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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1123 du 20 décembre 2014/Première page

Première page

Editorial : La colère de nos frères Noirs des USA : un potentiel révolutionnaire !

ZoomAu mois d’août, dans la ville de Ferguson aux États-Unis, un policier blanc tuait un jeune Noir, Michael Brown, désarmé et non violent de plusieurs balles de revolver. Aussitôt des manifestations de protestation s’étaient multipliées dans les rues de la ville et aussi dans d’autres villes des USA. Après la relaxe du policier tueur Darren Wilson, le 24 novembre dernier, les manifestations se sont poursuivies aux États-Unis. À Saint Louis, tout près de Ferguson, dans le Missouri, des manifestants ont perturbé le «Black Friday», une journée de commerce en vue des fêtes de fin d'année, obligeant un centre commercial à fermer. D'autant qu’entre temps, plusieurs Noirs dont un enfant de 12 ans étaient tués par la police blanche. En une semaine, quelque 260 manifestations ont eu lieu dans 44 États différents. Il faut savoir que, statistiquement, chaque jour un policier blanc tue un Noir. Les policiers sont toujours relaxés ! Il y a donc bien de quoi se révolter et c’est pour cela que des milliers de Noirs, de Blancs et d’autres manifestent ces jours-ci dans de nombreuses villes. Aux USA, même si la ségrégation officielle a disparu après la grande lutte des masses noires pour les droits civiques, conduite par Martin Luther King notamment, puis ensuite par une série de leaders et d’organisations noires, le racisme n’a pas disparu. Les Noirs demeurent les plus pauvres, ceux qui connaissent le plus le chômage, ceux qui peuplent le plus les prisons et sont victimes d’injustices de toutes sortes. La ségrégation sociale, elle, demeure. Le capitalisme a besoin du racisme pour diviser les travailleurs blancs, noirs, latinos et autres pour mieux les exploiter. La longue exploitation des Noirs depuis l’esclavage n’a été entreprise que pour enrichir les capitalistes. C’est ainsi que nos frères noirs constituent aussi une grande fraction de la classe ouvrière nord américaine. Et si demain, par exemple, ils se révoltaient contre l’exploitation capitaliste, ils pourraient ébranler le système. Ils pourraient être l'avant-garde révolutionnaire de la classe ouvrière dans son ensemble. Au cours de cette lutte il sera nécessaire de se débarrasser aussi de la minorité de capitalistes noirs, des dictateurs noirs et tous ces politiciens noirs, petits serviteurs zélés des États impérialistes, en Afrique, aux Antilles, aux USA. La lutte révolutionnaire contre le système capitaliste est la seule voie qui permettra aux Noirs d’en finir avec la source même du racisme qui est l’exploitation capitaliste. Et dans le même temps elle libèrera l’ensemble des travailleurs exploités, Blancs, Latinos, Indiens et autres. Cette lutte, si elle parvenait au renversement du capitalisme américain qui est le chef de tous les autres États capitalistes, permettrait aussi de libérer toute l’humanité exploitée et souffrante de la planète. Nous, travailleurs noirs et Noirs pauvres des Antilles, qui avons connu la même histoire d’origine que nos frères des USA, puis ensuite le colonialisme et une longue série de tueries des travailleurs en lutte par les militaires blancs appelés par les exploiteurs blancs, nous avons aussi la même lutte à mener. Nous le ferons avec nos frères Indiens qui eux aussi ont connu les affres de la déportation et du colonialisme. Et nous appellerons nos frères de classe blancs de la France à se battre aussi contre l’exploitation capitaliste. Pour le peuple noir des Amériques et d’Afrique il n’y a aucune issue dans le système actuel. Si nous savons traduire en lutte révolutionnaire sur le terrain toute la révolte accumulée pendant des siècles dans nos cœurs et dans nos têtes, nous pouvons constituer une force sociale révolutionnaire considérable, qui aidera au renversement du monde capitaliste et en créera un nouveau débarrassé de l’oppression sous toutes ses formes. Il n’y a pas d’autre voie libératrice que celle-là !


États-Unis : la colère des Noirs ne faiblit pas

Après les émeutes à Ferguson, ville du Missouri où un jeune Noir a été assassiné par un policier blanc, la mobilisation s’est intensifiée. Samedi 13 décembre, plusieurs manifestations ont eu lieu dans différentes villes des États-Unis. À Washington les manifestants se sont rassemblés devant le Congrès pour exiger la condamnation des policiers qui tuent les Noirs sans défense. Ces actes racistes sont courants. La relaxe du policier Darren Wilson qui a tué le jeune Noir Michael Brown a entraîné plusieurs jours d’émeutes dans la ville de Ferguson. Mais depuis, deux autres Noirs ont été assassinés : un jeune Noir de douze ans qui s’amusait avec un pistolet en plastique et un vendeur de cigarettes à New York qui a été étouffé par des policiers. Les policiers n’ont pas été condamnés. Ces meurtres à répétition sont le reflet du quotidien des Noirs qui sont en butte à la répression policière et judiciaire. Ce sont eux qui peuplent les prisons et qui sont le plus souvent condamnés à la peine de mort. Barack Obama a reconnu qu’il y avait des injustices contre les Noirs et que le racisme n’avait pas disparu aux États-Unis. Mais il ne s'est nullement engagé sur la condamnation des policiers et sur l’arrêt des brutalités policières contre les Noirs aux États-Unis. Ces derniers n’ont rien à attendre d’un président, même s’il est noir, pour qu’il intervienne en ce sens. Barack Obama représente la bourgeoisie américaine, une bourgeoisie réactionnaire et raciste qui réprime ceux qui osent lever la tête contre les injustices.


Guadeloupe : Report au 3 mars du procès de nos camarades, Sony Laguerre et Raphaël Cécé

Le 2 décembre, nos deux camarades militants de Combat Ouvrier et du journal Rebelle ! étaient convoqués pour leur procès en appel au tribunal de Basse-Terre. Une centaine de personnes sont venues les soutenir : de nombreux lycéens et étudiants, mais aussi des militants de Combat Ouvrier et d’autres organisations (CGTG, UGTG, FSU, UPLG, Tèt Kolé, Parti de gauche, SOS Basse-Terre Environnement). Plusieurs dizaines de personnes ont pu cette fois avoir gain de cause pour accéder à la salle d’audience, comme le prévoit la loi, c’est une première avancée du rassemblement et de la protestation ! Pour mémoire, ces deux étudiants ont été condamnés en première instance à 8 mois de prison avec sursis, pour Sony Laguerre, et 5 mois de prison avec sursis, pour Raphaël Cécé. On les accuse d’avoir menacé et frappé des policiers lors d’un rassemblement organisé par le journal Rebelle ! le 18 mai 2012 devant le commissariat de Pointe-à-Pitre. Ce jour-là, la police avait violemment chargé à plusieurs reprises les manifestants qui soutenaient pacifiquement une lycéenne convoquée à la demande de son proviseur. En réalité, nos deux camarades sont poursuivis pour leurs idées et pour leur militantisme. Les autorités les ont condamnés en première instance pour l’exemple, parce qu’elles n'acceptent pas que des jeunes se rebellent contre les abus d'autorité et les injustices et, crime impardonnable, qu'ils affirment haut et fort de surcroît leurs idées communistes révolutionnaires avec leur organisation politique trotskyste, Combat Ouvrier. Les dossiers juridiques sont vides. Ce procès est un procès politique. Si Sony Laguerre et Raphaël Cécé étaient vraiment coupables, pourquoi la police n’a-t-elle pas transmis au tribunal les films de ses propres caméras de vidéosurveillance ? Pourquoi a-t-elle arrêté immédiatement Raphaël, accusé de simples menaces, et Sony seulement une semaine plus tard, alors que lui est accusé de voies de fait, ce qui est beaucoup plus grave ? Pourquoi le procès en première instance a-t-il été renvoyé trois fois à la demande des policiers ? Pourquoi y a-t-il eu autant d’irrégularités lors de l’audience qui a eu lieu le 13 mars 2013 ? Les policiers eux-mêmes ne prennent pas au sérieux leurs propres accusations, puisqu’ils ne se sont pas présentés, ni leur avocate, lorsque le tribunal devait fixer le montant de leur « préjudice » quelques mois plus tard, en septembre 2013. Le 2 décembre dernier, ils étaient à nouveau absents, ainsi que leur avocate. C’est parce que cette affaire embarrasse les autorités qu’elles ont essayé de tenir le procès en appel à huis clos, en bloquant l’accès du public au tribunal le 9 septembre 2014. Mais la mobilisation nous a permis de remporter une première victoire : le 2 décembre, après des négociations avec une représentante de la préfecture, nous avons pu entrer dans la salle pour accompagner nos camarades. Le droit à un procès public est un élément de base de tout État qui se prétend démocratique, il est donc hors de question que Sony Laguerre et Raphaël Cécé soient jugés en catimini ! L’audience a été renvoyée au 3 mars 2015, toujours au tribunal de Basse-Terre, à 14h. Soyons encore plus nombreux ce jour-là pour soutenir nos camarades !

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