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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1131 du 11 avril 2015/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : Générale des Eaux : débrayage des ouvriers

Le jeudi 2 avril, 70 travailleurs ont débrayé pendant 2 heures pour protester contre leurs conditions de travail depuis qu’un tiers des effectifs a été supprimé. En effet, en décembre dernier, les cadres de l’entreprise ont mené un blocage au profit de la direction. Le directeur Certain avait obtenu un accord qui lui permettait à la fois d’empocher 15 millions d’euros et de se débarrasser de 120 salariés, transférés au SIAEAG (Syndicat Intercommunal d'Alimentation en Eau et d'Assainissement de la Guadeloupe). Depuis le mois de janvier, les cadres et la direction ont refusé d’organiser les transferts des salariés. Les travailleurs - qui ne connaissaient ni leur lieu d’affectation, ni leurs nouveaux horaires !- ont dû gérer eux-mêmes leur départ de l’entreprise. Certains des cadres qui avaient réclamé le soutien des travailleurs durant leur blocage de décembre ont préféré prendre des congés durant la période des transferts. Pour les travailleurs non concernés par les transferts, la direction a décidé d’une nouvelle organisation des équipes dans l’unique but de faire des économies. Elle envisage des fermetures de sites pour réduire les coûts de locaux. Des ouvriers seront chargés de nouvelles missions pour lesquelles ils n’ont pas été formés. Et la nouvelle organisation risque de dégrader encore la qualité du service. Jusqu’alors, pour éviter des risques pour la santé des consommateurs, les équipes affectées au réseau d’eau potable étaient différentes de celles s’occupant du réseau d’assainissement. Ainsi le matériel de travaux des eaux usées ne risquait pas de polluer les conduites d’eau potable. La nouvelle organisation prévoit qu’une même équipe pourrait gérer les pannes des deux secteurs ! Le service d’astreintes, qui permet de faire des réparations d’urgence sur le réseau pendant les weekends, sera revu à la baisse. Premièrement, un travailleur d’astreinte devra couvrir plus de communes qu’auparavant. Deuxièmement, pour réduire les primes à verser au personnel d’astreinte, la direction aurait transmis la consigne de ne pas effectuer les réparations urgentes : «Fermer la vanne, la réparation attendra le lundi». Troisièmement, avant c’étaient les salariés qui organisaient eux-mêmes des équipes d’astreintes, désormais ce sont les cadres qui forment des équipes à la tête du client. Le directeur Certain s’est même moqué du monde : il a voulu montrer son «dévouement» en s’inscrivant lui aussi sur le régime d’astreintes. Il a probablement «oublié» que son super salaire de directeur comprend déjà une prime pour gérer à tout moment les problèmes de l’entreprise. Pour protester contre ces nouvelles conditions de travail, les ouvriers ont raison de ne compter que sur eux-mêmes. L’an passé, la direction et les cadres appelaient les ouvriers à se mobiliser « pour sauver l’entreprise », afin que le SIAEAG paye des millions d’euros à la Générale des eaux. Maintenant que les caisses de l’entreprise sont bien pleines, on voit bien qu’il y a deux camps : celui des ouvriers, et celui de la direction..


Guadeloupe : Suppressions de postes à la BNP PARIBAS

Les banques AFB (SGBA, BFC, BNP et BDAF) ont toutes des plans visant à se désengager des Antilles Guyane et à supprimer des centaines de postes. Ainsi c’est au tour de la BNP PARIBAS d’annoncer un plan de départs dits volontaires qui au terme de 3 ans supprimera 72 pour la Guadeloupe et 150 postes aux Antilles Guyane. Les indemnités proposées sont ridiculement basses lorsqu’on sait que la BNP PARIBAS a dégagé un bénéfice avant impôt en 2014 de près de 6 milliards d’euros. Elle prétend perdre de l’argent dans sa filiale des Antilles que la maison mère pourrait facilement renflouer. Mais pour satisfaire les actionnaires, la direction préfère supprimer des postes dans des départements où le taux de chômage explose. Les salariés sont inquiets mais savent qu'ils devront se battre et réagir.


En Bref

Le Pen, père et fille, une comédie qui ne fait rire personne Jean-Marie Le Pen a réaffirmé ses propos sur les chambres à gaz considérées comme un «point de détail» de l’Histoire et qu’il ne les avait regrettés «à aucun moment», ajoutant qu’il y avait de «fervents pétainistes au FN», ce qu’on a aucune peine à croire. Selon un jeu de rôle bien rôdé, Marine Le Pen s’est empressée de prendre ses distances avec celui qui reste, outre son père, le président «d’honneur» du FN, le qualifiant au passage de «punk» en raison de son esprit «provocateur». Il rappelle à ceux qui croient que le FN est un parti nouveau que c’est un repaire pour nombre de réactionnaires, d’antisémites, racistes anti-communistes, foncièrement anti ouvriers. Banquiers voleurs et menteurs. Les banques françaises s’étaient engagées à recruter 40 000 personnes entre 2015 et 2017. Mais malgré des profits qui atteignent des sommets, elles continuent à supprimer des postes en masse : plus de 15 000 entre 2011 et 2014 pour la BNP, la Société Générale, la BPCE et le Crédit Agricole. En plus d’être voleurs, les banquiers sont menteurs. Et responsables du chômage.


Guadeloupe : L'ÉCHO DE L'AÉROPORT

Air Caraïbes : vous vous sentez discriminé ? Prenez la porte ! Un pilote guadeloupéen travaillant sur A330 pour Air Caraïbes Atlantique a osé porter plainte devant les Prud’hommes pour discrimination concernant son évolution de carrière. Aux Prud’hommes, la direction a produit un document, résultat d’un test sur simulateur, selon lequel le pilote aurait échoué, et qui porterait sa signature. Le pilote a alors affirmé qu’il n’a rien signé, qu’il s’agit d’un faux en écriture. Il a donc porté plainte au tribunal, qui doit se prononcer le 21 avril. En attendant, la direction d’Air Caraïbes l’a licencié. Les pilotes font circuler une pétition pour le soutenir face à cette décision inique. Air Caraïbes… ou «Intérim Air» ? Depuis cinq ans, la compagnie Air Caraïbes Régional a réduit les effectifs de plus de 80 personnes sur les Antilles et la Guyane. Ce sont des intérimaires qui, parfois depuis des années, complètent le personnel en CDI pour que le travail soit fait. Dans certains services, il y a parfois plus d’intérimaires que de CDI. Les premiers ayant malheureusement moins de garanties et d’avantages que les seconds… On comprend mieux les dernières grèves des personnels de Corsair, à qui Rochet et Dubreuil proposaient de démissionner et de signer un nouveau contrat.


Guadeloupe : Extraits de l'ÉCHO DES TÉLÉCOM

On connaît la musique
Stéphane Richard a annoncé la stratégie du groupe pour les années à venir. Le dividende sera garanti à 60 centimes d’euro minimum. Comme d'habitude, c'est nous qui en ferons les frais : 3 milliards d'euros d'économies entre 2015 et 2018, au mieux un salarié sur trois partant en retraite sera remplacé, et 250 boutiques seront fermées. Ça s'appelle "Essentiels 2020" et l’essentiel sera de savoir s’y opposer collectivement.


Forte amende pour Orange
La cour de cassation a confirmé une amende de 59,5 millions d'euros infligée en 2009 à Orange Caraïbes pour "avoir freiné abusivement le développement de la concurrence". L'autorité de concurrence avait été saisie par Bouygues télécom et outremer télécom. Orange a sans doute gagné bien plus d'argent que le montant de l'amende pour ses malversations. Si ces millions avaient été répartis pour les salariés au moins, ça aurait été bien, mais c'est pour les gros actionnaires qu'Orange fraude ainsi.


Guadeloupe : ÉCHO DES HÔPITAUX

Bloc op : la colère des IBODE Le 28 mars, le personnel du bloc opératoire avait prévu d’offrir une journée «porte ouverte» à la population. Une fois toutes les démarches administratives faites, la journée fut préparée pendant des mois avec tout ce qu'il fallait en investissement moral, physique, financier et heures supplémentaires. Et puis patatras !! La veille du jour J la direction annule la journée sous prétexte d’insécurité ! Le personnel a reçu cette annonce pour ce qu’elle était, un manque de respect doublé d’insulte grave ! Les IBODE ont répondu à l’insulte en stoppant le travail durant une demi-journée. CHU : Les AMA mobilisés Depuis le 23 mars, les Assistantes Médico-Administratives sont mobilisées dans le hall d’accueil du CHU. Elles invoquent leur droit de retrait devant la chaleur étouffante qui règne dans leurs bureaux provoquant de nombreux malaises, les archives qui dévorent leur espace vital et qui provoquent des accidents. Des conditions de travail indignes qui les ont poussées à réagir, et le mouvement continue même si la direction répond, pour l’instant, par le chantage et l’intimidation


Martinique Extraits de CHANTIERS EN LUTTE

Les salariés de la métallurgie ont pris connaissance de la loi Macron C’est ainsi qu’à Biométal ou à Arcelor-Mittal, les salariés ont pris connaissance en assemblée générale de ce que le gouvernement de Hollande a encore pondu comme loi pour permettre au patronat d’être encore plus à l’aise pour s’en prendre aux intérêts des travailleurs. Par exemple, un patron pourra désormais licencier un salarié quand bon lui semble. Mais plus grave, le représentant du personnel ne pourra plus s’y opposer. Alors tous en grève pour le 9 avril Les travailleurs de la métallurgie de Biométal et d’Acélor-Mittal ont décidé de se mobiliser le 9 avril contre cette loi scélérate, en même temps que les organisations syndicales en France. Ils sont décidés à montrer ce jour-là à leurs exploiteurs qu’ils ne restent pas les bras croisés sans réagir. Ils ont bien raison. n.


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