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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1134 du 6 juin 2015/Première page

Première page

Editorial:Chômage, contrôle des chômeurs. Qui sont les vrais fraudeurs ?  

ZoomLe nombre de chômeurs en Guadeloupe et en en Martinique est en très légère diminution ce mois-ci (0,1%). Il n'empêche que le chômage dans ces îles oscille en permanence entre 20 et 25%. À l'échelle de la France, DOM compris, et toutes catégories confondues, le nombre de chômeurs est de 5 645 000. Sur un an ce nombre est en hausse de 7,1%, soit 171 100 chômeurs de plus. Non seulement les milliards d'euros versés aux patrons pour embaucher ne servent aucunement la réduction du chômage mais en plus on s'en prend aux chômeurs eux-mêmes ! À défaut d'inverser la courbe du chômage on inverse les responsabilités. Les vrais fraudeurs sont les patrons qui empochent l'argent public sans embaucher, ce ne sont pas les travailleurs. Le gouvernement dément avoir pour objectif à travers de nouveaux contrôles du chômage de radier massivement des demandeurs d’emploi. On peut en douter. Hollande a pour objectif affiché de faire diminuer la courbe du chômage et ces contrôles visent à flatter tous ceux qui accusent les chômeurs de frauder. Toutes les études démontrent que le taux de fraude est infinitésimal parmi les demandeurs d’emploi (2% des chômeurs) et nettement plus important chez les patrons (plus de 20%). Tout comme le gouvernement Sarkozy, Hollande et Rebsamen veulent faire passer les chômeurs pour des fainéants et des fraudeurs qui profitent du système. À force d’entendre tous les médias répéter depuis une trentaine d’années que les chômeurs ne recherchent pas de travail, certains travailleurs, à commencer par certains conseillers de Pôle emploi, finissent par croire ces inepties. Les chômeurs, de victimes de licenciements ou de recherche infructueuse pour obtenir une première expérience professionnelle, deviennent responsables et coupables de leur situation. Les gouvernements, tant de gauche que de droite, cherchent en réalité à satisfaire le patronat et à diviser les travailleurs. Le gouvernement Hollande se montre deux fois plus empressé que celui de Sarkozy pour répondre aux desideratas du MEDEF et des patrons en général. Ces contrôles seront inefficaces à double titre : ils ne permettront pas de diminuer les chiffres du chômage qui ne baisseront pas durablement par des radiations. Les entreprises continuent de licencier même quand elles engrangent des profits ! Deuxièmement, ces contrôles ne constitueront pas non plus une aide à la recherche d’emploi pour les chômeurs. Pour faire passer cette mesure inadmissible, Pôle emploi prétend qu’il ne va pas radier les demandeurs d’emploi mais que le contrôle a pour but d’effectuer un accompagnement de ceux qui sont contrôlés. Vaste fumisterie car il n’y a pas assez de conseillers pour assurer un vrai accompagnement des demandeurs d’emploi. Pour trouver un emploi aux chômeurs contrôlés, il faudrait plutôt faire pression sur les patrons pour les obliger à embaucher. Les chômeurs n’ont aucune raison de croire que Pôle emploi va effectuer cette pression. Il leur appartient de s’organiser avec les salariés qui sont en poste pour imposer des embauches dans toutes les entreprises. Oui, la lutte collective pour imposer de réelles mesures contre le chômage est la seule solution. Cette lutte, en imposant la répartition du travail entre tous, sans diminution de salaire, en imposant la réalisation de grands travaux utiles à la population dans sa vie quotidienne, changerait nettement le cours des choses. Il ne faut attendre aucune mesure bénéfique pour les chômeurs et les travailleurs venant des gouvernements de gauche et de droite. Ces derniers sont les exécutants des volontés de la bourgeoisie. Ils ne seront sensibles qu'à la force : celle des millions de travailleurs et de chômeurs, organisés contre eux pour les faire plier et embaucher des millions d'hommes et de femmes, de jeunes, de plus vieux, en un temps record. C'est possible.


Martinique : Les pompiers dans la rue !

Le 29 mai, les pompiers ont défilé hier dans les rues de Fort-de-France pour la deuxième fois en quatre jours. Une de leur principale revendication est l'attribution d'un nouveau local pour l'entretien du parc automobile du SDIS (service départemental d'incendie et de secours). Ils dénoncent l'état d'insalubrité du local actuel, situé au bassin de Radoub, à Fort-de-France. Ceux qui y travaillent se sont engagés dans un mouvement de grève le 26 mai. Un militant de la CGTM-Pompiers a déclaré : «Cela fait 10 ans que l'on réclame cela sans être entendus. La chaleur, la poussière, le manque de sécurité : les conditions de travail sont intenables». Un de ses collègues d'ajouter : «Il nous manque encore l'outillage adéquat pour travailler. On n'a pas de bac de graisse, le compresseur fait un bruit infernal, la robinetterie n'a pas d'eau potable... ».
Le directeur du SDIS lui-même, le colonel S. Montgénie, déclarait à France-Antilles, en février 2015 : «Le SDIS Martinique a trente ans de retard». Ça ne l'a pas empêché de répondre à côté des revendications des grévistes.
«La seule annonce qui nous a été faite concerne un budget supplémentaire pour un atelier mobile», a indiqué un responsable de la CGTM Pompiers. «Rien, en revanche, sur un nouveau local». Pas plus sur «la remise à niveau des secours en Martinique».
Le travail a repris à l'atelier le 1 juin, mais il faudra que les pompiers continuent à se faire entendre !


FIFA : Corruption, malversations, blanchiment d'argent... et pire

L'affaire qui secoue la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) ces dernières semaines n'a vraiment de quoi étonner personne. En parallèle au talent des joueurs et au plaisir que leur évolution sur le terrain peut provoquer chez les spectateurs, le sport populaire qu'est le football se double d'une affaire de gros sous. Mais là, il s'agit d'une affaire dont l'importance retient l'attention.
Quatorze élus de la FIFA, actuels et anciens, dont 7 de ses dirigeants actuels ainsi que 5 de ses partenaires commerciaux sont accusés de "racket, virements frauduleux, blanchiment d'argent, évasion fiscale, échec à remplir un dossier sur ses comptes à l'étranger". Cette bonne affaire durerait ainsi depuis 25 ans, sans que personne jusqu'ici ne s'en soit inquiété. Son montant global s'élèverait à au moins 150 millions de dollars en pots de vin, rétro commissions et échange de droits TV et marketing pour des tournois internationaux.
C'est la justice américaine qui a levé le lièvre, après une enquête de plusieurs années en collaboration avec le FBI. Les 7 responsables arrêtés sont en attente d'extradition vers les USA. Le point de départ de l'enquête a concerné les comptes de la CONCACAF (Confédération d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes) et les déclarations fiscales de son ancien Secrétaire général Chuck Blazer. Elle a débouché sur un examen des comptes de la FIFA, et la mise à jour des ses multiples sociétés-écran, comptes cachés dans des paradis fiscaux, échanges d'enveloppes d'argent liquide, achats de propriétés...
Le président de la FIFA, le suisse Joseph Blatter, surnommé Sepp, vient d'être réélu après avoir exercé ses fonctions depuis 1998. Il se défend fermement  d'avoir été au courant de ces crapuleries lucratives, en ces termes "je ne peux pas surveiller tout le monde tout le temps". Il n'est pour l'instant accusé d'aucune malversation. Il laisse entendre que la mise au jour de ces pratiques coïnciderait volontairement avec l'élection, les USA sponsorisant son rival le prince Ali Bin Hussein de Jordanie, qui s'est retiré au second tour. La Fédération française et son dirigeant Michel Platini demandaient aussi la démission de Blatter. Ce dernier a par contre le soutien sans faille des pays africains et asiatiques.  Les intérêts qui se jouent dans ces soutiens et ces oppositions sont d'autres méandres de ce labyrinthe financier. Que Blatter n'ait pas été d'une façon ou d'une autre au courant serait surprenant, à moins que, comme ces singes asiatiques, il n'ait les mains à la fois sur les yeux, les oreilles et surtout la bouche. Mais que cela ne porte en aucune façon préjudice à sa réélection

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