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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1135 du 20 juin 2015/Deuxième page

Deuxième page

Détournements de fonds à l’Université des Antilles : une affaire qui devrait être étouffée ?

Zoom Le scandale a éclaté en 2014. Fred Célimène et Kinvi Logossah, deux professeurs dirigeants du laboratoire Ceregmia (Centre d'Étude et de Recherche en Économie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée) sont mis en cause dans des détournements de millions d’euros. Plusieurs rapports officiels, comme celui de la Cour des Comptes, ont mis en évidence leur gestion trouble des fonds européens qu’ils recevaient pour financer des projets de formation et de recherche.
Suite à cette affaire, la présidente de l’Université avait interdit l’accès de la faculté aux professeurs Célimène et Logossah pour une durée d’un an. Le 26 mai 2015, ils ont tenté de reprendre leur poste. Des étudiants et des personnels se sont mobilisés pour les bloquer à l’entrée du campus en Martinique. Le préfet a proposé de les faire escorter par les gendarmes, mais finalement ces chefs voyous n’ont pas pu entrer.
Nous constatons depuis plus d’un an, la passivité des autorités dans ce dossier. Alors que toutes les preuves sont publiques, la justice refuse pour l'instant de sanctionner les coupables.
Le 10 juin, le conseil de discipline, qui s’est tenu en janvier à Toulouse, devait se prononcer sur les sanctions administratives à l’encontre de ces deux professeurs.  Finalement, ils ont encore repoussé cette décision au 25 juin. En attendant, les étudiants et les personnels du campus de Schoelcher ont bien raison de se mobiliser contre le retour des dirigeants du Ceregmia. La présidente Mencé-Caster a aussi renouvelé leur suspension provisoire.
Dans ce scandale, les présidents de Région en Martinique et en Guadeloupe, Lurel et Letchimy, devront aussi rendre des comptes. Ce sont eux qui validaient les financements de millions de fonds européens pour les projets douteux du Ceregmia. En décembre, Lurel se présentera aux élections du Conseil Régional de Guadeloupe et Letchimy sera candidat aux élections de la Collectivité Territoriale de Martinique. Le président Hollande soutient leur candidature. On comprend mieux pourquoi le Parti Socialiste et le gouvernement auraient tout intérêt à étouffer ce scandale.
 


Femmes victimes : le sexisme tue !

Deux tragédies ont fait la une des actualités en Guadeloupe, récemment. Le 8 juin, à Goyave, une femme a été tuée par balle. D’après sa famille, c’est parce qu’elle avait refusé ses avances que le meurtrier lui a tiré dessus, avant de se suicider. Quelques jours plus tard, on apprenait qu’une autre femme est morte en région parisienne. Là encore, c’est un homme qui n’a pas supporté d’être éconduit qui a tué.
La même semaine, le 13 juin, l’Union des Femmes de la Martinique commémorait un bien triste anniversaire : les 10 ans de la mort de Sandra. En 2005, cette jeune femme était brûlée vive devant la mairie de Fort-de-France par son compagnon, un homme violent qu’elle avait décidé de quitter.
Ces drames sont malheureusement trop fréquents. Il y a encore beaucoup d’hommes qui considèrent leur compagne - voire toute femme en général - comme «leur chose». Si elle se refuse, ou si elle décide de le quitter, l’homme pense qu’il a le droit de lui ôter la vie. Pendant longtemps, ces assassinats ignobles étaient désignés comme «crimes passionnels», comme si la passion pouvait excuser ces faits.
En France comme aux Antilles, c’est dans leur couple, ou leur entourage proche, que les femmes subissent le plus de violences. Une femme sur dix subit des violences conjugales. Tous les 3 jours, l’une d’entre elles meurt sous les coups de son compagnon, ou de son ex. Une sur cinq a subi des violences sexuelles au cours de sa vie, dont la majorité sont commises au sein de la famille.
Ces chiffres montrent que la société doit changer pour que cessent ces violences odieuses. Pour que les femmes ne soient plus les victimes toutes désignées, elles doivent être les égales des hommes dans tous les domaines, et notamment au niveau économique. Les femmes ont donc toute leur place dans le combat communiste, pour une société débarrassée de toute exploitation !
 


Invasion par les sargasses : le gouvernement se hâte… à petits pas et… à moindre coût

Dans un communiqué publié le 11 juin dernier par la préfecture de Martinique, l’État a annoncé qu’il a débloqué un fonds de 1,5 million d’euros pour le ramassage et la valorisation des algues sargasses. Il l'a fait par l'intermédiaire de l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie).
Depuis la fin de l’année 2014, ces algues venant par bancs successifs de l’Océan Atlantique, envahissent le littoral des communes du Sud et du nord Atlantique, baies, criques, pontons, plages. En Guadeloupe aussi. Lorsqu’elles pourrissent, ces algues envahissantes laissent des tapis de plusieurs centimètres d’épaisseur, dégageant des gaz malodorants mais aussi décapants et irritants. La semaine dernière encore, une école a dû être fermée car plusieurs élèves avaient été frappés de malaises.
Pour faire face à ce qui est désormais présenté comme une «catastrophe naturelle», le gouvernement Hollande intervient avec le concours des Collectivités locales par des subventions à des entreprises privées. Les onze projets qui viennent d’être retenus dans l’appel d’offres organisé par l’ADEME devront encore être testés. Leur mise en œuvre sera financée par l’État. Ces entreprises lauréates espèrent bien saisir l’occasion pour se développer et surtout pour enrichir leurs patrons, le profit étant la finalité de tout investissement privé.
Bien sûr, parallèlement et après plusieurs mois, le gouvernement a annoncé qu’il mobilise par l’intermédiaire de l’ADEMEun fonds équivalent (1,7 million d’euros)dans le cadre de sa politique d'insertion. Il augmente le nombre d’emplois d’avenir pour la création des fameuses «brigades vertes» annoncées par la ministre de l’environnement il y a quelques mois. Le complément du financement devra venir des communautés d’agglomération des communes du Nord Atlantique (Cap Nord) et du Sud (Espace Sud). Une subvention spéciale de 220 000 euros est également attribuée par l’État à l’Agence Régionale de Santé et à Madininair (agence chargée de la surveillance de la qualité de l’air), pour l’installation d’un réseau de surveillance de l’hydrogène sulfuré, gaz émanant du pourrissement de ces algues. Un fonds de même montant sera attribué aux communes pour l’achat d’équipements adaptés au ramassage des algues. Après plusieurs mois, durant lesquels elles ont eu à gérer avec les moyens du bord et souvent par à-coups une partie des dégâts occasionnés dans leurs communes, les municipalités apprécieront sûrement.
Dans la réalité, malgré la liste  de ces mesures, les moyens mis en place par le gouvernement ne sont pas à la hauteur de la situation, à savoir résoudre le problème du ramassage et de l’élimination des sargasses, sur terre, et aussi sur mer. Ils ne tiennent pas compte non plus des nuisances de ces déchets puants sur la santé de la population et notamment sur les plus fragiles. Et les déclarations de Fabrice Rigoulet-Rose, le préfet de Martinique sur la nécessaire «réponse mutualisée au niveau des intercommunalités» masque mal la politique d’un gouvernement qui intervient à moindre coût en favorisant «l’initiative privée»… de quelques-uns plutôt que d’apporter des solutions adaptées aux problèmes de la population.
Pourtant, face à l’urgence, l’État pourrait disposer de moyens conséquents. On sait comment en une nuit il mobilise les fonds nécessaires à une opération militaire à l’autre bout de la planète pour défendre les intérêts de ses multinationales.
Alors, des solutions il en existe sûrement. Cela pourrait être d'embaucher des milliers de chômeurs sur les dizaines de milliers qui existent en Martinique et en Guadeloupe, pour lutter contre ce fléau. Par exemple, il faudrait aller en mer avec des bateaux pour ramasser ces algues avant qu'elles n'atteignent le littoral, avec des marins confirmés. Bref, un plan d'urgence devrait être mis en place, avec les moyens nécessaires.
Les associations de marins pêcheurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompées et certaines ont déclaré dès le lendemain que les mesures gouvernementales annoncées par le Préfet étaient tardives et insuffisantes, notamment car elles ne prévoient pas le ramassage des algues en mer.
Mais voilà, pour qu’il en soit autrement il aurait fallu une réelle volonté politique de l'État et des assemblées locales de prendre à bras le corps et le problème des sargasses et aussi celui des milliers de jeunes chômeurs. Ce n’est pas le cas.


Martinique : CTM : les tripatouillages dans la course à la mangeoire.

La campagne pour la mise en place de l'assemblée de la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique) est lancée depuis des mois dans le milieu des notables, des arrivistes politiques et de leurs différentes chapelles.
La nouvelle Assemblée comptera 60 élus et va remplacer les deux Assemblées actuelles : le Conseil Général (45 élus) et le Conseil Régional (41 élus). La CTM offrira donc 26 sièges de moins aux politiciens à la recherche de place. Il y aura  alors beaucoup de candidats, mais moins d’élus.
C’est bien ce qu’ont compris de nombreux postulants qui se disent… désintéressés, mais ne ratent pas une occasion de faire savoir qu’ils sont là, disponibles et rappelant leurs états de service.
Cela a été le cas dernièrement du 1 adjoint au maire de Saint Joseph, un certain Morin. Ce dernier  n’est peut être pas étranger au récent ralliement au PPM du maire de Saint-Joseph, Athanase Jeanne-Rose alors que celui-ci avait été un des fidèles lieutenants de Claude Lise, actuel président du RDM (Rassemblement Démocratique Martiniquais), parti qui s'aligne au côté du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) de Marie-Jeanne.
C’est encore le cas d’un certain Béret, représentant du Parti socialiste (PS) de Hollande en Martinique et membre de la coalition EPMN (Ensemble pour une Martinique Nouvelle) autour de S. Letchimy. Craignant d'être  laissé lui-même sur la touche par le PPM, Béret s'est mis aussi à vanter, les qualités de certains qui devraient être représentés dans la nouvelle Assemblée.
Pour permettre aux uns et aux autres de se caser, chacun des regroupements ou des coalitions de partis ou des groupes politiques, affiche ses tripatouillages.
Du côté du groupe Ensemble pour une Martinique Nouvelle de Letchimy, lui-même  récemment élu officiellement «tête de liste», on martèle qu’il n’existe pas de têtes de section, mais un seul chef, la tête de liste. Donc, pour l’instant, les négociations se déroulent dans une relative discrétion.
Dans le camp des «patriotes», la distribution des postes pour les «têtes de section» a été orchestrée différemment. Elle a fait l’objet d’une répartition savamment dosée entre MIM, RDM ou Palima (Parti pour la Libération de la Martinique), répartition qui, là encore, continue à provoquer des remous chez certains.
Mais que cela soit l’un ou l’autre tripagouillage de ces futurs candidats à la CTM, dans les deux camps, la vraie préoccupation chez certains, ce qui  pousse les uns et les autres à sortir de leur silence et à monter au créneau, c'est la course aux places à occuper. C'est tout. La défense des intérêts des travailleurs, des chômeurs, des retraités est le cadet de leurs soucis.
 


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