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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1133 du 9 mai 2015/Troisième page

Troisième page

Haïti : A GMC les ouvriers ont tenu tête au patron

En Haïti, les ouvriers de l’entreprise de textile Global Manufactoring Contractor (GMC) qui compte près de 1 500 travailleurs, hommes et femmes, ont mené une lutte durant les deux derniers mois pour la reconnaissance de leurs droits par le directeur Andy Apaid. Ce patron bénéficie de facilités sur le marché américain grâce à la Hope qui réserve des parts de marché aux entreprises haïtiennes qui entrent dans le «jeu de dialogue avec des représentants syndicaux des ouvriers». Pour recevoir subventions et parts de marché, les patrons doivent montrer l’existence de syndicat et de l’amélioration des conditions de travail des ouvriers. Il leur suffit de quelques signatures, d’un syndicat patronal bidon et le tour est joué. Mais cette fois à GMC, un groupe de travailleurs a décidé d’entrer dans cette brèche et de monter un syndicat qui soit du côté des ouvriers dans les luttes contre le patron. Ainsi le Synothag (syndicat des ouvriers du textile de GMC) a participé aux manifestations de décembre 2013 où pendant 3 jours les ouvriers ont paralysé la zone industrielle en réclamant une réévaluation du salaire journalier de 225 Gourdes (4,5€) à 500 Gourdes (10€). Le résultat a été le passage du salaire journalier à 250 Gourdes (5€), malgré les licenciements. A GMC, Apaid fournit des commandes pour des entreprises américaines comme Guildan, Haines ou Corteze. Jusqu’alors il passait d’un commanditaire à l’autre sans problème, mais lors de la dernière commande, du fait de la loi Hope, avant de recevoir une subvention il était tenu de fournir un contrat de travail en bonne forme pour chaque ouvrier. Apaid a fait circuler des formulaires tout remplis en demandant aux ouvriers de signer en bas, «ils n’ont pas à le lire, c’est de la paperasse». Des ouvriers se sont appuyés sur cette demande de contrat pour montrer qu’il y avait un changement de commanditaire avec un nouveau contrat et que l’ancien devait être soldé avec les soldes dus aux ouvriers. Le patron voulait faire signer les ouvriers sans leur accorder aucune prime de changement de contrat. Depuis le mois de mars les ouvriers ont fait passer le mot de ne pas signer le contrat tant que les indemnités ne seraient pas garanties. Malgré les pressions les ouvriers ont tenu bon et les camarades de la Sinothag sont intervenus pour soutenir ceux ou celles qui se mettaient en avant et étaient menacés par Apaid. Les ouvriers de chaque module (ligne de machine travaillant sur le même vêtement) ont désigné des représentants qui se réunissaient pour faire face aux intimidations du patron. Ils ont expliqué le contrat aux ouvriers, organisé des débrayages par module pour contrer le contremaître qui voulait faire signer de force. Ils ont accompagné des ouvrières convoquées à la direction pour empêcher leur licenciement. Voyant qu’il ne pouvait pas passer en force, Apaid a proposé au début du mois d’avril des réunions avec le Synothag, le syndicat patronal et des médiateurs. Les ouvriers ont mandaté des représentants des modules dans le Synothag pour suivre les propositions. Les discussions n’ont rien donné. Durant la semaine du 14 avril les ouvriers se sont mis en colère, notamment sur la question du salaire où ils se sentent lésés, et durant deux matins ils ont fait la grève, en restant devant la porte de l’entreprise et ont passé la matinée à distribuer des tracts et contacter d’autres ouvriers qui passaient. Pendant deux jours l’entreprise fut à l’arrêt. Apaid a réagi en licenciant 11 membres du syndicat le 20 avril. Les ouvriers sont restés solidaires et durant la semaine ils ont fait la grève en réclamant la réintégration des licenciés pour reprendre le travail. Le slogan «nous rentrons avec eux devant nous» fut lancé. Malgré l’intervention des nervis d’Apaid les ouvriers ont tenu une semaine et ont réussi à bloquer la route de l’aéroport qui longe l’entreprise et ne furent délogés que par la police. Dans ces actions, certains policiers prirent même la cause des ouvriers de GMC et refusèrent de les maltraiter. Le 27 mai APaid a annoncé lors d’une réunion, que ce contrat ne sera pas appliqué et qu'un nouveau contrat sera proposé aux ouvriers. Le cas des licenciés sera étudié et des solutions individuelles seront trouvées. Les ouvriers ont repris le travail et un petit noyau de soutien est resté autour de la Synothag et des ouvriers licenciés. Dans cette lutte, les ouvriers ont fait reculer Apaid qui ne pensait pas trouver une résistance en face de lui. Ils ont organisé autour des représentants de modules et des syndiqués de la Synothag un courant qui leur a montré qu’ils représentent une force et que cette force peut se préparer pour d’autres batailles. Ainsi le Premier mai, comme chaque année, les patrons de la zone industrielle ont fait pression sur les ouvriers pour qu’ils viennent travailler. Le gouvernement quant à lui a organisé la fête de l’agriculture et du travail autour du président Martelly et en a profité cette fois pour publier des listes de candidats aux élections à venir. Cette année des travailleurs ont tenu à marquer cette journée de lutte internationale des travailleurs. Ils étaient plus d’une centaine, dont les camarades de la Synothag de GMC, à défiler depuis la zone industrielle pour réclamer un salaire journalier de 500 Gourdes (10€) et montrer leur détermination à se battre pour faire aboutir leurs revendications.


Guadeloupe : BNP PARIBAS : Le dialogue social version direction

Dernièrement le délégué syndical FO de la BNP-Guadeloupe est intervenu sur les ondes pour exprimer l’inquiétude des salariés face au projet de suppression de postes concocté par la direction. Ce projet touche la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique. Rappelons par ailleurs qu’il est prévu pour la Guadeloupe de supprimer 72 postes et de fermer une agence. La direction n’a pour l’heure rien communiqué sur ses véritables intentions, ce qui justifie amplement l’inquiétude des salariés et de leurs représentants syndicaux. Et quelle a été la réponse de cette direction de la banque après l’intervention du délégué FO sur les ondes ? Adresser un avertissement au délégué estimant qu’il avait dévoilé des « informations confidentielles !! » et elle veut le sanctionner pour cela. La direction de la BNP ne dit rien aux salariés sur ses véritables intentions, ne leur donne aucune information, mais pire, elle estime qu’ils n’ont pas à se poser de questions et qu’ils doivent se laisser faire sans réagir. Encore une autre raison pour que les salariés se mettent en colère pour de bon et réclament, par des moyens adéquats, des comptes à leur direction car moins ils réagiront et plus la direction mettra en œuvre son plan scélérat qui n’est pas justifié.


Martinique : Succès pour les grévistes de la Sainte Famille.

Au Robert, les employés du centre socio-éducatif la Sainte Famille en grève depuis le 14 avril ont arrêté leur mouvement le 24 avril dernier. Ce centre comporte deux crèches et une maison d’enfants à caractère social (MECS) et compte environ 135 salariés. La grève initiée par des syndiqués à FO était suivie par environ 60% du personnel. Ces derniers réclamaient notamment la mise en application d’un accord signé en 2014 sur une grille de salaire. Après 10 jours de grève, ils ont obtenu satisfaction sur leurs revendications : application de la convention nationale des acteurs du lien social et familial avec la réalisation d’un audit financier et mise en place d’un compte épargne-temps pour tous les agents.


Martinique : 51 salariés menacés de perdre leur emploi à l’hôtel Marouba

Les 51 salariés de l’hôtel Marouba Club sont désormais menacés de licenciement. En effet le 28 avril dernier, le procureur de la république et l’administrateur ont demandé la liquidation de la structure hôtelière du Carbet après six mois de redressement judiciaire. Comme d’autres hôtels, la société de gestion de l’hôtel Marouba (SGHM) se trouve fortement endettée notamment vis-à-vis de la caisse de sécurité sociale. Sans réponse à l’appel d’offre à repreneur qu’il a lancé, le tribunal mixte de commerce devrait rendre sa décision le 12 mai prochain. A la sortie de l’audience, le maire PPM du Carbet répondant à la presse s’est montré complètement impuissant, se contentant de déclarer que la liquidation n’était pas encore prononcée et qu’il fallait donc espérer… La réalité est que ces salariés risquent d’aller pointer à Pole Emploi dans quelques jours après des années passées au service des patrons de cet hôtel. Pourtant quelles que soient les bonnes (ou mauvaises) raisons avancées par la direction sur les difficultés de gestion, ce n’est pas à eux de payer la crise et les difficultés. Ils n’ont pas encore dit leur dernier mot. Mais en tout état de cause ils ont intérêt à compter sur leur propre force et la solidarité des leurs pour refuser d’être demain les victimes.


Guadeloupe : PAWOL A TRAVAYÈ

NON AUX HEURES SUPPLÉMENTAIRES IMPOSÉES ET NON PAYÉES !
Sur nombre de plantations, les patrons imposent de travailler au-delà de 13 heures. Or la durée légale de la journée de travail est de 7 heures (6h à 13h). Toutes les heures effectuées au-delà de 13h doivent donc être payées en heures supplémentaires. Les J-L Buttel, L. Lignières, T. Demba, Poumaroux et bien d’autres qui imposent ces heures supplémentaires non payées ne mettront jamais fin à leur pwofitasyon si les camarades concernés ne réagissent pas. Il y en a qui refusent ces heures, il faut suivre leur exemple.

ACCIDENT DE TRAVAIL : VAUT MIEUX PRENDRE DES PRÉCAUTIONS ?
Dernièrement sur une plantation, un camarade a eu un petit accident. Mais il ne l’a pas signalé à la direction estimant que ce n’était pas grave. Et si demain cela se complique ? Le camarade ne pourra pas se faire prendre en charge par la Sécurité sociale en accident de travail. Alors il vaut mieux signaler le moindre accident. Tant mieux s’il n’y a pas de suite.

SA BOIS DEBOUT : POURQUOI TOUT CE REMUE-MENAGE ?
Depuis quelque temps c’est un va et vient permanent sur la plantation ; les réunions succèdent aux réunions. La direction est-elle en train de discuter, avec tous les gens qui profitent des fruits du travail des camarades, des moyens à mettre en œuvre pour la mise en place des préconisations de l’experte concernant les conditions de travail ? En tout cas il serait temps !


Guadeloupe : ÉCHO de Pole Emploi

JACQUES-GUSTAVE S’EN PREND AU CHSCT…
La direction de Pole Emploi a assigné le secrétaire du CHSCT le 12 mai 2015 à Basse-Terre. Jacques-Gustave remet en cause l’expertise sur la santé des agents votée à l’unanimité des élus du CHSCT. C’est un comble alors que le nombre d’arrêts maladie, de maladies longues durées et de décès par cancer est toujours aussi important ces dernières années à Pôle emploi Guadeloupe ! …

ET AUX ORGANISATIONS SYNDICALES
Dans le même temps, un courrier a été envoyé à l’un des délégués syndicaux de l’UGTG, Tony Dagnet. Ce courrier ne fait pas l’objet d’un classement dans son dossier mais fait suite à une intervention du collègue contre Jacques Gustave et sa direction, lors d’une réunion DP.

JACQUES-GUSTAVE VEUT COUPER DES TETES…
En cette période de restriction budgétaires et de régression sociale tout azimut, ces procédures judiciaires et tentatives d’intimidation n’ont pour seul objectif que de mettre au pas tous ceux qui n’obtempèrent pas aux diktats de Pôle emploi.


Guadeloupe : ÉCHO DES HÔPITAUX

CHU : L’HAS DANS LES MURS
La Haute autorité de la santé fait, en ce moment, son tour d’inspection dans l’hôpital pour vérifier la mise à jour de ses recommandations et distribuer, si besoin est, des bons points. Mais tout cela n’est qu’une vaste comédie. Car comment peut-on vouloir exiger de bonnes pratiques de soins quand le budget des hôpitaux diminue alors que les besoins augmentent ? Quand, dans notre CHU, on crève de chaud faute de moyens pour renouveler le système de climatisation ? Quand il manque de tout, jusqu’à des franges pour laver le sol et assumer un minimum d’hygiène ? Comment pourrait-on affirmer qu’il y a de bonnes pratiques de soins dans un hôpital ou tout est sale et décrépi ?

IFSI : DES AGENTS EN SOUFFRANCE
La guerre continue entre une ancienne direction qui refuse de céder la place et une nouvelle qui tient à prendre sa place ! Entre les deux, des agents qui ne savent à quels ordres obéir sans subir des mesures de rétorsion de l’une ou de l’autre partie. Pendant ce temps l’institut part à vau l’eau et les étudiants avec !

PNEUMOLOGIE : LA PASSOIRE !
Dans ce service, il y a partout des infiltrations d’eau. L’eau suinte de partout, et les flaques au sol sont un danger certain. Comme si cela ne suffisait pas, personnel et patients sont frigorifiés tellement il fait froid dans ce service. C’est le paradoxe ! Dans la plupart des services c’est la canicule, en pneumo c’est le congélateur et … pas une couette pour les pauvres patients !


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