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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1131 du 11 avril 2015/Quatrième page

Quatrième page

Élections en France : après sa défaite électorale, le PS poursuit les attaques contre les travailleurs

En France, les résultats des élections départementales de mars dernier ont été marqués par la défaite du parti socialiste. Il a entraîné derrière lui les autres groupes se réclamant de la gauche : les écologistes et le Front de Gauche. Actuellement, la droite a pris la direction de 67 départements alors qu’elle en avait auparavant 40. Tandis que la gauche a 34 départements contre 57 avant les élections. Le Parti Socialiste (PS) a perdu 22 départements au profit de la droite UMP. Le PS a aujourd’hui 26 départements contre 48 auparavant et l’UMP dirige 43 départements. Les représentants de l’UMP comme Sarkozy, Fillon, Juppé jubilent après la victoire de leur parti. Quant au FN (Front National), le parti de Marine Le Pen se réclame d’être la troisième force politique. Il surfe sur le découragement et la démobilisation des travailleurs et des classes populaires. Il prétend que ce sont les pauvres : les travailleurs immigrés, ceux qui touchent les aides sociales, qui sont responsables de la dégradation de la situation économique. Mais, aucun de ces politiciens ne s’en prend à la bourgeoisie, aux banquiers, aux grandes sociétés qui encaissent des milliards grâce à l’exploitation des travailleurs. Ces partis de droite se frottent les mains car ils voient déjà leur victoire aux élections régionales à la fin de l’année, puis à l’élection présidentielle de 2017. Cette victoire de la droite est le résultat de la politique menée par François Hollande depuis son arrivée au pouvoir. Il avait déjà affirmé bien avant les élections, que peu importent les résultats, il ne changera pas de politique. Le premier ministre Manuel Valls, malgré la défaite électorale, et aussitôt les élections terminées, a prévu de mettre en place d’autres attaques contre les travailleurs. François Hollande et son gouvernement se félicitent de la croissance économique, qui se rapproche des 1% pour justifier leur politique. Ils font croire à la population qu’ils sont en bonne voie, que tout ira bien, que c’est en poursuivant cette politique que la croissance dépassera les 1,5% et que leur priorité c’est l’emploi. Mais en réalité tout ceci n’est que de la poudre aux yeux. Leur politique ne changera rien pour les millions de chômeurs et de travailleurs. Au contraire. On sait déjà à qui ces soi-disant réformes vont profiter. Le gouvernement prévoit de faciliter les licenciements quand les résultats de l’entreprise ne sont pas bons. «Il faut que les patrons ne se sentent pas pieds et poings liés», telle est leur devise. Cette idée n’est pas nouvelle. Depuis l’élection de Hollande à la présidence, il y a eu l’Accord National Interprofessionnel (ANI), le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) et la loi Macron adoptée en première lecture par les députés. Ces lois anti-ouvrières donnent plus de flexibilité aux patrons et cassent le peu d’acquis que les travailleurs ont gagné par le code du travail. Les patrons font déjà ce qu’ils veulent, ils embauchent et débauchent à leur guise, en démantibulant le code du travail avec l’aide du gouvernement. Comment peut-on faire croire que c’est en licenciant que l’on va créer des emplois ? Pendant ce temps, les bénéfices des quarante grandes entreprises françaises (le CAC 40) ont vu exploser leurs profits de plus de 37% en 2014. Elles ont versé à leurs actionnaires 56 milliards d’euros l’année dernière. Toujours plus de cadeaux pour les patrons, telle est la politique qu’Hollande et sa clique continueront de mener. Ils n’hésitent pas à prendre le risque de se discréditer auprès de la population laborieuse, y compris en menant leur propre parti à l’abattoir. Les travailleurs et la population pauvre n’ont rien à attendre de tous ces politiciens qu’ils soient du PS, de l’UMP ou du FN. Ils ne pourront compter que sur les propres forces dans des luttes collectives qui pourront imposer au patronat l’interdiction des licenciements, de meilleurs salaires et conditions de travail.

Grève à Radio France : non aux économies sur le dos du personnel

Le 7 avril, le personnel gréviste de Radio France, groupe public comprenant notamment France Info et France Inter, a reconduit la grève jusqu’au lendemain, pour une 21e journée. Les grévistes veulent maintenir la pression jusqu’au lendemain, jour où le PDG Mathieu Gallet doit enfin dévoiler son plan d’économies, qui prévoit entre 300 et 380 «départs volontaires». Les grévistes sont confrontés non seulement à leur PDG, Mathieu Gallet, mais aussi à l’hostilité du gouvernement soi-disant socialiste. Le 27 mars, Manuel Valls a déclaré : «Il faut que cette grève s’arrête. Il faut que Mathieu Gallet nous fasse des propositions pour redresser Radio France». Le Premier ministre a mis ainsi la pression sur le PDG, à qui il a pourtant ordonné, avec sa ministre Fleur Pellerin, de se débrouiller pour faire 50 millions d’euros d’économies d’ici 2019. Et cela alors que la redevance audiovisuelle, qui finance les chaînes de télévision et de radio publiques, n’a cessé d’augmenter chaque année, passant de 116 euros en 2008 à 136 euros cette année. En haut fonctionnaire discipliné, Gallet a concocté tout un tas de mesures d’austérité aboutissant à plusieurs centaines de suppressions d’emplois. C’est d’ailleurs essentiellement contre cela que se dressent les grévistes, bien qu’ils soient aussi révoltés par les coûteux privilèges que le PDG s’est octroyés, en faisant rénover son bureau et en se payant les services d’un consultant en communication. Même si la grève semble tirer à sa fin, à l’heure où nous écrivons, les salariés en grève ont montré qu’ils sont complètement indispensables à la bonne marche de leur radio. Malgré la présentation de la grève comme très minoritaire, les assemblées générales quotidiennes ont réuni de nombreux salariés, et pendant 3 semaines les antennes de Radio France n’ont passé que de la musique enregistrée. Les grévistes ont montré chaque jour par leur mobilisation qu’ils n’acceptent pas de faire les frais de la politique d’austérité du gouvernement sans réagir.


HAïTI : DES CANDIDATS TOUS AU SERVICE DES POSSÉDANTS

Au final, 166 partis ont été retenus par le CEP (Conseil Électoral Provisoire) pour se présenter aux élections législatives le 9 août et présidentielles le 25 octobre. Ils ont jusqu’à mi-avril pour se regrouper en plate-forme ou alliance et présenter leurs candidats aux différents postes. Tous ces partis pourraient se rassembler en un seul, tant ils ne représentent que les intérêts de la classe possédante. A travers leurs slogans et leurs sigles affirmant : «la défense de la démocratie, de la nation haïtienne, des paysans, des jeunes, les social-chrétiens, le camp du peuple, la Vérité, l’Unité, Lavalasse et autres Respect», aucun d’eux n’attaque la bourgeoisie, les possédants et encore moins ne parle des intérêts de travailleurs, des pauvres. Les ouvriers de la zone industrielle ne sont pas dupes et ironisent sur cette foule de candidats avides de postes. Ils savent de quoi ils parlent car ils voient des patrons-candidats comme Apaid ou Backer agir au jour le jour dans les entreprises. Le parti de Backer porte le sigle «Respect», tout un programme ! Il clame dans les médias qu’il veut le respect pour le peuple haïtien, marche en tête de la marche pour la dignité des Haïtiens à Saint Domingue mais il montre son vrai visage en exploitant les ouvriers de ses entreprises de textile. Il a ordonné de travailler le vendredi de Pâques, sinon c’est le renvoi et pour la paye il a fallu attendre le samedi soir pour toucher. Une routine d’exploitation que dénonce un article de la Voix des Travailleurs publié par les camarades de l’OTR (Organisation des Travailleurs Révolutionnaires) dans leur numéro du 17 mars.


YÉMEN : la population victime des milices et des frappes aériennes

Depuis le 26 mars, l’Arabie Saoudite, à la tête d’une coalition d’une dizaine de pays du Golfe, a déclenché des frappes aériennes sur le Yémen. Ce pays de 24,4 millions d’habitants est situé au sud de la Péninsule Arabique, il est donc frontalier de l’Arabie Saoudite. Cette dernière soutient les milices sunnites et s’oppose, par factions interposées, à l’Iran, qui lui soutient les milices rivales chiites. En 2011, des manifestations populaires similaires à celles qui avaient éclaté dans d’autres pays arabes avaient permis de chasser du pouvoir le dictateur yéménite, Ali Abdallah Saleh. Il avait été remplacé à la tête du pays par le vice-président Abd Rabo Mansour Hadi. Aujourd’hui, les milices Houtthis, de confession chiite, se sont alliées à des militaires restés fidèles à l’ancien président Saleh, alors que les milices de confession sunnite soutiennent le président Hadi. Ce dernier s’est réfugié en Arabie Saoudite face à l’avancée des rebelles Houtthis. Par ailleurs, Al Quaida en Pénisule Arabique (AQPA) et le groupe rival État Islamique sont présents dans l’est du pays et attisent les haines entre les populations chiite et sunnite pour se constituer des troupes. Dans ces rivalités pour le pouvoir et pour la domination sur le Yémen de la part de grandes puissances locales, Arabie Saoudite et Iran, la population civile paie le prix fort. En deux semaines, les combats et raids aériens ont fait plus de 500 morts et 1700 blessés. Lors des manifestations de 2011, la population avait manifesté toutes confessions confondues contre l’oppression d’un dictateur. Elle se retrouve aujourd’hui impuissante, prise sous les feux croisés des milices rivales et victime des appétits des puissances locales. Au Yémen comme dans d’autres pays arabes, cette population n’est pas parvenue à se doter d’une direction issue d’elle-même et qui représente ses intérêts. Sa révolte lui a échappé au profit de chefs de guerre qui attisent les haines et s’affrontent pour pouvoir l’opprimer



Combat Ouvrier
t’invite au déjeuner de soutien
Le dimanche 19 avril 2015. De 12 h à 19 h
Habitation « Malgré Tout » (Petit Galion)

Programme 12h -14h Pot d’accueil. Repas en musique. Chaque participant aura droit au pot d’accueil, à un repas chaud et à une boisson. Les consommations supplémentaires de boisson seront payantes. (Buffet froid, Plat Chaud, Dessert) 14h15 Allocution Après-midi culturelle 14h30 : La mission Rosetta, un exploit scientifique de l’homme : intervention de Maurice Henry suivie d’un débat. 15h30 - 19h Animation musicale avec DJ Vous pourrez Également : - Acheter, consulter lire, brochures et documents présentés sur la table de lecture. - Consulter nos panneaux– exposition sur nos positions politiques. Vous entretenir avec nos camarades sur la politique, la vie, l’actualité de Combat Ouvrier.   Participation : 25 euros. Demandez dès maintenant votre carte d’entrée aux militants. Elle sera exigée à l’entrée Combat Ouvrier BP 821. 97258 FORT DE FRANCE CEDEX. Site Internet : http://www.combat-ouvrier.net Pour nous écrire sur Internet : redaction@combat-ouvrier.net Tél : 0696286212


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