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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1123 du 20 décembre 2014/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : Le bal des notables pour la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique)

ZoomLe dimanche 12 octobre dernier, au Marin, le PPM a fait sa rentrée politique autour de la coalition « Ensemble pour une Martinique Nouvelle ». Députés, maires, anciens élus, conseillers communautaires, conseillers régionaux et généraux, étaient présents. L’objectif était le lancement de la campagne des territoriales de décembre 2015. Ainsi, Serge Letchimy, président du PPM a déclaré : « Nous devons remporter la victoire avec nos camarades, nos amis, nos alliés, et tous les Martiniquais ». Ce même dimanche, les formations de la droite étaient réunies à Rivière-Salée. André Lesueur, conseiller régional, maire de Rivière-Salée, et Miguel Laventure, conseiller régional, ont également lancé leur campagne pour les élections territoriales de 2015, sur le thème : « On trahit la volonté des Martiniquais ». Le dimanche 26 octobre, à Ducos, c’était au tour des indépendantistes du « camp patriotique », la coalition MIM, PALIMA, CNCP, RDM et PCM, de se retrouver. En « tête de gondole » il y avait les ex-présidents de la Région et du Département, Alfred Marie-Jeanne, Claude Lise, et le président du PALIMA Francis Carole, qui ont donné le ton pour la préparation de la campagne en vue des élections territoriales de 2015. Ils envisagent notamment d'aller à la « rencontre des acteurs économiques, pour mieux préparer leur programme électoral et constituer l'alternance ». Les Socialistes martiniquais étaient eux aussi réunis le dimanche 26 octobre, à Rivière-Pilote, pour leur rentrée politique. Ils ont évoqué l’opportunité pour les élections territoriales de leur alliance au sein de la coalition avec le Parti Progressiste Martiniquais. Ce fut plus tard au tour du maire de Rivière-Pilote, Raymond Théodose, fraîchement élu dans le fief du MIM, qui s’est retrouvé avec ses adhérents le vendredi 5 décembre dernier pour inaugurer son nouveau parti « La Dynamique Pilotine Plurielle », prenant ainsi ses distances avec le MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais). Par la même occasion, il affirmé sa position politique en vue de la prochaine CTM : « Je peux travailler avec tout le monde, sans exception. Je suis un patriote de gauche ! », tout en précisant : « pour que le peuple n'ait plus peur ! ». De quoi gêner, c’est le moins que l’on puisse dire, ses ex-amis du MIM, ou peut-être est-ce un clin d’œil vers la coalition « Ensemble pour une Martinique Nouvelle » ? Ce n’est pas la grand-messe organisée par le maire de Rivière-Pilote le dimanche 14 décembre dans sa commune, réunissant élus et représentants du camp patriotique, du groupe « Ensemble pour une Martinique Nouvelle », et élus de la gauche traditionnelle, qui change rien à l’affaire. C’est une mise en scène de plus, et la campagne en vue des élections pour la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) de décembre 2015 s’annonce bien riche en épisodes politiciens. Il y a sans doute des travailleurs, ou des gens de la population exploitée, qui pensent que leurs intérêts seront défendus au sein de la CTM par les représentants de ces partis politiques, ces notables et ces serviteurs des possédants et des exploiteurs. Alors, ils se font beaucoup d’illusions.


Le procès contre nos deux camarades Sony Laguerre et Raphael Cécé : Un procès politique ! (suite de l'article de la page 1)

Le petit journal étudiant, "Rebelle !", est contestataire, persifleur et irrespectueux et c'est bien. "Rebelle !" et l'équipe de jeunes qui l'entoure dénoncent en particulier les abus d'autorité des chefs d'établissement, les propos méprisants et sexistes envers les jeunes filles, une série d'actions répressives contre ceux qui vendent Rebelle ! ou qui portent des T shirt Rebelle ! devant et à l'intérieur des établissements. Les faits dénoncés dans Rebelle !" n'ont jamais pu être contestés par quiconque, car ils sont vrais ! Mais bien plus grave encore aux yeux de l'administration : Rebelle ! et les jeunes qui l'entourent contestent la société actuelle dirigée par un système capitaliste d'oppression des travailleurs et des peuples. Et, chose totalement inacceptable, Sony et Raphaël osent en plus se réclamer du communisme révolutionnaire ! C'en est trop ! Ce faisant, ils ne seraient pas fréquentables. C'est ainsi que le rectorat, les proviseurs de lycée la police ont à maintes reprises tenté de convaincre les jeunes des lycées de ne pas les fréquenter ainsi que les autres jeunes de l'équipe de Rebelle !. Ces derniers, autour de nos deux camarades ont raison d'être "rebelles". Ils ont raison de se révolter contre le système d'éducation et de musèlement actuel de la jeunesse. Car il s'agit d'une éducation qui formate la grande majorité des jeunes en individus dociles et respectueux de l'ordre établi. Certains deviendront alors des intellectuels qui serviront le pouvoir de la bourgeoisie dans ses officines et d'autres deviendront des travailleurs qui demain, s'ils ont une chance d'être embauchés devront être des travailleurs qui acceptent sans mot dire l'exploitation patronale. Que certains jeunes osent se révolter contre l'ordre établi par la classe dominante, la bourgeoisie, les riches et leur État, leur système d'éducation et d'oppression des travailleurs et des pauvres, cela permettra d'ouvrir les yeux et les oreilles de beaucoup d'autres. Et c'est bien une des craintes de l'administration. Alors il faut les faire taire ! Leur infliger des convocations à la police, des " rappels à la loi et l'ordre" comme cela s'est produit à maintes reprises lors de la vente de Rebelle ! devant les lycées. Il faut leur infliger un procès et des peines exemplaires! ! Eh bien, ce jour là, le 2 décembre, c’est le procès de ce système qui sera fait par Sony et Raphaël, par les jeunes de Rebelle !, Combat Ouvrier et tous ceux qui viendront manifester devant le tribunal de Basse-Terre !

VIVE LA JEUNESSE REBELLE CONTRE LE POUVOIR CAPITALISTE, L'ADMINISTRATION COLONIALE, SON SYSTÈME D'OPPRESSION ET DE RÉPRESSION !
Oui, Que la jeunesse des lycées, de l'université, que la jeunesse ouvrière se révoltent. Le plus tôt sera le mieux ! Elle est la flamme de la révolution prolétarienne disait un grand révolutionnaire allemand, Karl Liebnecht ! Nous appelons tous les jeunes qui en ont assez du système d'éducation inique actuel, du chômage de masse, des bas salaires, de l'exploitation patronale dans les entreprises à nous rejoindre !


Martinique : Décembre 1959, la violence coloniale qui tue... les masses en colère... Portée et limites d'une conférence

Le samedi 13 décembre, cinq organisations : le GRS (Groupe révolution socialiste), le CNCP (Comité national des comités populaires), Modémas (Mouvement des démocrates et écologistes pour une Martinique souveraine), MPREOM (Mouvement pour la résistance et l'offensive martiniquaise), et le PKLS (Pati kominis pou lendépandans ek sosyalizm), organisaient une conférence à la Mutualité de Fort-de-France sur le thème : « Décembre 59 un moment de rupture, 2014, quelles ruptures pour notre émancipation ? » Une cinquantaine de personnes s’est déplacée pour écouter les intervenants. Cette conférence était animée par Louis-Georges Placide sur les événements et la crise de 1959, et par Gilbert Pago du GRS sur le contexte politique martiniquais, caribéen et international, et les effets sur la poussée du mouvement national à la Martinique. Rappelons les faits. Le dimanche 20 décembre 1959, vers 20 heures, sur la Savane à Fort-de-France, un banal incident de la circulation entre un automobiliste français (un Blanc) et un cyclomotoriste martiniquais (un Noir) provoque un attroupement. Les choses auraient pu en rester là mais, de l'hôtel de l'Europe (maintenant hôtel Lafayette), un CRS en civil passe un appel téléphonique qui provoque l'intervention d'une patrouille de ses collègues. L'hôtel de l'Europe est, à l'époque - la guerre d'Algérie dure depuis cinq ans - un lieu où se retrouvent des anciens «coloniaux» d'Afrique du Nord, la plupart racistes. Et les CRS - tous blancs - se sont déjà fait remarquer, en ville, par leurs interventions brutales et racistes. Ce soir-là, ils interviennent violemment contre la foule regroupée sur la place de la Savane pour écouter un orchestre cubain : gaz lacrymogènes, coups de matraques, mais la foule ne recule pas et se gonfle de nouveaux arrivants alors que les CRS reçoivent des renforts. Ils se retirent finalement en tirant quelques coups de feu en l'air. Des groupes de manifestants continuent à parcourir les rues. Le lendemain, lundi 21, l'atmosphère est lourde à Fort-de-France et, en soirée, des groupes venus en grande partie des quartiers populaires affrontent gendarmes et policiers. Ces derniers tirent. Il y a des blessés et deux morts tués par des policiers. Edmond Eloi dit Rosile (20 ans), le lundi 21, rue Villaret-Joyeuse derrière l'Olympia, et Christian Marajo (15 ans), rue Ernest Renan maintenant Moreau de Jones. Les manifestants en colère attaquent des bâtiments symboles du pouvoir colonial et policier. Des barrages de rue sont édifiés, deux commissariats de police sont lapidés, des perceptions aussi. Le mardi 22, le jeune Julien Betzi (19 ans), place Stalingrad, actuellement François Mitterrand, sera tué. L’administration coloniale enverra sa soldatesque pour faire cesser l’émeute. Voilà pour les faits développés par le conférencier. Auparavant, il a rappelé la situation de l’époque, la période de la décolonisation, mais aussi la place de la jeunesse, cette jeunesse qui, avec courage et dignité, avait osé se confronter avec les forces de répression. Cette conférence a été suivie d’un débat. Quelques intervenants ont apporté d’autres détails sur les événements dont ils ont été témoins. Des militants de Combat Ouvrier étaient présents à cette conférence et ont écouté avec attention les deux intervenants qui ont dressé un tableau avec des détails intéressants sur le déroulement des événements de décembre 59. Ils ont parlé surtout du Parti communiste martiniquais durant ces événements, principal parti existant à l’époque, au travers des syndicats, parmi les travailleurs. Les intervenants ont rappelé qu’une poignée de militants du PCM ont participé à ces événements, et que la direction du PCM s’est affirmée proche des émeutiers, à travers sa presse. Pour autant, le PCM n’a proposé aucune politique aux travailleurs et aux jeunes en colère, pas même sur le terrain de la lutte contre le colonialisme et le racisme. Quelques mois plus tard, on a assisté à un regain d’activités parmi les associations, les syndicats et à une poussée des organisations nationalistes. En guise de conclusion concernant les perspectives politiques qu’il faudrait avoir face au pouvoir colonial et à l’impérialisme français, les intervenants ont avancé l’idée pour les organisations anticolonialistes d’avoir une stratégie pour éviter qu’une nouvelle explosion de colère de la population exploitée ne retombe sans avancée de la lutte anticolonialiste. Ainsi, les organisations politiques organisatrices de cette conférence ont été unanimes pour dire qu'il fallait « créer pour l’avenir un rapport de force et une unité du mouvement anticolonialiste, ou nationaliste ». Par contre, elles n’ont pas parlé de la nécessité de créer un parti communiste révolutionnaire pour construire un rapport de force favorable à la classe ouvrière afin d’empêcher que les mobilisations populaires ne soient canalisées et entraînées dans l’impasse du nationalisme et des directions politiques de la petite bourgeoisie anticolonialiste.


ÉCHO DE PÔLE EMPLOI

IL N’Y A PAS DE SAUVEUR SUPRÊME À Saint-François, tout comme à Baie-Mahault, à Basse-Terre, à la plateforme téléphonique, à Marie-Galante ou à la DR nous nous sommes tour à tour mobilisés cette année. Face à une direction qui aggrave nos conditions de travail et qui fait des économies sur notre dos et sur ceux des chômeurs, apprenons à ne compter que sur notre force collective.


KI YO VLÉ KI YO VLÉ PA FO NOU LITÉ ANSANM ! Public ou privé, à Pôle emploi nous sommes tous dans la même galère. Les opérations de carrière des agents du public, la campagne de promotion pour les agents du privé se traduisent par des miettes et par un manque de reconnaissance de notre travail. Il faudra bien que nous disions stop, un jour… Tous ensemble !


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