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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1127 du 14 février 2015/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : La campagne sucrière 2015 : les NAO ont commencé sous le signe du mépris patronal

Les réunions entre les représentants des usiniers et les syndicats ouvriers ont débuté depuis le 23 janvier dernier. Dans leur cahier de revendications, les ouvriers réclamaient, entre autres, 70 euros d’augmentation de salaire et l’application intégrale de l’accord Bino. S’agissant des salaires, les usiniers ne proposaient que 10 €.
Une véritable provocation ! À la troisième réunion les syndicats ouvriers ont revu leurs revendications à la baisse en réclamant non plus 70 €, mais 62 €. Alors le représentant des usiniers trouvant sans doute ce petit jeu très amusant leur proposa 12 €.
Au moment où nous écrivons ces NAO (négociations annuelles obligatoires) se poursuivent. Mais comme on le voit, le mépris patronal envers les travailleurs de la canne, avec tous ses relents colonialistes, n'a jamais cessé d'exister !


Guadeloupe : Journée de mobilisation de la CGTG.

Le 5 février, la Confédération Générale du Travail de la Guadeloupe (CGTG) a appelé ses militants et les travailleurs à manifester pour dénoncer les problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs et la population. Le problème de l’alimentation en eau n’a jamais été réglé jusqu’ici, ni celui des facturations. Les prix continuent d’augmenter et les travailleurs sont de plus en plus confrontés aux licenciements. Une centaine de militants et de travailleurs se sont mobilisés le matin pour aller manifester devant l’antenne du Conseil Général. Les manifestants se sont rendu ensuite devant le tribunal de Pointe-à-Pitre pour soutenir les travailleurs d’ALBIOMA (Centrale thermique du Moule) en grève depuis le 21 janvier. Des grévistes avaient été cités pour entrave à la liberté du travail. Contre les travailleurs d’ALBIOMA en grève, le procureur a réclamé 5 000 euros par heure et par personne. L’affaire a été mise en délibéré le 10 février. Dans l’après midi une manifestation regroupant autant de militants que dans la matinée, a eu lieu devant le tribunal, cette fois-ci pour soutenir les représentants de la fédération CGTG énergie. Ces responsables syndicaux avaient été cités devant le juge suite à la contestation par la direction de l’EDF de la représentativité du syndicat dans l’entreprise. La mobilisation s’est poursuivie devant le tribunal jusqu’à 20 heures. Les militants ont attendu vainement que l’affaire passe. Le juge n’avait pas informé leur avocate qu’il y avait eu un renvoi pour le 5 mars. La demande de renvoi avait été demandée par les avocats de la direction d’EDF depuis 14 heures. Face aux protestations légitimes de l’avocate de la CGTG-énergie, le juge a eu une attitude très arrogante. Il s’agissait d’une manœuvre pour décourager les manifestants mobilisés depuis 16 heures. Ces décisions de justice prouvent bien que certains juges sont du côté des patrons et méprisent les travailleurs. La CGTG appelle à une nouvelle mobilisation pour soutenir ses militants syndicaux confrontés à la justice.


Guadeloupe. La direction de la SA.EDF veut imposer sa loi

Jeudi 05 février 2015 devait se tenir une audience au tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre, à la demande de la SA.EDF (Électricité de France). EDF refuse de reconnaitre la représentativité de la section syndicale CGTG dans l’entreprise en Guadeloupe.

Depuis la loi de 2008 sur la représentativité, les règles ont changé. Pour qu’un syndicat soit jugé représentatif dans l’entreprise il doit totaliser au moins 10% des suffrages aux élections professionnelles. Pour l’élection de 2013 il avait été convenu en réunion à la Confédération CGTG, avec les dirigeants du syndicat de l’EDF, que la section se présenterait sous le logo de la CGTG. Depuis 2012, les discussions et analyses se sont multipliées à la CGTG concernant le fait de se présenter avec ou sans le logo CGT. Pour certains militants, vu les rapports que la CGT et la CGTG avaient toujours entretenus, il était préférable d’avoir les deux logos sur les bulletins. Les voix obtenues pourraient être ainsi comptabilisées avec celles de la CGT tout en maintenant une autonomie de la CGTG sur le terrain en Guadeloupe. D’autres déduisaient des nouvelles règles que garder le logo CGT aurait pour conséquence de ne plus pouvoir comptabiliser les voix de la CGTG et de la faire disparaître en tant que telle. Ces questions, prises de position et débats ont fait l’objet de plusieurs décisions validées dans les instances de la CGTG. C’est ainsi que lors des élections des TPE (Très Petites Entreprises), la CGTG a décidé de comptabiliser ses voix propres, sans les fondre avec celles de la CGT. Lors d’un congrès, le vote des congressistes a confirmé cette position. Pour l’élection des entreprises au statut des IEG, (Industries Électriques et Gazières), la même position a été actée, tant par la Fédération de l’Énergie CGTG que par ses sections. Pourtant, après l’élection qui a eu lieu en fin d’année 2013, les dirigeants de la Fédération Énergie découvrent que la direction de l’entreprise EDF en Guadeloupe n’a tenu compte que du logo de la CGT. Les conditions désastreuses de mise en route de la nouvelle centrale électrique de Jarry Nord pour les salariés contribuent à accélérer le mécontentement d’une fraction de plus en plus importante d’entre eux. Ils décident de résister contre leur direction et s’organisent à la CGTG en créant une nouvelle section. Pour EDF, c’est trop ! La direction n’admet pas que les salariés choisissent par eux-mêmes leur organisation. Elle refuse que la section CGTG organise des réunions syndicales dans l’entreprise. Pour faire taire ce syndicat elle le traine devant le tribunal de Pointe-à-Pitre.

Alors que l’audience devait se tenir à 16 heures ce 05 février, dès 14 heures l’avocat de l’entreprise a demandé un renvoi. Avec la complicité d’une juge, sans avertir l’avocate des salariés, et sans sa présence à l’audience, les patrons ont obtenu le renvoi au 05 mars 2015. Pour la forte délégation de militants encore présents à 20h30 à l’annonce par la juge du renvoi de l’affaire, ce mépris qui caractérise bien une justice de classe, n’est pas de nature à les faire reculer. Ils comptent bien être présents encore plus nombreux lors de la prochaine audience.


Martinique : A Mr Bricolage, encore un patron qui voudrait se débarrasser de ses employés

Nous avons appris que l’un des plus riches capitalistes locaux, G.B.H (Groupe Bernard Hayot) a l’intention de fermer, semble-t-il au mois de juin prochain, le magasin Mr Bricolage qui se trouve à Dillon. Les employés de cette entreprise, qui ont pour la plupart plus de 10 ans d’ancienneté, ne savent pas pour l’instant à quelle sauce ils seront mangés. Ce ne serait pas étonnant de la part de B. Hayot, gros capitaliste qui a pour seul objectif de faire fructifier au maximum ses profits. N’est-il pas classé, par le magazine Challenges, 180ème fortune de France après avoir vu son capital passer de 275 millions d’euros en 2013 à 300 millions d’euros en 2014, soit une solide augmentation de 9%. Le sort de la population et particulièrement celle des travailleurs qui contribuent à l’engraisser, est le cadet de ses soucis. D’ailleurs lorsque des employés ont dit que le groupe Bernard Hayot a de l’argent et peut faire quelque chose pour sauver leur emploi, la réponse de la direction du magasin ne s’est pas fait attendre : «j’investis là où cela me rapporte, ici ce n’est pas le cas». Voilà, tous les travailleurs qui travaillent pour le même patron de ce groupe, sont avertis. Ils doivent être prêts à se défendre pied à pied.


Martinique. Le droit de grève : un droit arraché de haute lutte

Les avocats qui sont intervenus lors de la manifestation des syndicats du 5 février 2015 ont expliqué comment, en Martinique, les juges ont pris pour habitude de prononcer des jugements remettant en cause le droit de grève. Ainsi en décembre dernier, les salariés grévistes des magasins Roger Albert-Nocibé, ont été condamnés à une astreinte de 500€ par jour de blocage d’un magasin et leur syndicat à 700€, alors qu’ils se tenaient à l’entrée des magasins et distribuaient des tracts. Malgré les plaidoiries des avocats, les juges ont mis en avant la gêne prétendument créée aux abords du magasin, gêne qui ralentissait les ventes du patron et ont prononcé de lourdes condamnations. Dire que cette justice bafoue ouvertement le droit des travailleurs n’est pas exagéré. Qu’on se le rappelle. Le droit de grève en France est un droit à valeur constitutionnelle (alinéa 7 du Préambule de la Constitution de la Quatrième République française). Il a été arraché de haute lutte par les travailleurs à la suite des grèves dures menées en France, notamment en 1947 au sortir de la 2ème guerre mondiale. A cette époque des centaines de milliers de travailleurs de nombreux secteurs se sont opposés par des grèves, des manifestations, à la volonté de mise au pas de l’État pour faire redémarrer l’économie au profit de la bourgeoisie. Cette dernière avait pu s’appuyer sur la politique du Parti Communiste français. Ce parti avait gagné en popularité en organisant à partir de la mi-1941 et jusqu'à la fin de la guerre, la politique de la «Résistance» et se plaçait, derrière le général De Gaulle, fleuron de la droite réactionnaire, en faveur de la reconstruction de l 'État bourgeois. Le PCF, avec des dirigeants comme Maurice Thorez, exhortait les travailleurs à «se retrousser les manches» et prétendait que «la grève c'est l'arme des trusts». Aujourd’hui, le patronat se sent le vent en poupe. Il choisit souvent lors des grèves de traîner les salariés et leurs syndicats devant les tribunaux au lieu de donner satisfaction aux justes revendications salariales. Mais si les juges de Martinique font mine d’oublier ce que signifie le droit de grève, c’est la lutte déterminée, massive et opiniâtre des travailleurs, de toutes les catégories, actifs, inactifs, retraités, qui se chargera de leur rappeler ce que signifie le droit de grève et la force collective des travailleurs.


Martinique : Rassemblement des syndicats contre les attaques patronales

Le jeudi 5 février dernier, 11 organisations syndicales ont appelé les travailleurs à se retrouver à la Maison des syndicats pour dénoncer la répression syndicale orchestrée par le patronat local contre les travailleurs qui refusent les licenciements abusifs, les mauvaises conditions de travail ou les bas salaires. Les organisations syndicales dénonçaient aussi le projet de loi Macron présenté par le gouvernement de Hollande, et remettant en cause certains droits favorables aux travailleurs contre les injustices patronales. Un peu plus de 200 travailleurs, pour la plupart des militants des différentes organisations syndicales se sont déplacés. Deux avocats, Raphaël Constant et de Sandrine Saint-Aimé, tous deux défendant des travailleurs ou des militants syndicaux, avaient été invités. Ils ont dénoncé le comportement des employeurs qui refusent de voir leurs salariés, des syndiqués, des délégués du personnel en grève et mobilisés devant leur entreprise. Les représentants des différentes organisations syndicales, quant à eux, ont mis l’accent «contre la politique des gouvernements successifs qui ont toujours soutenu un patronat assoiffé de profit. Contre la nouvelle loi Macron au profit du patronat». Ils ont demandé à tous les présents «de ne pas baisser les bras, de continuer à faire de la propagande dans leur entreprise contre tous abus du patronat, contre leur attitude à vouloir remettre en cause le droit de grève». Les organisations syndicales ont eu raison de tirer sur la sonnette d’alarme contre ces situations dégradantes dont sont victimes les exploités.


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