Site

Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1131 du 11 avril 2015/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Fête annuelle de Combat Ouvrier

ZoomLe dimanche 26 avril à l'Arche à Baie-Mahault (pas loin du Pako), de 12h à 20 h :
- Apéritif et déjeuner en musique.
Menu : - Entrées : Coquille de poisson, salade campagnarde et salade de fruit à pain. - Plat : poulet tandoori (mariné à l'indienne) ou bœuf à la provençale ou brochette de poisson.
- Accompagnements : riz blanc et consommé de haricots rouges, gratins de légumes variés. - Dessert : glace. - Vin, champagne à la demande. Café. Prestations artistiques : Komik Kréyol Show et à 14h45 musique: Erick Cosaque -15h30 : A l'espace forum : exposé suivi de débat : Élections départementales et régionales, à la Collectivité Territoriale de Martinique : la position de Combat Ouvrier -16h30 : début du bal titane. - 17h15 : à l'espace forum exposé scientifique par le Dr Audrey Robinel : « Intelligence artificielle : Faut il avoir peur des robots ? » Tout au long de la fête vous pourrez : - Consulter nos panneaux sur l'activité de nos camarades dans les entreprises et sur nos positions politiques. - Vous entretenir avec nos camarades sur la politique, la vie, l'activité de Combat Ouvrier. - Laisser vos enfants s'amuser au château gonflable. - Acheter ou consulter livres, brochures et documents à la librairie de la fête. - Prendre une collation aux stands réservés à cet effet. - Commander des boissons au bar. - Faire des achats à bas prix au "marché aux bonnes affaires". - Pour les jeunes : jouer aux jeux vidéo. - Participation aux frais : 25 euros (15 euros pour les moins de 12 ans). Cette participation comprend l'apéritif, le repas et toute l'animation de la fête, à l'exception des collations, du bar et du champagne. Contact : 0590 82 92 94 ou 0690.72.61.33 email : redaction@combat-ouvrier.net

Plan de la fête et programme

913 ko - Dernières modifications : 09/04/2015


Guadeloupe.Conseil départemental. La lutte pour les postes tourne à l'avantage de madame Borel Lincertin.

A l'issue des élections départementales en Guadeloupe, c'est madame Borel Lincertin qui a été élue présidente du tout nouveau "Conseil départemental" qui remplace le Conseil Général. Elle était soutenue par Eric Jalton, député maire des Abymes avec son groupe, proches de la gauche socialiste et par Victorin Lurel président du Conseil Général et la fédération locale du parti socialiste français. L'ex président Jacques Gillot du GUSR (Guadeloupe unie- socialisme et réalité), autre clan proche du PS local, ne s'est même pas présenté à l'élection du président, tant il était évident que madame Borel Lincertin bénéficiait d'une très large majorité annoncée. Ainsi, la guéguerre entre eux, Lurel et le PS local d'une part et le GUSR de l’autre, tourne pour l'instant à l'avantage des premiers. On sait que l'une des divergences portait sur l'assemblée unique que défendent Gillot et le GUSR et dont Lurel et le PS local ne veulent pas pour l'instant. Mais il s'agit là d'une feuille de vigne cachant mal la lutte pour les postes entre les deux clans !


La stèle du mépris démolie

Il y a quelque temps une stèle a été érigée à la Pointe Allègre à Sainte Rose en hommage à l'arrivée des premiers colons en Guadeloupe. Le cercle Auguste Lacour qui rassemble une partie des békés en est l'auteur. En somme la stèle rendait hommage à ceux qui se sont conduits en occupants, contre les Caraïbes qui peu à peu ont été détruits, à ceux qui ont organisé la traite et l'esclavage. Dimanche 29 mars, une mobilisation a été organisée par plusieurs organisations politiques, syndicales et culturelles sur les lieux pour détruire et brûler ce symbole du colonialisme et de la barbarie ! Plus de 200 personnes se sont rassemblées pour réaffirmer leur lutte contre le mépris des descendants d’esclavagistes. Il s’agissait aussi de refuser la banalisation de l’extermination des Caraïbes, de la traite négrière et de l’esclavage des noirs. Plusieurs orateurs ont pris la parole pour rappeler ce passé encore douloureux en Guadeloupe. Certains ont réclamé des réparations pour les descendants d’esclaves. Pour eux, ce serait le seul moyen, moral et financier, de reconnaître les torts causés aux premiers occupants de la Guadeloupe et aux esclaves par les colonisateurs et par les gouvernements actuels. En réalité, de réparation véritable il n’y aura que quand les filles et fils d’esclaves pourront enfin profiter de toutes les richesses de l’humanité que leurs ancêtres esclaves ont contribué à créer. Cela ne sera possible que par un changement radical de la société et son remplacement par une société libérée de toute oppression !


Martinique : Municipales de Saint-Pierre : un coup d'épée dans l'eau

Suite à l'annulation des dernières élections municipales de Saint-Pierre, de nouvelles élections ont eu lieu les 22 et 29 mars. Au deuxième tour, le maire sortant Raphaël Martine du RDM (Rassemblement Démocratique pour la Martinique) a obtenu 1403 voix (48,03 %). Il a été battu par Christian Rapha du PRM (Parti Régionaliste Martiniquais) avec 115 voix d'écart (1518 voix, 51,97 %). Au premier tour c'est R. Martine qui avait eu le plus de voix (1313), contre 1258 voix à C. Rapha et 121 voix à Eliane Cesto du PPM (Parti Progressiste Martiniquais) qui avait été éliminée. C. Rafa doit donc en grande partie son élection à l'appel à voter pour lui lancé entre les deux tours par E. Cesto et le PPM. Cet appel n'a pas été une surprise. Cela fait déjà quelque temps que Chantal Maignan, dirigeante du PRM, affiche sa volonté de rouler pour le rassemblement autour du PPM «Ensemble pour une Martinique Nouvelle», notamment lors des prochaines élections de l'Assemblée Unique, prévues en décembre 2015. Le PPM n'a fait que renvoyer l'ascenseur. Chantal Maignan comme Christian Rapha, qui ont quitté l'UMP en 2010, clament leur attachement à une politique de droite. Le nouveau maire de Saint-Pierre l'a réaffirmé dans France-Antilles du 31 mars : «Je suis bien un homme de droite...». Il se qualifie de «droite, tendance progressiste...». Cela peut faire plaisir à S. Letchimy qui, comme d'autres dirigeants de la majorité régionale, s'était déplacé entre les deux tours pour le soutenir sur le terrain. Sur sa lancée, C. Rapha se dira-t-il dans quelques semaines «progressiste, tendance de droite...» ? Il n'y a pas lieu de s'étonner de ces glissements de langage. Cette droite et cette prétendue gauche sont d'accord sur l'essentiel. «Il s'agit aujourd'hui de développer la Martinique et je ne suis pas gêné de travailler avec des Martiniquais au service de la Martinique» a déclaré C. Rapha. Pour «développer la Martinique» – c'est-à-dire en réalité les profits du patronat martiniquais – il soutient Letchimy qui a le même credo politique. Lequel Letchimy soutient le gouvernement de Hollande-Valls, qui se prétendent de gauche en menant une politique de droite à la grande satisfaction des grands groupes capitalistes. Ces préoccupations sont d'ailleurs celles de toutes les grandes tendances du petit monde politicien martiniquais. Marie-Jeanne et son «camp des patriotes», qui soutenaient R. Martine, ne défendent pas davantage les couches populaires que leurs concurrents quand ils parlent de développement de la Martinique. Ceux des électeurs pierrotains qui ont cru voter pour le changement en portant C. Rapha à la mairie, pourront rapidement voir qu'il s'agissait plutôt d'un coup d'épée dans l'eau.


Guadeloupe : Nouvelle mobilisation à la Mission Locale 

Les agents de la Mission Locale ont eu vite fait de comprendre que le recul de leur direction suite à leur grève de deux jours n’était que du cinéma. Dès la reprise du travail, les dirigeants ont bafoué leurs engagements. Ramdini, occupé par sa campagne électorale pour le Conseil départemental n’a pas jugé utile de se rendre à la première réunion du comité de suivi fixée le vendredi 27 mars. Les travailleurs l’ont attendu vainement notamment pour mettre en place le calendrier de rattrapage des salaires des emplois d’avenir. C’était l’un des premiers acquis de la grève. Les engagements de remboursement des frais avaient eux aussi évolué à la baisse entre le jour de la négociation et celui de la reprise du travail. Lors d’une assemblée générale le mercredi 25, une majorité de travailleurs a donc décidé d’exiger la signature d’un protocole d’accord en bonne et due forme, reprenant l’ensemble des engagements actés par le directeur et le bureau de la Mission Locale le vendredi précédent. Après avoir informé tout le personnel, de l’absence du président à la première réunion du comité de suivi, ses membres ont lancé un appel par mail pour une action collective. Ils ont signalé deux possibilités de rencontre du candidat Ramdini. L’une des possibilités était un rendez vous fixé le samedi matin à 8 heures, directement à sa permanence de campagne pour signer le protocole. L’autre était de le rencontrer lors d’un passage à la télé, à Canal 10 le vendredi, ce que ne souhaitait pas Ramdini. Très peu de salariés pouvaient s’organiser pour s’y rendre le jour même. Cinq d’entre eux se sont pourtant déplacés pour se rappeler à son souvenir et lui ont remis le document à lire pour signature le lendemain. Samedi matin, une vingtaine d’agents se sont regroupés à la permanence du candidat Philippe Ramdini à Capesterre Belle-Eau. Le directeur Max Laurent qui devait être en campagne à Sainte-Anne et avait dans un premier temps décliné l’invitation, était présent et a lui aussi signé le protocole d’accord. Les salariés ont appris à se faire entendre. L’exaspération due aux mauvaises conditions de travail et aux retards de salaire a explosé. Ils ont intérêt à rester unis et actifs pour obliger leur direction à appliquer le protocole et les Conseil départemental et régional à débloquer de l’argent pour le fonctionnement au quotidien de la structure. C’est le nouveau combat qui les attend.


Martinique : Mini-entreprises, maxi manipulation

Depuis mars 2014, dans plusieurs établissements scolaires de l’académie, se développent de nouvelles pratiques pédagogiques : les mini-entreprises. Ces mini-entreprises (mini-sociétés anonymes dotées de mini-PDG) réunissent des jeunes, qui y proposent des activités diverses : fabrication de bijoux, vente de pizzas, lavage de voitures, etc. Il s’agit d’initiatives parrainées et encadrées par une organisation nommée « Entreprendre Pour Apprendre (E.P.A.) France». L’implantation d’une représentation de cette fédération en Martinique a été rendue possible grâce à la collaboration très étroite entre la rectrice de l’académie et la Chambre de Commerce de Martinique où est installé le siège de la filiale EPA Martinique et où s’est tenue le jeudi 19 mars 2015 une assemblée générale. Les buts avoués de la fédération EPA, qui appartient au réseau mondial «Junior Achievement Worldwide», réseau né aux États-Unis en 1919, est de préparer les jeunes au monde professionnel. Et l’un de ses dirigeants, Jérôme GERVAIS, lié à la société ADECCO, leader mondial de l’intérim, précise qu’il s’agit de cette manière «de rapprocher davantage le monde de l’éducation du monde de l’entreprise». Le public concerné comprend autant les jeunes, puisqu’il va du primaire au supérieur (de 8 à 25 ans), que les enseignants. EPA France est soutenu par le MEDEF (le grand patronat français), la CGPME (le petit et moyen patronat français), bien connus pour leurs offensives permanentes pour obtenir des différents gouvernements que le code du travail et les quelques dispositions qu’il contient soient réduits à néant. Parmi les soutiens de cette fédération, on trouve également la Hong Kong and Shanghai Banking Corporation (HSBC), une banque qui est impliquée via sa filiale suisse dans un scandale de fraude fiscale portant sur plus de 180,6 milliards d’euros en 5 mois (novembre 2006 à mars 2007). De beaux parrains pour les jeunes que certains veulent encourager à accéder à l’échelle des affaires ! Et la listes des soutiens est encore longue. La création et le développement des mini-entreprises dans les établissements scolaires constituent une offensive des milieux économiques et patronaux pour investir l’École, avec la bénédiction du ministère de l’Éducation nationale. Le véritable objectif visé est d’éradiquer tout esprit critique, toute conscience de classe, et de donner aux jeunes, mais également à leurs enseignants, une «vision positive» de cette société et du système capitaliste après un formatage idéologique. Que cette filiale EPA Martinique soit domiciliée à la CCIM, structure présidée par Manuel Baudoin, que le Conseil régional de Martinique soit impliqué au plus niveau via le président de sa Commission Éducation, Daniel Robin, membre éminent du MEDEF Martinique, ne sont pas des actes neutres. Tout cela révèle la soumission des responsables des dirigeants politiques, actuels et passés, au capitalisme et au marché ; ils œuvrent pour que ce dernier imprime sa marque dans l’organisation de l’école. «Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes » a fort justement dit Karl Marx. Autrement dit, la classe des capitalistes, «qui est la puissance matérielle dominante» de la société actuelle est aussi «la puissance dominante spirituelle» et cherche à imposer partout et par tous les moyens, ses choix économiques, ses valeurs, ses principes à toute la société. Ces valeurs et choix économiques doivent être dénoncés car tout cela se développe au détriment du rôle de l'école dans le développement d'une vraie culture générale qui n'a rien à voir avec l'appât du gain.


Bookmark and Share