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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1122 du 22 novembre 2014/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : Faculté de Droit : victoire des étudiants non-payés

Soutenus par les jeunes militants du journal Rebelle ! des étudiants se sont mobilisés fin octobre. Ils avaient travaillé pour la communauté de communes Cap Excellence, par le biais du CAGI (Centre d’Analyse Géopolitique et Internationale), mais sans signer de contrat de travail et surtout sans être payés ! Cette situation a duré des mois, deux ans pour certains. Les salaires non-payés pouvaient atteindre 2500€. Aucun responsable de la Faculté de Droit ne voulait régler le problème, à commencer par le doyen, M. Montauban. Tout le monde se renvoyait la balle, et chaque jour on inventait un nouveau prétexte pour les étudiants qui venaient réclamer leur dû. Pourtant, la faculté avait bien reçu de Cap Excellence les fonds destinés à payer les étudiants ! Comme par miracle, c’est lorsqu’ils ont dénoncé publiquement ce scandale que les étudiants ont commencé à avoir des réponses. Après une semaine de mobilisation, ils ont obtenu gain de cause… et ils ont ainsi donné une leçon de droit à leurs professeurs !


Guadeloupe : La grève à la Palette-Weldom-Batica : signature d’un accord de fin de conflit !

Les employés avaient commencé leur grève le 10 octobre suite à l’échec des NAO (Négociations annuelles obligatoires). La revendication principale portait sur une augmentation de salaire de 100€ car la direction ne proposait rien et répétait que les demandes des salariés étaient exagérées. Après plusieurs séances de négociations, la direction restait ferme sur sa position et proposait des miettes malgré les bons résultats obtenus par l’entreprise. Les grévistes sont restés actifs sur leur piquet. La direction quant à elle les a assignés devant le tribunal de Grande Instance. Une première fois le tribunal a débouté la direction du groupe au motif qu’il n’y avait pas d’entrave. Mais lors de la deuxième assignation, les responsables du groupe ayant produit des attestations de leurs amis patrons soi-disant clients empêchés de venir acheter, le tribunal a cette fois condamné les grévistes et ordonné leur expulsion sous astreinte de 1000€ par jour, par personne et par infraction constatée. Le 4 novembre, les grévistes de La Palette-Weldom-Batica ont reçu le soutien des travailleurs de la banane de la SA-Bois-Debout (plantation Dormoy) en lutte et, tous ensemble, ils ont défilé dans les rues de Jarry ce qui a regonflé leur moral et provoqué un petit recul de la direction. D'autres camarades comme eux syndiqués à la CGTG étaient aussi présents. Mais malgré leur détermination, les grévistes n’ont pas pu arracher les 100€ réclamés. Ils ont signé un accord de fin de conflit le vendredi 7 novembre 2014 qui prévoit une augmentation de salaire de 1% avec effet rétroactif au 01/01/14 et une augmentation de la prime exceptionnelle de juin de 1% également. Il prévoit aussi l’organisation en décembre de la négociation sur la mise en place de la prise en charge partielle de la mutuelle. Le travail a repris le 8 novembre. L’accord signé ne permet pas aux grévistes de La Palette-Batica-Weldom d’arracher tout ce qu’ils réclamaient, mais cette grève a renforcé les liens entre les grévistes. Pour certains c’était la première expérience de grève. Notamment certains jeunes à qui la grève a montré qu’ils doivent se battre pour arracher la moindre augmentation de salaire. Les grévistes ont repris le travail la tête haute et doivent être fiers d’avoir résisté à leur patron. Ils auront d’autres luttes à mener car dans ce contexte de soi-disant crise, les patrons ont déjà annoncé la couleur pour 2015 : pas d’augmentation de salaire.


Guadeloupe : Les Rebelle ! s’invitent au Pancap

Le Pancap c’est le Partenariat Pan-Caraïbe contre le VIH/sida, un organisme de l’ONU chargé de la lutte contre cette épidémie dans notre région, la 2e la plus touchée au monde après l’Afrique noire. Cette année, la conférence annuelle a eu lieu en Guadeloupe, du 3 au 5 novembre. Les jeunes de Rebelle ! se sont fait entendre en s’invitant à la soirée d’ouverture. Ils ont distribué un tract et pris la parole pour dénoncer l’absence de prévention dans les établissements scolaires de Guadeloupe. En effet, aucun lycée ne possède de distributeur de préservatifs. On n’en trouve même pas sur les campus universitaires ! Le coup d’éclat des Rebelle ! a embarrassé les organisateurs de la conférence, mais de nombreux officiels les ont applaudis, en particulier les représentants des autres pays de la caraïbe. Le directeur de l’Agence Régionale de Santé a reconnu qu’il y a un problème. Il a proposé d’organiser une réunion entre ses services, ceux du rectorat et les jeunes de Rebelle ! Affaire à suivre…


Martinique : 11 novembre 2014. Mauvaise foi, ou mémoire défaillante ?

La commémoration du centenaire du déclenchement de la guerre de 1914-1918 a été marquée par l’organisation de multiples cérémonies. Pratiquement partout, on a entendu les mêmes refrains : il s’agissait de rendre hommage «à ceux qui se sont sacrifiés pour défendre la France». Cet affrontement entre l’Allemagne et la France dans un premier temps puis mondial a vu périr 10 millions d’hommes et de femmes d’origines géographiques diverses et des millions de mutilés ou qui ont perdu la raison. La France, puissance coloniale a largement puisé dans ses réserves coloniales pour «approvisionner en chair à canon» les champs de bataille européens. Ainsi, des milliers d’originaires de colonies africaines et antillaises (Guadeloupéens, Martiniquais ou des Guyanais), ont été acheminés en France pour défendre la «patrie». Et la très grande majorité de ces hommes y ont laissé la vie. Mais lors de toutes ces commémorations, la véritable cause de cette boucherie est occultée : le partage du monde et des colonies par la bourgeoisie des pays impérialistes !


Martinique : Les dockers continuent leur mouvement

Les grévistes ont démarré le mouvement début octobre. Les patrons manutentionnaires ont refusé d’engager la négociation avec leurs délégués syndicaux et exigeaient que la discussion de cette prime se fasse dans le cadre d’une commission de révision de la convention collective des dockers, avec l’ensemble des syndicats. L'idée d'aller en commission de révision avait été évoquée lors de la Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) d'avril 2014. Cette idée fut exprimée après que la question du rétablissement de la prime Roro mais aussi d'autres revendications soient posées : méthode de calcul de la prime de rendement, révision du salaire de base des chauffeurs d’engins de levage, prime de polyvalence… Au 17 novembre, les dockers du port de Fort-de-France continuaient leur mobilisation pour obtenir une prime de 2000€ en fin 2014. Cette prime exceptionnelle viendrait en compensation de la suppression depuis 2010 par les patrons manutentionnaires du groupe GEMO de la prime Roro (prime versée aux dockers lors du débarquement des navires rouliers chargés de véhicules). Lors de la première réunion de révision de la convention collective qu’il avait fixée au jeudi 13 novembre, le patronat est venu avec des contrepropositions liées surtout à une flexibilité accrue du temps de travail, à une nouvelle lecture des qualifications et à une garantie du déchargement de navires rouliers. En réponse à ces contrepropositions qu’ils jugeaient «inacceptables», les ouvriers dockers tiennent bon. Forts de cette combativité, leurs délégués syndicaux outrés de l'attitude de la direction, ont quitté la table des négociations. Le bateau roulier arrivé le samedi 16 novembre a quitté l’escale de Fort-de-France le jour même sans avoir pu faire décharger ses 800 véhicules. Les prochaines négociations entre délégués syndicaux des dockers et patrons manutentionnaires du groupe GEMO sont fixées au mardi 18 novembre. Vu l’urgence du débarquement des véhicules, les pressions des professionnels, concessionnaires ou loueurs de voitures, les patrons pensaient pouvoir faire passer leurs exigences pour un relookage de la convention collective à la baisse. Mais malgré les dénigrements dont ils font l’objet dans certains médias en raison des salaires qu’ils ont pu arracher aux magnats de l’import-export, plus élevés que les salaires moyens, malgré les habituelles pressions venant des milieux patronaux, et du milieu politique à leur service, les dockers se sont montrés bien décidés à obtenir satisfaction.

DH : Mouvement des dockers


Un accord est intervenu entre patrons manutentionnaires et syndicats des dockers au petit matin du 19 novembre. La  prime obtenue est une prime exceptionnelle de 800€ net payable à l'ensemble des dockers au 15 décembre 2014. Elle a été obtenue au petit matin après une longue nuit de négociations. Les dockers ont également obtenu le paiement de 2 jours de grève. Pour autant, la revendication du rétablissement de la prime Roro qui n'a pas été réglée dans cette négociation est maintenue et figure au procès verbal de fin de conflit. Les dockers présents lors de l'assemblée générale de compte-rendu étaient satisfaits


Martinique : Ouvriers agricoles : vers la lutte d'ensemble ?

Le mardi 11 novembre, une réunion syndicale de la CGTM était organisée avec plus d’une quarantaine d’ouvriers agricoles au François. Les délégués syndicaux et du personnel d'une dizaine d'habitations étaient présents. Les objectifs de la réunion étaient de dénoncer l’aggravation des conditions de travail, et le non-respect de la sécurité, mais aussi le non-respect des délégués du personnel sur les habitations : Le Verger à Basse-Pointe, ou du Grand Sud, quartier Sigy au Vauclin. Les salariés ont dénoncé l’augmentation de la charge de travail sur les exploitations mais aussi les retraits sur les salaires pratiqués par certains directeurs pour des tâches soi disant «non terminées», ainsi que le harcèlement moral exercé sur les ouvriers par les chefs des habitations. Ils dénonçaient aussi le non respect de la convention collective des ouvriers agricoles. Au cours de cette rencontre, les ouvriers du Grand Sud au Vauclin ont raconté la grève qu’ils ont menée le 21 octobre dernier. A la suite de cette grève, leur patron a été obligé de satisfaire leurs revendications. Ils ont obtenu l’annulation des retraits sur salaires, sous prétexte de tâches non terminées, la réparation des remorques des tracteurs en mauvais état et plus généralement le respect de la convention collective et des règles d’hygiène et de sécurité. Comme eux, les ouvriers des différentes habitations ont chacun à son tour expliqué et dénoncé l’attitude de leur patron et de leurs responsables, mais aussi ils ont fait part de leur mécontentement face à leurs mauvaises conditions de travail. Les travailleurs présents ont constaté qu’ils rencontraient tous les mêmes problèmes d'exploitation patronale. Une rencontre fructueuse, qui a suscité auprès des ouvriers la volonté de renforcer les liens entre eux pour ensemble relever la tête.


Vent de colère populaire au Mexique

Des hommes de main du cartel de la drogue arrêtés, ont avoué que les 43 étudiants disparus ont été tués puis brûlés. Cette révélation macabre a soulevé la colère dans tout le Mexique. Plusieurs manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes. Le palais national à Mexico a été incendié. Le siège du parti gouvernemental de l’État de Guerrero dans le sud a été également incendié. La population s’insurge contre les disparitions organisées par les trafiquants responsables de nombreux charniers, mais aussi contre le gouvernement et les partis qui ont des liens avec ces trafiquants qui demeurent impunis. Le maire d’Iguala qui a donné l’ordre de tirer sur les étudiants ainsi que sa femme ont été arrêtés. Ils seraient complices de la disparition des étudiants. Le président Pena Nieto est issu du Parti institutionnel révolutionnaire qui a derrière lui plusieurs dizaines d’années de corruption. Quant au Parti de la révolution qui se dit de gauche, le maire d’Iguala en est membre. Tous ces représentants politiques défendent ouvertement le cartel de la drogue. Face à la colère de la population, le gouvernement a déclaré hypocritement qu’il y aurait des enquêtes suite à quelques arrestations. Mais la population ne fait pas confiance à la justice ni au gouvernement. Et elle a bien raison de se méfier d'eux, car c'est tout l'appareil d'État qui est gangréné par la corruption.

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