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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1130 du 28 mars 2015/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Oui, la fac est en ruines, mais… ce n’est pas de la faute des Martiniquais !

ZoomA propos des problèmes de l'Université des Antilles nous publions ci-dessous un tract du journal étudiant et lycéen "Rebelle !", car nous partageons totalement le point de vue émis.
Les dirigeants du pôle Guadeloupe contestent le budget, insuffisant. Pour eux, c’est de la faute de la Martinique qui aurait une trop grosse part du gâteau. N’importe quoi ! Le «patriote» Lurel a dit que «l’argent de la Guadeloupe ne financera pas la Martinique». C’est ridicule ! Il y a des étudiants martiniquais en Guadeloupe, et des étudiants guadeloupéens en Martinique. Pour discuter de la répartition du budget entre les deux îles, il faudrait déjà en avoir un ! Le vrai problème, c’est le gouvernement qui a réduit les financements. En France, les professeurs et les étudiants protestent contre ces attaques. À l’université Lyon 2, des enseignants vacataires sont en grève depuis janvier pour le paiement de leur salaire. À l’Université des Antilles, d’après un rapport du Sénat, il y a 443 professeurs pour 11 222 étudiants. Cela fait 3,9 profs pour 100 étudiants. La moyenne des facs de France est de 5,6 ! C’est pour ça que les étudiants antillais ont des difficultés, pas parce qu’ils sont pauvres comme l’avait dit la présidente en 2013 ! Ici, 23,6% des étudiants réussissent leur première année, contre 41% en moyenne pour la France. Pour que l’Université des Antilles soit au même niveau que les autres, il faudrait embaucher 185 professeurs. Il faudrait aussi beaucoup plus de personnel dans les bureaux, pour l’entretien, etc. C’est de cela qu’il faut parler ! La fac des Antilles manque de tout : profs, personnels, locaux, matériels, etc. Au lieu d’exiger des moyens du ministère, la présidente Mencé-Caster gère la pénurie. Mais ceux qui appellent à la grève contre elle ne parlent pas des vrais problèmes. Ils mènent une petite guerre des chefs avec leurs collègues martiniquais et essayent d’entraîner tout le monde en surfant sur des préjugés qui puent la xénophobie ! Tous ces gens-là se moquent de la réussite des étudiants. Ils se moquent des personnels qui travaillent dans de mauvaises conditions. Étudiants et salariés, guadeloupéens ou martiniquais, prenons l’argent où il est : chez les riches et les puissants !

 


Guadeloupe: Ahurissante agression raciste à Basse-terre

Nous publions ci-dessous ce document signé de Harry NIRELEP, avocat à la cour
J'ai été témoin direct, alors que je déjeunais avec un confrère dans un restaurant de Rivière-Sens (Gourbeyre - Basse-Terre), d'une agression raciste d'une étonnante violence.
Les faits :
À une table voisine de la mienne, déjeunait paisiblement un jeune guadeloupéen, Monsieur Frédéric AUGUSTIN.
Arrive un homme jeune, dont rien n'indiquait qu'il pût être victime d'une quelconque altération mentale.
Tout d'un coup, on entend cet individu s'en prendre, sans raison, à mon jeune voisin :
" Sale nègre ! Fils de pute! Esclave ! Fils de vieille négresse ! C'est moi Nicolas CHAULET qui te le dis, les nègres ont toujours été les chiens des CHAULET ! Kounyi a manmanw, makak ! Un petit nègre comme toi ne peut pas faire peur à un CHAULET ! Je vais te faire tuer, sale petit nègre ! "
Il est facile d'imaginer que la température est rapidement montée.
Je comprends alors que l'auteur de ces propos agressifs et racistes est un héritier d'une famille de planteurs de la Côte sous le Vent, convaincu que son appartenance ethnique comme ses antécédents historiques d'esclavagiste, lui conféraient l'impunité.
Que croyez qu'il fît alors ?
Avec la complicité active de son épouse ou compagne ou amie, il va commettre de graves dégradations sur le véhicule professionnel de Monsieur AUGUSTIN, va lui dérober son matériel et son outillage... et va appeler les gendarmes qui vont accourir avec une célérité inhabituelle, pour secourir Monsieur Nicolas CHAULET, poursuivi par un nègre en colère!
Les gendarmes durent se rendre à l'évidence. Non seulement ce triste individu n'était nullement menacé, pour la simple raison qu'il n'était pas là, d'autre part, que la victime était bien Monsieur AUGUSTIN, soutenu par toutes les personnes présentes, et qui offraient spontanément leur témoignage.
Monsieur AUGUSTIN a déposé plainte contre Nicolas CHAULET pour injures racistes, dégradation de bien, vol, menace de mort.
Des personnes présentes dans le restaurant se sentant visées par les propos de Nicolas CHAULET, envisagent également de déposer plainte.
Dès demain, la LICRA, le MRAP, la Ligue des Droits de l'Homme seront informés et invités à se constituer partie civile.
Les autorités de l'État et les parlementaires seront aussi saisis.
En attendant, un jeune artisan guadeloupéen, non seulement a été copieusement outragé, mais est encore privé du moyen de nourrir sa famille !
Il y a-t-il encore des Charlies dans ce pays ?
Nous, nous nous battrons aux côtés de Monsieur AUGUSTIN...
Harry Nirelep avocat à la cour.
Contact http://jurilist.com/index.php… 


Après le premier tour des élections départementales en France

Nous partageons entièrement l’analyse de nos camarades de Lutte Ouvrière dont nous publions le communiqué ci-dessous:
Ils sont tous contents, les grands partis ! L’UMP et ses acolytes de la droite, parce qu’ils arrivent largement en tête de ce premier tour des élections départementales. Le Front national, parce qu’il s’installe comme l’un des trois grands partis du pays en décrochant des positions de notables et en se rapprochant un peu plus de la mangeoire. Et même le Parti socialiste, qui se sait tellement vomi par son propre électorat après trois ans de gouvernement qu’il s’attendait à pire que ce qu’il lui est arrivé. Et les urnes ne sont même pas encore rangées que le PS appelle à voter au deuxième tour pour les candidats de la droite qu’il appelle «républicains» lorsque ses propres candidats ont été écartés ou ne sont pas en position de gagner. Toute honte bue, le PS souligne une fois de plus qu’il n’y a aucune différence entre sa politique et celle de la droite. Ce dont l’électorat populaire a amplement l’occasion de se rendre compte. L’électorat populaire n’a aucune raison de partager la satisfaction des grands partis. Hollande n’a pas du tout l’intention, malgré la sanction électorale, de mener une autre politique que celle qu’il mène depuis son élection à la présidence. Une politique qui exécute servilement les quatre volontés des puissances de l’argent, la grande bourgeoisie, les banquiers. Une politique qui, pour consacrer toujours plus d’argent à ceux qui en ont déjà beaucoup, vide les poches de ceux qui travaillent, de ceux qui font vivre le pays, jusques y compris les plus démunis. Les trois partis concurrents sont en accord sur cette politique. L’UMP et le PS l’ont démontré à tour de rôle au gouvernement. Quant au FN, tout autant au service du grand patronat que les autres, il y ajoute ses idées réactionnaires et sa volonté de dresser les travailleurs les uns contre les autres, travailleurs en activité contre chômeurs accusés d’être des assistés, français contre immigrés. La principale, et pour ainsi dire la seule, utilité des élections a toujours été pour le mouvement ouvrier de lui donner la possibilité de s’exprimer, de lui permettre de défendre les exigences et les perspectives de la classe ouvrière devant l’ensemble de la population. Dans les élections qui viennent d’avoir lieu, il n’y avait même pas cette possibilité à l’échelle du pays. Seuls les grands partis ont été présents dans la majorité des cantons. Et tous ces partis ont en commun de représenter les intérêts de la grande bourgeoisie, de l’argent et de ceux qui en possèdent. Les jeux sont faits d’avance : face, les classes populaires perdent ; pile, la bourgeoisie gagne ! Mais la crise, le chômage, l’aggravation de l’exploitation finiront par faire surgir parmi les exploités des femmes, des hommes, des jeunes qui n’accepteront plus cette situation et qui se donneront pour objectif de créer une force politique qui soit la leur, qui s’oppose clairement à la grande bourgeoisie possédante, avec pour perspective ultime de renverser sa domination sur la société. Cette force politique, ce futur parti, renouera fièrement avec les traditions du mouvement ouvrier, avec la volonté de mener la lutte de la classe ouvrière contre la bourgeoisie.


Martinique : A Grand-Rivière, le Conseil Général "lave la mer"

Le nouveau port de Grand-Rivière, une réalisation du Conseil Général, a été livré en mars 2010. Il faut croire que les études préalables n'avaient pas été menées correctement, puisqu'il est depuis régulièrement ensablé.
Certains pêcheurs assurent la navigation touristique au nord de l'île, entre Grand-Rivière et Le Prêcheur. Eux et les autres sont, de manière récurrente, dans l'impossibilité de sortir en mer pour aller travailler. Et faute d'un chenal permanent d'une profondeur suffisante, leurs sorties, quand elles ont lieu, sont dangereuses pour les moteurs. Les pêcheurs ont voulu à plusieurs reprises attirer l'attention des autorités. Un blocage de l'entrée de la commune était intervenu en février 2013. Il avait été promis de lancer des travaux de dragage. Mais les pêcheurs se sont vite aperçus qu'ils ont été roulés dans le sable. Un marché a effectivement été signé pour le dragage, mais tous ceux qui ont pu voir sur place le matériel engagé ne peuvent que trouver bien modérés les mots du président de l'association des marins-pêcheurs, le 19 mars 2015 à l'occasion d'un nouveau blocage de la commune : «La machine à draguer est pourrie. Elle menace de sombrer et elle prend de l'eau de partout... de telle sorte qu'il faut mettre une pompe pour retirer l'eau de sa cale».
Elle est encore en panne actuellement et pour longtemps. Par ailleurs, tous ses tuyaux sont troués. Lorsqu'elle fonctionne, le sable est pompé et renvoyé à moins de 150 mètres de l'entrée du port. Ça s'appelle «lavé lanmen'w ek suyé'y atè».
La présidente du Conseil Général s'est rendue sur les lieux et a promis «d'étudier les possibilités de versement d'une aide», un «renforcement» des opérations de désensablement pour le 3ème trimestre 2015 et le recours à une pelle excavatrice amphibie pour faire la transition.
Le blocage a été levé mais un ultimatum a été fixé au lundi 23 mars. «Nou pa kay mô djèl gwan ouvè», a crié un pêcheur.
Effectivement, si les nouvelles promesses devaient être tenues comme les premières, les pélicans pourraient encore longtemps fouiller le sable accumulé dans le port. 



ERRATUM

L’article intitulé «La grève continue à la centrale électrique Albioma» a été publié deux fois dans les N° 1128 et 1129. Nous nous excusons de cette erreur de mise en page auprès de nos lecteurs.


Guadeloupe : ÉCHO DE PÔLE EMPLOI

QUELLE MOUCHE A PIQUÉ JACQUES-GUSTAVE ?
Le directeur a l’habitude de passer à Morin chaque fois qu’un abbé meurt et en général, il rasait les murs de sorte que rares sont les agents qui le voyaient. Ces jours derniers, il est passé tous nous saluer avant d’aller dans sa réunion à la Préfecture. Il faut croire que notre mobilisation lui a fait recouvrer le chemin de la raison !


CHASSER LE NATUREL…
Il n’y a pas qu’à la direction régionale que Jacques-Gustave ne salue pas les collègues. Il est comme son compère Dorsan, moins il passe dans les agences mieux il se porte. Qu’il se rassure, nous aussi !


A BOUILLANTE, LES COLLÈGUES ONT ASSEZ DES LOCAUX VÉTUSTES…
Décidément, les mobilisations des collègues donnent des exemples à ceux d’entre nous qui n’osaient pas. Ainsi, après Basse-Terre, Saint-François, Marie-Galante, Morin, les collègues de Bouillante refusent de travailler dans des locaux vétustes et inadaptés. Ils ont exercé leur droit de retrait ! Fos pou yo !


ET A MORNE-A-L’EAU, DES RATS!
Comme à Saint-François le site indemnisation de Morne-à-l’Eau est envahi depuis des années par des rats. Et comme d’habitude, la direction ne fait rien pour résoudre les problèmes. Autant dire que les raisons ne manquent pas de faire grève pour exiger des conditions de travail dignes de ce nom !


Guadeloupe : ÉCHO DES HÔPITAUX

CHU : ENCORE PLUS CHAUD
Des secteurs qui jusqu’alors n’étaient pas touchés par l’absence d’air conditionné et la chaleur torride vivent maintenant un calvaire. En radiologie par exemple, le personnel fait des malaises, les appareils tels l’IRM tombent en panne. En hémodialyse, les patients malgré leurs éventails de fortune supportent mal leur séance de dialyse et la moiteur qui les cerne…
Où est la sécurité des soins ?


LA FAUTE À LA GRÈVE ?
La direction a sorti une note ou il est fait mention de «sabotage de certains réseaux de climatisation et d’électricité». Est-ce vrai ? Est-ce cela qui engendre le cauchemar que certains d’entre nous vivent ? Ou est-ce que la grève d’une catégorie d’ouvriers au sein du CHU est le bon prétexte pour la direction de se dédouaner ? En tout cas, ce que nous voulons se sont les conditions d’hygiène et de sécurité nécessaire à l’accomplissement de notre tâche.


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