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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1133 du 9 mai 2015/Deuxième page

Deuxième page

La révolte des Noirs de Baltimore contre les crimes racistes de la police

ZoomDes émeutes ont éclaté il y a plusieurs jours dans la ville de Baltimore aux États-Unis et des manifestations de protestation ont eu lieu dans plusieurs villes contre le racisme et l’assassinat d'un Noir par des policiers blancs. Le 12 avril à Baltimore, un Noir, Freddie Gray a été violemment interpellé par des policiers. Les mains menottées dans le dos, les pieds entravés, Freddie Gray a été jeté à l’arrière d’une camionnette de la police de Baltimore sans ceinture de sécurité ni rien pour le maintenir en place. Puis le véhicule a roulé 42 minutes sur des routes endommagées, effectuant des tournants violents et des arrêts brusques, l’envoyant valdinguer contre les parois de la camionnette sans qu’il puisse se protéger avec ses bras ou ses jambes. C’est ce que la police de Baltimore appelle un rodéo. À la fin de ce parcours meurtrier, Freddie Gray était mourant, bien qu’il ait survécu encore une semaine avant de décéder. Sa moelle épinière était presque rompue, il avait trois vertèbres brisées et son larynx était écrasé. Quelques jours après il décédait des suites de ses blessures. C’est la leçon que les flics donnent à des jeunes hommes, particulièrement aux Noirs qui ne se mettent pas au garde à vous devant eux. La mort de Freddie Gray a entraîné une nuit d’émeute à Baltimore. Le couvre-feu a été instauré pendant plusieurs jours. Puis des manifestations plus pacifiques se sont poursuivies pour réclamer l’arrestation des policiers. Le procureur a finalement fait interpeller et suspendre 6 policiers blancs dont certains sont directement responsables de la mort du Noir. Cette décision a été accueillie avec soulagement par la communauté noire, car dans plusieurs situations identiques les coupables ne sont pas condamnés. Des manifestations pour acclamer ces décisions se sont poursuivies à Baltimore. Elles traduisent aussi la misère des Noirs et leur exaspération contre les injustices racistes qui n'arrêtent pas.

Plan de la fête et programme

913 ko - Dernières modifications : 09/04/2015


Guadeloupe : succès du 1er mai 2015

Cette année le 1er mai s’est déroulé dans la commune de Sainte Rose et a réuni près de 3 000 travailleurs. C’était un 1er mai unitaire à l’appel de 11 organisations syndicales : CFTC, CGTG, FAEN/SNCL, FO, FSU, SPEG, Solidaires, Sud- PTT GWA, UGTG, UIR- CFDT, et UNSA. Le thème retenu pour cette année était : «Travayè, Jenn, Chomè, Rètrèté ! Ansanm-Ansanm ! Tous Unis contre l’exploitation capitaliste, la précarité, la casse des statuts et des Conventions Collectives». D’autres associations et organisations politiques ont participé également comme Combat Ouvrier, l’UPLG, le CIPPA, le PCG, les jeunes de Rebelle !, le «Collectif Ouest Sainte Rose et environs». Sainte Rose avait été choisie cette année car c’est une commune où il y a toujours eu des luttes des travailleurs et des agriculteurs et c’est aussi dans cette commune que des blancs créoles ont érigé une stèle à la mémoire des premiers colons à la Pointe Allègre. D’ailleurs le 29 mars, le LKP avait organisé une manifestation sur les lieux et la stèle a été détruite. Les manifestants ont scandé des slogans contre la politique d’austérité du gouvernement, les licenciements, le chômage des jeunes, le patronat qui en demande toujours plus au gouvernement. Il s’agissait de dénoncer l’ANI, la loi Macron qui vise à casser les Conventions Collectives et démanteler le Code du Travail. Après avoir défilé dans les rues de Sainte-Rose, les principaux leaders syndicaux ont pris la parole tour à tour sur la place principale. Tous les intervenants ont insisté sur la dégradation de la situation des travailleurs, sur la hausse scandaleuse des prix du carburant, sur le problème de l’eau, et sur la nécessité pour les travailleurs et tout le petit peuple de passer à l’offensive. Les militants de la CGTG se sont retrouvés à la fin de la manifestation pour déjeuner sur la plage des Amandiers et d’autres syndicats ont tenu un stand sur la place et vendaient des repas à emporter. Ce sont ceux qui étaient dans la rue qui ont eu raison ce 1er mai 2015 de dire leur opposition à la dégradation de leurs conditions de travail et des attaques venant du patronat et du gouvernement.


Martinique : CTM : Alfred Marie-Jeanne. « Dis-moi qui tu défends... ! ».

La coalition «Gran Sanblé» ou «le camp des patriotes» composée du CNCP, de Martinique Écologie, du MIM, du PALIMA, du PCM et du RDM s'est réunie à Rivière-Salée le dimanche 26 avril 2015 dans le cadre de la campagne électorale pour la mise en place de la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique) en décembre 2015. Il s’agissait pour les dirigeants de marquer des points après le dernier rassemblement du camp opposé autour de Serge Letchimy du PPM. Si certains travailleurs nourrissaient encore des illusions sur l’orientation et le positionnement des membres de cette coalition, le Parti Communiste Martiniquais compris, après le discours de Marie-Jeanne, chef de file de «mouvements politiques qu’il a l’honneur de représenter», le doute n’était plus permis. Pour que les choses soient claires, pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté, Marie-Jeanne s’est exprimé dans un texte-programme qu’il a lu et qui avait tout l’air d'un «copier-coller» d’un discours de Sarkozy ou de Hollande et dans lequel il est question de : «Maîtriser les finances publiques», «monde contraint budgétairement», «discipline, rigueur». Ça, c’était pour la population laborieuse. En revanche, les patrons, pudiquement qualifiés d’«investisseurs martiniquais et internationaux», ont dû boire du petit lait. En effet, à côté des attelages de Letchimy «Ensemble Pour une Martinique Nouvelle» (EPMN) et de Monplaisir (UMP, FMP, etc.), ce troisième groupe mené par Marie-Jeanne est venu se prosterner à leurs pieds avec ses offres de service et pour gagner le titre de serviteurs agréés. Marie-Jeanne a en effet mis un point d’honneur à lever toutes leurs craintes et à les rassurer. Dans la «fusée» de Marie jeanne qui est appelée à se mettre sur orbite, il a réservé une place de choix aux patrons. Tout au long du «message», il a multiplié les signes et les engagements dans leur direction, en «lançant un appel solennel aux investisseurs martiniquais, en leur demandant d’accompagner les initiatives publiques, d’investir en Martinique», en déclarant que cette «Collectivité Territoriale de Martinique», qu’il espère présider, sera à leur service pour leur garantir «un cadre propice à l’investissement», en promettant de «créer des pôles fédérateurs alliant entreprises et universités, fondations d’entreprises et financements publics, le but étant de créer la masse critique nécessaire pour attirer chercheurs et investisseurs martiniquais et internationaux, un vrai partenariat financier avec les acteurs privés». Marie-Jeanne et ses alliés ne s’obligent qu’à une chose : «trouver des formules innovantes pour le financement d’activités… créatrices d’emplois». Ce qui a dû également beaucoup plaire aux patrons, et qui doit par voie de conséquence inciter les travailleurs à se démarquer clairement de ses propositions, c’est sa plaidoirie «pour être dans une relation apaisée à l’intérieur de l’entreprise», préconisant la présence de «salariés dans les conseils d’administration», pour «installer la confiance et faire en sorte que l’entreprise soit le lieu de la création collective de richesses ; constitue une pierre à la réflexion que nous devons ensemble mener sur le dialogue social». En d’autres termes Marie-Jeanne et ses alliés reprennent à leur compte une idée de Camille Darsières qui prêchait à l’époque pour «la paix sociale». Dit autrement, plus de grèves, plus de revendications, plus de blocages..., tout cela dans le but de «produire plus compétitif et attirer des investisseurs privés». C’est très exactement le même discours qu’il avait tenu lors du mouvement de février-mars 2009, préférant lâcher les dizaines de milliers de travailleurs qui manifestaient contre la vie chère. A Rivière-Salée, Marie-Jeanne et ses alliés ont tenu un discours que ne renierait pas Macron, le ministre de l’économie de Hollande. En revanche, pas un mot sur les entreprises qui font des profits faramineux et qui continuent de licencier des salariés tout en bénéficiant de subventions et d’exonérations de charges, pas un mot sur les salaires et pensions bloqués, pas un mot de soutien aux différents salariés qui sont en lutte depuis des semaines, voire des mois, pas un mot sur la crise capitaliste qui précipite chaque jour des milliers de travailleurs dans la misère et la dépression, pas un mot pour condamner les attaques du Medef pour remettre en cause le Code du travail, et en particulier le Contrat à Durée Indéterminé (CDI), pas un mot pour condamner la politique du gouvernement Hollande-Valls. La fraction des serviteurs politiques de la bourgeoisie menée par Marie-Jeanne se moque de combattre le chômage et la misère. Elle n’a pas l’intention de toucher aux super-profits des Hayot, De Reynal, Parfait, etc., pour créer des emplois. Elle l’a dit clairement lors des discours prononcés le 26 avril dernier. «On croit se battre pour la patrie, on meurt pour des industriels ! » a écrit Anatole France. Marie-Jeanne et ses alliés proposent de se battre pour la patrie Martinique. Mais les travailleurs n’ont pas à se battre pour faire prospérer les richesses des patrons «martiniquais et internationaux».


Martinique : Manifestation du 1er mai à Fort-de-France

Plus de 1 000 travailleurs, à l'appel de la majorité des organisations syndicales, ont manifesté dans les rues de Fort-de-France pour dénoncer la politique du patronat en Martinique et du patronat en général, sauf Force Ouvrière qui avait décidé de manifester de son côté au Prêcheur. Avant le départ de la manifestation, les représentants des organisations syndicales ont dénoncé chacun à sa façon la politique du patronat et la complicité des élus locaux dont sont victimes les travailleurs. Les manifestants étaient principalement des travailleurs du commerce, du bâtiment, de l’agriculture, des enseignants, des agents des hôpitaux, de La Poste et France télécom, des stations-service. Mais aussi des travailleurs qui ont mené dernièrement une grève, à savoir : les travailleurs de l’UFR, les municipaux, ceux de la fourrière du Lamentin ou de la société de transport Sotravom. Ainsi, durant la manifestation, on pouvait entendre des slogans, contre la politique antisociale de Hollande-Valls, ou contre la politique des élus locaux en faveur des capitalistes et des exploiteurs. Par exemple «Hollande-Valls mèm patwon mèm komba. Noupapê, nou an lari-a. Élus politiques complices avec le patronat. Impo ka ôgmanté, loyékaille ka ôgmanté, pri manjé-a ka ôgmanté, lé salère pou ôgmanté tou. Pou kombat le chomaj, pou ôgmanté lé salère, sé la lit ki ka konté».
A la fin du cortège il y avait une délégation de l’alliance pour le changement, regroupant le camp patriotique, avec leur banderole «Vive le premier mai». De même un cortège du PPM qui scandait timidement «Le 1er mai, le PPM an lari-a épi lé travayê», même s’il ne prononce ce slogan qu’une fois par an, le 1er mai. Quelques militants du PS étaient aussi regroupés, malgré la politique anti-ouvrière de Valls et Hollande… Combat Ouvrier a tenu un stand où les travailleurs pouvaient acheter notre presse ou différents livres retraçant l’histoire du mouvement ouvrier. La manifestation s’est terminée par le chant de l’Internationale.


Avis aux lecteurs

Le journal ne paraitra pas le samedi 23 mai. La prochaine parution sera donc celle du 6 juin. Nous nous en excusons auprès de nos lecteurs !


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