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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1125 du 17 janvier 2015/Deuxième page

Deuxième page

Argentine : La classe ouvrière marque des points ?

ZoomLa lutte des ouvriers de Lear Le 16 décembre 2014, la justice argentine a ordonné la réintégration de 27 travailleurs licenciés de l'équipementier automobile américain Lear, installé dans la banlieue de Buenos Aires. C'est-à-dire la totalité de ceux qui luttaient pour leur réinstallation, six mois après leur licenciement. Ces six mois ont été six mois d'une lutte âpre, ponctués de journées de grèves de centaines de travailleurs de l'entreprise, mais aussi de provocations pour les faire céder. C'est ainsi que dans la nuit du 23 octobre, des provocateurs de la bureaucratie syndicale ouvertement pro-patronale, munis d'armes à feu et de couteaux, s'en sont pris aux militants organisant les piquets devant l'usine. Ils ont menacé de viol une ouvrière et de mort tous les présents. Le lendemain, la gendarmerie a tiré des balles en caoutchouc contre une manifestation, blessant plusieurs travailleurs. Malgré cela, les ouvriers n'ont pas baissé la tête jusqu'à cette décision de justice qu'il reste encore à faire entrer dans les faits. Si des manœuvres patronales sont encore à attendre, les travailleurs sont forts de la sympathie de millions de gens du peuple. Car cette lutte de ceux de Lear a été remarquée partout en Argentine. Les péronistes déconsidérés La situation sociale et politique est celle d'une déconsidération au pouvoir des péronistes derrière la présidente Christina Kirchner. Cette tendance politique tire son nom du général Juan Perόn, au pouvoir en Argentine de 1946 à 1955, puis brièvement, un peu plus de 6 mois, jusqu'à sa mort le 1er juillet 1974. Dans les premières années du péronisme, au lendemain de la guerre, une situation économique favorable avait permis une amélioration de la condition ouvrière, amélioration qui n'a jamais été oubliée dans les milieux populaires. Ainsi, pour la classe politique argentine, se réclamer de Perón, c'était jusqu'à présent la quasi-garantie de pouvoir bénéficier des illusions électoralistes des masses. Depuis 1983 avec la fin de la dictature des généraux, ce sont des péronistes qui se succèdent au pouvoir. Avec la crise, cette popularité est en train de s'user comme s'use en particulier celle du parti de Kirchner : le" Front de la Victoire", organisé autour du Parti Justicialiste (péroniste). Le péronisme s'appuyait traditionnellement sur un clientélisme en direction des quartiers populaires. Les moyens de cette politique disparaissent et de plus, l'inflation, qui ronge le niveau de vie des classes pauvres, atteint désormais 28 %. A côté de ça, tout le pays sait qu'en 10 ans, la présidente a multiplié par dix sa fortune personnelle pendant qu'elle imposait des mesures d'austérité. L'avenir de l'extrême-gauche trotskyste La situation politique n'est donc pas défavorable à l'extrême-gauche. Et la présence de cette extrême-gauche parmi les travailleurs, par exemple à l'occasion de la lutte de Lear, s'est bien vue. Cela va dans le sens des résultats électoraux de 2013, où s'est présenté le FIT (Front de la gauche et des travailleurs), une coalition d'organisations trotskystes, dont le PTS (Parti des travailleurs socialistes) et PO (Parti Ouvrier). En critiquant le gouvernement péroniste sur sa gauche et en dénonçant ses attaques contre les travailleurs, il obtenait plus d'un million de voix aux législatives, et trois députés élus au Parlement, avec des scores allant jusqu'à 19 % dans la province de Salta. Aux présidentielles de 2011, Jorge Altamira, dirigeant du Parti Ouvrier, présenté par le FIT, avait obtenu 500 000 voix (2,5%). Plus récemment, le 6 décembre, le PTS a organisé, dans un stade de Buenos Aires, un rassemblement populaire enthousiaste réunissant une assistance de plus de 6000 personnes. Le 8 novembre, PO, pour sa part, en avait réuni 8000 pour son congrès dans le "Luna-Park", un autre stade de la capitale. Si le FIT est reconduit pour les élections présidentielles d'octobre 2015 (août pour les primaires «qualificatives»), il serait en situation d'obtenir encore de relativement bons résultats. Les trotskystes argentins pourraient se trouver confrontés à de lourdes responsabilités. Celles de s'adresser à toute la classe ouvrière du pays, notamment dans les grandes entreprises. Celles de s'appuyer sur les intérêts communs de tous les exploités, au travail ou chômeurs, déjà engagés dans des luttes ou pas. Celles de le faire avec la claire perspective d'implanter partout des noyaux de militants ouvriers communistes, insensibles à toutes les pressions des péronistes dits progressistes, et agissant en toute indépendance par rapport à toutes les tendances des bureaucraties syndicales omniprésentes. Celles donc de faire des pas vers la création, qui reste encore à accomplir, d'un véritable parti ouvrier révolutionnaire, capable de défendre largement, devant tous les travailleurs, la perspective de l'indépendance du prolétariat, dans toutes les situations sociales


Guadeloupe : À Pointe-à-Pitre, l'hypocrite "Union Nationale" en tête du défilé !

La manifestation d'union nationale de Pointe-à-Pitre a rassemblé plusieurs milliers de manifestants, certainement pas les 10 000 comme annoncé par les organisateurs, dimanche 11 janvier. On a vu une bonne partie de la classe politique de la droite à la gauche défiler contre le terrorisme. Ces dirigeants locaux des partis de droite et de gauche qui se sont succédé au pouvoir en France sont aussi responsables de la situation française et internationale qui conduit aux attentats, aux guerres, aux tueries. En tant que représentants politiques de cette société capitaliste qui produit bien des désastres, leur hypocrisie en ressortait d'autant plus ! Dans la foule, bon nombre de manifestants sincères, membres de la population ont été sans s'en rendre compte manipulés par cette politique, tout comme des millions en France le même jour. Mais ce sont eux aussi qui demain manifesteront contre la politique des dirigeants français qui les exposent au terrorisme comme ils les exposent à l'austérité, aux privations pour leur faire payer la crise des capitalistes.


Je suis athée !

On a beaucoup vu tous ces jours derniers dans les manifestations, des pancartes :"je suis Charlie", "je suis juif", "je suis musulman", "je suis flic" ! Mais pas de " "je suis athée". La surenchère des confessions a battu des records ! Et c'est ainsi aussi que les puissants de la planète utilisent les religions pour conforter leur pouvoir. C'est ainsi que tout en répétant " tu ne tueras point", ou encore "il faut s'aimer les uns les autres", l'Occident chrétien a l'habitude d'envoyer des millions de gens à la mort... Voir les deux guerres mondiales, deux bombes atomiques lancées sur un peuple. Aujourd'hui il envoie des milliers de soldats tuer et se faire tuer en Afghanistan, au Mali, au Liban, en Centrafrique, à Djibouti et ailleurs dans le monde. De même c'est au nom d'Allah que bien des dictatures se maintiennent dans le monde arabe en particulier, contraignant des millions d'hommes, de femmes et d'enfants à vivre dans la misère mais dans l'adoration de leur roi ! La monarchie marocaine en est un exemple édifiant. Ailleurs, c'est encore au nom d'Allah que les princes saoudiens et les capitalistes riches à milliards à cause du pétrole dont regorge le pays, laissent des millions d'hommes dans la misère et des millions de femmes sous le joug d'une exploitation sexiste d'un autre âge. Elles n'ont même pas le droit de conduire une voiture en Arabie saoudite. Elles y sont encore lapidées pour adultère… même s’il n’est pas prouvé... Décidément la religion a bon dos ! Mais historiquement, elle a toujours été un adjuvant à l'oppression ! C'est ainsi que l'Occident a inventé les croisades au moyen âge soi-disant pour sauver le tombeau du Christ, soi-disant violé par les impies à Jérusalem… Mais en réalité c'était pour accaparer les richesses au bénéfice de la classe sociale qui montait : la bourgeoisie naissante. C'est avec le fusil et la croix que l'Occident chrétien a massacré des millions d'Indiens en Amérique du sud avant de les évangéliser. N'étaient-ils pas des créatures du diable car non baptisées ? L'église a autorisé l'esclavage des Noirs. Et pour ce faire, elle déclara qu'ils n'étaient pas des hommes mais du cheptel, donc exploitables à merci ! Les musulmans ont fait de même en réduisant aussi avant même l'Occident chrétien des millions de Noirs en esclavage, en massacrant des peuples d'Afrique noire animistes. Pas seulement pour ces raisons là mais aussi pour elles : je suis athée !


Martinique : Une justice de classe au service du patronat

Il y a une dizaine de jours, les salariés de l’établissement De Négri, se sont mis en grève pour protester contre le licenciement abusif d’un des leurs, et revendiquer la réintégration de leur camarade. Face à l’intransigeance de leur patron, les grévistes ont érigé un piquet de grève devant l’entreprise. Cette entreprise est implantée dans la «zone de gros La Jambette» au Lamentin. Elle est spécialisée dans le secteur d’activité du commerce de gros alimentaire, et compte une quarantaine de salariés. Les grévistes sont syndiqués à la CFDT. Furieux, le patron a traduit devant la justice deux des salariés grévistes, parmi lesquels le salarié licencié. Et voilà que l’avocate du patron défend son client en déclarant qu’elle considère qu' «il y a un obstacle au fonctionnement de l’outil commercial». C’est-dire que la bourgeoisie patronale ne tolère pas que des travailleurs soient regroupés devant leur entreprise en cas de grève. Cela constitue pour elle une atteinte à la propriété privée des moyens de production, c’est-à-dire la propriété individuelle du capitaliste. Au bout d’une dizaine de jours, la justice a ordonné aux grévistes de lever leur piquet de grève, montrant qu’elle se trouvait dans le camp du patronat. Et dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 janvier les grévistes ont levé leur piquet de grève. Quelques jours plus tôt, le 30 décembre 2014, les juges des référés s’étaient prononcés contre les grévistes des magasins de luxe du groupe Roger Albert Nocibé leur interdisant de manifester aux abords de leur lieu de travail, sous peine de lourdes amendes. Pourtant l’action de ces grévistes se limitait à distribuer des tracts à l’entrée en discutant avec les clients. Les salariés de Roger Albert s’étaient mis en grève depuis le 11 décembre 2014. Ils réclamaient une augmentation de 150€ correspondant à la prime de vie chère attribuée depuis 2009 et qui devait être supprimée. Ils ont suspendu leur grève à compter du 8 janvier et fait appel de la décision de justice. Dans ces deux cas, les grévistes n’étaient pas majoritaires. Le patron a donc cherché à s’appuyer sur les non-grévistes pour mettre en place sa stratégie répressive. Il arrive de plus en plus souvent que les patrons traînent les salariés devant les tribunaux en cas de grève. Ils refusent toute discussion et cherchent à faire condamner les grévistes et leur syndicat. Pour cela, ils trouvent des juges complaisants. Et le patronat risque bien d’utiliser ces décisions du tribunal pour s'en servir comme jurisprudence. Il pourrait s’y référer pour mieux attaquer les travailleurs qui se mettent en grève pour défendre leurs droits légitimes. Cette justice est une justice de classe. La seule solution pour obliger le patronat à respecter les travailleurs est sans nul doute, pour ceux-ci, de modifier le rapport de force en leur faveur, par une lutte d’ensemble de tous les travailleurs.


Guadeloupe : manifestons contre la répression anti syndicale.

Soutien à Charly Lendo, dirigeant de l’UGTG : mardi 20 janvier à 13h 30 au tribunal de Pointe-à-Pitre !


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