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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1128 du 28 février 2015/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : La grève continue à la centrale électrique Albioma.

La grève débutée le 22 janvier se poursuit depuis maintenant plus d’un mois dans les deux centrales Albioma au Moule. Comme d’habitude en cas de grève, la direction a cité les grévistes et leur syndicat à comparaitre pour entrave à la liberté du travail. Les juges ont rendu une décision en faveur des patrons condamnant les salariés grévistes à libérer les entrées des deux centrales. La direction a fait redémarrer les 2 tranches de la centrale avec les non grévistes et les cadres. Mais la majorité des travailleurs poursuivent la grève. Sur 80 salariés plus de 60 sont encore en lutte. Plusieurs réunions ont eu lieu avec la direction d’Albioma sous la médiation de la Direction du Travail du département. La Direction Générale du Travail basée à Paris a confirmé ce qu’affirment les travailleurs depuis plusieurs mois, à savoir que la durée maximale de travail est fixée à 35 heures et qu’au-delà les heures sont rémunérées en heures supplémentaires et en repos compensateur. Pour les travailleurs en grève, ce rappel de la loi était important. Face à leur direction qui affirme tout et son contraire, ils exigent des écrits précis. Ils réclament le dédommagement des repos compensateurs non pris et veulent obtenir des embauches supplémentaires. D’ores et déjà, la grève leur a permis d’arracher 7 postes supplémentaires. Mais ils estiment que toutes les heures supplémentaires sont loin d’être compensées en postes créés. La grève leur a aussi d’ores et déjà permis d’obtenir l’application du bonus «Bino» pour l’ensemble des salariés, payé rétroactivement pour un montant total supérieur à 200 000€.


Guadeloupe : Coup de colère des salariés du Crédit Agricole !

Le 11 février dernier les salariés se sont mobilisés pour protester contre l’attitude du directeur qui refusait systématiquement toutes les demandes des représentants du personnel dans le cadre des négociations annuelles obligatoires de 2014. Ces négociations avaient commencé en 2014 et traînaient en longueur. Le directeur ne voulait rien lâcher alors que le Crédit Agricole se porte bien et a fait 20 millions d’euros de bénéfices en Guadeloupe en 2014. Alors que les objectifs fixés sont de plus en plus difficiles à atteindre, les salariés ont estimé qu’ils devaient obtenir une part du gâteau puisque c’est grâce à leur travail que de tels résultats sont obtenus. Donc ce 11 février, les employés ont arrêté le travail. La plupart des agences étaient fermées et près de 70 % du personnel du siège de Petit Pérou sont restés toute la journée pour accompagner les représentants du personnel qui négociaient. A la fin de la journée de mobilisation la direction a cédé et a accordé l’augmentation d’une prime concernant la part variable de la rémunération d’environ 16 %. Cette prime sera versée à la fin du mois de février. Bien sûr ce n’est pas une augmentation de salaire pérenne mais l’augmentation de la prime versée était une victoire pour les salariés qui ont bien compris qu’ils devaient se mobiliser pour obtenir quelque chose. Dès le mois de mars, les négociations annuelles obligatoires de 2015 vont commencer et c’est un avertissement donné à la direction si elle a l’intention de se moquer des salariés une nouvelle fois.


Egypte : le sort de la population ne dépend pas des Rafales.

La France a vendu 24 Rafales à l’Égypte pour 5,2 milliards d’euros. Le Premier ministre Manuel Walls s’est félicité de cette vente comme d'une bonne affaire qui constitue «une avancée fondamentale pour l’Égypte». Que ce soit à gauche ou à droite c’est le même triomphalisme. Mais tout cet argent dépensé par l’Égypte à des fins militaires est un véritable non sens car il aurait pu être utilisé au bénéfice de la population confrontée à de graves difficultés. En 2013, 13% de la population active était au chômage. 18% vivait sous le seuil de pauvreté. En 2015, ces chiffres ont augmenté. Le nombre de chômeurs est passé à 13,9%. Les infrastructures sont insuffisantes. La population est trop souvent privée d’eau, d’électricité. C’est cette situation qui a entraîné le mécontentement et la révolte en 2011. La population avait exprimé sa colère et renversé le dictateur Moubarak. Le nouveau pouvoir des frères musulmans a été contesté et renversé à son tour. L’armée a fait un coup d’état et pris les commandes. Ce sont les militaires qui contrôlent une partie de l’économie. Les officiers supérieurs possèdent de nombreuses entreprises, qui représentent 20% de l’emploi et 25% du produit intérieur brut. Ils sont à la tête d’un important trafic d’armes à destination des pays du Golfe mais aussi de l’Afrique. Aujourd’hui, ceux qui sont au pouvoir parlent de transition démocratique. Mais le mécontentement qui s’exprime par de nombreuses grèves est étouffé par les armes. Le vrai changement pour les Égyptiens serait de s'attaquer aux richesses de cette armée et d'utiliser les deniers publics à leur avantage. Et les peuples des pays riches qui vendent des armes aux pays du monde pourront être d'un grand secours lorsqu'ils interdiront la fabrication et la vente d'armes de guerre et de destruction, au profit d'une lutte contre les fauteurs de guerre chez eux et dans le monde. Les pays riches entretiennent des guerres aux quatre coins du monde afin que les marchands de canons vendent leurs armes partout pour engranger de juteux profits !


Guadeloupe ÉCHO DE L'AEROPORT

M.S.C. (CHARIOTS) : ENCORE DES RETARDS DE SALAIRES… À Multiservices Caraïbes (M.S.C.), société qui effectue la manutention des chariots à bagages, les mauvaises habitudes reprennent. En effet les employés n’ont reçu leur salaire que le 9 février. Ce retard de paiement, qui était fréquent l’an passé, mais avait cessé, a donc recommencé. Cela les met en difficulté vis-à-vis de leur banque et des crédits éventuels, ainsi que de leurs dépenses quotidiennes. Pendant ce temps, ils ont dû continuer à venir au travail, le moindre retard aurait été sanctionné.

…ET DES SUPPRESSIONS DE PRIMES Pis encore, après l’indemnité de transport, c’est cette fois ladite «prime de vie chère» acquise en 2009 qui a disparu des fiches de paie. La direction profite du fait qu’elle se trouve en Martinique pour faire un peu n’importe quoi, malgré plusieurs rappels à l’ordre de l’inspection du travail. Le ras-le-bol ressenti par les agents ne tardera pas à s’exprimer, si la direction persiste à pratiquer ce genre «d’anomalies».

AIR CARAÏBES ACHÈTE CORSAIR… PAS DE PLAN SOCIAL… MAIS ! Corsair pendant quelque temps conservera son identité. Cette compagnie avait déjà réduit son personnel de 1700 à 1250 par le Plan Take off. Mais il est fortement question de plan social lors de la fusion annoncée pour 2016. Ils parlent de «risque de doublons», 2 personnes pour une même tâche, et également du renvoi de ceux qui travaillent sur les 747 qui consomment trop de carburant. Les patrons font leurs plans pour leurs profits. Aux travailleurs, solidairement, à faire leurs plans de maintien de l’emploi, par formation et autres solutions liées à l’accroissement prévu des activités du groupe.


Martinique : L’ÉCHO DES HÔPITAUX

LA PERMANENCE DES SOINS EN QUESTION Cette semaine l’ARS a fait de longs communiqués à la presse sur l’organisation de la permanence des soins au niveau de la Martinique avec 4 MMG (maison médicale de garde). Ce dispositif est mis en place de manière permanente pour « désengorger l’hôpital public » et spécifiquement les Urgences en cette période où de nombreux cabinets médicaux sont fermés. Mais cela n’empêche pas pour autant que les effectifs en personnel sont insuffisants au niveau des services. L’augmentation des embauches est donc toujours une nécessité.

APRES LE DÉCÈS D’UN DETENU Le décès d’un jeune détenu dans une chambre sécurisée de PZQ le lundi 9 février a provoqué un certain émoi et c’est bien naturel. Les résultats de l’autopsie du corps du jeune homme ne sont pas connus au moment où nous écrivons. Mais plusieurs questions sont posées dont la question de la qualité de la prise en charge médicale du détenu. Les problèmes de sous effectif dénoncés régulièrement à la prison de Ducos peuvent évidemment intervenir sur les décisions prises ou sur leur mise en œuvre. C’est l’image triste des risques existant dans un service ou un autre, dépendant du CHUM.


Guadeloupe : SUCRERIE EN LUTTE (Gardel)

Une direction bien pressée.
A la suite de la réunion du 10 février au centre technique de la canne et du sucre, Lorcet le PDG de Gardel est prêt à lancer la campagne sucrière. Il propose les 23 et 24 février. Il n’y a pas eu de pluviométrie excessive il pousse à démarrer rapidement. La vitesse et l’agitation des usiniers n’est pas dans le même tempo que les ouvriers, il ya encore un obstacle celui des NAO et les ouvriers n’entendent pas se laisser berner.  

Les pourcentages ne sont pas l’affaire des travailleurs.
Lors de la réunion du vendredi 6 février , les syndicats proposaient 60 euros d’augmentation et la direction 13 euros. Lors de la rencontre du 13 février, la direction est passée en mode pourcentage proposant 0,8%. Une proposition qui revient à celle de la réunion précédente en pire. Si pour un salaire de 1500 euros le calcul de 0,8% donne 12 euros, pour celui qui touche 1000 euros cela donne 8 euros. Cette proposition de pourcentage est injuste car elle pénalise les salaires les plus bas.

Claverie bloque les NAO
Pas d’augmentation de la prime de transport ni ticket restaurant, le panier de nuit n’est pas augmenté. Claverie fait tout pour bloquer les NAO. C’est son rôle, mais qu’il ne s’étonne pas si la campagne ne démarre pas au temps voulu par les usiniers.


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