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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1134 du 6 juin 2015/Deuxième page

Deuxième page

La FIFA, une entreprise à l'image du système

Zoom La FIFA, officiellement Fédération internationale de football, est une organisation politique et commerciale fondée en 1904. À l'origine, elle a été dirigée en alternance par des représentants des puissances coloniales de l'époque, français et anglais. En 1934, peu avant la seconde guerre mondiale, la FIFA a attribué l'organisation de la coupe du monde de football à l'Italie, dirigée alors par Mussolini. Ce dernier n'a pas manqué d'utiliser cette gratification comme un soutien au fascisme.
En 1958, en pleine guerre pour l'indépendance de l'Algérie, l'équipe nationale algérienne qui venait de se constituer a été interdite de compétition. Encore un soutien politique au colonialisme !
En 1978, le Mondial s'est déroulé en Argentine, malgré le mouvement de boycott appelé par plusieurs pays. L'Argentine était alors en proie à une dictature militaire et dirigée par des généraux tortionnaires. Cette accumulation de choix orientés ne doit rien au hasard : la FIFA dès l'origine a choisi son camp, celui du colonialisme et de la dictature.
En 2014, la coupe du monde s'est déroulée au Brésil. Dès 2013, des manifestations ont éclaté et ce jusqu'à l'ouverture en 2014, pour dénoncer la corruption et les dépenses excessives liées à l'organisation, alors que dans le pays la misère fait des ravages. Les manifestants ont dû affronter la répression, les arrestations et les charges policières. Ce Mondial a rapporté à la FIFA 5 milliards d'euros. Les entreprises impliquées se sont aussi servies largement. La construction du stade Maracana à Rio par exemple, dont le budget prévu était de 288 millions, s'est soldée par un coût final de 430 millions, suggérant fortement des détournements de fonds.
En 2018, le Mondial aura lieu en Russie, pays dont le gouvernement s'apparente à une dictature, et où l'organisation des jeux olympiques a déjà pesé très lourd sur la population.
La Coupe du Monde 2022 a été attribuée au Qatar. La place des pots de vins dans ce choix est plus que probable. Le Qatar a certes de quoi arroser largement les décideurs. Par contre les travailleurs qui construisent les infrastructures, des ouvriers immigrés pour la plupart népalais, sont de véritables esclaves qui risquent leur vie pour un salaire misérable, dans des conditions révoltantes. Le début des opérations a déjà fait plus de 1200 morts, à cause des conditions de travail épouvantables, sans aucune sécurité.


Guadeloupe : Congrès du PS local : ils sont au pouvoir mais qu'est-ce que cela change ?

La Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste a tenu son congrès samedi 30 mai au vélodrome de Gourdeliane à Baie Mahault. Il s'est tenu avant le congrès national qui aura lieu sous peu.
Mais, comme d'habitude, face au chômage endémique et aux problèmes quotidiens que connait la population, aucune politique volontariste, aucune mesure énergique  n'ont été proposées. Oh il y a bien eu des résolutions comme celle sur «l'égalité réelle», slogan devenu à la mode chez les socialistes depuis quelque temps. Il s'agirait  de la culture, du transport, de l'eau, des déchets, du logement.
En effet ce sont là de vraies préoccupations de la population connues depuis des lustres par les socialistes mais qui n'ont toujours pas de solutions. Certains de ces problèmes empirent, comme celui de l'eau par exemple. Pourtant c'est ce parti qui est aujourd'hui au pouvoir avec Hollande. Mais aucune solution aux problèmes de la population ne viendra de lui, tout simplement parce que sa politique est de réduire les  fonds destinés au règlement des problèmes quotidiens au profit des patrons des riches qui, eux, reçoivent des milliards.
Et ces derniers n'embauchent pas pour autant. Les chiffres du chômage sont éloquents : 5 645 600 chômeurs, Hexagone plus Outre-mer toutes catégories confondues.
Par contre, un sujet a semblé intéresser bien plus les notables du PS : la future élection du nouveau premier secrétaire, après la démission de Max Mathiasin. Les candidatures sont nombreuses, mais cette élection interne aura lieu le 11 juin. En attendant, les tractations et marchandages iront bon train dans ce parti de notables dont le seul but est de faire carrière et de soigner leurs intérêts personnels.


Guadeloupe : L'envol de Mathiasin n'aura pas été bien haut.

Max Mathiasin a démissionné de son poste de premier secrétaire de la Fédération guadeloupéenne du parti socialiste. Lors de sa conférence de presse pour annoncer sa décision, il a parlé de mésentente avec le patron des socialistes de Guadeloupe,  Victorin Lurel, l'accusant de n'en faire qu'à sa tête et de ne pas l'avoir soutenu lors de diverses élections. Bref on en n’a pas appris plus et on ne sait toujours pas vraiment pourquoi Mathiasin a démissionné. Il est vrai que l'ambition personnelle de Mathiasin a été mise à mal. Sa progression dans l'échiquier politique des notables n'est pas concluante puisqu'il a été battu aux élections législatives, municipales, départementales. Il est classique en effet, dans ces cas là, de trouver un bouc émissaire, responsable de l'échec. Mais il est possible que Lurel ait choisi de miser sur des seconds couteaux plus porteurs pour lui et son équipe. Ainsi va la petite vie politicienne.


Guadeloupe : Mais que fait le rectorat contre le harcèlement sexuel dans les établissements scolaires ?

Le 13 avril, les jeunes du journal contestataire Rebelle ! ont publié un tract pour dénoncer le harcèlement sexuel que subissent les lycéennes du lycée agricole de Convenance, à Baie-Mahault, de la part de certains adultes exerçant dans l’établissement. Reprise par les médias locaux, l’affaire a eu un certain retentissement.                                                                                                                                                                        Ce n’est pas la première fois que ce journal dénonce les comportements déplacés de certains des adultes chargés de l’éducation des jeunes. Il s’agit de professeurs, de surveillants, de CPE, voire de chefs d’établissement, qui abusent de leur pouvoir pour tenter d’obtenir des faveurs sexuelles des jeunes filles placées sous leur autorité. Si certains se contentent de regards insistants, d’autres ont les mains baladeuses, ou pire. Certains des harceleurs profitent de leur position pour proposer clairement des relations sexuelles aux lycéennes qui leur plaisent. Quant aux remarques déplacées sur la morphologie des jeunes filles, elles sont quotidiennes.
Impunité                                                                                                                                                                                Ces comportements  sont malheureusement très répandus. Rares sont les jeunes filles qui n’ont pas subi ce harcèlement sexuel, sous une forme ou sous une autre, au cours de leur scolarité. Les adultes harceleurs agissent en effet en toute impunité. Ils font pression sur leurs victimes en faisant du chantage sur les notes ou les décisions d’orientation, et en sanctionnant celles qui résistent. Lorsqu’une jeune fille demande de l’aide à un responsable, on lui fait comprendre qu’on ne peut rien y faire, et que ce n’est pas si grave, quand on ne l’accuse pas d’avoir elle-même « provoqué » son harceleur.                                                                       La manière dont «l’affaire Convenance » a été traitée est révélatrice. Le proviseur du lycée a bien réagi, il a immédiatement alerté sa hiérarchie, et les autorités, qui ont fini par ouvrir une enquête presque 3 semaines après le signalement, le 2 mai. Des lycéennes, élèves d’un des professeurs mises en cause, ont été convoquées à la gendarmerie de Baie-Mahault pour être entendues. Le surlendemain, elles avaient cours avec ce même professeur, qui a pour habitude de répéter aux élèves qu’il a tout pouvoir sur leur résultat à l’examen ! Personne n’a voulu prendre la décision de suspendre l’enseignant, au moins pendant la durée de l’enquête.
Un signalement suffit                                                                                                                                                                Le prétexte, répété en boucle, c’est l’absence de plainte déposée par les jeunes victimes ou par leurs parents. Mais quelle lycéenne oserait porter plainte dans un tel contexte ? La loi prévoit justement, pour protéger les victimes, qu’un simple signalement suffit pour permettre aux autorités d’agir. Quant au recteur, il a prétexté un emploi du temps trop chargé pour pouvoir recevoir rapidement les jeunes rédacteurs de Rebelle !. C’est dire l’importance qu’il accorde à la souffrance des jeunes filles harcelées…  Au mois de mai, le journal Rebelle ! a publié d’autres témoignages de jeunes filles victimes de harcèlement sexuel par des adultes, notamment au lycée du Lamentin. C’est peut-être ce qui a poussé la direction du rectorat à répondre enfin aux demandes de rencontre envoyées par les jeunes de Rebelle !. Ils ont été reçus le 2 juin par la directrice de cabinet et l’adjoint du recteur.                                                                                Mais cette rencontre a été bien décevante. Après avoir prétendu qu’ils ne sont pas vraiment au courant, ils ont déclaré que ce problème du harcèlement sexuel les préoccupe, pour conclure en affirmant : « les choses suivent leur cours ». Au passage, ils ont indiqué que les jeunes filles harcelées devraient s’adresser aux assistantes sociales, et non aux chefs d’établissement, contredisant les déclarations d’une autre responsable du rectorat dans le France Antilles du 9 mai !                                                                                                  La lenteur du rectorat à réagir sur cette question, les déclarations contradictoires et embarrassées des responsables, montrent leur réticence à affronter sérieusement ce problème.


Martinique : L’embarras du Parti communiste martiniquais (PCM)

Dans le cadre de la campagne en vue de l’élection des représentants de la toute nouvelle Collectivité territoriale de la Martinique, la CTM, en décembre 2015, Georges Érichot, secrétaire général du PCM, a donné la position de son parti dans le journal France Antilles du 26 mai 2015.
Le journaliste chercha  à mettre en évidence la contradiction entre la ligne du PCM et celle de deux de ses «alliés» au sein de la coalition GRAN SANBLÉ.
En effet, alors que le journaliste pointait la position inconfortable du PCM dans cette coalition, G.Érichot se justifia en reconnaissant à ses composantes le label «anticolonialistes» et «anticapitalistes». 
«Le RDM (rassemblement démocratique martiniquais) et le MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais), sont-ils des partis anticapitalistes ? Vous n'avez pas entendu Alfred Marie-Jeanne lancer un appel aux capitalistes martiniquais pour le développement de la Collectivité unique ? L'appel d'Alfred Marie-Jeanne ne vous a donc pas dérangé ? » demanda le journaliste qui paraissait surpris des réponses de G. Érichot.
En fait, il y a bien longtemps que le PCM n’a de «communiste» que le nom. Il y a bien longtemps qu’il a abandonné le terrain de la lutte des classes, le terrain du communisme, pour aller sur celui du nationalisme, en reprenant des slogans et mots d’ordre appelant à la défense de «la production martiniquaise», de «l’économie martiniquaise», du «peuple martiniquais», ou encore «la responsabilité martiniquaise». Ce sont là des notions qui appellent les travailleurs à mettre de côté leurs propres revendications pour faire bloc avec leurs exploiteurs pour le supposé développement du «pays Martinique». En définitive, à consolider le pouvoir et la place des patrons martiniquais et  autres au détriment des travailleurs.
Les dirigeants du PCM, ne sont en fait que les supplétifs de Marie-Jeanne et des autres dirigeants nationalistes du GRAN SANBLÉ. Leur mission, dans cette coalition, est de semer les illusions parmi les travailleurs en laissant croire à ces derniers que la seule présence au sein du GRAN SANBLÉ est une garantie.
Au contraire, les travailleurs doivent se détourner de la voie que proposent les dirigeants du PCM et construire un véritable parti communiste dont la mission sera la défense exclusive de leurs intérêts. Et pas ceux de leurs exploiteurs !
 


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