Site

Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1129 du 14 mars 2015/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Grève victorieuse des salariés de Nicollin Antilles

ZoomLes salariés de Nicollin Antilles, basé à Jarry, ont observé une journée de grève jeudi 5 mars. Dans le cadre de la NAO (négociation annuelle obligatoire(, l’employeur ne proposait que 0,5% d’augmentation soit moins de 10€ brut par salarié. Les travailleurs ont décidé, au vu du travail difficile qu’ils fournissent et des subventions de toutes sortes que perçoit l’entreprise, que 0,5% d’augmentation ne suffisait pas. La négociation s’est poursuivie sous la pression de la grève, votée à la quasi unanimité. Ce qui n’était pas possible quelques heures auparavant s’est avéré pourtant très réaliste, sous la pression. Finalement, les salaires seront revalorisés de 50€ net pour l’ensemble du personnel avec effet rétroactif au 1er janvier 2015. Sept salariés obtiennent la requalification de leur contrat en contrat à temps complet à durée indéterminée et cinq autres passent de 25 heures à 32 heures mensuelles. Les travailleurs ont aussi obtenu 50€ au titre de l’accord Bino qui seront payés à ceux qui perçoivent jusqu’à 1,4 SMIC. Pour les salaires compris entre 1,4 et 1,6 SMIC le bonus Bino sera de 6% et au-delà de 1,6 SMIC le bonus Bino s’élèvera à 3% du salaire. La grève a aussi permis d’obtenir la mise en place d’une mutuelle d’entreprise, d’un CHSCT, d’un plan de formation qui sera présenté en mai, d’un plan senior et d’une négociation future sur l’égalité hommes femmes. Il n’aura fallu qu’un seul jour de grève et la détermination de tous les travailleurs pour faire céder le patron. Qui a dit que vite et bien ne vont pas ensemble ?


Martinique: Fort-de-France nous fera payer pour ses emprunts toxiques

La majorité PPM du conseil municipal de Fort-de-France a approuvé mardi 3 mars un «protocole de sortie des emprunts toxiques», préparé avec les banques et qui prévoit une participation du fonds, mis en place par l'État, de soutien aux Collectivités Locales. La vulnérabilité des budgets des Collectivités Locales et des hôpitaux face aux emprunts bancaires à taux variables, dits «emprunts toxiques» a été dénoncée depuis des années. Le quotidien Libération avait publié, en 2011, une carte de France de ces emprunts, établie par la banque Dexia, qui avait révélé comme victimes, notamment, la ville de Sainte-Marie et l'hôpital de Fort-de-France. Ce problème de l'étranglement de tout le fonctionnement de la société par les banques vient de rebondir avec la récente (janvier 2015) décision de la Banque Nationale Suisse. Cette dernière ne veut plus arrimer le cours du Franc suisse à celui de l’Euro, jugé trop faible. Les intérêts des prêts de Dexia étaient, pour une bonne part, adossés sur le Franc suisse, qui a grimpé de 20 %. L'État qui, pour tenter d'amortir le naufrage social prévisible, avait déjà mis en place un fonds de soutien aux Collectivités, en a augmenté les montants en catastrophe. Le secrétaire d'État au Budget a annoncé le 24 février que le fonds «Collectivités locales», aujourd'hui de 1,5 milliard d'euros sur 15 ans, sera doublé et celui des hôpitaux, aujourd'hui de 100 millions sur trois ans, «sera majoré de 300 millions sur dix ans». Ces augmentations ne doivent être que partiellement à la charge du système bancaire et donc les contribuables en supporteront une grande partie. La ville de Fort-de-France est donc concernée, confrontée à deux emprunts toxiques à taux variables. L'un, d'un reliquat de 12,4 millions d'euros, conclu avec le groupe Crédit Agricole, l'autre, contracté avec Dexia, représentant début 2014 un reste à rembourser de 14,4 millions d'euros. Les «modalités de sortie» proposées, malgré les apports prévus du fonds de soutien, laissent à la charge de la municipalité des remboursements de 9,2 millions d'euros... à financer par de nouveaux emprunts. Les banques, qui ont consenti quelques rabais, continueront donc à profiter de la poule aux œufs d'or qu'elles ont pris garde de ne pas étrangler complètement. Dexia a quand même pris soin d'interdire la poursuite de la procédure judiciaire qui avait été engagée contre elle. La municipalité est la victime consentante de cet accord imposé. Ce sont les contribuables, des travailleurs pour la plupart, qui paieront, tant par l'imposition générale que par les impôts locaux. Et, bien sûr, à eux, personne n’a demandé d'avis.


Guadeloupe : La grève continue à la centrale électrique Albioma

La grève débutée le 22 janvier se poursuit depuis maintenant plus d’un mois dans les deux centrales Albioma au Moule. Comme d’habitude en cas de grève, la direction a cité les grévistes et leur syndicat à comparaitre pour entrave à la liberté du travail. Les juges ont rendu une décision en faveur des patrons condamnant les salariés grévistes à libérer les entrées des deux centrales. Une tranche de la centrale a redémarré avec les non grévistes. Mais il reste des travailleurs qui poursuivent la grève. Plusieurs réunions ont eu lieu avec la direction d’Albioma sous la médiation de la direction du travail. La direction générale du travail basée à Paris a confirmé ce qu’affirment les travailleurs depuis plusieurs mois, à savoir que la durée maximale de travail est fixée à 35 heures et qu’au-delà, les heures sont rémunérées en heures supplémentaires et en repos compensateur. Pour les travailleurs en grève, ce rappel de la loi était important. Face à leur direction qui affirme tout et son contraire, ils exigent des écrits précis. Ils réclament le dédommagement des repos compensateurs non pris et veulent obtenir des embauches supplémentaires. D’ores et déjà, la grève leur a permis d’arracher 7 postes supplémentaires. Mais ils estiment que toutes les heures supplémentaires sont loin d’être compensées en postes créés. La grève leur a aussi permis d’obtenir l’application du bonus « Bino » pour l’ensemble des salariés payé rétroactivement pour un montant total supérieur à 200 000€.


Martinique : Grève à la cuisine centrale de Fort-de-France

Les agents de la cuisine centrale de Dillon ont organisé des débrayages en début de première semaine de mars. En cause principalement des dysfonctionnements du matériel. Du lundi au mercredi la préparation des repas pour les 55 écoles a été perturbée. Les repas ont été servis plus tard que d'habitude, et ils étaient aussi moins copieux. Le jeudi la grève était totale, et les parents avaient été priés de prévoir le nécessaire. Les grévistes ont mené leur action avec le syndicat FO. Mais c'est la détermination des grévistes qui a été efficace pour faire bouger la mairie. Les agents ont obtenu que des réparations soient effectuées sur les appareils défectueux et le travail a repris le vendredi matin.


Bookmark and Share