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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1137 du 18 juillet 2015/Première page

Première page

Editorial: Une politique criminelle contre le peuple grec et tous les exploités !

ZoomLe premier ministre Alexis Tsipras a signé un accord avec les gouvernements européens qui détiennent une bonne part de la dette grecque. En échange d’un nouveau prêt à la Grèce, cet accord prévoit de nouvelles attaques contre les retraites que Tsipras devra porter à 67 ans, une augmentation de la TVA qui frappera les plus pauvres, un plan de privatisation de nombreuses entreprises publiques. En plus, Tsipras et le gouvernement grec devront faire tout cela sous la dictée des Européens, et l’argent récolté sera consigné en gage du nouveau prêt. Ce n’est rien d’autre qu’une mise sous tutelle de la Grèce. Fin juin, Tsipras avait refusé de signer un accord presque identique et proposé de demander son avis au peuple grec par référendum. Le 5 juillet, les Grecs ont voté «Non» à 62 %... Les marchés financiers et les politiciens qui les servent (qu’ils soient français, allemand ou autres) avaient été outrés. C’est qu’ils sont déterminés à ce que la Grèce continue à pressurer sa population pour payer : elle doit continuer à faire fonctionner sans faiblir la monstrueuse «pompe à fric» qui transfère l’argent des classes populaires de toute l’Europe vers les coffres des banques d’affaire et du patronat ! Et personne – en particulier ni les Espagnols, ni les Portugais qui sont aussi frappés par des plans d’austérité drastiques – ne doit espérer s’en sortir en votant pour un parti de gauche au discours un peu radical. Ce que l’on a vu lors des 17 heures de négociation du 12 au 13 juillet, c’est la volonté de fer des dirigeants capitalistes de punir durement ce genre d’illusion, quoi qu’il en coûte, y compris en piétinant la soi-disant «démocratie» qu’ils vantent tant en d’autres occasions. Cette leçon, qui va coûter cher aux travailleurs grecs, est importante : un Premier ministre «jeune et sympathique», aussi sincère et courageux soit-il, ne peut pas faire plier à lui tout seul une bourgeoisie implacable et sans pitié. Seule le peut une lutte massive des travailleurs, qui sont en définitive la seule vraie source de la richesse. Et cette lutte devra être menée de façon tout aussi implacable et sans pitié, sous peine de perdre. Les partis qui se réclament encore du mouvement ouvrier et qui refusent de dire aux travailleurs cette vérité fondamentale portent une lourde responsabilité. La démoralisation qu’ils provoquent est la vraie raison de la montée de l’extrême droite. Les récents événements vont d’ailleurs certainement profiter aux néonazis d’«Aube dorée» en Grèce. Si elles n’étaient pas le signe d’une dramatique décomposition, les déclarations de Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, feraient pitié. Il salue «le courage d'Alexis Tsipras et du peuple grec qui ont arraché un accord difficile. (...) Alexis Tsipras a ouvert un chemin, pour la première fois un gouvernement a osé résister, a osé discuter les politiques menées en Europe et c'est ce combat qu'il va falloir amplifier dans les semaines et mois à venir». Une défaite à plate couture déguisée en victoire ! Voilà où mène la politique d’un parti qui n’a, depuis longtemps, que la perspective que de proposer aux travailleurs l’espoir impossible d’un gouvernement «vraiment de gauche». En Grèce même, les partisans du parti de Tsipras (Syriza) crient à la trahison et les syndicats appellent à la grève générale pour le mercredi 15 juillet. Mais si ces luttes sont conduites par des dirigeants qui, eux aussi, ont toujours fait semblant de croire à l’illusion d’un gouvernement «vraiment de gauche», elles ne renverseront pas la situation. Il est temps, il est urgent de construire partout des partis déterminés à opposer au capital le seul pouvoir qui vaille : celui de la classe ouvrière. Il nous faut des partis vraiment communistes.


Crédit Moderne : La direction a reculé face à la détermination des grévistes

Un accord signé le 8 juillet a mis fin à la grève commencée le 17 juin 2015. La direction a accepté une augmentation de salaire annuel de 780€ brut avec effet rétroactif au 1er janvier 2015 et le versement d’une prime exceptionnelle de 1200€ brut au titre des bons résultats obtenus en 2014. La demande initiale des grévistes était une augmentation pérenne des salaires de 100 euros brut par mois (ce qui fait environ 72 euros net) et l’octroi d’une prime exceptionnelle au titre des résultats de l’année 2014 de 1 500€. La direction ne proposait qu’une augmentation de 650€ brut et une prime de 850€ brut c'est-à-dire la même chose que l’année dernière alors que les résultats sont en hausse. Après l’échec des négociations annuelles obligatoires de 2015 où la direction ne voulait donner que des miettes, les salariés ont estimé qu’ils avaient le droit de réclamer une part sur les 15 millions d’euros de bénéfices obtenus pour l’exercice 2014. La grève a touché les 3 départements, Guadeloupe, Guyane et Martinique et tous les syndicats ont appelé à la grève à l’exception de la CFTC en Guadeloupe. Le mouvement a été suivi par une majorité de salariés. Les non grévistes étaient surtout les cadres et les CDD (contrats à durée déterminée).La direction a voulu jouer le pourrissement de la grève en refusant de négocier. Elle a attendu une semaine avant de proposer une séance de négociation en Martinique alors que le siège est en Guadeloupe et que selon le Code du Travail, les négociations doivent avoir lieu au siège de l’entreprise. Les représentants du personnel ont tout de même accepté de se rendre en Martinique où ils ont assisté à une parodie de négociation car la direction voulait imposer son point de vue. Face au refus des salariés de signer un protocole d’accord non négocié, la direction a assigné en justice le 2 juillet 2015, 13 salariés en Guadeloupe (affiliés à la CGTG) pour délit d’entrave et des salariés en Martinique le vendredi 3 juillet. Le Crédit Moderne réclamait la somme de 2 000€ par salarié sous astreinte et 3 000€ au titre de l’article 700 du C.P.C. et se réservait le droit de faire intervenir les forces de répression pour ouvrir les bureaux alors que c’est elle-même qui avait décidé de fermer. La Guyane étant totalement bloquée, elle n’a pas osé assigner le personnel gréviste. Les juges ont accepté de reporter l’affaire au vendredi 3 juillet et s’agissant d’un référé ont délibéré l’après midi. Ils ont estimé qu’il n’y avait pas d’entrave et ont donc débouté la direction du Crédit Moderne qui ne s’attendait pas à recevoir un tel camouflet. Cela n’a fait que renforcer la détermination des grévistes. Finalement la direction a été contrainte de reprendre les négociations le 7 juillet en convoquant les représentants du personnel cette fois-ci en Guadeloupe. Les grévistes se sont d’ailleurs invités à la table des négociations et ont pu s’exprimer devant la direction, ce qui a été déterminant pour faire comprendre à la direction qu’ils ne pouvaient se contenter de miettes. Finalement le 8 juillet un accord a été signé entre les différentes parties. Les salariés sont satisfaits et ont repris le travail le 9 juillet, la tête haute. Outre les augmentations de salaire ils ont pu négocier d’autres points de leur plateforme de revendications comme l’augmentation de la prime de transport de 76 à 81€, celle de la dotation du budget des œuvres sociales du Comité d’Entreprise de 5000€. Sur les 3 semaines de grève les grévistes ont eu à leur charge 4 jours et le reste sera payé par la direction. Les grévistes ont bien compris que c’est leur détermination et la lutte d’ensemble des 3 départements qui ont fait céder la direction qui a voulu les traiter par le mépris. Ils savent bien qu’ils doivent à chaque fois se mobiliser pour obtenir la moindre augmentation de salaire et rester soudés.


Martinique : "L’Habitation Dillon" : Le patron jette les travailleurs à la rue

Le 7 juillet dernier, le tribunal mixte de commerce de Fort-de-France s’est prononcé pour  la liquidation du restaurant "L’habitation Dillon", dans l'indiférence générale.
Les six salariés sont révoltés. Ils se retrouvent dans la rue du jour au lendemain et de façon injuste, après que leur gérant ait décidé de mettre la clef sous la porte. Néanmoins ces salariés disent ne pas baisser les bras et envisagent de reprendre l’activité de restauration en cherchant des soutiens pour créer une SCOP, (société coopérative et participative).
Dans cette société basée sur l’exploitation des travailleurs, les patrons décident sans aucun état d’âme de la vie sociale et financière de familles entières de travailleurs. Et si ces profiteurs se comportent de la sorte, c’est bien que pour l’instant, ils ne craignent pas l’ensemble des travailleurs organisés et en colère, pour leur faire ravaler leur hargne contre le monde du travail.


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