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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1134 du 6 juin 2015/Troisième page

Troisième page

Burundi : Nkurunziza s’accroche au pouvoir

Depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé qu’il sera candidat à un 3 mandat et que le parlement a accepté, les manifestants opposés à sa candidature ne quittent pas les rues de Bujumbura, la capitale du Burundi. La répression a déjà fait plus d’une centaine de morts depuis la fin du mois d’avril. L’armée entrainée et conseillée par des militaires français tire à balles réelles sur les manifestants. Pour la population, le président sortant a déjà effectué deux mandats comme l’autorise la constitution, et ça suffit. Nkurunziza et sa clique au pouvoir estiment qu’il a été élu une seule fois par la population en 2010. En 2005 c’était le parlement qui l’avait élu. Une façon bien originale de lire cette constitution. La révolte ne faiblit pas malgré la répression. Le Burundi, deuxième pays le plus pauvre du monde, s’enfonce dans l’instabilité. Les élections ont été reportées.                                                                                              Situé dans la région des Grands Lacs au centre de l’Afrique, le Burundi est un pays essentiellement agricole. Mais il a 233 kms de frontière avec la République Démocratique du Congo (RDC) et en particulier avec une région ayant un sous sol qui regorge de métaux et de pierres précieux. De plus cette partie de l’Afrique est peuplée de Tutsis et d’Hutus que Belges et Français ont dressés les uns contre les autres pour dominer et mieux exploiter la région. 85% des Burundais sont Hutus, les autres sont Tutsis. De 1993 à 2005 les conflits entre les deux ethnies ont fait 300 000 victimes. Les Hutus et Tutsis peuplent également les pays voisins : Rwanda et RDC. Un embrasement du Burundi est un risque de guerre dans toute la région. Mais les grandes puissances comme la France, la Belgique et les USA soutiennent des potentats comme Nkurunziza,  qui attisent la rivalité entre les deux ethnies, dans l’espoir de faire main basse sur les mines de la RDC. En attendant, c’est la population pauvre du Burundi  qui reçoit les balles des militaires armés par la France.  


Guadeloupe : ECHO DE POLE EMPLOI

GREVE A L’APPEL DE LA CGTG POUR LE SECRETAIRE DU CHSCT
Près de 25 collègues ont répondu à l’appel à la grève de la CGTG ce mardi 12 mai en dépit du fait que l’UGTG n’a pas relayé cet appel. Il existe un fort mécontentement des collègues vis-à-vis de la direction et de nos conditions de travail de plus en plus difficiles. Il ne tient qu’à nous de le faire savoir à la direction plus massivement dans les jours et semaines à venir !
 
MOBILISATION DEVANT LE TRIBUNAL EN SOUTIEN A CHIPAN
Une vingtaine de militants étaient présents au tribunal ce mardi 12 en soutien au secrétaire du CHSCT Moïse Chipan. L’affaire a été renvoyée au 26 mai pour permettre à l’avocat du CHSCT de répliquer aux conclusions de la direction. Le 26, il nous faudra de nouveau être mobilisés pour montrer aux juges  notre soutien à notre collègue et faire reculer la direction de Pôle emploi !
 
JACQUES-GUSTAVE BOURREAU !
Pour faire cesser toute tentative de soutien au secrétaire du CHSCT Chipan, le DR menace de supprimer un jour de salaire aux agents qui se sont rendus à Lomba le 30 avril. La preuve que comme tous ses semblables il n’a peur que d’une seule chose : la mobilisation consciente du plus grand nombre !
 
BASSERES EGAL A LUI-MEME : UNE BASSESSE DE PLUS !
En réponse à la lettre ouverte de l’UGTG envoyée au DG, celui-ci affiche son mépris habituel pour les agents. Il réitère toute sa confiance au DR de Guadeloupe. Il fallait s’y attendre. Ce sont ses décisions et celles du gouvernement qui pourrissent nos conditions de travail et notre santé. Préparons la seule réponse qu’il mérite : la lutte collective.
 


Hôpitaux de Paris : Mobilisations contre le projet de Martin Hirsch

Les hôpitaux de Paris sont en effervescence. En cause : un projet de «réorganisation du temps de travail» du directeur général Martin Hirsch.
Sous couvert de «réorganisation», ce qui est visé, c'est de faire des économies sur le dos du personnel hospitalier. L’objectif, pour les hôpitaux du pays, et pas seulement sur Paris, est de récupérer trois milliards d’euros en trois ans.

A Paris, ce sont surtout les RTT qui sont dans le collimateur, ces jours de repos qui compensent un temps de travail resté supérieur aux 35 heures par semaine prévus par la loi. Comme, du fait du manque d'effectifs, il est très difficile de prendre effectivement ces jours de repos, ceux-ci s'accumulent sur les comptes «épargne-temps» du personnel, où ils représentaient, selon la direction, 74,7 millions d'euros fin 2014. Celle-ci vise donc la réduction des plages horaires journalières qui permettrait de diminuer les RTT. Mais les travailleurs ne peuvent que craindre, avec cette réorganisation du temps de travail, une réduction des RTT qui ne font que compenser – quand on arrive à les prendre – le rythme de travail qui s’accélère. Et, en revanche, ils peuvent s'attendre à devoir dépasser les nouvelles plages horaires ou à devoir assurer les mêmes tâches en moins de temps. Alors le projet de la direction leur reste en travers de la gorge !
D'autant que Martin Hirsch n'est pas avare d'autres menaces, à peine voilées.
Inspiré par la politique générale du gouvernement qui veut qu’au cours des trois prochaines années les hôpitaux du pays suppriment 22 000 postes, il fait un chantage à l’emploi. Il prétend que les économies réalisées permettraient de sauver 4000 emplois dans les années à venir. Comme si chacun devait choisir entre sacrifier ses repos ou son emploi.
Hirsch a aussi fait calculer qu’en 2014 si la journée de la Fête des mères avait été supprimée, l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) aurait économisé 161 postes de travail, ou que 16 postes auraient été économisés si deux journées de RTT étaient enlevées à ceux qui prennent des congés bonifiés pour aller en vacances dans leur famille outre-mer, etc.                                                           
Pour protester contre le projet, les principaux syndicats de l’AP-HP ont appelé à une première journée de grève et de manifestation, jeudi 21 mai. Pour la préparer, des assemblées générales, de quelques dizaines à quelques centaines de travailleurs se sont tenues dans les hôpitaux suivants : à la Pitié-Salpétrière, à Tenon, à Trousseau, à Saint-Antoine... La revendication du retrait du plan y a été votée car celui-ci n’est pas négociable.                                                                                                                
La journée du 21 a été un succès, il y a eu 40 % à 60 % de grévistes, selon les endroits. Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés devant le siège de la direction générale, avenue Victoria, au centre de Paris.                                                                                                                                        Encouragés par les slogans scandés par la foule des manifestants, notamment «Ni amendable, ni négociable, retrait du plan Hirsch», des militants qui se sont succédés au micro ont insisté dans ce sens. Les responsables syndicaux continuaient en même temps leurs discussions au deuxième étage avec la direction.                                                                                                                                              L’appel à une nouvelle journée pour jeudi 28 mai ayant été lancé et acclamé lors du rassemblement devant le siège, et concrétisé le lendemain dans certains hôpitaux, l’intersyndicale centrale l’a repris.
Et le 28 mai, ce sont encore plusieurs milliers de manifestants qui se sont rassemblés en fin de matinée devant le siège, avant de défiler en direction du ministère de la Santé, aux cris de : «Martin démission !», «Martin arrête ton baratin», «Martin, c'est certain, on en n'a plus besoin».                                  
Les camps sont bien délimités, la ministre de la Santé Marisol Touraine a assuré à plusieurs reprises que la direction de l'AP-HP avait sa confiance pour négocier, les travailleurs hospitaliers ont montré qu'eux, n'avaient aucune confiance, ni dans la direction, ni dans ses soutiens gouvernementaux.
Le plan Hirsch n'est ni négociable, ni amendable et si la mobilisation continue et s'amplifie, les travailleurs peuvent en obtenir le retrait complet.


Le Medef pour la retraite à 67 ans

Nous publions ci-dessous un article du journal Lutte Ouvrière
Mercredi 27 mai s’est tenue une réunion entre les syndicats et les organisations patronales (Medef, CGPME et UPA) pour discuter des difficultés des caisses de retraite complémentaire Agirc et Arrco. Le Medef y est venu avec des propositions provocantes, avec des mesures qui sont toutes des attaques en règle contre les futurs retraités. Ainsi le Medef demande que les retraites ne soient plus indexées sur l’inflation officielle. C’est déjà ce qui se fait depuis près de deux ans, la revalorisation ayant été inférieure d’un point à l’inflation depuis 2013. Mais il demande plus, en proposant 1,5 point de moins que l’inflation.

Autre proposition : le Medef veut que les salariés ne partent à la retraite qu’à 67 ans, cinq ans de plus que les 62 ans qui sont l’âge légal actuel depuis Sarkozy, mesure sur laquelle Hollande n’est pas revenu. Des décotes très élevées s’appliqueraient pour tous ceux qui voudraient partir plus tôt, par exemple 22 % pour ceux qui demanderaient à partir comme aujourd’hui à 62 ans ! Des décotes temporaires encore plus élevées (40 % à 62 ans) seraient appliquées dans des cas particuliers, comme les carrières longues, la pénibilité, l’amiante, les travailleurs handicapés. Autre attaque contre les salariés, la pension de réversion des veufs et des veuves ne serait plus versée qu’à partir de 60 ans au lieu de 55 ans aujourd’hui. Avec toutes ces attaques, le Medef annonce pouvoir faire 2,3 milliards d’économies dès 2017 et 17,1 milliards d’économies en 2040 pour diminuer le déficit de l’Agirc et de l'arcco. 

Les remèdes du Medef sont simples, c’est toujours aux salariés de payer. Ils travailleront plus longtemps, pour toucher encore moins de la part des caisses complémentaires. Par contre il n’est pas question d’envisager que le patronat augmente ses cotisations, et encore moins qu’il embauche. Car finalement, si les caisses de retraite sont en difficulté aujourd’hui, c’est tout simplement parce que le chômage entraîne de moins en moins de cotisations.                                                                                                                                         
Mais le Medef n’y pense même pas. Il sait qu’il aura du côté du gouvernement une oreille complaisante et il demande qu’on fasse encore plus les poches des salariés, tout en continuant à encaisser les milliards que Hollande et Valls lui accordent sous prétexte de favoriser la compétitivité !
Cédric DUVAL


Guadeloupe : L’ECHO DE JARRY

EDF Jarry : les salariés ont fait leur choix, malgré les manœuvres de la direction
La semaine dernière, lors des élections professionnelles, les travailleurs ont choisi à la majorité des militants combatifs pour les représenter. La direction n’avait pourtant pas ménagé ses efforts pour éviter ça ! Si elle pouvait être aussi énergique quand il s’agit de régler les problèmes…
 
Générale des Eaux : une direction sans cerveau ?
Au mois d’avril, des travailleurs ont protesté contre la réorganisation des équipes après le départ de 120 ouvriers transférés au SIAEAG. La direction continue à faire n’importe quoi avec les nouvelles équipes. Par exemple, pour l’astreinte (les réparations d’urgences), elle a choisi des travailleurs qui ne pourront pas effectuer cette mission à cause de leurs problèmes de santé. On se demande vraiment à quoi servent ces chefs.
 
Générale des Eaux : transferts ? Ou licenciements déguisés ?
En un an, la direction a transféré près de la moitié des effectifs vers la CASBT et le SIAEAG. Son prétexte : le SIAEAG lui devait soi-disant de l’argent. En réalité, Véolia, la multinationale qui possède la Générale des Eaux, avait décidé de supprimer 1500 postes en France. Grâce à ces suppressions, Véolia a fait 246 millions d’euros de profits en 2014.
 



Turquie : la grève a payé

Pendant 13 jours, jusqu'au 27 mai, les 5 700 ouvriers de Renault Bursa en Turquie ont fait grève et occupé leur usine pour exiger des augmentations de salaire équivalentes à celles récemment obtenues par leurs collègues turcs de l'équipementier Bosch, afin de compenser une inflation de plus de 20 % par an. Ils voulaient aussi la liberté de choisir leur syndicat.                                                                                                                   La contagion gagnait d’autres usines de la métallurgie, dont Fiat et Ford, et d’autres régions. Même si le travail avait repris avant la Pentecôte chez les concurrents de Renault après la signature d'accords d'augmentation de salaires, la poursuite de la grève Renault était vue d'un mauvais œil par les autorités à la veille des élections législatives du 7 juin.                                                                                                             La direction de Renault-Bursa a cédé une prime d’un mois de salaire ; une seconde prime annuelle de près d’un tiers de mois ; une augmentation prochaine ; aucune sanction consécutive à la grève ; les 13 jours de grève payés ; la reconnaissance officielle comme interlocuteurs des délégués choisis par les grévistes et le droit de choisir son syndicat.                                                                                                              "Nous espérons que cet accord permettra de tourner la page d'une période qui a jeté le trouble sur tout le secteur automobile en Turquie", a déclaré le constructeur.
Trouble du côté patronal, mais victoire du côté des travailleurs !


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