Site

Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1123 du 20 décembre 2014/Quatrième page

Quatrième page

Élections de mi-mandat aux USA, une défaite pour le Parti Démocrate, pas pour les travailleurs

ZoomAux élections de mi-mandat du 4 novembre dernier, le Parti Républicain a pris le contrôle du Sénat des États-Unis en dépassant les 51 sièges requis pour y avoir la majorité. Les Républicains, qui ont également élargi leur majorité à la Chambre des Représentants, ont le contrôle des deux chambres pour la première fois depuis 2006, et donc pour la première fois sous la présidence de Barack Obama. Le résultat du vote a été une débâcle pour le Parti Démocrate et l'administration Obama, débâcle due en grande partie à l'abstention. Les deux partis... uniques Le 2 novembre, anticipant sur les résultats du vote, le vice-président démocrate Joseph Biden avait déclaré, dans une interview sur CNN, que l'administration Obama était prête à faire des compromis avec les Républicains et avait d'ailleurs commencé à travailler sur les domaines où une action commune était possible. Il disait que les Républicains devraient se décider : «Vont-ils commencer à laisser les choses se passer ? Ou vont-ils continuer à jouer l'obstruction ? Je pense qu'ils vont choisir de faire les choses... ». C'était juste. Les deux partis savent bien qu'ils partagent fondamentalement le même programme : aggraver les attaques contre les classes populaires. Et les Républicains, forts de leurs majorités, vont mener la charge. Pour, sans nul doute, d'importantes réductions d'impôts pour les entreprises, de nouvelles coupes dans les programmes sociaux, de nouvelles attaques contre les retraités. Mais ce ne sera que la continuation de ce que les Démocrates faisaient quand ils étaient majoritaires. Dans l'Illinois, les Démocrates ont passé les trois derniers mois avant les élections à s'en prendre aux retraites des travailleurs du secteur public. Ils ont versé des centaines de millions de dollars en subventions aux plus grandes entreprises, tout en maintenant des impôts élevés pour les travailleurs. Ils ont parlé d'élever le salaire minimum (actuellement de 8,25 dollars de l'heure) mais ne l'ont pas fait, alors qu'ils contrôlaient totalement les deux assemblées de l'État, et détenaient le poste de gouverneur. Et si tant d'électeurs démocrates se sont abstenus, c'est qu'ils en avaient assez de cette politique. Elle est profondément impopulaire auprès de la population travailleuse américaine. Les élections ont en effet surtout été marquées par l'abstention qui, avec seulement 36,2 % de participation, atteint un nouveau sommet historique. C'est le taux d'abstention le plus élevé depuis 1942, lorsque nombre d'hommes furent éloignés des urnes par la conscription pour la seconde Guerre Mondiale. Parmi les travailleurs, qu'ils soient blancs, noirs ou hispaniques, l'abstention a été encore plus élevée. Les Démocrates en ont payé le prix fort. À peine un tiers des électeurs se sont rendus aux urnes en Californie, l'État le plus peuplé. Dans le Comté qui comprend Chicago, dans l'Illinois, la machine du Parti Démocrate a mobilisé les électeurs pour aller voter, mais le gouverneur démocrate a perdu 80 000 voix par rapport à 2010, et le Républicain Bruce Rauner l'a emporté. À Detroit, dans le Michigan, ville placée en faillite depuis un an, seuls 31 % des adultes ont voté, malgré une mobilisation démocrate de dernière minute dans une tentative avortée de battre le gouverneur républicain. Dans le Maryland, traditionnellement démocrate, la faiblesse de la participation des travailleurs et des Noirs de Baltimore s'est traduite par la victoire du candidat républicain au poste de gouverneur. La démagogie d'Obama n'a pas marché Peu après l'élection, Obama s'est tourné vers l'opinion publique, avec des mesures susceptibles de flatter son électorat. Notamment sa décision de faire passer par décret la régularisation de plus de 4 millions de clandestins. Cette régularisation, limitée dans le temps à 3 ans, a fait trépigner de rage les réactionnaires xénophobes, cibles de choix pour les démagogues républicains. Si elle rendra plus facile la vie de ceux directement concernés, déjà salariés et payant des impôts, elle laissera dans la clandestinité près de 7 millions d'immigrés. Cette mesure rejoint d'autres postures d'Obama, ne coûtant rien au patronat, et qui font tout juste quelques vaguelettes en surface en laissant le fond de la société inchangée. Il avait bien pu déclarer que le jeune Noir de Floride, Trayvon Martin, tué en février 2012 par un «patrouilleur volontaire», « aurait pu être son fils », cela n'empêche pas les jeunes Noirs de rester des cibles vivantes pour la police, profondément gangrenée par un racisme criminel, comme l'illustre trop bien l'actualité de cette fin d'année. La classe ouvrière prise en étau Quant aux mesures directement anti-ouvrières, les partisans d'Obama dans les appareils syndicaux se mobilisent pour les faire accepter par les travailleurs. Les deux partis, tour à tour aux affaires, sont tous les deux au service du grand patronat, des trusts et de leurs riches actionnaires. Les élections étaient donc sans véritable enjeu pour les travailleurs. Ils n'avaient rien à y perdre. Bien sûr, l'abstention ne peut pas mener très loin. Elle peut signifier que les travailleurs sont simplement démoralisés. L'absence de luttes importantes de la classe ouvrière montre que c'est effectivement l'aspect de la réalité sociale d'aujourd'hui. Néanmoins, nombreux ont été ceux qui, en ne votant pas, ont consciemment refusé de donner leur approbation à l'un ou l'autre de ces serviteurs, Démocrates ou Républicains, de leurs ennemis. En se détournant des urnes ils ont montré qu'ils ressentent que des deux grands partis, Démocrate ou Républicain, aucun ne représente leurs intérêts de classe. Les travailleurs n'ont pas de parti à eux, qui les défende avec autant de fidélité qu'en mettent Démocrates et Républicains à défendre les possédants. Ce parti reste à construire. Il se construira, au sein de la classe ouvrière, quand celle-ci, non contente de se détourner des partis en place, recommencera à se battre en tant que classe, pour les besoins immédiats de la population laborieuse comme pour la libération de toute la société.


Martinique : Résultats des élections professionnelles dans la fonction publique

À l’échelle de la Martinique, le taux de participation est plus important que pour les résultats nationaux français. La répartition des voix entre les différentes organisations syndicales n’a pas connu de changement. Dans la fonction publique territoriale, le taux de participation a été de 68%. La CGTM obtient 58% des voix sur 10 475 votants. Elle est suivie par Force Ouvrière avec 15%. Dans la fonction publique hospitalière, le taux de participation a été de 70% avec 5 189 votants. La CDMT prend la première place avec 1 565 voix, devant la CGTM qui obtient 1 430 voix, puis vient FO avec 1 166 voix, l’UGTM avec 491 voix, le SASM avec 308 voix. Ce changement s’explique principalement par la présence de la liste du SASM, suite à une scission de la CGTM-Santé, à la section du Lamentin. Dans l’Éducation Nationale, le taux de participation a été de 45,31% avec 3 592 votants. Le syndicat UNSA est majoritaire. La CGTM obtient 264 voix et n’a aucun siège. À La Poste/Orange ou chez les Pompiers, la CGTM est majoritaire. Les résultats généraux de la Fonction publique d’État en Martinique ne sont pas rendus publics au moment où nous écrivons. Mais selon une estimation actuelle, la CGTM obtient le plus grand nombre de voix dans la fonction publique. Comme l’ont dit nos camarades dans un tract publiant leurs résultats : « Les élections professionnelles sont importantes mais ne remplaceront jamais les mobilisations, les luttes, les actions ».

CGTM : Confédération Générale des Travailleurs de Martinique. Cette centrale syndicale est dirigée par Ghislaine Joachim-Arnaud, dirigeant de Combat Ouvrier.
CDMT : Centrale Démocratique Martiniquaise des Travailleurs.
FO : Force Ouvrière.
UNSA : Union Nationale des Syndicats Autonomes. - UGTM : Union Générale des Travailleurs Martiniquais - SASM : Syndicat Autonome de la Santé de Martinique.


Nous publions ci-dessous un article de nos camarades de Lutte Ouvrière :

La loi Macron : un arsenal au service de l'exploitation

Le projet de loi Macron devait être présenté mercredi 10 décembre au Conseil des ministres, puis discuté, avant d'être voté fin janvier. Baptisé « Loi pour la croissance et l'activité » sous le règne de l'actuel ministre de l'Économie, le projet s'intitulait « Pour la croissance et le pouvoir d'achat » du temps où Montebourg occupait le poste de Macron. Et certains frondeurs du PS s'offusquent qu'il n'y ait plus la moindre allusion au pouvoir d'achat des classes populaires et partent en croisade pour une vraie «loi de gauche». Comme si l'emballage et son titre ne cachaient pas la même camelote. Assouplir le travail du dimanche et le travail de nuit, si tel est le bon vouloir du patron, en s'asseyant sur ce qui reste du Code du travail ; libéraliser les conditions d'installation des huissiers, des notaires, des commissaires-priseurs ; libéraliser les règles des transports en autocar afin - c'est le ministre qui parle ainsi - que « les plus pauvres puissent voyager plus facilement » ; réformer les Prud'hommes ; éviter les fraudes et le travail au noir, en instituant par exemple une carte professionnelle dans le secteur du bâtiment : la liste n'est pas close, de ce qui devrait constituer le projet de loi censé faire redémarrer l'économie en simplifiant les règles. Ce fourre-tout promet d'interminables péroraisons au sein de la gauche, et entre la gauche et la droite. Au final, il ne résoudra rien ni au niveau du chômage, ni au niveau du pouvoir d'achat. Mais une chose est certaine : il entamera un peu plus les droits des travailleurs et contribuera à la dégradation de leurs conditions de vie. Sophie Gargan


Bookmark and Share