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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1132 du 25 avril 2015/Quatrième page

Quatrième page

Etats Unis : La vie de Munia Abu Jamal en danger.

Depuis quelques mois, Mumia est très malade. Il a eu un eczéma très important qui a nécessité son hospitalisation puis une crise diabétique avec un taux très élevé de sucre. Sa famille et ses amis n’ont pu le voir dans l’immédiat. Il a fallu une première mobilisation devant la prison pour que des visites soient autorisées. Sa famille a pu constater qu’il était très faible qu’il se déplaçait en chaise roulante. Elle ne fait pas confiance à l’administration pénitentiaire. Trois manifestations ont déjà eu lieu devant la prison pour que Mumia reçoive régulièrement sa famille et ses amis et qu’il soit vu par des spécialistes en dehors de la prison. Les comités de soutien à Munia dénoncent le caractère inhumain de ce traitement et ont adressé des courriers de protestation à l’ambassade des États-Unis. L’administration de la prison et la justice ont-elles l’intention de laisser mourir Abu Jamal? Il est menacé à nouveau de perdre la vie après sa condamnation à la peine de mort. Celle-ci a été annulée grâce à la forte mobilisation internationale. Sa peine a été commuée en prison à vie. Mais l’acharnement judiciaire contre ce Noir américain qui clame son innocence depuis plus de 30 ans se poursuit derrière les barreaux. Non seulement son état physique n’est pas réellement pris en compte, mais il subit également un acharnement moral. Une loi du 16 octobre 2014 a été votée dans l’État de Pennsylvanie, loi qui vise à interdire aux détenus d’exercer leur droit à la liberté d’expression. Malgré les protestations d’élus qui dénoncent le caractère anticonstitutionnel de cette loi, celle-ci a été promulguée. Il y a eu un recours en justice pour l’abrogation de la loi. C’est un coup porté à Mumia qui avait jusqu’ici la possibilité de s’exprimer et de communiquer avec l’extérieur. En cherchant à le briser moralement, la justice de Pennsylvanie veut le faire taire et n’accepte pas que ce militant continue de se battre y compris derrière les barreaux. Munia est le dernier des Blacks Panthers. Tous les militants de cette organisation qui menaient une lutte radicale contre le racisme et la ségrégation ont été condamnés par la justice et poursuivis par la CIA durant plusieurs années. Certains d’entre eux ont été éliminés physiquement. La condamnation de Mumia est politique. Il a toujours dénoncé le racisme et la violence policière. La justice refuse toujours la révision du procès de Mumia malgré les recours de ses avocats qui se poursuivent. Pour le soutenir et exiger qu’il ait des soins urgents vous pouvez participer à une pétition sur le net en cliquant le site wwwmumiaabujamal.com

Guadeloupe : Laurent Farrugia est mort

Ce professeur agrégé de philosophie, pied noir d'Afrique du nord- il était né à Tunis- avait adopté la Guadeloupe il y a très longtemps. Il avait 78 ans et a exercé pendant presque toute sa vie professionnelle au lycée Gerville Réache de Basse-Terre. Il fut un temps membre du Parti Communiste Guadeloupéen. Mais ce que toute une génération de jeunes lycéens et étudiants des années 60 retient surtout c'est son implication dans le combat anticolonialiste. A la belle époque coloniale, il sut s'insurger contre les discriminations, les injustices, la répression. La répression, il l'a connue, puisqu’en raison de ses idées et activités anticolonialistes il dut quitter la Guadeloupe pendant quelques années. Il fut l'auteur notamment d'un livre qui fut interdit : " Autonomie pour la Guadeloupe" et d'autres qui s'achetaient et se vendaient en cachette sous peine de répression, à l'époque. Farrugia était un homme extrêmement sympathique, tolérant, de grande culture. Il a toujours eu des relations chaleureuses et cordiales avec nos camarades.


Il y a 50 ans, l’invasion de Saint Domingue par les États Unis.

ZoomSoldats et travailleurs armés patrouillent les rues de Santo DomingoLe 28 avril 1965, une première vague de Marines américains débarquaient dans l’île de Saint Domingue où une partie de l’armée et la population révoltée s’opposaient aux troupes loyalistes appuyant le régime corrompu au service des industriels du sucre. En 1961, le dictateur Trujillo, qui dirigeait le pays depuis 30 ans, est assassiné. Des élections libres sont organisées en 1962, remportées par Juan Bosch, membre du PRD (Parti Révolutionnaire Dominicain), un réformiste vaguement de gauche. En septembre 63, un coup d’état militaire soutenu par les États Unis renverse Bosch et met au pouvoir Cabral, l’homme des militaires. L’armée contrôle le pays. En 1964, une partie rebelle de l’armée, menée par le colonel Caamano, dépose Cabral, ils souhaitent le retour au pouvoir de Bosch. Les États Unis voient dans cette révolte une menace communiste. On est alors en pleine guerre froide, confrontation entre deux grandes puissances militaires : les USA et l’URSS. En 1961, les États Unis ont armé des émigrés cubains pour tenter de renverser le régime castriste à Cuba. Ces derniers ont tenté un débarquement à la Baie des Cochons, dans le sud de l’île et ont été défaits par la population en armes. Les USA considèrent la révolte de la population Dominicaine comme une nouvelle tentative d’échapper à leur domination, dans une île de leur zone. L'ambassadeur des États-Unis écrit au président américain Johnson : «Si les efforts des loyalistes échouent, le pouvoir sera donné aux groupes dont les buts sont identifiés comme ceux du parti communiste. Nous pourrions avoir à intervenir pour empêcher un autre Cuba». Sur les ordres du président Johnson, 42 000 militaires américains débarquent dans l’île en quelques jours. Caamano et sa troupe se retranchent dans la vieille ville de Santo Domingo. Des armes sont distribuées à la population et des civils en armes tiennent les rues. Cette population est en proie à une grande pauvreté, elle a manifesté sa colère d’abord par une série de grèves, puis par son engagement armé et sa résistance farouche à l’invasion américaine durant quatre mois. Le 15 juin, une dernière offensive rebelle échoue après deux jours de combat. Après leur victoire, une partie des troupes américaines, 24 000 soldats, occupe le pays. Un gouvernement provisoire approuvé par les USA prend la tête du pays le 3 septembre 1965. Le 1er juillet 66, les élections donnent la victoire au candidat de droite Joaquim Balaguer, proche de Trujillo. Il gouvernera le pays pendant 12 ans, puis de 1986 à 1996.


Guadeloupe : Halte au harcèlement sexuel dans les établissements scolaires !

Nos camarades de Combat Ouvrier qui militent autour du journal étudiant et lycéen Rebelle! et d'autres jeunes qui animent ce journal ont décidé de dénoncer le scandale que constitue l'attitude de certains professeurs et chefs d'établissement qu'on pourrait qualifier de harcèlement sexuel à l'égard des jeunes filles élèves de ces établissements. Nous publions ci dessous des extraits d'articles édifiants sur ce sujet, parus dans le dernier "Rebelle!" Des agissements qui révoltent et on le comprend, un certain nombre de jeunes élèves. Elles ne sont pas décidées à se laisser faire. Nous les soutenons totalement dans ce combat. Lycée de Convenance : pa «Magné» sé tifi-la ! À chaque vente du journal, nous recueillons des témoignages, notamment sur un prof de zootechnie, M. Magné... Certaines filles redoutent d’aller en cours. En octobre 2014, Rebelle ! a publié une partie des témoignages, mais il refuse de se calmer. Nou bon ! Il arrête son cours pour raconter ses ébats sexuels, pour demander aux garçons s’ils vont à Grand-Baie ou à Carénage… et surtout pour prendre à partie les filles. Lorsqu’une lycéenne va au tableau, par exemple, il regarde ses fesses avec insistance. À une élève qui revenait d’un stage dans un élevage, il a dit : « pourquoi est-ce que tu es fatiguée ? Est-ce que le gros verrat est monté sur toi ?».À une autre il a demandé avec insistance à voir son soutien-gorge, pour savoir sa couleur. À une troisième fille, qui a l’habitude de sucer son pouce : «arrête de te conduire comme une suceuse, ou alors fais ça dans les toilettes ! » À une quatrième, à la cantine, il a expliqué qu’il aimerait qu’elle «suce son floup». Les élèves qui protestent sont persécutés : renvois systématiques, mauvaises notes et fausses absences s’accumulent. Des élèves se sont déjà plaints aux surveillants, aux CPE et à la proviseure-adjointe, mais rien n’est fait. Et ce prof n’est pas le seul ! Une lycéenne s’interroge : « je ne sais pas qu’est ce qui est le plus choquant entre le fait que des obsédés sexuels enseignent pour des enfants ou le fait que l’administration les protège». Bonne question! L’équipe de Rebelle ! Lycée de Petit-Bourg : proviseur mateur » J'ai trouvé ça choquant et déplacé TEMOIGNAGE Je souhaite témoigner sur le harcèlement des jeunes filles en Guadeloupe, car en lisant dans Rebelle ! des articles écrits par d’autres j’ai vu que je n’étais pas la seule. C’est depuis mon entrée au collège, à l’âge de 11 ans, que les problèmes ont commencé. En 6ème j’avais peur de mon prof de sport. C’était un homme de 45 ans et il me dévorait du regard, pendant qu’il parlait au reste du groupe, alors que je n’étais qu’une enfant, je n’avais même pas de formes. Il m’a dit une fois qu’il me trouvait très jolie. Mon prof se frottait contre moi. Plusieurs fois il a profité de certains exercices pour venir se coller et se frotter à moi. À 13 ans, je marchais dans la rue, un mec me suivait en voiture et me disait de monter avec lui. Aucun des passants dans la rue n’a réagi. Mon patron a collé son sexe contre moi. Plus tard, à l’âge de 18 ans j’avais un job dans une boutique, le patron passait son temps à se frotter à moi lorsqu’on se croisait. Un jour ma main était posée sur le coin d’une table et il est venu coller son sexe contre ma main ! Il me demandait aussi de lui faire des massages. J’ai démissionné ! J’aimerai passer un message pour les filles qui sont dans la même situation que moi : il faut en parler, même si c’est difficile. Honey LA MINISTRE COMPLICE ? En France, un scandale vient d’éclater parce que l’administration a laissé un directeur d’école abuser sexuellement de ses élèves de CP. En panique, la ministre de l’Éducation Vallaud-Belkacem a déclaré : «nos enfants doivent être protégés des prédateurs sexuels». Mais elle n’a pas répondu quand nous lui avons envoyé, il y a 4 mois, le dossier où nous montrons que Rebelle ! est poursuivi justement parce qu’il dénonce ces «prédateurs». Dans ce domaine comme dans les autres, la situation en Guadeloupe est encore pire qu’en France. Madame la ministre, quand le scandale éclatera ici, vous ne pourrez pas dire «je ne savais pas». Rebelle !



Erratum

Contrairement à ce que nous avons écrit dans l'article "Avril 1915 : les soldats antillais dans la première guerre mondiale"  de Combat Ouvrier n° 1130 (28 mars 2015), la "Triple Entente" désignait, au début de la guerre, une alliance entre le Royaume-Uni, la France et la Russie et non pas entre l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. L'Italie, qui faisait partie de la "Triplice" ou "Triple Alliance" (Italie, Allemagne, Autriche-Hongrie), a voulu considérer celle-ci comme purement défensive et n'est finalement entrée en guerre que le 23 mai 1915, du côté de la "Triple-Entente", tandis que l'empire ottoman était engagé aux côtés de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie. Nous prions nos lecteurs d'excuser cette erreur. -


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