatifs privés américains qui ont prêté à des taux d’intérêt très élevés. Le gouverneur, Alejandro Padilla, a déclaré que l’île ne pouvait pas payer cette dette et était proche du défaut de paiement, ce qui a eu pour conséquence de faire plonger les cours des obligations émises par Porto Rico. La situation politique de Porto Rico ne lui permet pas de faire pression sur le gouvernement ou le congrès américains : en effet, les Portoricains, reconnus citoyens américains, ne participent pas à l’élection du président U.S., et leur élu au Congrès n’a pas le droit de vote. Le gouverneur a demandé la possibilité de se déclarer en faillite, comme l’a fait la ville de Detroit en 2013, mais cela a été refusé car Porto Rico est un État, pas une municipalité. Il est vrai que cette «solution» qui aurait permis d’échelonner ou renégocier la dette n’en est pas une pour la population, car celle de Detroit a subi des mesures drastiques, comme la baisse des retraites et la diminution des services publics. Cependant, un défaut de paiement pourrait avoir des conséquences aux États-Unis, puisque les fonds spéculatifs verraient leur situation compromise. Les agences de notation financière ont classé les obligations de Porto Rico parmi les «junk bonds» (obligations pourries). Le gouverneur a fait appel à des «experts» du FMI et de la Banque Mondiale, qui bien entendu ne proposent pas d’autres solutions que des sacrifices pour la population. Actuellement Porto Rico a un taux de chômage officiel de 14%, et la fonction publique représente 20% de la population active. Les prétendus experts considèrent qu’il faut réduire l’emploi public et diminuer les retraites et les pensions, et le gouverneur a fait adopter un budget réduisant de 8% les dépenses publiques. «Nous avons besoin de gardes pour les prisons et d’enseignants dans les écoles, mais tout le reste est sur la table», a-t-il déclaré. L’ordre de ses priorités est significatif ! En fait il y a de moins en moins de possibilités pour la jeunesse qui s’exile de plus en plus aux États-Unis. Aucune aide directe n’est prévue par Washington qui se contente de dominer Porto Rico sans aucune contrepartie. Parmi les entreprises les plus endettées se trouve Prépa, le fournisseur d’électricité. La population risque dès ce mois-ci de subir des coupures de courant par quartier, l’une des mesures envisagées «pour faire des économies». On le voit, la situation de la population va sans doute s’aggraver dans les semaines et les mois qui viennent, tout cela pour le profit de quelques rapaces financiers, et la seule solution que préconisent les gouvernants et les «experts» au service des financiers est de ponctionner au maximum la population qui n’est en rien responsable de cette gabegie. À Porto Rico comme ailleurs, les travailleurs devront se mobiliser pour s’opposer aux mesures prises contre eux. Mais la seule véritable solution réside dans le renversement de ce système pourri qui ne profite qu’à quelques-uns.


Guadeloupe : ÉCHO DES HÔPITAUX

CHU : IRM au rabais ? L’IRM du CHU commence à rendre l’âme. Un nouvel IRM va être acheté, il est proposé avec un système de climatisation inclus, mais la direction refuse cette climatisation intégrée, la jugeant trop chère et juge également qu’elle pourra par ses propres moyens assurer le refroidissement de l’IRM. Quand on connait la situation de la climatisation du CHU, il y a de quoi avoir peur !... Bon maché ka kouté chè !! CHU : orthopédie, la pagaille ! La désorganisation en ortho est telle que le personnel a voulu une rencontre avec les responsables et la direction. Cela portera-t-il ses fruits ? Rien n’est moins sûr, compte tenue de la mauvaise foi qui y régnait ! CHU : Pédiatrie en détresse Une IDE et une puéricultrice pour s’occuper de 10 petits enfants malades, dans une chaleur étouffante, une alimentation inadéquate pour ces petits… Quelques exemples qui montrent la pointe de l’iceberg de détresse du personnel de la pédiatrie. Ce personnel à fait connaitre son burn out lors d’une réunion avec la direction : là aussi, rien ! La PRE est en marche, pas d’embauche, pas de remplacement, pas de moyens. L’économie se fait sur le dos du personnel et des patients. CHU : la généralisation du harcèlement Le retour à l’équilibre budgétaire du CHU a commencé sur le dos du personnel soignant. Cela se traduit, entre autre, par la détermination de l’encadrement à faire plier le personnel pour qu’il accepte, sous peine de sanctions diverses et variées, que son planning soit chamboulé du jour au lendemain, d’être déplacé d’un secteur à un autre, d’être rappelé sur ses jours de repos voire même de congé annuel !! Le Plan de retour à l’équilibre (PRE) c’est travailler toujours plus et user sa santé physique et morale. Le P.R.E. et le nouveau CHU Il nous faut absolument dissocier les deux. Le nouvel hôpital n’est qu’un prétexte pour nous faire accepter la politique générale du gouvernement qui est de faire des économies sur le dos des travailleurs. Pour preuve, en France il n’est pas question de nouvel hôpital à construire et pourtant, le personnel de l’AP.HP subit comme nous la dégradation exponentielle de ses conditions de travail. Il est déjà dans la rue pour lutter contre la suppression des RTT. Exemple à suivre. La réalité du P.R.E Sous le nom de plan de retour à l’équilibre, se cache une attaque en règle contre les travailleurs ; une attaque contre « la masse salariale ». Pour ce faire, il n’y aura pas de remplacement des départs à la retraite, pas d’embauche, pas de renouvellement des CDD, pas de RTT, pas de remplacement des absences longues durées, flexibilité des plannings, mobilité obligatoire… De toute façon ce sera moins de personnes pour faire autant de travail sinon plus. Il ne dépend que de nous de changer la donne.


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