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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1137 du 18 juillet 2015/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe. Les agents se mobilisent contre le mépris d’une directrice de Pôle emploi

Pendant plusieurs jours, les agents de Pôle emploi de Capesterre Belle-Eau ont manifesté leur mécontentement face à leur directrice méprisante et arrogante. Celle-ci avait jeté à la poubelle une bouteille «thermos» appartenant à l’une des agents. Sans se préoccuper le moins du monde de savoir si cet objet appartenait à l’un des salariés, l’ayant retrouvé sur un meuble dans un espace destiné à accueillir le public, la directrice s’est crue autorisée à jeter cette bouteille. Ce n’était pas la première fois qu’elle faisait preuve de ce que les agents considéraient comme de l’autoritarisme voire même du mépris. Tous les agents se plaignaient en silence de sa dureté et de son application «bête et méchante» de tous les nouveaux plans mis en place à la demande de sa hiérarchie.
Cette directrice ne reflète en fait qu’une image poussée à l’extrême du «manager de proximité», à la sauce Pôle emploi. Faire passer la politique de Pôle emploi sans ménagement et sans état d’âme, c’est ce qui lui est réclamé pour obtenir des satisfécits, des primes ou un avancement dans sa carrière. La directrice de l’agence de Capesterre B-E, exerçant à fond son rôle de mère fouettarde, avait d’ailleurs sanctionné un délégué du personnel de l’UGTG, estimant qu’il ne faisait pas preuve de suffisamment d’implication dans son travail. Cette fois-ci, les agents n’ont pas accepté. Avec l’appui du syndicat UGTG, ils ont arrêté le travail et ont exigé l’arrêt de ce management par «la terreur». La directrice a été contrainte de réunir le personnel pour s’expliquer en présence de son supérieur hiérarchique direct. Elle a dû s’excuser en public et ravaler sa morgue et son arrogance. Les salariés en ont profité pour se rendre collectivement à l’annexe du siège à Jarry pour porter au directeur régional d’autres revendications exigeant l’amélioration de leurs conditions de travail.   A l’agence de Morne-à-l’Eau aussi, les agents ont débrayé pendant deux jours pour exiger le relogement de l’agence. Celle-ci se retrouve sur deux sites insalubres et trop petits depuis la fusion ASSEDIC-ANPE en 2008. Les conditions de réception des demandeurs d’emploi deviennent de plus en plus difficiles. Tant à Morne-à-l’Eau qu’à Capesterre Belle-Eau, les agents ont repris le travail la tête haute. De nombreux problèmes demeurent mais ces mobilisations montrent la voie à une mobilisation plus importante de l’ensemble des agents de Pôle emploi.


Guadeloupe-Martinique : Hôtellerie : Les salariés des hôtels Karibéa toujours en sursis

La liquidation judiciaire de l’hôtel Manganao à Saint-François et la fermeture de l’hôtel Saint-Georges à Saint-Claude jettent plus de 150 salariés au chômage. Les patrons après avoir bénéficié des exonérations d’impôts et des subventions de l’État ferment les hôtels sans aucun état d’âme.
Le groupe Fabre Domergue, installé en Martinique et en Guadeloupe, est l’un des capitalistes du secteur qui a perçu le plus d’aides de l’État. Ce groupe, depuis 2007, a plus de 50 millions de dettes. Pour y faire face et continuer à faire des profits, Fabre a décidé de vendre les murs des hôtels, tant en Guadeloupe qu’en Martinique à des sociétés financées en partie par les Conseils Régionaux des deux îles. Par ailleurs il a réclamé une renégociation de ses dettes à ses créanciers et levé de nouveaux fonds pour financer des travaux d’amélioration des hôtels. Si son plan aboutit à la cession d’une partie de ses biens, Fabre demeure propriétaire à 45% et il continuera à gérer le personnel qui serait au nombre de 500 sur les deux îles.
 Pendant la période des travaux il a décidé d’envoyer les salariés en formation et négocié le chômage partiel avec les services de la direction du travail, en Guadeloupe et en Martinique. Pour valider ses projets de travaux, de mise en chômage partiel et de formation du personnel, il avait besoin de l’aval des représentants du personnel siégeant dans les comités d’entreprise de ces divers hôtels. Cependant, d’importantes zones d’ombre étaient entretenues par le patron, concernant le départ des salariés en formation, leur rémunération pendant la formation et le retour de l’ensemble d’entre eux sur leur poste après la réouverture des hôtels. C’est ainsi qu’en Guadeloupe, le 18 mai, les trois hôtels du groupe ont été fermés. Les salariés n’étaient toujours pas informés clairement ni sur l’ensemble du plan de formation ni sur le montant de leurs salaires pendant le chômage partiel. Cette mise en chômage partiel n’avait pas encore été validée par la direction du travail. En Martinique où une dizaine de travailleurs ont d’ores et déjà été licenciés, les salariés ont exigé, en se mobilisant à plusieurs reprises, d’avoir des garanties sur la pérennité des emplois après la fin des travaux et sur une rémunération à 100% équivalente à leur salaire antérieur pendant le chômage partiel. Ils ont été rejoints dans l’action par une infime minorité en Guadeloupe, des représentants au comité d’entreprise. Le plan de Fabre a obtenu l’aval du tribunal de commerce de Fort-de-France. Sous la pression, il s’est engagé à maintenir tous les emplois à la réouverture qui devrait avoir lieu en novembre ou décembre 2015. Les employés ont tout intérêt à ne pas croire ces promesses sur parole.
 


Martinique : Agriculture : Les capitalistes de la banane pris la main dans le sac

Depuis plusieurs mois, une intersyndicale des syndicats des ouvriers agricoles négocie les NAO (négociations annuelles obligatoires) avec le patronat de la banane. Dans ce secteur, la majeure partie des ouvriers sont au coefficient 100 et payés au smic, soit un salaire horaire de 9,61€ et un salaire mensuel de misère de 1457,52€ brut. Et ce, après avoir travaillé plusieurs années dans la même entreprise.
L’intersyndicale se retrouve face à des gros patrons. Pour la plupart, ce sont des capitalistes békés possédant plus de 60% des terres agricoles, donc qui ont de l’argent.
Les syndicats réclament que le salaire minimum passe au taux horaire de 10,25€. Durant la dernière réunion des NAO (négociation annuelle obligatoire) tenue ce vendredi 10 juillet, ils se sont à nouveau trouvés face à un mur. Ces patrons ne voulaient accorder que des miettes en guise d’augmentation des salaires. Ils pleurnichaient littéralement en prétextant que : «ces dernières années, (nous avons eu) moins de producteurs dans la filière, donc une situation plus difficile»… Et autres bla, blaavancés pour avoir le culot de proposer une augmentation horaire de 1 centime pour le coefficient 100. Soit 9,62€ au lieu de 9,61€ de l’heure actuellement. Et 2 centimes de l’heure pour les autres coefficients : pas même une aumône !
Ces capitalistes-là mentent et sont des avares.
La lecture d’un article du journal France Antilles sur le groupement des producteurs de bananes «Banamart» qui tenait le vendredi 3 juillet son assemblée générale sur le bilan de l’année 2014, apporte un éclairage sur le sujet. «Banamart, bilan positif» titre le journal du 7 juillet. Et on peut lire : «Une bonne année 2014 avec un chiffre d’affaires de 169 millions d’euros (+ 17 %)... Mieux que 2013… Ce sont plus de 193 000 tonnes de banane qui ont été écoulées sur les marchés européens…», et aussi que «le prix moyen de la tonne est de 597 euros (+1 %)». Fin de citation. Sans compter les exonérations et aides de l’État dont bénéficient ces exploiteurs. Alors, le président du groupe, Nicolas Marraud des Grottes, peut se frotter les mains.
Et puis, selon ces patrons, la filière banane qui comptait 420 producteurs en 2010, n’en comptait plus que 392 en 2014. Malgré cette baisse, ou à cause d'elle, la filière a obtenu un résultat en augmentation de 17 % de la production. Cela signifie bien que le patronat a fait augmenter la productivité, c’est-à-dire a fait augmenter les cadences de travail des ouvriers agricoles.
Alors, le déroulement actuel des NAO montre que ces patrons ont pour objectif d’augmenter leurs profits sans rien accorder aux ouvriers qui ont sué pour les enrichir.
Pour l’instant ces mêmes patrons refusent de mettre à la disposition des syndicats des chiffres réels. Au lieu de cela, ils continuent de les «enfumer» avec leur baratin.
Ces messieurs ont promis d’apporter des chiffres au cours d’une énième réunion des NAO prévue le 24 juillet prochain. Voilà où en est la situation actuellement.
Pour l’instant ce que les ouvriers de la banane savent, c’est qu’ils ont fait gagner des millions d’euros à leurs patrons pour l’année 2014 et qu’ils ont fait mieux qu’en 2013. Et ils exigent leur part.


Pôle sans emplois

La Cour des comptes a publié un rapport stigmatisant Pôle emploi. Selon ce rapport, les chômeurs sont peu suivis, Pôle emplois n’intervient pas suffisamment pour leur trouver du travail, etc. En  fait, le gros problème c’est que du travail il n’y en a pas, que Pôle emploi n’y est pour rien et qu’en plus le nombre des agents est insuffisant pour suivre correctement tous les chômeurs.
La Cour des comptes serait mieux inspirée de faire un rapport dénonçant le patronat et l’État, comme responsables du chômage. Mais exiger cela de la Cour serait demander du lait à un bouc.       
 


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