Site

Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1130 du 28 mars 2015/Troisième page

Troisième page

Martinique : Les grévistes de la fourrière ne baissent pas les bras.

Le 20 mars, cela faisait 51 jours que les grévistes de la fourrière départementale avaient entamé leur mouvement. Quatre salariés sur neuf, chauffeurs et administratifs, se sont mobilisés contre le licenciement jugé abusif d’un des leurs, mais aussi contre leurs mauvaises conditions de travail et pour la revalorisation de leurs salaires. Le salaire des chauffeurs qui assurent des astreintes de nuit cinq jours sur sept, payées 50 centimes de l’heure s’il n’y a pas d’intervention, avoisine 1500 euros pour 50 heures de travail par semaine, y compris les heures supplémentaires. Ils réclament un salaire de base de 1500 euros. Se retrouvant le plus souvent seuls face aux conducteurs pour embarquer les voitures à la suite d’un contrôle policier, les grévistes réclament notamment une prime de risque. En face d’eux ils trouvent le gérant têtu de la société Caraïbes Développement, le sieur Hubert Dupont qui, plutôt que de donner satisfaction aux revendications des salariés, a choisi de traîner les grévistes et leur syndicat, la CSTM, devant le tribunal, soi-disant pour cause d’entrave à l’accès de la fourrière. La société Caraïbe Développement assure à la fourrière une délégation de service pour le compte de la CACEM (Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique). Mais le même homme gère aussi une entreprise de dépannage, SOS Route, située sur le site de la fourrière et une autre entreprise, Caraïbe Levage. Les salariés de Caraïbe Développement effectuent sur leur temps de travail des «missions» pour ces deux entreprises, sans avoir les fiches de paie correspondantes. Le mardi 17 mars, une nouvelle audience avait lieu au tribunal de Grande Instance. Les juges devaient se prononcer sur la liquidation des astreintes à libérer les accès de la fourrière, d’un montant de 35 000 euros, prises par ordonnance à l’encontre des grévistes et du syndicat CSTM. Mais le jugement a été mis en délibéré au 12 mai prochain. A la suite de cette audience, les syndiqués CSTM qui apportaient leur soutien aux grévistes se sont rendus à la CACEM, bien décidés à rencontrer le président. En effet, bien qu’étant donneurs d’ordre de la délégation publique de la fourrière, les responsables de la Collectivité restent muets, malgré la durée du conflit. La visite a failli tourner à l’empoignade et quelques présentoirs furent renversés sur leur passage. Le patron a le culot de pleurer ! Il a adressé une lettre qui se voulait pathétique aux Martiniquais sur la mise en péril de son entreprise. Les salariés grévistes, eux, font vraiment des sacrifices. Ils restent néanmoins déterminés pour gagner plus de justice et un salaire décent. Ils ont droit au soutien des travailleurs. Les salariés grévistes, eux, font vraiment des sacrifices. Ils restent néanmoins déterminés pour gagner plus de justice et un salaire décent. Ils ont droit au soutien des travailleurs.


Martinique : Antilles Protection : les agents font reculer leur patron

Les agents de sécurité de la société Antilles Protection, entreprise du Groupe Pierre Marie-Joseph, se sont mis en grève le lundi 16 mars 2015. Le mouvement s’est poursuivi le mardi 17 mars et s’est terminé par un accord signé entre le PDG, Pierre Marie-Joseph et les responsables syndicaux. Réintégration d’un salarié injustement licencié, abandon de l’annualisation pour revenir à la mensualisation, attribution d’une prime de fin d’année de 200 euros, revalorisation des primes de transport de chien : en tout, près d’une vingtaine de points de revendication qui ne trouvaient pas de réponse dans le cadre des échanges avec ce patron. Face à ce constat, les travailleurs, soutenus par leur syndicat CGTM Prévention et Sécurité, ont donc opté pour une autre méthode pour faire entendre raison à ce patron. Réunions d’information et diffusion sur tous les sites d’un tract récapitulant leurs exigences ont précédé leur mobilisation. Puis le lundi 16, leur présence nombreuse et déterminée au siège de l’entreprise à l’Etang Z’abricot, rendit impossible son fonctionnement. Au cours de cette même journée, de petites délégations de 2 à 3 agents firent la tournée des sites et entraînèrent avec eux d’autres agents qui adhéraient aux revendications. Le soir, Marie-Joseph eut une première rencontre avec les délégués syndicaux, mais ne sembla pas prendre conscience de la détermination des agents. Le mardi, dès 5 heures, les salariés se retrouvèrent au siège de l’entreprise, attendant que ce patron récalcitrant se manifeste. Entre-temps, certains clients tels le Conseil Général, le Grand Port, firent appel à des huissiers pour dresser des constats d’absence d’agent à leur poste de travail. Et le patron était l’objet de sollicitations de plus en plus pressantes de clients. Face à cette situation, il accepta donc de rencontrer les délégués et de lâcher du lest. Sur la réintégration de l’agent licencié, la direction resta sur ses positions. En revanche, les parties ont acté la suppression de l’annualisation pour la remplacer par un «accord de modulation trimestrielle du temps de travail» prenant effet à compter du 1er juillet 2015. Ce qui a été considéré comme un très grand pas vers la mensualisation. Les parties ont également trouvé un accord sur une prime de fin d’année de 130 euros, sur la revalorisation de diverses primes. Ces propositions, portées à la connaissance des grévistes mobilisés et présents au siège de l’entreprise, reçurent un avis favorable. Un accord put donc être signé, ce qui permit la reprise du travail dans la foulée. Lors d’une réunion de bilan le jeudi 18, les salariés manifestèrent leur satisfaction d’avoir enfin pu faire reculer ce patron particulièrement arrogant.


Guadeloupe : Refusons de payer les factures exorbitantes de la Générale des Eaux et du SIAEAG

Depuis quelques semaines les usagers reçoivent des paquets d’enveloppes de factures de 3 mois chacune dans les zones dépendant du SIAEAG (Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau et Assainissement de la Guadeloupe) et de la multinationale Générale des Eaux. Le total pour 18 mois par exemple en 2012-2013 peut atteindre 1000 ou 2000 euros. La Générale des Eaux avait déclaré «avoir des problèmes de logiciel» et n’a pas envoyé de factures depuis près de 3 ans. Ces factures sont dites «estimées». Cela signifie-t-il que la Générale des Eaux avait aussi «des problèmes de relevés de compteur depuis 2012» ? Deux points inadmissibles apparaissent dans ces factures : le nombre de mètres cubes (m3) «estimés» et le prix du m3, en particulier à Capesterre Belle-Eau. Le nombre de m3 estimés : Rappelons qu’un m3 c’est 1000 litres. Nous pouvons vérifier sur des factures mesurées qu’une famille peut consommer 10 (ou 20) m3 par trimestre, ce qui correspond à un peu plus de 100 (ou 200) litres par jour. Or les valeurs estimées indiquées sur les factures peuvent dépasser 50 m3 pour 3 mois pour une personne seule. Ce choix n’est pas innocent. En effet la consommation de ceux qui ont par exemple une piscine est sanctionnée par un prix au m3 plus élevé. Il existe des tranches avec un prix variable. Ainsi aux Abymes le m3 coute 1€ pour la tranche 1 (entre 0 et 50 m3). Au-dessus de 50 m3, le m3 coute 1,6€ (tranche 2). Décréter, sans mesures, qu’une personne seule a consommé au-delà de la tranche 1 pour lui faire payer plus cher certains m3 est purement arbitraire et malhonnête. Le prix du m3 à Capesterre Belle-Eau : de cette commune provient l’eau pour toute la Guadeloupe. Déjà, l’eau est coupée à tout moment, et des zones entières ne sont pas alimentées, mais surtout c’est là que le prix de l’eau bat les records. Le m3 est plus cher qu’aux Abymes par exemple. Même lorsque les eaux usées ne sont pas traitées, ce traitement est facturé à Capesterre et l’eau revient à 3 € le pour la tranche 1 et 4 € pour la tranche 2. En outre la tranche 1 s’arrête à 40 m3. Ainsi dans une zone de logements récents aucun relevé de compteurs n’a été effectué. Mais la première facture «estimée» d’une personne seule à revenus modestes est de 50 m3. Cela veut dire pour 3 mois : 40 m3 à 3€, soit 120€ plus 10 m3 à 4€ soit 40€. Soit au total 160€ sans compter l’abonnement. En outre, cette première facture est suivie de plusieurs autres, toutes estimées de façon énorme, et les mises en demeure de payer arrivent. Il n’est pas prévu de vérification ou de modification puisqu’il s’agit de factures qui arrivent après 2 et 3 ans. C’est tout simplement scandaleux. La Générale des Eaux et le SIAEAG croient qu’en envoyant des factures «estimées» différentes à chaque foyer d’un même quartier, ils vont briser l’unité de contestation. Ces sociétés se trompent. Certains, très pauvres, disent qu’ils ont peur de leurs réactions tant leur colère est grande. A Capesterre Belle-Eau circule l’idée qu’il faudra, avec les Saintes, payer une facture d’eau de 7 millions d’euros pour des conflits entre la Communauté de communes de Basse-Terre de Michaux-Chevry, la municipalité de Capesterre Belle-Eau et le SIAEAG. Cela voudrait dire une moyenne de 700 € pour les 10 000 familles de la commune ? Que les factures soient fabriquées pour obtenir cette somme, arbitrairement, c’est leur problème. Mais déjà dans la population beaucoup n’ont pas l’intention de se laisser faire.


Guadeloupe : Grève à la Mission Locale

C’est bien la première fois que les agents de la Mission Locale, chargés de l’insertion des jeunes, se mettent en grève. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase ce sont les retards récurrents de paiements des salaires. D’habitude, les agents acceptaient ces retards. La plupart du temps, ils se produisent en janvier et février, sous prétexte de début d’année. Les financeurs, Conseil Général et Conseil Régional n’ont pas encore versé leurs subventions. Il n’est pas rare que les retards se produisent aussi d’autres mois de l’année. Cette fois-ci, le retard a atteint presque deux mois et les agents ont dit stop. Les revendications portaient aussi sur les conditions de travail qui sont insupportables dans les antennes de la Mission Locale. Mercredi 18 mars les travailleurs ont déclenché la grève. Les salaires du mois de février ont été aussitôt versés par la direction. Le lendemain les grévistes ont envahi le bureau du directeur pour avoir des réponses sur le salaire du mois de mars et sur la prise en charge de leurs agios et frais bancaires. Ils exigeaient la présence des membres du bureau de la structure et pas seulement du président, Philippe Ramdini, et de son directeur, Max Laurent. Ce n’est qu’après une pression de l’ensemble des agents grévistes que le directeur a compris qu’il valait mieux céder. Il a fixé la réunion avec une délégation des grévistes le lendemain. Mais le personnel ne l’entendait pas de cette oreille. En assemblée générale, les grévistes avaient décidé que la rencontre avec les membres du bureau que personne ne connaissait aurait lieu en présence de tout le personnel mobilisé. Le premier bras de fer a eu lieu sur ce point entre le président Ramdini et les grévistes. Après une nouvelle action dans le bureau du directeur, le président du conseil d’administration a fini par convenir que tous les salariés avaient le droit d’assister à la réunion. En assemblée générale, les grévistes avaient décidé la veille, que les points les plus importants du cahier de revendications devaient être réglés en priorité. La direction a annoncé que les salaires de mars avaient été faits la veille et les premiers virements arrivés le jour même sur les comptes. Les grévistes ont obtenu que tous les agios et frais dus au retard de salaires soient entièrement payés par la Mission Locale. La date du 20 de chaque mois de virement des salaires a été confirmée et la direction de la Mission Locale a reconnu qu’elle devait aligner les salaires des conseillers en contrat d’avenir sur la convention collective. Les administrateurs se sont aussi engagés à appliquer la convention collective pour tout le personnel et à améliorer les conditions de travail. La gestion de la Mission Locale par la Région et le Conseil Général est proprement scandaleuse. Ces deux Collectivités et l’État ne versent pas suffisamment de subventions pour que le personnel soit payé correctement, à date fixe et pour qu’il travaille dans de bonnes conditions. Aux dires de la direction, il manquerait chaque début d’année 300 000 € de fonds de roulement pour les salaires avant versement des dotations. Alors que le personnel est passé de 45 à 68 en 4 ans, les dotations ont été réduites. La structure fonctionne avec un découvert au début de chaque année ! Mais Lurel comme Gillot, respectivement présidents des Conseil Régional et Général nous racontent à longueur de temps que le chômage des jeunes est leur priorité ! Lors de cette réunion les travailleurs ont aussi appris que certaines municipalités ne versent pas un centime à la Mission Locale. Après une matinée de négociations, la direction s’est engagée à ne pas prélever les jours de grève et à mettre en place un suivi du relevé de décisions. Les agents ont repris le travail la tête haute le lundi 23 mars.


Bookmark and Share