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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1122 du 22 novembre 2014/Quatrième page

Quatrième page

Etats Unis : Etat d'urgence à Ferguson !

ZoomLe gouverneur du Missouri (centre des États-Unis) Jay Nixon a décrété lundi 17 novembre l'état d'urgence en prévision d'une possible flambée de violences à Ferguson, petite ville de 22 000 habitants. En effet, la décision du grand jury du comté de Saint Louis sur l’inculpation ou non du policier blanc Darren Wilson qui a tué le jeune noir Michaël Brown le 9 août 2014est attendue dans les jours prochains. Le policier meurtrier avait prétendu avoir été agressé, alors qu'un témoin avait affirmé que le jeune avait levé les bras et se rendait à la police. Pendant plusieurs jours la population de la ville, aux deux tiers noire, avait crié sa colère manifestant, bras levés en criant : «Les mains en l'air, ne tirez pas» et «Pas de justice, pas de paix» et exiger que justice soit rendue à l'encontre du policier assassin. Suite à ces manifestations et au risque de les voir s’étendre à d’autres villes, le département américain de la Justice avait décidé une enquête sur le comportement de la police de Ferguson. Une double autopsie avait déterminé que Michael Brown avait été atteint par au moins six balles dont deux à la tête, et que les coups de feu avaient été tirés à dix mètres, ce qui contredisait la version policière et confirmait qu’il s’agissait d’un assassinat raciste. Aujourd’hui, la décision du grand jury de Saint Louis, selon qu’elle aboutit à une inculpation du policier meurtrier ou pas, peut déclencher de nouvelles manifestations, voire des émeutes dans certaines villes des États Unis. En effet, à Ferguson comme dans de nombreuses autres villes, les tensions venant des injustices et de la répression policière mais aussi de la dégradation profonde de la situation des masses laborieuses et spécialement celle des Noirs, ont augmenté après la crise dite des subprimes (prêts toxiques), et la crise financière. Des pans entiers de l’économie sociale, dans les écoles, les logements, la santé ont disparu, laissant les travailleurs et les populations de nombreuses villes dans une pauvreté et une désespérance de plus en plus grandes. Un jour où l’autre, et malgré les mesures policières ou la proclamation d’un état d’urgence, cette situation inique dans le pays le plus riche du monde, déclenchera à nouveau des révoltes importantes, et elles partiront probablement des masses laborieuses exploitées noires. Il faudra alors espérer qu’elles trouvent le chemin de la lutte des travailleurs pour le renversement de cette société capitaliste.


Etats Unis : Michigan : une campagne au nom de la classe ouvrière

Dans le Michigan, l'État industriel dont la capitale est Detroit, berceau de l'automobile, cinq candidats se présentaient ensemble «pour un combat ouvrier sur une politique ouvrière», avec le soutien du groupe trotskyste The Spark. Deux de ces candidats se présentaient au Congrès fédéral. Dans le 12ème district du Michigan, banlieue à l'ouest de Detroit, Gary Walkowicz a obtenu 5 039 voix, soit 2,44 % des suffrages. Cet ouvrier de Ford s'était fait un peu connaître il y a quelques années en se présentant à la présidence du syndicat de l'UAW, le syndicat de l'automobile, dont la direction se considère comme «partenaire» du patronat et exhorte les travailleurs à accepter des sacrifices. Dans le 13ème district, essentiellement composé de la ville de Detroit, Sam Johnson a obtenu 3 466 voix, soit 2,07 %. Ancien ouvrier de Chrysler, aujourd'hui retraité, il a participé dans les années 1960 à la lutte des noirs contre la ségrégation raciale, il est l'auteur de Mémoires intitulées «A Fighter all my Life» (Combattant durant toute ma vie). Les trois autres candidats se présentaient à des conseils d'administration des écoles. À Dearborn, siège historique de l'entreprise Ford, la candidate a eu 5 153 voix : plus de 20 % des 25 127 votants ont voté pour elle. Dans la même ville, mais pour un autre conseil, le candidat a obtenu 2 431 voix, près de 10 %. Seul a été élu le candidat au conseil du Community College (un centre universitaire de premier cycle) du comté de Wayne, avec 15 661 voix, soit 95 %. Employé municipal, il était seul candidat. 2 % des suffrages, cela peut sembler peu. Mais ces résultats sont meilleurs que ne le sont d'ordinaire ceux des candidats «indépendants», c'est-à-dire présentés en dehors des deux grands partis, Démocrate et Républicain qui dépensent des millions de dollars pour chaque scrutin. En regard des difficultés que rencontre une telle campagne pour se faire entendre, même 2 % dans une grande circonscription électorale [d'environ un demi-million d'électeurs], c'est beaucoup. Et les trois candidats aux conseils scolaires ont fait encore mieux. Aux USA, les grands médias ne rendent pas compte des candidatures indépendantes. Il n'y a ni circulaire électorale, ni bulletin de vote envoyé aux électeurs. Tout repose sur la campagne militante. Malgré cela, le point de vue des travailleurs a été entendu cette année dans le Michigan. Des bénévoles se sont adressés aux gens dans la rue, sur les marchés, aux portes des usines, aux arrêts de bus, en porte-à-porte, dans des réunions, au nom du camp des travailleurs. Et des milliers d'entre eux ont répondu présent, non seulement en votant, mais aussi en parlant de cette campagne autour d'eux. Ils peuvent être le noyau du combat à mener. Sur le site internet de la campagne, Gary Walkowicz et Sam Johnson ont déclaré après le scrutin : « Des milliers de travailleurs, qui sont indignés par les attaques incessantes, ont pu exprimer leur colère en votant pour des candidats qui ont dit ce que beaucoup de travailleurs savent vrai : que rien ne s'améliorera pour les travailleurs jusqu'à ce qu'ils commencent à se battre en tant que classe. Les cinq candidats seront là demain, tout comme ils l'étaient pendant la campagne, pour appeler à une lutte de la classe ouvrière sur la base d'une politique de la classe ouvrière».


Hong Kong : derrière le mouvement des étudiants.

Depuis le mois de septembre, des dizaines de milliers de jeunes en majorité des étudiants manifestent contre le pouvoir à Hong Kong. Ils font face à un gouvernement qui veut imposer des candidats sélectionnés par ses soins pour les futures élections. Les manifestants ont défilé dans les rues, posé des barricades, occupé des lieux publics, pour que les dirigeants cèdent. En fait, c’est en 1997 que Hong Kong, dernier confetti de l’empire colonial britannique en Asie, est restitué à la Chine après 155 ans de séparation. La ville est devenue une «région administrative spéciale» disposant d’un large degré d’autonomie, avec sa propre mini-constitution. La nouvelle administration chinoise s’est engagée à respecter la libre entreprise et la liberté de commerce en vigueur sous les Britanniques. Cependant les inégalités sociales entre les classes riches et les classes pauvres exploitées sont les mêmes que dans le reste de la Chine. Comme d’habitude face à la protestation, le gouvernement envoie ses policiers contre le mouvement et les charges de la police ont déjà fait des centaines de blessés. Pour se protéger des attaques policières et gaz lacrymogènes, les manifestants s’équipent de parapluies d’où le nom de «Révolte des parapluies». Mais derrière ces protestations des étudiants, il y a aussi beaucoup de jeunes de familles aisées, non liées au pouvoir, et qui revendiquent grâce à ces manifestations d’avoir aussi leur place au soleil. Ce qu’ils veulent, c’est pouvoir eux aussi à l’avenir faire librement des affaires et s’enrichir sans que le pouvoir chinois ne pose son veto. Ce mouvement d’étudiants peut faire céder le gouvernement chinois sur certains points, mais ce n’est que lorsque les classes laborieuses contesteront massivement les injustices et les inégalités sociales que les choses pourront réellement changer à Hong Kong et même dans le reste de la Chine.


Israël-Palestine : Terrorisme d'Etat contre terrorisme : une impasse pour les deux peuples

Aux meurtres perpétrés par la police et l'armée israéliennes contre les Palestiniens, ces derniers répondent par des attentats. Après deux attentats réalisés avec des voitures béliers, un nouveau a été perpétré le mardi 18 novembre dans une synagogue faisant 4 morts parmi les fidèles juifs qui priaient. Les deux assaillants palestiniens ont été abattus. Cet attentat était la réponse au meurtre d’un chauffeur de bus palestinien la veille Jour après jour les attentats répondent aux attentats. La droite au pouvoir en Israël et les orthodoxes profitent pour regrouper autour d’eux la population juive et poursuivre leur politique du grand Israël. Tout se passe comme si Israël voulait annexer toute la Palestine et expulser sa population arabe. Jour après jour, ils humilient les Palestiniens, les expulsent de leurs maisons, les répriment et les jettent en prison sans jugement. Mais les Palestiniens résistent avec leurs faibles moyens. Il y a six mois les bombardements de Gaza ont fait des milliers de victimes chez les Palestiniens. Quant au gouvernement israélien, il a multiplié ces derniers temps l’implantation de colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La dernière mesure humiliante de ce gouvernement contre les Palestiniens est d’interdire l’esplanade des mosquées aux moins de 50 ans. Humiliation, vexation, pauvreté sont le lot des Palestiniens. Il est donc inévitable qu’ils se défendent. Face à cette situation, les soutiens d’Israël que sont les États occidentaux et les USA dénoncent les attentats palestiniens et revendiquent pour Israël le droit de se défendre. Pour eux les Palestiniens n’ont aucun droit, et surtout pas celui d’avoir un État palestinien. Cet engrenage d'attentat contre attentat est une impasse pour les deux peuples. C’est une aubaine pour les États impérialistes qui les divisent pour avoir les mains libres pour mieux contrôler la région et exploiter les richesses pétrolières.





Guadeloupe :réunion publique de Combat Ouvrier vendredi 28 novembre à 19h salle Rémy Nainsouta à pointe-à-pitre !

- Pour soutenir nos deux camarades de Combat Ouvrier et du journal Rebelle Sony Laguerre et Raphaël Cécé dont le procès en appel se déroulera le 2 décembre à 14h au tribunal de Basse Terre !

- Pour protester contre le procès qui leur est fait! - Pour appeler les travailleurs et l'ensemble de la jeunesse à les soutenir massivement et à se révolter contre l'injustice !

VENEZ NOMBEUX !


Avis aux lecteurs

Nous regrettons de ne pouvoir assurer la parution du prochain numéro, le 6 décembre prochain. Il paraîtra le 20 décembre.

Erratum : Dans le numéro précédent, nous avons écrit par erreur dans l'éditorial : "Jacques Gillot président du Conseil Régional". Non, Jacques Gillot est président du Conseil général.


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