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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1132 du 25 avril 2015/Première page

Première page

Editorial: Un plan scélérat de suppressions de postes à la BNP PARIBAS

ZoomLe personnel de la BNP-Paribas a pris connaissance du plan concocté par la direction visant à supprimer 137 postes aux Antilles-Guyane dont 72 postes en Guadeloupe, 44 en Martinique et 21 en Guyane. Deux agences doivent fermer, à savoir celle du Raizet et une à St Martin. Selon la direction il s’agit d’un plan de départs volontaires qui ne concernerait que les employés qui sont proches de la retraite et qui s’étalera sur une période de 3 ans. Le plan prévoit de regrouper les filiales de Guadeloupe, Martinique et Guyane en une seule entité qui s’appellera BNP Paribas Antilles-Guyane dont le siège sera en Martinique. Lors d’une assemblée générale appelée par les 3 syndicats présents dans l’établissement, CGTG, CFDT et FO, qui s’est tenue le 11 avril dernier, le personnel a marqué son opposition au projet de fusion et au plan proposé. Le syndicat FO de son côté a interpellé le président de la république et les élus locaux afin d’avoir des réponses concrètes aux interrogations des salariés. Les représentants du personnel constatent que la direction ne donne aucune réponse à leurs questions et ne montre aucune volonté de négocier. La BNP se désengage des Antilles-Guyane et prétend perdre de l’argent mais il faut savoir que le groupe a dégagé un bénéfice avant impôt de près de 6 milliards d’euros en 2014 et a accepté de régler une pénalité de 7,34 milliards d’euros aux États-Unis pour avoir réalisé des opérations avec des pays sous embargo. Les banques AFB : SGBA, BFC, BDAF et maintenant BNP ont toutes des plans visant à supprimer des centaines d’emplois alors que le taux de chômage explose aux Antilles-Guyane. Les salariés, s’ils ne veulent pas partir avec des indemnités minimales, devront se battre et réagir et ne pas compter sur les élus locaux ou sur le président de la république qui vient bientôt aux Antilles. Les banquiers sont leurs maîtres, et non l'inverse. Pour le moment, le montant de base proposé par la BNP est d’environ 13 mois de salaire alors qu’à la BFC les salariés ont pu arracher une prime de départ de 24 mois majorée selon la situation de chaque salarié. Actuellement la direction propose péniblement une prime de 14 mois de salaire, mais cela est loin de faire le compte. Pire, pour ceux qui n’ont pas assez d’annuités pour partir à la retraite, la BNP prévoit de leur prêter de l’argent à taux réduit pour les racheter. Ce qui est encore une arnaque et la preuve que ce n’est qu’en se mobilisant que les salariés arracheront de meilleures indemnités. Les banques prospèrent sur l'exploitation et la misère de leurs travailleurs et des peuples. Ce sont elles qui profitent des politiques d'austérité que les États imposent aux travailleurs et aux peuples. La BNP et le Crédit agricole ou encore la Deutsche Bank ont prêté des milliards à des taux de 9, 10 et jusqu'à 20 % à la Grèce. A la fin octobre 2014, l'Association française des banques, proposait de recruter 42 000 salariés entre 2015 et 2017 en contrepartie du "pacte de responsabilité''. En réalité les banques ont continué à supprimer des emplois. Elles en ont détruit 15 000 depuis 2011. En 2014 la BNP a supprimé 2000 postes, la Société Générale 1600 et le Crédit Agricole 3200. Le DRH, (directeur des ressources humaines) de la BNP a déclaré il n'y a pas longtemps : "Nous anticipons la poursuite de cette tendance de la réduction des effectifs". En clair nous continuerons à supprimer des emplois. Les banques réalisent des milliards de profits en grande partie grâce à des fonds spéculatifs qui menacent toujours de plonger la société dans une crise encore plus grave que celle de 2008. Une lutte et une explosion de colère s'imposent contre ces sinistres rapaces qui jettent leurs salariés à la rue et qui font planer sur toute la société des risques de crises encore plus graves qu'en 2008 !


Guadeloupe : Après le jugement rendu dans l'affaire de nos camarades Raphaël Cécé et Sony Laguerre

C'est le mardi 21 avril que le jugement concernant nos deux camarades de Combat Ouvrier et animateurs aussi du journal Rebelle ! a été rendu. Sony qui était accusé d’avoir cogné un policier est relaxé ! Raphaël qui était accusé de les avoir «menacés» est condamné à deux mois de sursis et à payer 500 €. Notre camarade s'est pourvu en cassation. Encore une fois, la police était présente en nombre au tribunal et a multiplié les provocations pour essayer de créer un incident. Mais le jugement rendu est déjà un premier succès de la mobilisation. Rappelons qu’en première instance Raphael avait été condamné à 5 mois de prison avec sursis et Sony à 8 mois avec sursis ainsi qu'à de fortes amendes. La prochaine étape sera que la cour de cassation casse le jugement concernant Raphaël ! La mobilisation se poursuit. En réalité cette affaire n'aurait jamais dû exister. Elle a été montée de toutes pièces car le petit journal étudiant et lycéen Rebelle! gêne, embarrasse l'administration scolaire, la préfecture, la police. En effet il dénonce une série de faits, d'injustices graves subis par les élèves et les étudiants. Aucun des faits cités par le petit journal n'a pu être contesté. En particulier, le harcèlement sexuel très mal vécu par beaucoup de jeunes filles. Ce qui est reproché aux Rebelles! derrière Sony et Raphaël, c'est le ton persifleur, contestataire de cette équipe de jeunes qui devient aussi un exemple pour d'autres. L'administration craint une révolte de la jeunesse. Mais à force de la craindre et de tracasser ces jeunes elle finira par l'avoir. Eh oui, un bon mai 68 ce serait une très bonne chose, surtout si, comme en mai 68 les jeunes travailleurs, les jeunes chômeurs décidaient de rejoindre les jeunes des lycées et de l'université. On n’en est pas là. Mais c'est ce qu'il faut souhaiter : une révolte générale de la jeunesse opprimée.


Martinique : Les salariés de l’UFR se battent pour leurs salaires et pour le respect !

Les salariés des agences de l’UFR de Martinique sont en grève depuis le 23 mars. Ils réclament toujours la revalorisation de leur salaire et aussi l’arrêt du harcèlement professionnel venant de leur directeur Daniel Annonay. L’Unité Fraternelle des Régions, ex-Unité Fraternelle du Robert est la première mutuelle dans les DOM. Partie de Martinique, elle s’étend aujourd’hui en Guadeloupe, Guyane et Réunion. Après avoir claironné que l’UFR était «une mutuelle équitable», qu’il gérait en bon père de famille, ce directeur n’a pas hésité à traîner les salariés devant les tribunaux pour obtenir la réouverture des agences de Martinique. Cela n’a pas empêché la majorité des grévistes (environ 70 sur 115 salariés) syndiqués à la CGTM-FSM, de maintenir leur mobilisation jusqu’à ce jour pour obtenir notamment la mise à plat des classifications avec les revalorisations adaptées. Le week-end dernier, la direction leur proposait 1,8 % d’augmentation de salaire ! Leur coup de colère a éclaté devant le refus du directeur de leur remettre certains des documents légaux pour préparer la négociation annuelle obligatoire. Du coup les employés ont décidé de faire eux-mêmes des investigations notamment sur les salaires et classifications. Et là, ils ont découvert que le directeur s’octroyait généreusement plus de 15 000 euros par mois et aussi que plusieurs de ses proches étaient placés comme directeurs dans des agences ou encore dans un EHPAD, géré par l’UFR, avec des salaires très confortables. Ils découvraient également qu’il y avait de nombreuses irrégularités dans les classifications et les salaires, certains agents exerçant des fonctions identiques et embauchés récemment se trouvant avec des salaires supérieurs de 3 à 400 euros par rapport à ceux de leurs collègues. Bref ce monsieur agit comme un petit potentat, entouré d’une petite cour et distribuant des subventions lors de courses de yole ou à certains clubs ! Les grévistes, dont une majorité de femmes, ont décidé de ne plus accepter ces confusions et ces injustices. Conscients que leur travail est la principale contribution à l’entreprise, les agents grévistes ont aussi conscience qu’ils ont permis à quelques uns de s’enrichir et à jouer aujourd’hui aux grands personnages. Ils n’ont pas l’intention de lâcher prise avant d’avoir été rétablis dans leur bon droit.

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