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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1135 du 20 juin 2015/Première page

Première page

Editorial:Nouvelles attaques anti ouvrières ! 

Le gouvernement Valls vient  de faire une série de nouveaux cadeaux au secteur patronal. Une prime de 4 000 euros sera versée aux  patrons  d'entreprises individuelles sans salarié pour les aider à franchir "le pas difficile" de l'embauche d'un premier salarié. Cette somme leur sera offerte pour toute embauche en CDD ou en CDI de plus de douze mois. Le dispositif sera ouvert à toutes les entreprises n'ayant jamais eu de salarié ou n'en ayant plus depuis au moins un an. Cette aide s'ajoutera aux aides fournies au titre du "crédit d'impôt compétitivité recherche" et aux allègements de charges sur les bas salaires. En réalité, avec ces meures, le gouvernement risque fort de subventionner des embauches que des petits patrons auraient de toutes façons effectuées. Car, si vraiment ces tout petits patrons ont besoin d'embaucher un salarié, ils l'auraient fait sans ces mesures.
Pour les TPE (très petites entreprises), celles qui ont moins de 10 salariés et les PME (petites et moyennes entreprises), celles qui ont moins de 250 salariés, les CDD qui constituent 85% des embauches seront maintenant renouvelables deux fois. Es-ce le début de la fin des CDI ? C'est possible. Les patrons en rêvent. De même, les "seuils sociaux" seront gelés pendant trois ans. Les seuils sociaux sont ces obligations auxquelles sont soumises les entreprises qui atteignent 10 salariés, puis 11, puis, 20, 25 et plus jusqu'à 200 et plus. Les patrons prétendent que ces "seuils" les pénalisent trop et les empêchent d'embaucher. Le gouvernement exécute.
Les accords de maintien de l'emploi permettant de faire varier horaires et salaires au gré du patron pourront durer cinq ans au lieu de deux. Et un travailleur refusant cette flexibilité, voire cette baisse de salaire, sera désormais licencié selon le droit commun. Mais l'attaque la plus brutale concerne les indemnités de licenciement. Lorsqu'un tribunal de prud'hommes juge qu'un licenciement est abusif, il peut exiger que l'employeur verse des indemnités supplémentaires excédant les indemnités légales. Eh bien, Le gouvernement vient, comme le demandait le patronat de plafonner ces indemnités, de fixer un prix forfaitaire, pas très élevé. Cela concerne pour, le moment, les entreprises de moins de 250 salariés, mais Valls a indiqué que le dispositif pourra être étendu à toutes les autres entreprises.
Ce ne sont pas ces cadeaux somptueux aux patrons qui permettront d'embaucher les dizaines de milliers de chômeurs aux Antilles et des millions en France. Pour cela les seules mesures radicales sont de puiser dans les immenses profits des capitalistes et de travailler moins pour travailler tous !
En ce qui concerne les retraites, de nouvelles attaques se préparent. Le rapport annuel du COR (Conseil d'orientation des retraites) prévoit un nouveau recul de l'âge moyen de départ à la retraite à 64 ans à la fin des années 2030 contre 61 ans en 2013. Mais ce n'est pas parce que les salariés ne travaillent pas assez longtemps que les caisses de retraite sont vides. C'est l'aggravation de la crise économique, le chômage de masse, les cadeaux au patronat sous forme d'exonérations ou diminutions de cotisations qui entrainent un recul des entrées de cotisations.
Malgré ces aides, le patronat ne cesse de dire que s'il n'embauche pas c'est parce qu'il ne peut licencier facilement et qu'il faut alléger encore plus le code du travail. Et ne voilà t-il pas qu'un ex ministre socialiste, Badinter, vient en appui au patronat en clamant qu'il faut revoir ce code entièrement. On en vient donc à préparer l'opinion à la suppression totale du code du travail. Mais il y a une autre façon de voir les choses : casser le code des profits de manière à ce que tous les milliards extorqués aux travailleurs par l'exploitation capitalistes soient mis au service de tous et non plus au service d'une minorité d'exploiteurs ! Mais cela, c'est la lutte des travailleurs qui y parviendra.


Marine déwò ! Le Pen pé ké palé !

Pour la troisième fois, Marine Le Pen a annoncé le report de son voyage aux Antilles. C'est que, à chaque fois, des manifestations se préparent pour l'empêcher d'entrer en Guadeloupe  et en Martinique ou pour fortement perturber son voyage. En 1987 et en 1997, son père Jean Marie Le Pen n'avait pu entrer dans les deux îles en raison de fortes manifestations hostiles.
Aujourd'hui, l'annonce de la non venue de Marine Le Pen aux dates prévues fin juin est donc déjà un succès pour les organisations qui manifestaient contre ce voyage. En Martinique, le comité "Marine Déwò" avait déjà perturbé la visite de "la négresse de service" du Front National, Huguette Tafna qui était venue préparer l'arrivée de Marine Le Pen. "Sa négresse" a dû sagement lui conseiller de différer son voyage. Puis, le vendredi 5 juin sur la place de la Savane en Martinique un meeting du comité "Marine Déwò " réunissait près de 150 personnes et de nombreux militants dont des militants de Combat Ouvrier, l'avocat Constant, Garcin Malsa, Luc Reinette et bien d'autres. Mercredi 10 juin, une conférence de presse était organisée par le comité "Marine pé ké palé" à Pointe-à-Pitre avec le FKNG de Reinette, le CIPN (comité international des peuples noirs), le KSG  (Konvoi pou sové Gwadloup) avec René Beauchamp , Combat Ouvrier avec notre camarade Max Céleste et le journal des jeunes de Rebelle ! représenté par notre camarade Raphaël Cécé. Un meeting sera organisé le vendredi 19 juin à la salle Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre.
Le troisième revirement  de Marine Le Pen est déjà un succès pour tous ceux qui ont milité en ce sens. Elle a fait annoncer confusément qu'elle pourrait venir vers le mois d'octobre ! Mais les militants et organisations qui s'y opposent demeurent vigilants.
Marine Le Pen veut se donner une autre image que celle de son père, une image non raciste. Mais c'est une feuille de... vigne... de bananier !
Le Pen est raciste et son parti est raciste. Il a été fondé en grande partie sur le racisme et l'antisémitisme. Son ADN est raciste ! Il ne partira pas comme ça ! Dans ces deux îles peuplées en grande majorité de Noirs, et d'Indiens, deux îles dont la majorité de la population est issue de la traite négrière et de l'esclavage d'antan, du colonialisme et du racisme du pouvoir blanc, il est important de faire savoir que nous ne voulons pas de Le Pen. Nous sommes aussi aujourd'hui une société multi raciale où toutes les communautés, blanche, noire, indienne, (de l'Inde) syrienne, libanaise, arabe, se sont mélangées et en sont fières !  Car sur ce plan là nos îles sont  déjà un microcosme de la société future. Un mélange que  Le Pen rejette en France ! Bien sûr, ils diront que nous sommes français, nous et  qu'ils nous aiment pour cela, mais pour mieux s'en prendre à nos frères haïtiens immigrés ! Quant à ceux qui nous disent qu'elle a le droit de s'exprimer nous répondons qu'entre nous (les organisations qui protestent) et elle, c'est nous qui n'avons que très rarement droit aux médias. Les Le Pen on les entend tous les jours sur les plateaux de télévision ! Ça suffit !
Le Pen, déwò ! Le Pen pé ké palé isidan !


Martinique : Habitation Dillon : La lutte des salariés face à un patron voyou !

Les neuf salariés du restaurant Habitation Dillon ont tenu une conférence de presse le lundi 8 juin, afin d’alerter la population sur leur situation. En effet, leur direction les a informés par courrier que le restaurant fermerait ses portes du 1 au 31 juillet. Inquiets de la soudaineté d’une telle décision, les salariés sont restés sur leurs gardes, d’autant plus que leur salaire du mois de mai dernier n’avait pas été versé. Donc, ils ont considéré que cette fermeture cachait une mise en chômage technique, et des licenciements déguisés.
Ce n’est que le lendemain, c’est-à-dire le mardi 9 juin, que les salariés ont pu joindre leur patron. Ce jour-là, tôt le matin, ils ont appris que la société serait liquidée. Voilà ce que les salariés disent avec colère : «Le propriétaire nous a appelés à 6 heures mardi matin, pour nous dire qu’il avait changé les cadenas et que ce n’était pas la peine de venir travailler».
Ce comportement est celui d’un patron voyou. Alors les salariés avec leur organisation syndicale la CDMT, se sont tous retrouvés dans les rues de Fort-de-France le mercredi 10 juin, en manifestant sur le boulevard pour informer de nouveau la population. Ils ont à cette occasion reçu le soutien des passants. D’autres ont exprimé leur dégoût vis-à-vis d’une direction méprisante envers ses employés.
Et les salariés de continuer à protester en disant : «Si monsieur Paul Ruffé (le patron) veut fermer le restaurant qu’il le fasse dans les règles».
Les salariés ne sont pas restés inactifs. Ils se sont rendus au Tribunal de Grande Instance, ont  interpellé également le procureur de la République sur leur sort. Ensuite les manifestants se sont rendus à la Préfecture et ont été reçus par un représentant de l’État.
En tout cas,  les autorités de l’État ont été mises au courant des agissements de cet exploiteur sans vergogne.
Pour l’instant, ces salariés se retrouvent sans ressources, dans l’impossibilité de subvenir aux besoins de leur famille. Ils attendent qu’une rencontre soit organisée avec leur direction pour lui faire  «respecter les règles» comme ils disent eux-mêmes. Et ils ne baissent pas les bras.
 

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