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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1126 du 31 janvier 2015/Troisième page

Troisième page

Martinique : « Je suis Charlie », « Man pa Charlie », deux façons de tromper la population.

En Martinique comme dans l'hexagone, les autorités se sont efforcées, dès l'annonce des attentats, de placer l'émotion largement ressentie dans la population derrière une formule unique, diffusée à cet effet : «Je suis Charlie». L'Union sacrée était de mise avec en tête les chefs d'État des pays impérialistes ou leurs représentants qui mettent la planète en coupe réglée. Une fraction de l'extrême gauche dont nos camarades de Lutte Ouvrière et nous, Combat Ouvrier, nous ne nous sommes pas associés à cette union sacrée avec les exploiteurs, bien que nous ayons condamné les tueries barbares des terroristes. Mais si en France, les hiérarchies des religions catholiques, israélites, les représentants du culte musulman, étaient tous «Charlie», c'était apparemment trop demander au clergé martiniquais. Ce dernier ne peut supporter la moindre critique de la religion, fût-ce sous la forme de dessins humoristiques. Et on a bien senti que ses réticences étaient relayées en partie dans la population. Elles se sont aussi exprimées dans les médias, par exemple dans une «libre opinion» dans le quotidien France-Antilles, au sujet des attentats, où l'on a pu lire : «...Charlie-hebdo a pu impunément humilier dans leur foi aussi bien les chrétiens que les musulmans qui sont aujourd'hui invités à rire des caricatures présentant Dieu, Mahomet, Jésus en homosexuels lubriques...». Les pères et mères «la pudeur» qui ont signé ça, les trois avocats Claudette Duhamel, Maryse Duhamel et Dominique Monotuka, ne sont pas gênés, dans le même article, de relayer l'antisémitisme de Dieudonné. Pour eux, Dieudonné n'aurait qu' «exprimé un ressenti» en disant «je suis Charlie-Coulibaly», du nom du tueur de l'hypermarché cacher de la porte de Vincennes, qui a assassiné quatre personnes parce que juives. Voilà donc qu'au nom d'une solidarité de «nègres» - c'est eux qui le disent - ces prétendus cerveaux affichent l'imbécillité de prendre la défense d'un authentique sympathisant de l'extrême-droite raciste. Dans ce bêtisier, on n'oubliera pas le nationaliste étroit Daniel Boukman, qui titre sa contribution, toujours dans «France-Antilles» : «Man pa Charlie». Lui aussi se range derrière la religion en voyant dans les caricatures une «profanation», cause de l'action criminelle. Le respect de superstitions fait sans doute pour lui partie des «valeurs existentielles détruites à petit feu par un pernicieux système néo-colonial». Il poursuit : «... je réfute de Charlie Hebdo le parti-pris libertaire, parce que notre jeunesse a besoin de repères...» Mais quels repères ? Le respect sacro-saint envers des religions dont certaines veulent s'imposer à coup de mitraillettes et de servage des femmes ? Celui des hommes d'église ou de mosquée qui imposent la route à suivre à coup de cantiques, de triques et de fusils ? Non, merci !


Martinique : Elections annulées à St Pierre

Le Conseil d’État vient d’annuler les élections municipales à St Pierre, dont le maire RDM (Rassemblement des Démocrates Martiniquais) est Raphaël Martine. Cette annulation est la suite des requêtes de Christian Rapha et Éliane Cesto. Ces derniers sont respectivement têtes d’une liste PRM, (Parti Régionaliste de Martinique), parti de la droite, et d’une liste PPM (Parti Progressiste Martiniquais). Le jour de l’élection, des éléments irréguliers avaient été relevés sur les procès-verbaux quant au déroulement du scrutin et aux opérations de dépouillement des bulletins dans certains bureaux. C’était le cas au bureau numéro un où la liste PPM n’obtenait aucune voix alors que certains électeurs ont affirmé avoir voté pour cette liste. Dans le même bureau, il y avait eu cette disparition malencontreuse d’une corbeille où étaient jetés les bulletins déchirés, puis sa réapparition à la demande de la candidate du PPM, avec des bulletins déchirés des trois listes, y compris celle PPM pour laquelle aucune voix n'avait été proclamée quelques minutes plus tôt par le président du bureau. La ficelle était un peu grosse. La décision du tribunal administratif a donc été retoquée et les élections annulées pour irrégularités. Après la notification du jugement du Conseil d’État au préfet et au maire de St Pierre, une délégation sera mise en place pour gérer les affaires courantes et pour organiser de nouvelles élections dans les trois mois. Les électeurs devront de nouveau retourner aux urnes pour départager des hommes et des femmes qui pour certains méprisent leur opinion et qui pensent plus à leur carrière qu’aux intérêts de la population.


Guadeloupe : Écho de l’Aéroport

SOCIÉTÉ AÉROPORTUAIRE : QUEL STATUT ?... Suite à une assemblée générale, la direction nous a envoyé, à nous anciennement CCI, un document où elle nous informe que nous pouvons garder notre statut de fonction publique pendant 10 ans et que nous sommes mis à la disposition de la société aéroportuaire. Il est aussi dit que nous pouvons changer de statut. Mais rien n’est précisé sur ce nouveau statut.

CHANGER DE STATUT ?… Nous pouvons choisir de changer de statut. Certains s’interrogent. Du moins les plus jeunes. Ils savent que dans certaines entreprises (Pôle emploi, autres aéroports) le statut privé s’est révélé plus favorable, du moins sur certains points. Seulement cela n’a pu être possible que parce que les travailleurs concernés se sont battus pour l’améliorer. À nous d’en faire autant. …

EN SE MOBILISANT De fait le gouvernement et les patrons mènent en ce moment des attaques en règle contre les acquis et les droits des travailleurs : suppression des conventions collectives, loi Macron. Dans ces conditions aucun statut n’est a priori bon. Il ne sera que ce que nous en ferons. Cela demande de nous regrouper pour étudier les différents aspects et vérifier où sont nos intérêts.


PÔLE CARAÏBES : MULTIPLICATION DES EMBAUCHES À STATUT PRÉCAIRE… Avec la venue de touristes et des croisiéristes de nouveaux collègues ont été embauchés en particulier pour l’accueil. Mais leur statut est particulièrement précaire. …


AVEC SES SPÉCIFICITÉS Ces travailleurs «provisoires» n’ont pas les mêmes droits que les autres, ce qui n’est pas juste et même pas légal. Ils sont d’ailleurs pour beaucoup d’entre eux, terrorisés par leurs employeurs. À nous, anciens de Pôle Caraïbes de les accueillir, les informer de leurs droits, les encourager à ne pas se laisser faire.


Guadeloupe : Grève des deux centrales électriques du Moule

Depuis jeudi 15 janvier 2015, les salariés du groupe ALBIOMA gestionnaire des deux centrales du Moule, sont en grève. Ils ont déposé un préavis en fin d’année 2014 pour faire aboutir des revendications qui portaient sur l’application de l’accord Bino, l’indemnisation des repos compensateurs et l’application du statut des Industries Électriques et Gazières IEG. Dans un premier temps, les salariés ont obtenu la médiation de l’inspection du travail ce qui leur a permis d’ouvrir des négociations avec leur employeur. Le préavis prenait fin au 29 décembre, pendant les fêtes de fin d’année. L’inspection du travail a cherché à éviter des coupures d’électricité pendant les fêtes. Les travailleurs dénoncent l’emploi de salariés qui effectuent le même travail qu’eux en intérim. Pour ne pas avoir à recruter du personnel supplémentaire rémunéré au statut des industries électriques et gazière, le groupe ALBIOMA fait appel à de la main d’œuvre sous payée par des sous-traitants. Les travailleurs réclament aussi la mise en place de repos compensateur en conformité avec les règles du code du travail. La médiation de l’inspection du travail a permis de faire reculer les gérants de l’entreprise sur quelques points de la plateforme qui en comportait 18. Mais sur l’essentiel, ils n’ont pas bougé. Sur l’application de l’accord Bino, les patrons ont proposé un accord qui permettrait aux travailleurs présents actuellement dans l’effectif de percevoir le bonus rétroactivement, mais qui mettrait fin au versement pour les futurs salariés. Il n’est pas question pour les travailleurs de sacrifier les futurs recrutés. D’après les calculs qu’ils ont effectués le rattrapage du Bonus Bino s’élèverait à plus de 287 000 € sur l’ensemble du groupe. Après l’échec des négociations sur les revendications essentielles, les salariés ont donc voté la grève le 15 janvier. Deux jours après, une séance de négociation a eu lieu. Mais les gérants ne veulent rien entendre. Désormais les grévistes réclament le rappel du Bonus BINO mais aussi des indemnités de retard. Pour les grévistes il est hors de question d’accepter que les techniciens qui travaillent à l’année pour le compte de sous-traitants dans les deux centrales ne soient pas payés comme les titulaires au statut des IEG. (Industries Électriques et Gazières). Sur les repos compensateurs là aussi, les grévistes réclament l’application pure et simple du code du travail. Ils sont déterminés à obtenir satisfaction.


Guadeloupe : ÉCHO DES HÔPITAUX

CHU : CLIMATISATION…ENCORE ! Dans sa lettre d’information, la direction annonçait qu’il existait des secteurs ou les travaux de climatisation sont «finalisés». Notamment des secteurs sensibles comme la Néo Nat et la Réa Néo Nat. Et bien pas du tout ! En rentrant à la Néo Nat c’est une vague de chaleur qui vous accueille ! Devant la Réa Néo Nat, vous croisez des parents en sueur sous les sur-blouses qu’ils enfilent pour rendre visite à leur petit bout. Ils sont obligés de sortir de temps en temps pour prendre l’air, et faire passer le mal de tête engendré par la chaleur. Voilà le résultat de la chaleur chez un adulte en bonne santé. Qu’en est-il pour les petits malades ?

ÉCLAIRAGE : FINI NOËL ! Il y a eu des travaux, et au mois de décembre tout le CHU était éclairé, de la lumière à profusion… et brusquement plus rien ! Obscurité totale des Urgences à la Psychiatrie. La féérie de Noël passée, le Père Noël a repris son cadeau ?

DANGEREUX MANQUEMENTS Depuis un temps certain, il n’y a plus de dispositif DASRI pour objet coupants. Les containers à aiguilles sont en rupture de stock dans quasiment tous les services : bloc opératoire, Réa…Gastro, là où un AT est à déplorer. Par manque de containers, les agents ont utilisé une bouteille en plastique en guise de réceptacle, pourtant non réglementaire et donc cause de l’accident. Dans cet hôpital, l’incompétence et l’imprévoyance font bon ménage au détriment de notre sécurité.

VOUS AVEZ DIT HYGIÈNE !? Dans un service, une patiente s’est fortement énervée car sa chambre n’était pas lavée depuis 3 jours ! Comment lui dire que la pénurie de franges empêche le nettoyage ? Que la direction des services économiques et logistiques était incompétente dans la gestion du matériel de nettoyage ? Et que finalement le forfait hospitalier qu’elle payait était un vol !?


Guadeloupe : ÉCHO DE PÔLE EMPLOI

ÀBAIE-MAHAULT LES COLLÈGUES METTENT LE HOLA ! Après une visite de l’agence provisoire de Baie-Mahault, les collègues se sont réunis. Les plans présentés en réunion de service ne correspondent pas aux travaux. Une large majorité a voté pour que la direction revoie sa copie.

POURQUOI LES AGENTS ONT DIT STOP A chaque protestation des représentants du personnel en CHSCT la direction répond que l’agence de Jarry c’est du provisoire. Des plans de travail fixés sur les murs, des bureaux sans porte où les collègues ne seront pas en sécurité, des vis apparentes sur le carrelage dans un chantier soi disant terminé…

TOUT VA TRES BIEN MADAME LA MARQUISE ! Les collègues et les représentants du personnel ont interpellé la direction de Pôle emploi sur l’absence d’escalier ou d’ascenseur de communication directe entre l’étage et le rez-de-chaussée de l’agence provisoire de Jarry. Les agents peuvent croiser des demandeurs d’emploi dans le hall et il faut sortir des locaux pour accéder à l’étage. Mais à part ça tout va bien !


Guadeloupe : PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN (Plantations en Lutte)

LA MISE EN DANGER DE LA VIE DES TRAVAILLEURS : LES PLANTEURS SAVENT Y FAIRE Cette fois-ci, c’est L. Dormoy et la SCA-Bois Debout qui sont reconnus responsables de la mort d’un camarade (n’oublions pas que plusieurs camarades ont déjà trouvé la mort sur cette plantation). Mais c’est tout le temps que la vie des camarades de ce secteur est mise en danger. C’est par exemple le cas des conducteurs d’engins agricoles sur la région de Capesterre-B-E. Le matin, alors qu’il ne fait pas encore jour, on rencontre des chariots à banane, ou des tracteurs, sans aucun signal lumineux permettant de les repérer à distance, à l’arrière surtout. Le jour où il y aura un accident grave avec morts ou blessés, que les planteurs ne viennent pas nous parler de fatalité.

TRAVAIL SOUS-PAYÉ : UNE AUBAINE POUR LES PATRONS DE LA BANANE Non contents de payer tout le monde au SMIC quel que soit le nombre d’années de travail, le mot ancienneté n’existe pas pour eux, les patrons du secteur considèrent les conducteurs d’engins aussi comme des ouvriers agricoles. C’est ainsi que bien que détenteurs pour nombre d’entre eux d’un CACES (Certificat d’aptitude à la conduite d’engins), les camarades qui conduisent les tracteurs et tous les autres engins mécaniques des plantations sont également payés au SMIC, alors que pour obtenir ce CACES, ils doivent suivre une formation. Il faut refuser de conduire les engins agricoles si on n’est pas payé comme chauffeur d’engins.


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