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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1126 du 31 janvier 2015/Quatrième page

Quatrième page

USA : Chicago : un candidat révolutionnaire aux élections municipales

ZoomUn jeune enseignant, Ed Hershey, se présente aux élections municipales, comme conseiller municipal de la 25ème circonscription de la ville de Chicago aux États Unis. Ces élections se tiendront en février 2015. Il a pour cela franchi l’étape des signatures : 3 000 électeurs, soit le double du nombre exigé, ont accepté de signer, ce qui n’est pas facile aux USA, pour ce candidat qui n’est pas membre d’un des 2 grands partis, Démocrate et Républicain, et qui se présente à ces élections pour que «la classe ouvrière s’organise elle-même pour lutter pour ses propres intérêts de classe». Ed Hershey s’engage, s’il est élu, à : • informer publiquement la population de tous les plans de la municipalité qu’il pourra connaitre, sur comment ils dépensent l’argent des travailleurs. • accueillir la population dans les bureaux de la mairie pour qu’elle s’y réunisse face aux attaques de la municipalité contre la classe ouvrière. • soutenir publiquement toutes les luttes que mèneront les travailleurs pour se défendre et se battre aux côtés de ceux qui, mobilisés, l’accepteront dans leur combat, combat qui pourra s’étendre au-delà de la seule circonscription. Le maire actuel de Chicago est responsable de nombreux licenciements d’enseignants, de fermetures d’écoles dans des quartiers ouvriers. Ed Hershey a été l’un des leaders de la grève des enseignants en 2012. Il a été actif avec les parents et les élèves lors de la lutte contre les fermetures d’écoles décidées par le maire. Dans sa campagne, il dénonce l’utilisation de centaines de millions de dollars d’argent public dans les écoles privées, laissant l’école publique dans un état désastreux. Dans sa campagne, Ed Hershey appelle également à combattre les attaques contre les immigrants. Il dénonce la soi-disant opposition entre Démocrates et Républicains sur la question : l’administration Obama a expulsé en 6 ans 2,5 millions d’immigrants, plus que Bush en 8 ans. Et la nouvelle loi n’est pas plus clémente. Cela permet de sous payer les travailleurs immigrés non régularisés et tire vers le bas les salaires de tous les travailleurs. Ceux-ci ont intérêt à lutter ensemble pour des conditions de travail et des salaires décents. Voilà ce qu’explique ce «candidat pour la lutte de la classe ouvrière» : voter pour lui sera une façon de démontrer qu’une partie de la classe ouvrière en a assez des magouilles et des actions anti-ouvrières des politiciens et qu’elle donne raison à un candidat qui appelle à la lutte.


Martinique : Mort d’un émigré haïtien ....suite à un contrôle ! Un fait révoltant.

Le mardi 13 janvier 2014, aux environs de 8 heures, au niveau du rond-point La Colline à Schœlcher, au cours d’un contrôle de la police routière, un ressortissant haïtien, M. Francky Alfred âgé de 34 ans a, semble-t-il et d’après le journal France-Antilles du 15 janvier «préféré prendre la fuite… en enjambant une clôture sans se rendre compte que derrière, il y avait le vide et la falaise». Il s’est donc écrasé contre les rochers près de trente mètres plus bas. Comment expliquer un tel fait qui a créé un vif émoi au sein la communauté haïtienne ? Ce mardi matin, Francky et son cousin étaient dans une camionnette qui les emmenait faire un «djob». C’est alors qu’ils ont été contrôlés par deux policiers. Francky a présenté à la police une convocation à la préfecture pour le 5 janvier 2015. D’après son cousin il a déclaré qu'«il attendait un papier d’Haïti et la préfecture lui a dit au téléphone que sans cela, ce n’était pas la peine de se présenter car son dossier ne serait pas complet». Mais en plus, toujours selon France-Antilles, Francky Alfred «faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français qui lui a été notifié le matin des faits». Laissant Francky avec la police tout en avertissant sa compagne par téléphone, le cousin et le chauffeur ont poursuivi leur route. C’est bien plus tard que le cousin a été informé du décès par ladite compagne. Cette dernière s'était présentée en fin de matinée à la PAF (Police Air Frontières) à l’aéroport du Lamentin. Elle a expliqué : «Les policiers m’ont très mal reçue. On m’a dit, il n’y a pas de Francky Alfred ici… Puis, après m’avoir fait attendre très longtemps, ils m’ont dit : «mauvaise nouvelle, il est mort». Ils se sont énervés quand j’ai demandé pourquoi». Après ces échanges méprisants, les autorités ont voulu refermer la page en parlant hypocritement «d’un accident malheureux». La plupart des Haïtiens résidant en Martinique ont fui leur pays pour échapper à la misère, pour chercher du travail afin de pouvoir tout simplement vivre et nourrir leur famille. Arrivés en Martinique, soi-disant pays d’accueil, ils sont exploités par des patrons locaux assoiffés de profit. Ils vivent pour la plupart dans des quartiers et logements insalubres. Sans compter les contrôles réguliers, accompagnés d’un discours méprisant voire de menaces, dont ils sont victimes, souvent pour les renvoyer en Haïti brutalement. A la suite de cette dernière affaire, les journalistes des chaînes de télévision eux-mêmes ont fait état des discriminations dont sont victimes les ressortissants haïtiens. L’ADHM (Association des Haïtiens en Martinique) et l’ASSOKA (Asosyasion solidarité Karaïb) ont réagi en exigeant qu’une enquête soit «menée par un juge indépendant» pour connaître la vérité sur cette affaire. A l’appel de cette dernière association, une marche a eu lieu le samedi 17 janvier, réunissant plusieurs dizaines de personnes qui exigeaient que toute la lumière soit faite sur la mort de Francky Alfred.


Haïti : les travailleurs dans l’expectative face au gouvernement de k. plim

Martelly semble avoir surmonté la première phase d’une crise politique déclenchée par la succession des manifestations à Port-au-Prince et en province orchestrées par les partis d’opposition. Il a sacrifié son ancien premier ministre Lamothe pour le remplacer par Evans Paul, K. Plim. S’il passait pendant longtemps pour un homme politique nationaliste radical, Evans Paul a aussitôt sauté sur l’occasion d’occuper le poste de premier ministre de Martelly. Cela a peut-être démobilisé une petite portion des manifestants, mais le gros des troupes était représenté par les lavallassiens. Ces partisans d’Aristide ne portent pas K. Plim dans leur cœur, et les manifestations continuent avec les mots d’ordre de démission de Martelly. Mais il apparait de plus en plus que malgré la pauvreté et le mécontentement dans les classes pauvres, celles-ci ne se sentent pas attirées par les 2 clans, celui d’Aristide ou de Martelly qui se disputent le pouvoir et qui ne s’intéressent en rien au sort des classes exploitées. Celles-ci pour le moment observent les manifestations et constatent que rien dans les mots d’ordre avancés par les uns ou les autres ne les concerne. Reste à savoir si les ouvriers de la zone industrielle, qui il y a quelques mois seulement ont montré leur capacité à se mobiliser en mettant en avant leurs revendications propres, ne se sentiront pas encouragés à entrer dans la danse. C’est ce que l’on peut souhaiter pour l’avancée des revendications des travailleurs en Haïti.



Il y a 100 ans : fusillé pour l’exemple

Le 2 août de l’année dernière a marqué le sinistre anniversaire du début de la première guerre mondiale. Parmi toutes les horreurs de cette boucherie absurde qui a fait plus de 18 millions de morts, certaines ont un caractère particulier : c’est le cas des fusillés pour l’exemple. Un autre exemple en tout cas de la sauvagerie sanglante dont sont capables les capitalistes et ceux qui les servent quand il s’agit de conquérir des territoires, des marchés ou simplement d’augmenter leurs profits. Il y a cent ans, le 13 février 1915, le soldat Lucien Bersot était fusillé par un peloton d’exécution. L’histoire de ce maréchal-ferrant de 24 ans est odieusement simple. Durant l’hiver, il avait survécu à des combats dans l’Aisne qui firent 1500 morts. Mal équipé d’un pantalon blanc en toile fine devenu hors d’usage, il demanda qu’on lui attribue un vêtement plus adapté et règlementaire. Il obtint de sa hiérarchie un pantalon souillé de sang et d’excréments qui avait été prélevé sur un cadavre. Son refus de porter cette infâme loque fut la cause de sa mort. Il écopa d’abord de 8 jours de prison. Puis le colonel Auroux, qui commandait la brigade, décida de le faire passer en conseil de guerre pour «refus d’obéissance devant l’ennemi» (il s’agit du refus de porter le pantalon). Plusieurs de ses camarades tentèrent de prendre sa défense. Le colonel estima qu’il s’agissait d’une mutinerie et tenta de faire exécuter également le porte-parole du groupe, qui finalement fut condamné à 10 ans de travaux forcés en Afrique du Nord. Il l’exprimait ainsi : « Je vous ai fait appeler parce que je suis en face d’une rébellion de soldats : il faut que je fasse des exemples, en tuer un ou deux». Le colonel Auroux et la hiérarchie militaire avaient clairement voulu faire passer un message : tout refus d’obéissance, si minime soit-il, était passible de la peine de mort. Comble du raffinement sadique, les propres camarades d’infortune du condamné étaient chargés de l’exécuter. Dans le cas de Bersot, plusieurs refusèrent d’ailleurs de tirer. Six mois après le début de la guerre, les soldats du rang avaient bien compris qu’elle ne serait pas la promenade militaire promise au mois d’août, « une succession de victoires faciles et éclatantes», comme l’écrivait l’un d’eux. Enterrés dans des tranchées, parfois à quelques mètres des soldats allemands, ils vivaient les uns comme les autres un enfer. Certains prenaient conscience que cette guerre ne les concernait pas. Au mois de décembre 1914, durant la période de Noël, des scènes de fraternisation entre soldats des deux bords avaient eu lieu. De quoi inquiéter la hiérarchie qui avait pour mission de remporter la guerre coûte que coûte pour le bénéfice des industriels nationaux. Au cours de la guerre, côté français, il y eut au moins 700 exécutions de ce type. Un autre cas concerna une compagnie qui refusa de repartir à l’assaut tout de suite après une première attaque meurtrière, alors qu’elle devait bénéficier d’un temps de repos. Le Général Delétoile menaça de faire fusiller toute la compagnie. Finalement 5 soldats furent tirés au sort. Deux autres furent nommément désignés, dont au moins un parce qu’il était membre de la CGT. Les 7 furent exécutés. L’histoire tragique de Bersot a donné lieu à un roman d’Alain Scoff et à un téléfilm d’Yves Boisset, tous deux intitulés «Le pantalon».


Les richesses mondiales aux mains des 1% les plus riches

Selon une étude de l’ONG Oxfam, qui confirme des chiffres déjà connus, les 1% les plus riches possèdent près de la moitié des richesses mondiales. D’ici 2016, ces 1 % posséderont plus que les 99% d’habitants restants. En pleine crise, entre 2010 et 2014, la fortune des 80 personnes les plus riches a augmenté de 600 milliards de dollars, alors que les plus pauvres se sont encore appauvris. Une bonne révolution, ça ne serait que justice.


Erratum

L'article «Martinique : Une manifestation plus qu'ambigüe» dans le dernier numéro (1125) de CO, comportait une erreur factuelle, dont nous nous excusons auprès de nos lecteurs : Lors de la manifestation du 8 janvier 2015 devant la cathédrale de Fort-de-France, l'intervenant ayant rappelé longuement le martyr d'André Aliker, l'a fait au nom du SNJ (Syndicat National des Journalistes), et non du Club-Presse Martinique.


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