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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1136 du 04 juillet 2015/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : La CGTG condamnée pour diffamation

Dimanche 05 juillet, la CGTG organise un déjeuner champêtre pour faire face aux deux condamnations qu’elle vient de subir devant la cour d’appel de Basse-Terre. Par deux arrêts datés du 20 avril 2015, la cour d’appel a confirmé les jugements de première instance condamnant la CGTG pour diffamation à l’encontre des patrons békés du supermarché Milenis, Martin et Jean Despointes. En 2013 la section CGTG avait été la seule organisation syndicale s’opposant à un plan de suppression d’emplois dans l’entreprise, sous de faux prétextes de difficultés financières. Pendant cette lutte, les patrons ont tout fait pour intimider et faire taire les dirigeants du syndicat. Ils s’en sont pris à la déléguée syndicale, la convoquant et la sanctionnant pour des fautes qu’elle n’avait pas commises. Malgré les pressions et la répression, les élus CGTG au comité d’entreprise ont fait voter un contrôle des comptes de l’entreprise par un expert comptable. Ils ont pu mettre au jour les magouilles des patrons. L’expertise a dévoilé que le patron avait gardé la participation qui aurait du être versée aux employés pendant plusieurs années en 2011 et 2012 ! La section syndicale a publié plusieurs tracts revendicatifs pour dénoncer la rapacité des Despointes et appeler les salariés à se mobiliser contre les suppressions de postes. Finalement, une vingtaine d’employés ont fait les frais de ce plan de licenciement et ont quitté l’entreprise. La lutte pourtant minoritaire des élus CGTG a permis un versement rétroactif de la participation. Mais les patrons ont poursuivi leur répression en attaquant deux dirigeants de la CGTG et la confédération en justice pour diffamation. Les Despointes reprochaient à la CGTG d’avoir écrit dans un tract daté du 14 juin 2013 que « la famille Despointes a bâti toute sa fortune sur la traite négrière, l’économie de plantation et l’esclavage salariat. » Dans un autre tract du 20 septembre 2013, où la CGTG demande « Qui sont les menteurs ? Qui sont les voleurs ? », les Despointes se plaignent de nouveaux propos diffamatoires. En première instance, par jugement du 06 mars 2014, la CGTG a été condamnée ainsi que les deux dirigeants de la section de Milenis dans les deux affaires. Dans la première, Martin Huygues Despointes a été déclaré irrecevable. Cependant, la CGTG ainsi que les deux militants ont du verser au total près de 15 000 € aux Despointes. La cour d’appel a confirmé les deux jugements. Cette fois-ci elle a déclaré que Martin Huygues Despointes avait intérêt à agir et a condamné la CGTG à le dédommager. Au total les condamnations se montent à près de 45 000 € ! Ce jugement inique n’a pour seul objectif que de faire taire un syndicat qui défend résolument les intérêts des travailleurs.


Guadeloupe : Affaire Quidal : renvoyée au 27 janvier

Gérard Quidal, animateur de «Radyo tambou», membre de l’UPLG (Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe),organisation indépendantiste, était convoqué au tribunal de Pointe-à-Pitre le mercredi 24 juin 2015. Il avait déjà été convoqué une première fois le vendredi 5 décembre 2014 mais l’affaire a été renvoyée. Cette fois-ci ce sont les avocats de la défense regroupés en collectif qui ont demandé de nouveau le renvoi, n’étant pas tous disponibles à la date de la convocation pour plaider l’affaire.
G. Quidal est poursuivi pour rébellion et outrage à agent. Le 23 juillet 2014 il a été brutalement interpellé par des agents de police alors qu’il était mal stationné dans une rue de Pointe-à-Pitre, ne trouvant pas de place pour déposer sa mère malade chez son médecin traitant. Les policiers n’ont pas voulu entendre ses explications, ce qui a provoqué sa colère. Il leur a dit qu’il valait mieux qu’ils s’occupent des délinquants de la région pointoise plutôt que de s’en prendre à quelqu'un qui s’occupait de la santé d’une personne âgée. Il a été interpellé et mis en garde en garde à vue au commissariat de Pointe-à-Pitre. Pour une banale histoire de stationnement qui aurait pu à la limite se solder par une contravention, G. Quidal a été convoqué par la justice.
Cette interpellation n’est pas étrangère à son appartenance à un courant indépendantiste et à sa responsabilité au niveau d’une radio qui dénonce les injustices. La justice et la police, d’une manière générale, ont peu de sympathie pour les militants indépendantistes ou d’extrême gauche.
Cette affaire est politique. C'est ce que va plaider le collectif d’avocats. Mais la mobilisation est importante pour dénoncer cette répression. Des organisations syndicales et politiques ont déjà appelé au soutien à Quidal et réclament sa relaxe. C'est le cas entre autres de notre organisation, Combat Ouvrier.   


Guadeloupe : Fermeture de l'hôtel Manganao : Face aux patrons voyous, une riposte d'ensemble est nécessaire !

La direction de l'hôtel Manganao a décidé de fermer l'hôtel. Il est mis en liquidation judiciaire, mettant plus de 150 travailleurs sur le carreau. Pourtant l'hôtel était bénéficiaire. De plus, la société gestionnaire de l'hôtel la SARL- PEMA a bénéficié  des aides de l'État et des fonds européens. Ces derniers se sont d'abord montés à 2,7 millions d'euros avec un accompagnement de la Région de 500 000 euros au titre de la rénovation de l'hôtel. Même si les fonds européens pour la rénovation ont ensuite été réduits à 1,2 millions d'euros, l'hôtel aura quand même bien profité de ces aides.
 Aujourd 'hui, comme des voleurs, après avoir utilisé tous ces fonds, les capitalistes hôteliers liquident.
Les patrons de l'hôtel Manganao ne bénéficiaient plus de la défiscalisation au 31 mai dernier. Alors ils ferment, comme c'est régulièrement le cas en Guadeloupe.
La seule chose qui compte pour eux c'est leur profit. Ils envisagent probablement de vendre l'hôtel par chambre ou studio à des particuliers pour se faire un pactole supplémentaire, comme d'autres hôtels l'ont déjà fait à Saint François et ailleurs en Guadeloupe.
Ces patrons voyous se fichent pas mal de priver plus de 150 salariés de leur gagne pain.
 Cette fermeture mériterait une riposte d'avertissement immédiate et de grande ampleur. Certes, les employés ont décidé d'occuper l'hôtel. Mais une première riposte de l'ensemble du monde du travail, des centrales syndicales, des militants du mouvement ouvrier à l'échelle de toute la Guadeloupe serait immédiatement nécessaire pour montrer à l'ensemble du patronat le mécontentement des travailleurs. Car ce qui est arrivé aux camarades de l'hôtel Manganao peut se produire partout. Il faut une riposte la plus large et la plus déterminée possible.


Martinique : Mairie de Basse Pointe, des négociations qui resteront sous surveillance.

Le mardi 16 juin dernier, la maire de Basse-Pointe, Mme Casimirius, a annoncé qu’elle avait déposé plainte contre X pour escroquerie suite à sa découverte de manœuvres délictueuses de certains cadres. Ces derniers se seraient fait octroyer indument certaines primes pendant plusieurs années.
La maire a fait cette annonce lors d’une séance de négociation avec les représentants du  personnel CGTM.
C’est à la suite de l’importante grève menée en mars 2015 par les agents municipaux  qu’une plate-forme revendicative avait été déposée par la CGTM dans chacune des mairies. Les agents municipaux réclamaient notamment l’application par les maires des accords signés précédemment. Il s'agissait notamment de la question des titularisations à temps plein, de la participation des municipalités au paiement de la mutuelle comme le prévoit une loi depuis 2008, ou encore le niveau trop élevé des examens pour changement d'échelon dans la catégorie C. Ce niveau C, dans les faits, empêche les changements d'échelon, et impose par exemple des départs à la retraite avec seulement 400 ou 500 euros.
Le conflit avait duré plus d’une semaine et s’était poursuivi au-delà avec les maires récalcitrants. Il avait permis de jeter la lumière sur une constante de la politique des maires, à savoir accepter d'être le relais de la politique du gouvernement qui pèse sur les travailleurs.
Face aux refus des maires d’appliquer certains textes de lois concernant le plus souvent les agents des catégories les plus basses (agents des cantines, agents techniques, etc.) les agents étaient montés au créneau contre ce qu’ils appelaient «le gaspillage» ou l’injuste répartition des budgets municipaux entre «lé gwo é lé piti».
La maire PPM de Basse Pointe, comme d’autres maires, avait alors affiché son refus de recevoir les agents municipaux mobilisés. Elle les avait même traités à l’époque de «macoutes».
Aujourd’hui, soit trois mois plus tard et après avoir découvert qu’il y avait des failles dans le fonctionnement de son administration, elle a fini par accepter de négocier avec les représentants CGTM. Mais elle repousse au 15 septembre prochain la partie sur l’évolution de la carrière des agents. Est-ce par souci de ne pas compliquer la tâche à ses amis du PPM (Parti progressiste martiniquais de feu Césaire) lors des prochaines élections ? L’histoire ne le dit pas ! Quoiqu’il en soit les agents ont accepté cette nouvelle date tout en demandant la mise en place d’un comité de pilotage qui leur permettra de se tenir au courant des avancées avant le nouveau round de négociations. A Basse Pointe comme dans les autres communes, les agents municipaux ont bien raison de ne pas baisser la garde.
 
 


Martinique : Roger Albert, Orange Caraïbes : des méthodes post esclavagistes !

Depuis quelque temps, le patronat en Martinique se sent des ailes. Il veut imposer sa loi en sanctionnant tout salarié, tout représentant du personnel qui se dresse contre lui pour défendre le droit des salariés.
C'est le cas aux établissements Nocibé-Roger Albert où la direction montre une attitude répressive à l'encontre de deux délégués du personnel parce qu'ils ont appelé leurs collègues à se mobiliser contre l’arrogance de leur direction.
C’est aussi le cas à Orange Caraïbes, où les employés se sont mobilisés les 16, 20 et 21 mai dernier, suite à une première tentative de la direction de sanctionner deux représentants syndicaux du personnel en leur prélevant un trentième de salaire. Tout cela pour de prétendues absences irrégulières, alors qu’ils étaient en missions syndicales. La direction ne s’est pas arrêtée là. Elle a continué à faire jouer son autoritarisme mais cette fois contre cinq autres membres d’une délégation syndicale CGTM venue soutenir leurs camarades sanctionnés. La direction leur a retenu trois jours sur leur salaire et sans aucune concertation.
La semaine dernière, une conférence de presse a été organisée par le syndicat CDMT pour protester contre l’attitude répressive à l’encontre des deux délégués du personnel des établissements Nocibé-Roger Albert.
En ce qui concerne la répression à Orange, plusieurs organisations syndicales : CGTM, UGTM, CSTM, SASM ont apporté leur soutien à cette mobilisation et aux salariés victimes.
Voilà le climat qui existe actuellement dans certaines entreprises. Il ne faut pas que de telles attitudes venant de patrons ou de directeurs puisse s’installer, car ce serait pour eux avoir le champ libre pour s’attaquer à tous les travailleurs qui défendent leurs droits.
Mais à force d’enfoncer le bouchon, ils vont finir par récolter ce qu’ils cherchent, c'est-à-dire la colère de l’ensemble des travailleurs. Ce serait bien plus efficace que les seules protestations syndicales.

 



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