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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1123 du 20 décembre 2014/Troisième page

Troisième page

France-Antilles : ce sont les salariés qui paieront la note

Ce sont près de 70 salariés qui devront quitter France-Antilles pour permettre sa remise à flot. C’est le diagnostic qui a été fait et présenté aux salariés suite à la mise en redressement judiciaire prononcée par le Tribunal de commerce de Fort-de-France. Ces suppressions concerneront la Martinique et la Guyane. Afin d’inciter des salariés à se porter volontaires au départ, une indemnité majorée, dite supra légale, a été prévue. Mais certains l’auraient jugé insuffisante, eu égard à leur ancienneté dans cette société et aux sacrifices qu’ils ont faits durant des dizaines d’années. La société France-Antilles a été la propriété de Robert Hersant, magnat de la presse mort en 1996 et fidèle soutien des gouvernements de droite pendant des dizaines d'années. À ce titre, Hersant, en position de monopole, bénéficia de toutes les bienveillances et de tous les avantages possibles, notamment sur le plan financier. France-Antilles aurait même été un des fleurons du groupe. L’annonce de ce plan social, qui est une véritable saignée dans un pays qui compte plus de 25% de chômeurs, n’a pas ému plus que cela la classe politique qui n’a pourtant à la bouche que l’expression « lutter contre le chômage ». Les salariés de France-Antilles, après avoir contribué à créer et consolider la fortune des Hersant, sont aujourd’hui jetés à la rue tels des Kleenex. Le traitement qu’ils subissent est la démonstration que ce système est inique.


Guadeloupe : Carrefour Destreland : ouverture à 4h30 du matin ! Et pourquoi pas tous les jours et toutes les nuits ?...

Comme l’année dernière, le centre commercial Carrefour Destreland a ouvert ses portes à 4h30 du matin le samedi 13 décembre dernier, pour une « opération spéciale » en cette période de fêtes de fin d’année. C'est le gros béké Bernard Hayot, la plus grande fortune des Caraïbes qui orchestre tout cela. Après un "chanté Noël" qui commençait dès 4h30, le centre ouvrait exceptionnellement à 5h30 en promettant des réductions intéressantes aux clients venus nombreux pour profiter des promotions. Mais cette année certaines organisations syndicales dont la CFTC, FO, Sud Solidaires, l’UIR CFDT, l’UGTG et l’UNSA avaient décidé de se mobiliser pour sensibiliser les clients contre cette ouverture et distribuaient un tract. Cela a donné lieu à un face à face tendu entre ceux qui voulaient entrer faire leurs courses ou travailler et ceux qui soutenaient les syndicats. Les gendarmes étaient présents mais n’ont pas eu à intervenir. Après des échanges houleux, les organisations syndicales ont quitté les lieux vers 7h du matin. Des inspecteurs du travail étaient présents et ont dressé des procès-verbaux, car selon les syndicats l’opération est totalement illégale. La direction de Carrefour, qui n’a demandé aucune autorisation pour cette ouverture exceptionnelle, ni à l’inspection du travail, ni à la mairie, estime qu’elle est au-dessus des lois et peut faire tout et n’importe quoi. Elle profite de la situation sociale particulièrement difficile, avec un taux de chômage très important et où des intérimaires essaient de gagner un peu plus que d’habitude, pour faire une opération de marketing et de publicité. Elle prétend le faire pour les intérêts des salariés de Carrefour, mais en réalité elle ne pense qu’à ses profits. Et pour ce faire il faut pressurer les salariés. C'est dans cette optique-là que les patrons mettent la pression sur le gouvernement qui, avec la loi Macron qu’ils soutiennent, va leur permettre d’ouvrir 12 dimanches par an au lieu de 5 actuellement. Bientôt le travail du dimanche sera banalisé, et se fera sans aucune contrepartie. Certains patrons, d’ailleurs, estiment qu’il ne faut pas en donner.


Guadeloupe : Mobilisation des employés de la BDAF

Les employés de la BDAF (Banque des Antilles françaises) ont débrayé le vendredi 5 décembre dernier et ont appelé à la grève pour une journée le mardi 16 décembre. Ils s’opposent au projet de fusion-absorption de la direction appelé « projet Tropiques ». Dans ce projet le groupe Banque Populaire - Caisse d’Épargne (BPCE) va céder à la Caisse d’Épargne Provence-Alpes-Corse (CEPAC) basée à Marseille trois de ses banques d’Outre-mer à savoir la Banque de la Réunion, la BDAF et la Banque de Saint-Pierre et Miquelon. Ce projet, s’il aboutit, pourrait être mis en œuvre au 1er semestre 2015. Les travailleurs et les organisations syndicales sont inquiets, car la direction refuse de discuter du volet social du plan. Ils craignent des licenciements, une aggravation de leurs conditions de travail et l’arrêt de certaines activités comme la comptabilité, la direction des ressources humaines... et surtout la fermeture de certaines agences pour éviter des postes en doublon. Il y aura aussi le problème de la mobilité forcée si certains postes de travail sont supprimés. Le 8 décembre, une délégation des représentants du personnel est partie discuter avec la direction mais sans aucun résultat. Le personnel n’a aucune information sur la réorganisation prévue et est très inquiet. Les travailleurs et leurs représentants syndicaux ont donc appelé l’ensemble des employés à une journée de grève le mardi 16 décembre. Les employés sont appelés à venir se rassembler devant le siège de la BDAF au parc d’activités de la Jaille à Baie-Mahault. La mobilisation concerne également la Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et la Guyane. C’est un début, mais il est sûr qu’une seule journée de grève ne sera pas suffisante pour faire reculer la direction et sauvegarder les emplois.


Guadeloupe : Procès d’un journaliste de Radyo Tanbou

Vendredi 5 décembre, Gérard Quidal, journaliste de la radio indépendantiste Radyo Tanbou et militant de l’UPLG, était convoqué au tribunal de Pointe-à-Pitre pour outrage et rébellion envers la police. Un rassemblement d’une quarantaine de personnes a eu lieu devant le tribunal, avec des représentants de plusieurs organisations. L’affaire remonte au 23 juillet 2014, lorsque Quidal emmène chez le médecin sa mère malade du chikungunya. Sa mère ayant du mal à marcher, il se gare en double file près du cabinet, mais sans gêner la circulation. La police qui était à proximité l’apostrophe, Quidal se justifie, mais la police ne veut rien entendre. Lorsque le journaliste de Radyo Tanbou leur dit qu’ils s’attaquent à des problèmes sans importance au lieu de se préoccuper de la vraie criminalité, les policiers décident de l’immobiliser et ils l’embarquent au commissariat. Un officier reconnaît Quidal comme un militant. Il est alors retenu en garde à vue pendant 6 heures, et finalement convoqué au tribunal correctionnel. Gérard Quidal, militant nationaliste, est connu dans toute la Guadeloupe pour animer Radyo Tanbou, une radio qui rend compte de toutes les luttes et qui donne la parole aux militants. Derrière cette banale histoire de contrôle routier, il semblerait qu’on cherche à le faire taire… Le procès a été reporté au 24 juin 2015, à 8h au tribunal de Pointe-à-Pitre. Combat Ouvrier sera à nouveau présent.


Capesterre-Belle-Eau : Plantation SCA Bois Debout : la mort de Simon Georges sera-t-elle enfin reconnue comme accident du travail ?

Le mardi 16 décembre, la cour d'appel du Tribunal correctionnel de Basse-Terre avait à se prononcer sur la responsabilité de la direction de la plantation SCA Bois Debout dans la mort d'un ouvrier de la plantation. L'affaire remonte à juin 2009. Rappelons les faits. Le 26 juin 2009, Simon Georges travaillait sur la plantation. Il coupait des bambous, debout sur une plate-forme de chariot et déséquilibré, il a fait une chute. Les secours intervenus peu après n'ont pu le sauver. Il est donc mort suite à sa chute. La veuve de S. Georges a alors intenté un procès contre la direction pour obtenir des dédommagements. Et en janvier 2014, soit plus de quatre ans après la mort du travailleur, le Tribunal Correctionnel de Basse-Terre a relaxé le responsable de la plantation Louis Dormoy. La raison invoquée pour justifier cette décision était que S. Georges « souffrait d'hypertension ». Il est à noter que jusqu'à cette date, le rapport d'autopsie qui devait être établi par le médecin expert n'était pas parvenu aux autorités. La veuve de Georges a alors fait appel de la décision du Tribunal. Le procès en appel avait été fixé au 14 mai 2014. Il a été renvoyé une première fois au 7 octobre, puis à nouveau au 16 décembre. Cette fois l'affaire a pu se dérouler normalement. Entre temps, le rapport d'autopsie de l'expert médical est arrivé. Sa conclusion est accablante : la victime avait subi des lésions importantes et des fractures. Plus de 80 personnes étaient présentes à l'audience : des camarades de travail de S. Georges - la CGTG-Banane avait appelé les travailleurs du secteur à venir apporter leur soutien - et des militants CGTG d'autres secteurs, des militants de Combat Ouvrier, des jeunes du journal Rebelle ! L’avocat général a reconnu la responsabilité de Louis Dormoy et de la SCA Bois Debout. Au vu de la gravité des faits, il a requis une condamnation de 6 à 8 mois de prison avec sursis et 8 000 € d’amende. L’affaire a été mise en délibéré au 13 janvier 2015. En ce qui concerne l'indemnisation de la veuve de S. Georges, c'est le TASS (Tribunal des affaires de la Sécurité Sociale) qui est compétent et il ne peut statuer que si la SCA Bois Debout est effectivement condamnée.


Martinique : Vito Lareinty : mobilisation payante des employés

La station-service Vito Lareinty est la propriété du groupe RUBIS Antilles-Guyane (celui-là même qui veut racheter la SARA à TOTAL). Elle est exploitée par le béké Philippe Clerc. Ce dernier avait déjà été sollicité par les employés pour l’attribution d’un 13ème mois. Mais il jouait au chat et à la souris. Au mois de novembre dernier, les trois quarts des salariés co-signèrent un courrier envoyé en recommandé avec avis de réception et dans lequel ils lui rappelaient leur demande. Dans sa réponse, le gérant chercha à tourner en dérision les employés et leur opposa une fin de non-recevoir : le contexte économique ne permet rien, selon lui. Quelques jours plus tard, les employés se rencontrèrent et décidèrent d’employer d’autres moyens pour se faire entendre. C’est ainsi que le vendredi 12 décembre, la quasi-totalité des employés, y compris ceux qui n’étaient pas de service, se retrouvèrent sur le lieu de travail dès 5h30 et, sans procéder à l’ouverture de la station, attendirent l’arrivée du gérant. Une fois sur place, ce dernier ne put que constater la détermination des employés, et après avoir critiqué la méthode, il les invita à entrer pour négocier. Sur leur principale revendication, le 13ème mois, les employés ont obtenu une prime de 500 euros nets versés avec la paie de décembre pour tous les salariés, quelle que soit leur ancienneté, et l’engagement de se revoir en novembre 2015 pour le versement d’un vrai 13ème mois, le tout consigné par écrit. À cette demande, les employés en rajoutèrent 5 autres dont l’engagement de ne pas entraver les activités du secrétaire général de la CGTM Produits Pétroliers qui exerce dans cette station. À 9 heures, les employés reprirent leur activité, satisfaits. En effet, en ce mois de décembre où l’on prépare les étrennes, ils venaient de mettre eux-mêmes dans leur porte-monnaie quelques pièces sonnantes et trébuchantes. Et par les temps qui courent, cela ne peut que faire du bien.


Guadeloupe : extraits du bulletin « Écho de Jarry »

Milénis : une grève bien placée ! Le patron Despointes a essayé de jouer la montre pour les NAO (Négociations annuelles obligatoires sur les salaires). Mé i vin pwi an sa ! La période des grandes courses de fin d’année approchant, les salariés ont refusé de travailler samedi 29 novembre, histoire d’accélérer les choses. En 48h, Despointes a lâché 40 € d’augmentation. Retiendra-t-il la leçon pour 2015 ? EDF Guadeloupe : le premier prix du cynisme L’entreprise se vante dans la presse d’aider Haïti, en offrant « royalement » à une association 144 ampoules ! C’est vraiment se f… de la gueule du monde. Et quand on pense à la détresse dans laquelle se trouve la population haïtienne, un don aussi minable, c’est carrément révoltant !

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