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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1127 du 14 février 2015/Première page

Première page

Editorial: La loi Macron, un dispositif de plus contre les travailleurs !

ZoomLa loi Macron est actuellement en discussion au parlement. Elle porte le nom de son rapporteur, Macron, le ministre de l'économie. Ce dernier vient tout droit du milieu capitaliste et bancaire. Il était membre de la direction de la banque Rothschild et a empoché trois millions d'euros de 2009 à 2012. C'est lui qui est chargé de préparer une loi qui devrait donner au patronat encore plus de liberté d'exploiter les travailleurs avec l'objectif entrave zéro. Sa loi devrait soi-disant «moderniser» la France afin que les patrons embauchent plus facilement. Car la rengaine des patrons depuis des dizaines s'années c'est de déclarer qu'il y a trop de difficultés à gérer une entreprise, trop de freins, trop de textes. Et ces derniers de vouloir supprimer la «rigidité du code du travail». En échange ils promettent de l'emploi ! Mais plus on leur cède, plus ils en réclament ces patrons, et sans embaucher pour autant. Déjà, ils avaient obtenu de Chirac en 1987 la suppression de l'autorisation administrative de licenciement : 600 000 chômeurs de plus entre 1987 et 1993. En juin 2013 l'ANI (Accord National Interprofessionnel) devait soi-disant «sécuriser l'emploi» : 250 000 chômeurs de plus depuis. Aujourd'hui après cette loi Macron on ne sait pas combien de chômeurs il y aura en plus, mais ce dont on est sûr c'est que cette loi prévoit un arsenal complet de mesures anti ouvrières. Elle a pour but de faciliter encore plus les licenciements, par exemple avec la suppression pure et simple du contrôle de l'administration sur les projets de licenciements dans les entreprises d'au moins 50 salariés, réductions importantes des obligations de reclassement, suppression des indemnités à la charge de l'employeur en cas de casse de la décision administrative de validité du licenciement par le tribunal administratif. Petit à petit, on assiste à la casse de pans entiers du code du travail, et du peu de protection dont bénéficiaient les salariés. Macron veut satisfaire aussi les patrons sur les prud'hommes. Ces derniers donnant satisfaction dans 60% des cas aux travailleurs, c'en est trop pour ces messieurs du patronat. Il est donc prévu des règlements par «médiation» entre patrons et salariés en dehors des prud'hommes, ou encore de remplacer la saisine des prud'hommes par l'instauration d'un barème forfaitaire d'indemnisation pour licenciement abusif. Lors d'un procès les salariés et les syndicats devraient être représentés obligatoirement par un professionnel, ce qui diminuerait les contestations côté ouvrier, vu le coût des services d'un avocat. Et il y aussi le travail le dimanche : 12 dans l'année pour les grandes surfaces. Au delà des 12 dimanches, il y aurait les «PUCE» (périmètre d'usage de consommation exceptionnel) et l'extension des zones dites touristiques pour justifier encore plus de dimanches de travail. Et en plus du dimanche ces commerces seraient autorisés à ouvrir jusqu'à minuit. Et ce n'est pas tout ! Pour les patrons et les hauts cadres, un article prévoit la distribution gratuite d'actions avec un abattement de 50% dans les déclarations de revenus. Ce cadeau entraînerait au total un manque à gagner de 200 millions pour l'État. Bref, ce ne sont là que quelques exemples mais tout dans cette loi Macron est du même acabit. Tout pour les patrons ! A tel point que plusieurs députés de droite ont déjà déclaré qu'ils voteraient cette loi, pendant que quelques frondeurs hypocrites du PS et des verts ne la voteront pas (en s'assurant certainement qu'elle aura quand même la majorité). Le gouvernement Hollande-Valls est donc totalement au service des exploiteurs. La bourgeoisie les utilise pour accroître ses profits qui se portent bien, ainsi que ses opérations financières. La bourse est plutôt en hausse. C'est aux riches, au grand patronat de payer la crise, pas aux travailleurs et aux classes populaires. Il faudra bien que ces derniers le fassent savoir bruyamment !


Guadeloupe : Procès en appel de nos camarades Sony Laguerre et Raphaël Cécé, le 3 mars prochain à 14H au tribunal de Basse-Terre

Manifestation devant le Tribunal d Basse-Terre lors du procèsNos camarades de Combat Ouvrier sont poursuivis, dans le cadre de leur activité au journal étudiant et lycéen "Rebelle". Ils le sont soi-disant pour violence et incitation à la violence, à l’encontre de policiers. En première instance R. Cécé et S. Laguerre avaient été condamnés respectivement à 5 et 8 mois de prison avec sursis et à de lourdes amendes.
Les faits qui leur sont reprochés se seraient produits devant le commissariat de Pointe- à-Pitre le 18 mai 2012. Ce jour là, un groupe de jeunes lycéens et étudiants ainsi que des syndicalistes et des militants de Combat Ouvrier étaient venus soutenir une des leurs convoquée au commissariat. Au moment où le groupe allait partir, il fut violemment chargé par des policiers. Mais ce sont les jeunes qui seront accusés.
En réalité, si Sony Laguerre et Raphaël Cécé se retrouvent devant le tribunal c'est tout simplement parce qu'ils défendent des idées contestataires et politiques à l'encontre du pouvoir et de la société actuels. En plus, ils s'affirment comme militants communistes révolutionnaires. C'en était trop pour l'ancien recteur, pour un certain nombre de chefs d'établissement, pour la police et pour les juges de première instance ! Après plusieurs reports, le procès en appel aura lieu le mardi 3 mars prochain. Pour soutenir Sony Laguerre et Raphaël Cécé et pour protester contre la répression juridique et policière : -

Tous à la réunion publique de Combat Ouvrier le vendredi 27 février à 19H à la salle Rémy Nainsouta. - Tous au tribunal de Basse-Terre le mardi 3 mars à 14 h


Martinique : Préfet contre SARA : le bal des hypocrites

Le préfet de Martinique a porté plainte contre la SARA (Société anonyme de raffinerie des Antilles) pour obtenir de cette société, y compris sous astreinte, les informations financières devant lui permettre de procéder aux calculs et à la fixation mensuelle des prix des carburants pour le mois de février 2015. Il faut en effet rappeler qu’en Guadeloupe, Martinique et Guyane, les prix des carburants ne sont pas libres, mais administrés, c’est-à-dire que c’est l’État, via le préfet, qui les fixe. Il faut également se rappeler que Victorin Lurel, ancien ministre des Outre-mer, a publié en décembre 2013 un décret qui en remplaçait un autre mis au point par Marie-Luce Penchard. La perspective de ce nouveau décret Lurel avait conduit les compagnies pétrolières Total, Rubis Antilles-Guyane et Esso Antilles-Guyane, propriétaires de la SARA, à contester le projet en instrumentalisant une grève des gérants de stations-service. Lurel avait alors sorti les gérants du champ d’application du décret avant sa publication. On se souvient de la déclaration du responsable de Rubis annonçant une soi-disant capitulation. Par la suite, Christophe de Margerie, PDG de Total, après avoir montré les dents, notamment lors d’une audition en janvier 2014 à l’Assemblée Nationale, a choisi de sortir sa société du capital de la SARA. Total est en train de vendre ses 50% à Rubis. La procédure actuelle initiée par la préfecture n’est que la suite de cette guéguerre entre l’État et des capitalistes qui entendent dicter leurs volontés. Et l’actuel préfet de Martinique n’est autre que l’ancien directeur de cabinet d’un certain… Victorin Lurel. Ce petit monde se connaît donc et connaît le dossier. Ce que reconnaissent les services du préfet en déclarant : «Nous sommes en très bons termes avec la SARA. Nous ne pensons pas qu'il y ait une démarche volontaire ou suspecte de leur part». Il n'empêche que la SARA n'a pas fourni ses chiffres à l'échéance prévue du 25 janvier, empêchant la révision des prix au 1er février, et que cela peut être cause d'une plus-value importante, si le montant des achats de pétrole de la SARA bénéficie déjà de la baisse du cours du produit sur le marché mondial. Cela confirmerait le commentaire du journal patronal «Contact Entreprises», qui écrivait dans son édition de janvier 2014 : «La résistance dont font preuve les patrons de la filière carburant aux Antilles-Guyane force le respect : ils portent au niveau du grand art la posture jusqu'au-boutiste alors qu'ils ont été pris avec la main, voire tout le corps, dans le pot de confiture. Et qu'ils s'y vautrent depuis longtemps ! Fermez le ban ! La passe d'armes entre la préfecture et la SARA est à fleuret moucheté. La population aurait tout intérêt à ce que les comptes de la SARA, de ses fournisseurs, de ses gérants, etc. soient sur la place publique. Mais ce n'est pas l'action du préfet qui y mènera, elle ne vise pas à protéger les travailleurs des abus des actionnaires de la SARA et de ceux qui tirent de juteux profits de la chaîne pétrolière.

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