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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1130 du 28 mars 2015/Première page

Première page

Editorial: À QUOI SERVENT LES ÉLECTIONS ?

Nous venons de vivre le premier tour des nouvelles élections départementales, en France et en Guadeloupe. En décembre nous vivrons les élections régionales en France et en Guadeloupe. En Martinique auront lieu aussi en décembre les élections à la Collectivité Territoriale, la nouvelle assemblée unique qui remplacera Conseil Général et Conseil Régional. L'année dernière nous avons vécu les élections municipales puis européennes. Dans deux ans, en 2017, nous aurons les élections présidentielles et législatives. Oui, il y a beaucoup d'élections en France. Pour autant, toutes ces élections font-elles de la France et de son État une démocratie pour tous ? Eh bien non ! Car cette démocratie est celle de la classe dominante, la bourgeoisie. Elle a été forgée par plus de deux siècles de pouvoir de la bourgeoisie qui a pris le pouvoir politique à l'issue de la révolution française de 1789 en abattant l'ancien régime de la royauté. Puis, la bourgeoisie, au cours d'autres révolutions en 1830, 1848, et après des dizaines d'années d'expérience du pouvoir a peaufiné ses institutions et ses lois pour se doter du meilleur système d'oppression possible pour elle sur les travailleurs et les classes populaires. Aux Antilles françaises pendant longtemps c'est à coups de fusil contre les masses qu'est apparue la "démocratie coloniale".
Jamais, la bourgeoisie n'est allée jusqu'à permettre à toutes les tendances politiques d'être vraiment représentées au parlement et dans d'autres lieux de pouvoir. Jamais elle n'est allée jusqu'à instaurer la représentation proportionnelle totale et la révocabilité permanente des élus dans le cas où ces derniers seraient amenés à trahir les engagements pris. On est élu pour 5 ans, pour six ans, et inamovibles entre temps. Le système de l'élection uninominale ou binominale à deux tours exclut même ceux qui ont obtenu 49 % des suffrages. La moitié de l'électorat ou du pays est ainsi écartée, parce que n'ayant pas obtenu la majorité absolue. Cette "démocratie bourgeoise" est en réalité une dictature.
Nous, communistes révolutionnaires, résolument opposés à la bourgeoisie, nous saisissons l'occasion offerte par les élections pour nous faire entendre le mieux possible et quand nous aurons des élus, ce camp des travailleurs se fera entendre encore plus fort, tout en sachant pertinemment que les travailleurs, les masses populaires et les révolutionnaires communistes n'ont absolument aucune chance d'arriver au pouvoir par les élections bourgeoises. Comme le disait l'un des deux fondateurs du communisme, F. Engels, les élections sont juste un moyen de mesurer son influence ni plus ni moins. Elles ne changent en rien le sort des masses. Seule la lutte le peut.
Tout comme la bourgeoisie a imposé son pouvoir par une révolution contre la noblesse au 18ème siècle, c'est de la même manière que les travailleurs, les opprimés d'aujourd'hui pourront renverser l'oppression bourgeoise.
Mais avant que les conditions permettent d'en arriver là, la participation aux élections a toujours été pour les révolutionnaires communistes un des moyens de la lutte politique. D'autres moyens de lutte consistent en la participation aux luttes des travailleurs dans les entreprises, dans les rues, dans les quartiers, d'impulser et de préparer ces luttes.
Après notre participation à l'élection départementale à Capesterre Belle-Eau en Guadeloupe, en décembre c'est encore dans cette optique là que nous participerons aux élections régionales en Guadeloupe et à la Collectivité Territoriale en Martinique. C'est aussi assurer sur ce terrain comme sur d'autres la permanence d'un courant communiste révolutionnaire en Guadeloupe et en Martinique, le seul qui ne s'incline pas devant le système capitaliste et ses serviteurs politiques que par ailleurs tous les autres partis respectent.


Martinique : La grève des agents municipaux

Commencée le lundi 16 mars, la grève des agents municipaux de Martinique a été motivée par les réticences, voire le refus, de nombreux maires, à respecter les engagements pris lors de conflits précédents.
En effet une grève avait déjà eu lieu en juillet 2014, pour obtenir l'application effective d'un accord en novembre 2013.
C'est dire qu'on a retrouvé en 2015 des revendications similaires aux fois précédentes, l'exaspération des municipaux en plus. Entre autres :
- titularisation des agents sur des temps complets (devant bien-sûr apporter une amélioration des salaires)
- participation des municipalités au paiement de la mutuelle comme le prévoit une loi depuis 2008
- le niveau trop élevé des examens pour changement d'échelon dans la catégorie C, niveau qui dans les faits empêche les changements d'échelon, et impose par exemple des départs à la retraite avec seulement 400 ou 500 euros.
Une lettre du 13 février au président de l'association des maires étant restée sans réponse, le 19 mars, plusieurs sites municipaux dans l'île étaient bloqués, les services des villes paralysés et les écoles et cantines fermées. A Fort-de-france, au Lamentin, au François, au Vauclin, à Sainte-Anne et à Rivière-Pilote, le mouvement était particulièrement suivi. Une marche de protestation d'environ 200 agents a traversé Fort-de-france et s'est rendue à la préfecture. Bien qu'une délégation ait pu y être reçue, aucune négociation centrale ne s'est vraiment enclenchée et la grève a été l'addition, commune par commune, de plusieurs grèves.
Ainsi l'association des maires a fait capoter un rendez-vous prévu le mercredi avec les grévistes et les responsables du syndicat CGTM-SOEM. Les maires ont pris comme prétexte un retard de ceux-ci, sans même proposer une autre rencontre.
Dans ces conditions, et alors que les grévistes continuaient à être actifs sur le terrain, quelques maires choisirent de négocier - comme au Marin, Fort-de-France, St-Joseph - et donnaient satisfaction à quelques points de revendication. La reprise du travail était effective le jeudi à Fort-de-France, mais l'accueil dans les écoles ne put avoir lieu que le vendredi...
Au Lamentin, par contre, le maire, Pierre Samot, a refusé de discuter. Il a joué une partie de cache-cache dans les locaux de l'Office de Tourisme, avant de fuir en voiture, pour ne pas rencontrer les grévistes. Aux Trois-Ilets, le même jour, le maire Arnaud René-Corail a envoyé les élus couper chaînes et cadenas aux entrées des écoles et des services municipaux. Cela a valu au maire les félicitations de personnes se présentant comme «parents d'élèves», qui ont, dans une lettre ouverte, demandé : «Pouvons-nous, Monsieur le Préfet, compter sur l'État pour faire respecter les droits de tous les citoyens ? ».
Ce conflit, qui pourrait entrer dans sa deuxième semaine, au moins dans quelques communes, a permis de jeter la lumière sur une constante de la politique des maires. Ils constatent et signalent la baisse des dotations de l'État, mais ne la dénoncent pas, ne s'y opposent pas. Ils acceptent d'être le relais de la politique du gouvernement qu'ils laissent, passivement, peser sur les travailleurs. Comme le déclarait publiquement une responsable du syndicat CGTM des municipaux : «ils n'ont qu'un seul but, c'est l'Assemblée Unique, pas la défense des salariés»


Communiqué de Combat Ouvrier sur le résultat des élections départementales en Guadeloupe

Au vu des résultats de ce premier tour des élections départementales, en Guadeloupe, on constate toujours un fort pourcentage d'abstention et de bulletins blancs. Plus de 56% des électeurs montrent ainsi leur désintérêt et leur dépit à l'égard d'un scrutin et de candidats qui ne changent en rien leur sort.
Parmi les votants, c'est la fédération socialiste qui arrive en tête, suivie du GUSR, tous liés au gouvernement socialiste.
Mais cette victoire de la gauche gouvernementale en Guadeloupe ne sert en rien les intérêts des travailleurs et des membres des classes populaires car il s'agit d'une gauche qui se montre toujours plus servile à l'égard du patronat et des classes dominantes.
Les autres composantes de la gauche liées au pouvoir gouvernemental, le GUSR ou encore la FRAPP aux Abymes ne valent pas mieux.
Quant à la droite, elle semble de plus en plus en perte de terrain avec notamment l'échec dès le premier tour de Lucette Michaux Chevry qui rate là son retour sur la scène politique.
À Capesterre Belle-Eau, 356 voix se sont portées sur le binôme de Combat Ouvrier, Marie-Anne GEORGE et Jean Marie NOMERTIN. Nous progressons légèrement par rapport aux élections municipales de 2014.
Pour la première fois, notre courant, communiste révolutionnaire, franchit la barre des 5% à une élection locale.
Nous remercions tous ces électeurs qui ont choisi de "Faire entendre le camp des travailleurs" dont une fraction d'ouvriers agricoles des plantations de banane. Ils ont montré par leur vote qu'ils préféraient voter pour les seuls candidats qui s'affirmaient résolument contre le système capitaliste, en mettant en avant la lutte sur le terrain, dans les entreprises et dans la rue, contre l'exploitation patronale.
Certes, ces 356 voix représentent un score qui demeure faible. Mais elles témoignent malgré tout de l'existence et de la permanence d'un courant politique qui est celui du communisme révolutionnaire que nous représentons en Guadeloupe.
Au deuxième tour, nous ne soutenons aucun des deux candidats. L'un est lié à la politique gouvernementale qui casse les reins des travailleurs, l'autre est lié à ceux qui hier ont fait de même et s'apprêtent à le refaire demain.
Pour Combat Ouvrier : Jean Marie NOMERTIN

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