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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1136 du 04 juillet 2015/Première page

Première page

Editorial: Le peuple grec étranglé par la finance internationale

Zoom Le 27 juin, les gouvernements européens ont proposé de prêter de l’argent à la Grèce à condition qu’elle accepte, entre autres, de s’attaquer aux pensions déjà très faibles de ses retraités. Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a répondu qu’il demanderait l’avis de sa population par un référendum prévu pour le dimanche 5 juillet. Outrés, les autres chefs de gouvernement ont décidé que les négociations étaient «rompues». Le 28 juin, le gouvernement grec a ordonné que l’argent contenu dans les banques du pays soit bloqué, pour éviter une fuite des capitaux. Ce bras de fer est le dernier épisode d’un véritable hold-up.
Les dettes des États, qu’on appelle les «dettes souveraines», rapportent énormément de profits aux banques d’affaires. Il existe un «marché obligataire» – un secteur de la bourse où de riches investisseurs achètent des parts de la dette de tel ou tel pays. Si vous détenez, par exemple, 1% de la dette italienne (c’est le cas du groupe d’assurance Axa), vous touchez automatiquement 1% des remboursements effectués par le gouvernement italien, ce qui représente environ 1 milliard d’euros par an ! Comme la plupart des États remboursent régulièrement l’argent qu’ils empruntent  – en fait, une grosse partie de leurs «remboursements» consiste à payer aussi les intérêts. Cette rente est pratiquement sans risques. Et ce sont les gouvernements qui se chargent d’imposer aux populations laborieuses les sacrifices qui financent ces versements. Le système des «dettes publiques» est donc une gigantesque «pompe à fric» qui transfère l’argent des poches des pauvres dans les coffres des capitalistes.
Lorsque la crise a éclaté en 2008, les marchés financiers étaient déterminés à faire payer la crise aux populations et en particulier aux travailleurs. Ils ont décidé de faire un exemple en s’attaquant à la Grèce : ils ont fait grimper en flèche les taux d’intérêts auxquels elle devait emprunter… Et les gouvernements grecs successifs se sont chargés d’imposer les sacrifices nécessaires pour rembourser des emprunts de plus en plus chers, renvoyant la majorité de la population dans une situation proche du tiers monde. Ils ont alors rencontré l’éternel problème du capitalisme depuis qu’il existe. À force de saigner les pauvres, il arrive un moment où ils ne peuvent plus rien acheter et toute la machine économique se grippe : l’argent ne rentre plus. C’est pourquoi, en 2012, les grandes puissances européennes, surtout la France et l’Allemagne, ont volé au secours des banques en leur rachetant au prix fort leurs parts de la dette grecque. Ce sont désormais «nos» États qui se chargent d’ordonner au gouvernement grec de «faire le sale boulot». Ce faisant, ils exacerbent les divisions entre les peuples en affirmant, comme l’ancien gouverneur de la Banque Centrale Européenne Jean-Claude Trichet, "rendez-vous compte : 700 euros par tête de français (sic) c’est ce que la Grèce nous doit ! » (France Inter, le 25 juin)… alors que ces 700 euros sont le prix que le gouvernement français nous fait payer pour sauver les banquiers cyniques qui ont plongé la population grecque dans la misère !
Quel que soit le résultat du référendum du 5 juillet, la crise grecque montre au moins deux choses. D’abord, l’objectif des gouvernements à la botte des capitalistes est d’imposer que personne ne discute leur sacro-sainte loi : «les super-riches doivent continuer à s’enrichir, quoi qu’il arrive. Les peuples doivent accepter les règles qu’ils imposent, quoi qu’il en coûte». Ensuite on voit qu’il est très facile de bloquer l’argent dans les banques, comme vient de le faire le gouvernement grec. Un grand mouvement de révolte des travailleurs européens dans lequel les salariés des banques prendraient des mesures du même type, cette fois sous le contrôle de la population, obligerait les grands capitalistes à mettre un genou à terre en quelques heures. 


Après le massacre de Charlestonà bas le racisme contre le peuple noir !

Le 17 juin dernier en Caroline du sud aux États Unis, à Charleston, un jeune Blanc a tiré et tué 9 personnes Noires, dont le pasteur, dans une église fréquentée traditionnellement par des Noirs. Arrêté, le jeune raciste a déclaré qu'il voulait déclencher "une guerre de races" contre les Noirs, et qu'il revendiquait "la suprématie de "la race blanche" sur toutes les autres. Ce crime raciste a profondément ému la communauté noire ainsi que la population blanche et les autres communautés.
On peut penser que ce crime est l'œuvre d'un détraqué. Et il l'est sûrement. Mais il n'en reste pas moins vrai que ce détraqué est un produit de la société américaine qui baigne dans le racisme depuis des siècles. Et particulièrement contre les Noirs. Ce jeune Blanc raciste exprime des idées partagées par un certain nombre d'Américains blancs racistes même si ces derniers ne passent pas tous à l'acte. Ce massacre revendiqué ouvertement comme un acte raciste survient alors même qu'une série d'assassinats de Noirs a été perpétrée par des policiers blancs, comme à Ferguson, à New York et ailleurs. Selon les statistiques, tous les deux jours, un Noir est assassiné par les policiers blancs. En Caroline du sud même il y a quelques mois, un Noir, Walter Scott a été abattu de plusieurs balles dans le dos par un policier. La vidéo peut être vue sur Internet.
Le racisme anti Noir est donc loin d'avoir disparu aux USA. On voit même resurgir des organisations racistes criminelles comme le KKK (Ku Klux Klan) dans le Sud des USA. Ce sont les Noirs qui connaissent le plus fort taux de chômage et de pauvreté. Ce sont eux encore qui en grande majorité peuplent les prisons. Car la pauvreté entraîne toutes sortes de maux : la drogue, la délinquance, les crimes. Mais on sait aussi que beaucoup de Noirs sont condamnés  alors même qu'ils sont innocents. Tués, emprisonnés, parce que coupables d'avoir la peau noire.
Les Noirs représentent 12,2% de la population américaine. Mais 41% des détenus américains dont la peine de prison dépasse un an sont noirs. En octobre 2005 sur les 9528 crimes haineux, 67,9% ont été commis à l'encontre de Noirs. 20% des Noirs américains nés entre 1965 et 1969 ont fait de la prison.
Dans la première puissance mondiale, le chef de file du capitalisme et de la bourgeoisie mondiale, le racisme fait partie de l'ADN du pays. Parce que la  bourgeoisie américaine, la plus puissante du globe, a fondé sa puissance  en grande partie sur l'esclavage et le racisme envers les Noirs. Cependant, ce racisme n'est que la plus importante des inégalités de toutes sortes que subissent les travailleurs et les pauvres, même blancs, et de toutes couleurs, ainsi que des multiples formes d'exploitation dans la plus grande puissance du globe.
Aux Antilles, nous faisons partie des millions de Noirs des Amériques dont les ascendants ont été déportés pendant plus de deux siècles et vendus comme esclaves. Nous aussi, nous avons subi le racisme violent et criminel. Il est devenu plus insidieux et hypocrite aujourd'hui mais il n'a pas disparu. C'est une raison supplémentaire pour laquelle  nous devons être solidaires de nos frères Noirs américains et protester contre le racisme dont ils sont victimes. Mais ce doit être aussi un combat contre la xénophobie qui existe au sein de notre peuple ici même, par exemple contre nos frères Haïtiens et autres immigrés de la Caraïbe et du monde. Ce doit être un combat contre le racisme  qui frappe le peuple noir partout sur cette terre de différentes manières : en Afrique, aux Antilles, en Amérique latine, dans les immigrations noires des pays riches. Ce doit être un combat  contre tous les racismes qui frappent aussi les Juifs, les Roms, les Arabes et d'autres. Ce doit être enfin un combat contre l'exploitation capitaliste sur les travailleurs et les pauvres de toutes couleurs et de toutes origines. Car c'est le système capitaliste qui crée et entretient le racisme pour pouvoir mieux diviser les travailleurs et les peuples et mieux les exploiter. Pour le combattre et le mettre à bas, il faudra une révolte générale et une révolution des exploités. Les esclaves haïtiens jadis ont su vaincre les esclavagistes et l'armée française par une formidable révolution armée. C'est par de telles révolutions qu'aujourd'hui  les esclaves modernes, les travailleurs de toutes couleurs vaincront le système capitaliste et la bourgeoisie  qui nous mènent à la barbarie et à la catastrophe planétaires.
 
En solidaritÉ avec nos frÈres noirs des USA et pour protester contre le racisme Dont ils sont victimes,  un grand RASSEMBLEMENT Aura lieu le Samedi 4 juillet à 16h SUR LA Place de la V ictoire a Pointe-À-pitrE.  le journal Rebelle, Combat Ouvrier, la CGTG et d'autres organisations y participeront.


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