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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1132 du 25 avril 2015/Troisième page

Troisième page

Éducation : le gouvernement veut démolir le collège

La droite en rêvait depuis longtemps, le gouvernement «socialiste» le fait : à la rentrée 2016, il va imposer de nombreux changements pour les collégiens, qui vont encore accentuer les inégalités à l’école. Avant 1975, les enfants des classes populaires n’accédaient qu’à des collèges de deuxième catégorie, qui ne préparaient pas au lycée. Ensuite, l’État français a décidé que tous les jeunes collégiens seraient scolarisés dans les mêmes établissements, c’est ce qu’on a appelé le collège unique. L’objectif était d’augmenter le niveau de qualification des futurs salariés. À la fin des années 1980, on arrive ainsi avec 90% des élèves qui arrivent au niveau de la Troisième. Le problème du gouvernement, c’est que cela coûte cher, de permettre à presque tous les jeunes d’atteindre ce niveau. C’est pour faire des économies que la ministre de l’Éducation Vallaud-Belkacem a décidé de s’en prendre au collège, pas pour aider les élèves qui ont des difficultés comme elle le prétend. Entre la 5e et la 3e, chaque établissement pourra bricoler dans son coin les horaires et les programmes. C’est ce que le gouvernement appelle «l’autonomie des établissements», qui dans la pratique donnera plus de pouvoir au principal du collège. On imagine déjà ce que ça va donner : pour les collèges qui accueillent des «bons élèves», des programmes ambitieux, et pour ceux qui accueillent des élèves qui ont des difficultés, le service minimum. Pour améliorer la réussite des élèves en collège, tous les professeurs le disent, il faut moins d’élèves dans les classes. Mais cela demanderait d’augmenter le budget de l’Éducation, et c’est précisément ce que le gouvernement ne veut pas faire !


Guadeloupe : Congrès extraordinaire de la CGTG sur la représentativité

Depuis 2008, date de la mise en œuvre d’une loi modifiant les règles de la représentativité syndicale, les travailleurs ont pu mesurer ses effets, tant positifs que négatifs. Dans les entreprises, les syndicats doivent faire la preuve de leur représentativité par la voie des élections. Les candidats présentés par des syndicats dans l’entreprise doivent recueillir un minimum de 10% des voix au premier tour pour être représentatifs. Cela leur ouvre la possibilité de négocier des accords dans l’entreprise, notamment lors des NAO, négociations annuelles obligatoires. La majorité des autres dispositions de cette loi sont très contraignantes et ont pour but de limiter la capacité des travailleurs à s’organiser collectivement pour se défendre. C’est ainsi qu’au fur et à mesure que cette loi produisait ses effets, les travailleurs organisés dans des syndicats ont découvert ses défauts. Le délégué syndical ne peut pas représenter le syndicat s’il n’a pas recueilli au moins 10% des suffrages lors de l’élection professionnelle. La loi a pour conséquence une remise en cause des conventions collectives locales. Pour la Guadeloupe, la Direction Générale du Travail a brutalement décidé, de manière tout à fait arbitraire, en s’appuyant sur la loi de 2008 qu’il n’existe pas en Guadeloupe de syndicat représentatif dans les branches de la Manutention portuaire, de l’Hôtellerie, et des Banques. Cela signifie que les Conventions Collectives signées en Guadeloupe dans ces branches sont remises en cause ! Pour faire le point sur ces questions et arrêter des décisions sur les relations entre la CGT et la CGTG, la CGTG a tenu un congrès extraordinaire samedi 18 avril 2015. Près de 200 délégués et syndiqués de base représentant l’ensemble des structures de la CGTG se sont retrouvés pour débattre. Déjà, en 2011, 2012 lors des élections des très petites entreprises (TPE), et en janvier 2013 pour l’élection à la Chambre d’agriculture, la CGTG avait décidé de se présenter sous sa propre étiquette, avec son logo. Avant 2008, un accord de coopération signé en 1961 puis en 1969 et réaffirmé en 2001, prévoyait qu’il était possible pour les syndiqués CGTG de faire liste commune avec la CGT. Bien des secteurs avaient pris l’habitude de le faire. Au local, les directions reconnaissaient la représentativité de la CGTG y compris avec l’étiquette CGTG. Depuis 2008 il faut choisir : soit l’étiquette CGT soit l’étiquette CGTG. C’est encore plus vrai dans les entreprises qui sont assujetties au droit privé. Dans les entreprises publiques, il est possible de présenter des listes communes d’une même organisation ou d’organisations syndicales différentes. Mais pour le privé la Direction du travail a décidé qu’une liste CGT- CGTG c’est une liste CGT. Ce sera donc à la CGT de s’exprimer au nom des salariés qui ont élu des représentants à 7000 km ! Dans certains secteurs comme la Banane, alors qu’il n’y a aucun ouvrier agricole de la Banane en France, seule la CGT est considérée comme représentative. Les militants de la CGTG ont estimé qu'ils ne pouvaient accepter ces nouvelles dispositions. Au dernier congrès de la CGTG tenu en novembre 2013, la CGT, en prévision des élections professionnelles de décembre 2014, a proposé un nouveau protocole de coopération aux 4 organisations CGT des «DOM». Pour résoudre les problèmes liés à l’application de la loi de 2008, elle proposait donc une affiliation à la CGT. Les délégués ont voté contre l’affiliation et ont décidé de mandater une délégation pour discuter avec la CGT sur les termes de cette nouvelle convention de coopération. Les congressistes avaient donné un mandat clair : préserver l’indépendance de la CGTG. Le congrès extraordinaire tenu dans la foulée des élections professionnelles de la fonction publique du 04 décembre 2014 a réaffirmé cette position initiale de refus de perdre l’indépendance de la CGTG à travers l’affiliation. 167 délégués ont voté contre l’affiliation, 5 se sont prononcé pour l’affiliation et 7 ont voté blanc ou nul. Le congrès a chargé le bureau exécutif et la commission exécutive de décider de la suite des relations avec la CGT, sachant qu’il est nécessaire de préserver de bonnes relations. Par ailleurs, les délégués au congrès ont réaffirmé que c’est par la lutte que les travailleurs vont réellement se faire entendre des patrons en cette période de recul, tant sur la question de la représentativité que sur toutes les autres questions : salaires, conditions de travail etc.


Martinique : Communiqué

Nous publions ci dessous un extrait du communiqué de l'intersyndicale CDMT-CGTM-CGTM-FSM-CSTM- SMBEF-UGTM-UNSA-USAM réunie le 16 avril dernier en soutien aux travailleurs en lutte à la Fourrière à SOTRAVOM et à l'UFR Concernant le conflit de la SOTRAVOM : « Deux travailleurs ont été licenciés pour fait de grève suite au non-paiement de leurs salaires. Pourtant la réglementation et une jurisprudence constante montrent clairement la nature illégale de ces licenciements. Le retard dans le paiement du salaire ou le non-paiement du salaire est une faute grave de l’employeur. Si l’employeur ne paie pas le salarié ou ne le paie qu’en partie ou avec retard, il commet une infraction pénale passible d’une amende, contravention de 3ème classe prévue à l’article R 3246-1 du code du travail. Selon un arrêt de la cour de cassation du 14 mars 1979, le non-respect par l’employeur de son obligation autorise le recours à la grève et dans ce cas les salariés ont droit au paiement des jours de grève. Et enfin, selon un arrêt de cette même cour du 13 avril 1972, il n’est pas possible de licencier un salarié parce qu’il a légitimement réclamé ses salaires. »


Martinique : Les changements favorables aux travailleurs viendront de leurs propres mobilisations et de leur claire conscience de leurs intérêts communs d’exploités

Les travailleurs de plusieurs entreprises continuent de résister avec beaucoup de détermination face à des directions têtues, arrogantes et qui veulent faire pourrir la situation. Agents municipaux La grève des agents municipaux au mois de mars dernier s’est prolongée jusqu’au 13 avril avec l’accord signé avec le maire PPM de Bellefontaine. D’ailleurs, les agents municipaux n’en ont pas fini avec certains maires qui se montrent toujours récalcitrants à appliquer les accords signés. Servichef Les agents de Servichef qui fabriquent et distribuent les repas aux cantines des 18 communes du Sud de l’île ont fait deux jours de grève les lundi 13 et mardi 14 avril. Étant pour une bonne part, des anciens employés de Datex, le prestataire retenu par l’Espace Sud – communauté d’agglomération des communes du Sud- les agents réclamaient le maintien de leurs acquis. Dans un premier temps ils ont obtenu ce maintien pour un mois, le temps, d’après les dirigeants de Servichef, de leur faire des propositions… Sotravom Ce n’est que samedi tard dans la nuit que les grévistes de Sotravom ont pu obtenir l’annulation du licenciement des deux chauffeurs. Ils ont obtenu également la reprise de leurs contrats par la société CFTU (Compagnie Foyalaise de Transport Urbain) avec leur ancienneté. L’accord prévoit le paiement d’une partie des jours de grève tant pour les chauffeurs licenciés que pour les salariés qui les soutenaient. Néanmoins le travail n’a pas repris ce lundi matin suite aux réclamations de certains salariés de la CFTU. Suite à la charge du MEDEF, relayé par certains médias, contre le secrétaire général de la CSTM à propos de la prolongation des conflits, plusieurs centrales syndicales ont affirmé dans un communiqué leur solidarité en pointant du doigt la mauvaise foi des patrons. La Sainte-Famille La grève démarrée pour des augmentations de salaire, ou sur des questions d’organisation du travail à l’association La Sainte-Famille qui gère des structures pour enfants en difficulté, se poursuit au moment où nous écrivons. Toutes ces mobilisations montrent qu'un certain nombre de travailleurs n’acceptent pas sans combattre les attaques patronales et gouvernementales. Et c’est tant mieux ! Ces luttes et mobilisations, si elles se poursuivent et s’amplifient, amèneront tôt ou tard des explosions de colère du monde du travail. Elles sont nécessaires pour freiner la politique scélérate menée main dans la main par le patronat et le gouvernement contre les travailleurs et la population laborieuse.


Soyons nombreux aux mobilisations du premier mai !

Combat Ouvrier appelle tous ses militants et sympathisants à s'associer aux manifestations organisées par les syndicats : - En Guadeloupe, 8h30 sur la Place Tricolore à Sainte Rose - En Martinique, 8h à La maison des syndicats.


Guadeloupe : SUCRERIE EN LUTTE (Gardel)

DES ACTIONNAIRES AGRESSIFS
Les actionnaires avancent que c’est la masse salariale qui plombe les bénéfices de la sucrerie, un refrain bien connu entonné par ceux qui sont assis derrière leur bureau à consulter les courbes de croissance des bénéfices. Quand la courbe ralentit, ils ont des migraines. Qu’ils viennent faire un quart dans l’usine cela leur changerait les idées.


DES MENACES SUR LES EMPLOIS…
Selon ces actionnaires les travailleurs sont trop nombreux. La cible de la direction, ce sont les personnes de plus de 60 ans. Elles sont 43 que la direction pousse vers la sortie.


...QUI S’ÉLARGISSENT !
Lors de la réunion du 10 avril des délégués du personnel, la direction a élargi sa cible. Maintenant ce sont les travailleurs de plus de 56 ans, plus de 60 au total, auxquels sera proposée une retraite anticipée.


UN PLAN ÉCONOMIQUE À L’HORIZON
La direction utilise une autre ficelle bien connue, le plan économique «social». Elle récupère des subventions d’un côté et de l’autre elle diminue le nombre d’ouvriers. Il n’y a que la quantité de travail qui augmente.


REFUS D’EMBAUCHE
Le 10 avril le DRH a refusé d’embaucher un saisonnier pour la campagne 2015 sous un prétexte médical, alors qu’il avait envoyé ses attestations médicales et qu’elles avaient été refusées. La direction ne respecte pas l’accord signé en 2002 stipulant que tous les saisonniers ont un poste et une ancienneté dans l’entreprise. Et on parle de dialogue social !


Guadeloupe : ÉCHO DES HÔPITAUX

À PROPOS DU NOUVEL HÔPITAL
Ça y est, le feu vert est donné ! L’État octroie 580 millions d’euros pour la reconstruction. Mais coupe claire dans les budgets du secteur public oblige, il y aura moins de lits (d’environ 900 lits à l’origine du CHU, on passe à 576 !). Moins de lits, moins de surface, moins de personnel : voilà le cadeau !


CHU : CHIRAJ À l’IFSI
Deux clans s’affrontent férocement pour le pouvoir à l’Institut de formation en soins infirmiers. Cette lutte va jusqu’à mettre à mal le fonctionnement déjà précaire de l’institut. Des étudiants ont témoigné de leurs souffrances dues à l’attitude dictatoriale des responsables, dues au manque de moyens, au manque de suivi de leurs études, au manque d’encadrement, au manque de tuteurs de thèse… Régler tous ces problèmes, voilà de quoi les belligérants devraient s’occuper !


CHU : LES AMA TOUJOURS MOBILISÉS
Les Assistants médicaux administratifs restent mobilisés sur leurs revendications d’hygiène et de sécurité en rapport avec la chaleur et le trop plein d’archives. Des promesses de split dans les bureaux ont été faites, mais la réponse concernant les archives qui encombrent leurs espaces vitaux  tardant à venir, ils ont décidé d’en confier une partie à la direction !


ABROGATION DE L’ONI
Le 10 avril dernier, l’Assemblée nationale a voté la suppression de L’Ordre national des infirmiers. Pour être définitif, cet amendement au projet de loi sur la Santé devra être confirmé par le Sénat. Il devrait l’être, car l’ONI n’a jamais été une demande des professionnels de santé. Et pour cause ! Payer pour travailler ? Non merci, ont dit la quasi-totalité des infirmiers.


Guadeloupe : ÉCHO DE PÔLE EMPLOI

GRANDEUR ET MISÈRE DE LA TECHNIQUE A PÔLE EMPLOI Le système informatique de Pôle emploi a subi une attaque virale sur tout le réseau. Depuis, nous subissons les restrictions pour accéder à des sites internet. Et comme à chaque fois, à Pôle emploi, pas un responsable pour nous dire ce qui se passe et jusqu’à quand nous ne pourrons plus travailler correctement. VOUS AVEZ DIT 100% WEB ? BIZARRE Ce sont pourtant bien nos responsables qui nous vantent à tout propos l’internet. Ce sont les mêmes qui veulent soi-disant réduire la « fracture digitale », comme ils disent, qui nous empêchent aujourd’hui de rechercher des informations indispensables à notre travail sur le net. Vous avez dit bizarre ? LES CADEAUX AU PATRONAT D'OUTRE-MER RAPPELÉS PAR VALLS ! Samedi dernier à la 5ème journée « Outre-mer-développement » Manuel Valls a insisté sur le fait que la défiscalisation se prolongerait au delà de 2017. Il a promis le maintien de l'aide à l'investissement. Il a aussi confirmé l'aide aux patrons dans le cadre du CICE (crédit impôt compétitivité) majoré dont 300 millions d'euros d'allègements de charges sociales. Tout donc pour les patrons et serrage de ceinture pour les travailleurs.... Mais un jour la mesure de trop déclenchera la révolte des exploités.


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