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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1126 du 31 janvier 2015/Première page

Première page

Editorial: Grèce : Faire savoir ce que l'on veut et... prendre ce que l'on veut!

ZoomLa victoire de Syriza (en Grec, la coalition de la gauche radicale) était annoncée par tous les sondages. Mais, nous disait-on dans de nombreux médias, si le parti anti austérité arrivait au pouvoir ce serait la sortie de l'Euro pour la Grèce et une crise économique sans précédent pour la zone euro. Eh bien la population grecque ne s'est pas laissé intimider par ces sirènes alarmistes venant de la Troïka : le FMI (fonds monétaire international), la Banque européenne et le parlement européen. Elle a fait savoir qu'elle en avait marre de l'austérité et des privations. Aux élections législatives du 25 janvier 2015, Syriza est arrivé très largement en tête avec près de 2 300 000 voix (36 % des suffrages). Le Parti communiste de Grèce (KKE) progresse légèrement lui aussi et obtient 15 sièges au parlement (trois de plus qu’en juin 2012). C’est la droite classique et surtout le Parti socialiste (le Pasok qui perd les deux tiers de ses électeurs) qui ont fait les frais de la colère de la population. La Grèce a subi de plein fouet la crise de 2009. Les «marchés financiers» – c’est-à-dire les banquiers des pays riches – ont alors mis à genoux l’État grec en jouant avec sa dette (qui n’est en réalité pas pire que celle du Japon, par exemple). Ils ont fait de ce pays de 10 millions d’habitants le laboratoire des politiques d’austérité les plus violentes. Les travailleurs et la population laborieuse ont été contraints de payer pour les riches, saignés aux quatre veines pour «renflouer» la bourgeoisie grecque (qui est par ailleurs une grande spécialiste de l’évasion fiscale) et ses homologues européennes. Le peuple grec a vu ses conditions de vie s’effondrer. Le chômage a triplé, les salaires et les pensions ont été diminués de 10, 20, 30 %. Des milliers de commerces ont fermé, le système de santé a été largement démantelé, des milliers de fonctionnaires ont été licenciés. Face à une telle situation, le vote de la population grecque est une bonne nouvelle : après 5 ans de descente aux enfers, la population ne se résigne pas aux sacrifices. Et elle l'a exprimé en votant massivement à gauche plutôt qu’à l’extrême droite, même si le parti "Aube dorée", ouvertement néonazi, se maintient à environ 400 000 voix et attend son heure en coulisses. Mais il ne suffit pas de s’en remettre à ceux qui arrivent au pouvoir sur de belles promesses. Le problème n’est pas, comme le suggèrent les chefs de Syriza, d’élire un gouvernement capable de défendre «l’intérêt national» face à Angela Merkel. Le problème qui se pose aux travailleurs est de se battre pour imposer aux riches aussi bien étrangers que grecs, les mesures urgentes nécessaires : l’interdiction des licenciements, le partage du travail entre tous et l’ouverture des comptes des super-riches qui font aujourd’hui payer la crise à la classe ouvrière et aux pauvres. Plusieurs Grecs interviewés ces jours-ci par les télés ont déclaré qu'ils avaient faim, réellement faim ! Eh bien, un grand révolutionnaire du 19ème siècle, Auguste Blanqui, déclarait «qui a du fer a du pain». En d'autres termes, ce sont ceux qui se battent résolument, avec la plus grande détermination contre la bourgeoisie qui prendront de quoi manger à leur faim. Sans forger un rapport de force en leur faveur, les opprimés ne pourront jamais vaincre. Ils en seront toujours à se ranger derrière la droite, la gauche fut-elle «radicale» ou quelque politicien, démagogue. Si les travailleurs grecs, par leur vote, avancent dans la voie de la prise de conscience qu'ils constituent une force collective, alors ils peuvent ouvrir une perspective de changement réel. Mais ce ne sera possible que s'ils parviennent à transformer les signaux qu'ils ont lancés dans les urnes en lutte collective sur le terrain pour faire cracher à la bourgeoisie, aux possédants de quoi vivre dignement. Alors, en Espagne, en France et ailleurs, la contagion n'en serait que plus salutaire pour tous les travailleurs.


Guadeloupe : Combat Ouvrier participera aux prochaines élections

Manifestation devant le Tribunal d Basse-Terre lors du procèsCombat Ouvrier présentera des candidats à l'élection départementale de Capesterre-Belle-Eau les 22 et 29 mars prochains. Il s'agit des ex élections cantonales. Depuis la dernière loi territoriale, la commune de Capesterre-Belle-Eau ne compte plus qu'un seul canton correspondant à l'étendue de la commune alors qu'il y en avait deux auparavant. Nous présenterons aussi en décembre prochain une liste conduite par Jean-Marie Nomertin aux élections régionales en Guadeloupe et une liste conduite par Ghislaine Joachim-Arnaud aux élections à la CTM : «Collectivité Unique de Martinique». A l'élection départementale de Capesterre-Belle-Eau, ce sont nos camarades Jean-Marie Nomertin et Rony Tillé et deux travailleuses de la banane, Marie-Anne Georges et Sylviane Desbonnes, qui défendront notre camp : le camp des travailleurs. Ils affirmeront tout au long de cette campagne que ce ne sont pas toujours les mêmes, les travailleurs, les pauvres qui doivent faire des sacrifices alors que de l'autre côté les patrons, les possédants s'enrichissent sur le dos des salariés. Tous les gouvernements successifs de droite et de gauche et leurs petits serviteurs locaux ont pris des décisions en faveur des capitalistes qui sont les vrais et seuls responsables de la crise. Depuis des années, les patrons de la banane licencient des travailleurs et font travailler plus ceux qui restent, pendant qu'ils mettent certains au chômage ils en assomment d'autres de travail. Nos camarades candidats qui travaillent dans la banane en savent quelque chose. Tous ceux qui ne font que vivre de leur travail sans exploiter personne payent pour une crise dont ils ne sont pas responsables, pendant que les vrais responsables, les capitalistes, sont arrosés de subventions publiques. Les patrons de la banane sont des subventionnés permanents ! Aucun politicien n'a jamais fait de cadeau aux travailleurs. C'est toujours par les luttes collectives que leur sort a changé. Le vote pour les candidats travailleurs de Combat Ouvrier sera le moyen d'affirmer que nous ne nous laissons plus berner d'illusion électorale en illusion électorale par des politiciens au service des riches. En votant Combat Ouvrier, vous ferez entendre les exigences des travailleurs. Il faut imposer au patronat de mettre fin au chômage en interdisant les licenciements et en partageant le travail entre tous sans pertes de salaire. Il faut augmenter les salaires, les pensions et les allocations dont les niveaux aujourd'hui ne permettent pas de vivre décemment. Il faut enfin contrôler les comptes et les décisions des capitalistes qui imposent leur dictature sur la société. Travailleurs, population de Capesterre-Belle-Eau, puisque nous avons le droit de vote, eh bien profitons en ! Préparons nous à voter pour des candidats qui affirment les seules exigences qui peuvent changer les choses ! Utilisons le bulletin de vote Combat Ouvrier comme premier pas aux grandes luttes qui imposeront ces exigences aux capitalistes et aux financiers qui vivent en parasites sur la société.


Martinique : CTM : Ôte-toi de là que je m’y mette !

Les convulsions dans le camp des patriotes ne laissent plus de place au doute : la campagne pour la mise en place de la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique) en décembre 2015 est belle et bien lancée. C’est que les places seront chères car cette nouvelle Collectivité comptera 60 sièges, au lieu des 45 que compte le Conseil Général et 41 du Conseil Régional actuellement. De ce fait, certains jeunes loups impatients en ont assez de piaffer et sans ménagement, incitent les vieux à s’effacer pour laisser la place. Des conciliabules se tiennent donc ici et là pour tenter de se mettre d’accord sur la composition des listes, sur les places, sur les têtes de section. On fait le compte des communes amies, on fait le décompte des sièges potentiellement gagnables, on suppute, on menace, on appelle à l’union. Bref, on manœuvre. Deux hommes sont l’objet des critiques de ces jeunes loups : Claude Lise, président du RDM (Rassemblement des Démocrates Martiniquais), ancien président du Conseil Général et ancien sénateur, et surtout, Alfred Marie-Jeanne, président du MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais), député du Centre Atlantique et ancien président du Conseil Régional. Depuis les dernières municipales et la perte par le MIM de la commune de Rivière-Pilote, certains y voient une raison de lui demander de se mettre à l’écart et de laisser la place à J.P. Nilor, ancien attaché parlementaire de Marie-Jeanne et député MIM du Sud. Un des plus en pointe sur cette ligne est Bruno Nestor Azérot, le maire de Sainte-Marie, et député de la circonscription Nord. Marie-Jeanne, lui, n’en a cure. Estimant être le seul légitime et ne pas avoir été traité avec respect, il a clairement annoncé qu’il ne comptait pas se laisser faire. Et lors d’une réunion de la section MIM de Rivière-Pilote le vendredi 25 janvier, il a non seulement annoncé sa candidature, mais également celle de Nilor dans la section Sud. La population peut constater que ses problèmes ne sont pas au centre des préoccupations de ces politiciens et que la lutte des places bat son plein.

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