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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1122 du 22 novembre 2014/Première page

Première page

Editorial : Combattre sans relâche le mépris contre les immigrés !

ZoomAux Bahamas, on assiste à une dangereuse aggravation de la xénophobie contre nos frères haïtiens. Le ministre des affaires intérieures et de l’immigration, Frederick Mitchell, avait annoncé la couleur en septembre : «nous n’accepterons pas les demandes des immigrés illégaux qui demandent des visas pour travailler. Quiconque le fera sera arrêté, poursuivi et expulsé». C’est ce type de nouvelles lois contre l’immigration qui ont été mises en œuvre dès le 1er novembre 2014. Ces lois arbitraires visent surtout les migrants haïtiens qui sont les plus nombreux à vivre aux Bahamas. Les personnes qui n’ont pas de passeport valide de leur pays d’origine sont expulsées. Les enfants nés aux Bahamas de parents étrangers, doivent avoir un passeport provenant du pays de leurs parents. Depuis le début du mois de novembre, des raids ont été organisés par le gouvernement, pour faire la chasse aux Haïtiens. Environ 450 personnes ont été arrêtées y compris des enfants. Les agents de l’immigration ont ciblé les quartiers où se trouvent les immigrés haïtiens et certaines écoles publiques. Ces migrants sans papier et même leurs enfants se retrouvent ensemble parqués dans des conditions de détention exécrables. Des milliers de personnes vivent dans la peur d’être arrêtées et expulsées. Certaines fuient et se cachent dans les maquis. Les propos xénophobes contre les Haïtiens se propagent dans la population bahamienne mais aussi dans la plupart des pays de la Caraïbe. Ceux qui déversent, comme en Guadeloupe aussi mépris et haine sur ceux qui sont plus pauvres qu’eux, sont des imbéciles. Ils n’ont pas compris que leurs ennemis ne sont pas les pauvres. Les Bahamas sont connus pour être un paradis fiscal qui sert de refuge à de nombreuses entreprises multinationales. Plutôt que de s’attaquer aux vrais responsables de la misère et de la pauvreté que sont ces sociétés capitalistes, il est plus facile de s’en prendre à plus pauvre que soi comme bouc émissaire. La bourgeoisie s’est toujours servie de la concurrence entre les travailleurs étrangers et ceux du pays pour exacerber les tensions et la division entre travailleurs. En effet, souvent ces travailleurs immigrés acceptent de travailler dans des conditions épouvantables pour des salaires de misère. Certains patrons peu scrupuleux n’hésitent pas à exploiter cette main d’œuvre à bon marché en leur faisant du chantage pour les empêcher de réclamer leur dû. Lorsqu’on s’attaque à nos frères de la Caraïbe, c’est à nous mêmes qu’on s’en prend. Aucun exploité n’est à l’abri du chômage, de la précarité, et de la misère. Nous sommes tous à la merci de ces trusts avides de profits qui pillent, exploitent et appauvrissent des populations dans la Caraïbe et dans le monde. La xénophobie se manifeste aussi au sein de la population de Guadeloupe et de Martinique. Nos frères haïtiens immigrés, plus nombreux que les autres, sont particulièrement visés. Il faut combattre ce triste phénomène sans aucune complaisance. Les travailleurs, les exploités, les pauvres qu'ils soient des Bahamas, Guadeloupéens, Martiniquais ou d'ailleurs ont les mêmes ennemis, les exploiteurs, les capitalistes. Ce sont ces derniers qu'il faut combattre, ce sont ces derniers les véritables étrangers qu'il faudra chasser un jour de partout. Ce sont eux qui engendrent la grande misère dans une multitude de pays en Caraïbe, en Afrique, au Moyen Orient, que fuient les émigrés pour simplement survivre. Ils sont soutenus et entretenus par les grands pays impérialistes qui les protègent. La seule manière de commencer cette lutte contre la xénophobie c’est déjà de la condamner autour de nous, de ne pas laisser dire et faire contre les émigrés. Dans le même temps, il faut mettre en action la solidarité, la lutte collective de tous les travailleurs contre ceux-là mêmes qui sont responsables de la barbarie, des guerres, et de la misère et par voie de conséquence de l'émigration forcée : les capitalistes et les gouvernements à leur service.


Guadeloupe : Les travailleurs de la plantation SA-Bois Debout déterminés à obtenir satisfaction.

En mouvement depuis le 10 octobre, les travailleurs de la SA-Bois Debout à Capesterre-B-E exigent une amélioration de leurs conditions de travail mais surtout le paiement intégral de leurs salaires. Ils ont usé de leur «droit de retrait» à partir du 15 octobre relayé d’un «droit d’alerte» du CHSCT le lendemain. La SA-Bois Debout a fait traîner les choses. Ce n’est que le 4 novembre qu’elle a saisi l’inspectrice du travail, suite au désaccord sur l’enquête avec le CHSCT, pour lui communiquer les mesures qu’elle entendait mettre en œuvre pour mettre fin au «danger grave et imminent» qui existe sur 3 postes de travail : le transport des régimes de banane, la pose des sacs de polystyrène et la pose des ficelles. Le 7 novembre l’inspectrice du travail mettait ainsi fin au «droit de retrait» et accordait à la direction de la plantation un délai de trois mois pour la mise en place des mesures destinées à mettre fin au « danger grave et imminent». Mais la direction de la plantation refusant toujours de payer ce qu’elle doit aux ouvriers - la direction du travail a aussi ordonné à la SA-Bois Debout de payer aux ouvriers les salaires dus pour la période de retrait- le mouvement des ouvriers a continué, après le 7 novembre. Mais la SA-Bois Debout dirigée par L. Dormoy, se croit au-dessus des lois. Les travailleurs quant à eux n’entendent pas non plus se laisser voler près d’un mois de salaire, et sont plus déterminés que jamais. C’est ainsi que depuis le 7 novembre, ils ont décidé de camper à l’entrée de la plantation pour convaincre les hésitants. Une journée de solidarité a été organisée le mardi 11 novembre devant la plantation par la confédération CGTG, avec la participation de syndiqués CGTG d’autres secteurs. Elle a connu un vif succès. Mais la SA-Bois Debout, loin de payer les salaires qu’elle doit, continue ses manœuvres d’intimidation. C’est ainsi que le jeudi 13 vers 6h, un détachement de gendarmes avec gilets pare-balles est intervenu sur la plantation, pour enlever un barrage tenu par les grévistes et interdire toute entrée sur la plantation où il y a en permanence une nuée de vigiles et de garde du corps. Un recours déposé le 14 novembre au tribunal de Basse-Terre par la SA-Bois Debout pour délit d’entrave a été rejeté. Un meeting de soutien s’est tenu le vendredi 14 décembre au soir devant la mairie de Capesterre-B-E, avec interventions de travailleurs syndiqués CGTG de différents secteurs. Le lundi 17, un mouvement de ralentissement de la circulation a été organisé de Capesterre-B-E à Basse-Terre. Et les travailleurs de la SA-Bois Debout sont toujours mobilisés. A l’heure où nous écrivons, il semble qu’un certain nombre de planteurs tentent à nouveau d’intervenir pour trouver une solution au conflit. Une chose est sûre, c’est que pour les travailleurs de la SA-Bois Debout, la direction doit payer ce qu’elle leur doit.


Le procès contre nos deux camarades Sony Laguerre et Raphaël Cécé : un procès politique

LE 2 DÉCEMBRE A 13H, TOUS DEVANT LE TRIBUNAL DE BASSE-TERRE POUR PROTESTER CONTRE LA RÉPRESSION JUDICIAIRE QUI FRAPPE NOS DEUX CAMARADES DE COMBAT OUVRIER ET ANIMATEURS DU JOURNAL REBELLE ! SONY LAGUERRE ET RAPHAËL CÉCÉ ! Le procès en appel de nos deux camarades, Sony Laguerre et Raphaël Cécé, militants de Combat Ouvrier et animateurs du journal lycéen Rebelle ! devait avoir lieu le 9 septembre dernier au tribunal de Basse-Terre. A la demande des avocats de nos camarades, l'audience a été reportée au mardi 2 décembre 2014 à 14h. Le 9 septembre, environ une centaine de personnes étaient venues manifester devant le tribunal pour protester contre la répression judiciaire. Il y avait notamment des militants de Combat Ouvrier, des jeunes de Rebelle !, des militants de la CGTG, de l'UGTG, de l'UPLG, du FKNG, ainsi que des parents et amis de nos camarades. En première instance, Sony et Raphaël ont été condamnés à des peines très lourdes : 5 mois de prison avec sursis pour Raphaël et 8 mois avec sursis pour Sony et à de lourdes amendes. Il est reproché à nos deux camarades d'avoir - ce qui est absolument faux - "menacé de mort " les policiers pour Raphaël et infligé des coups et blessures, - pour Sony - aux policiers devant le commissariat de Pointe-à-Pitre - Abymes, le 18 mai 2012. Ce jour là, ils étaient simplement venus avec un groupe de lycéens et d'étudiants accompagner une jeune camarade lycéenne convoquée par la police pour des faits en relation avec Rebelle !. En fait, ce sont les policiers qui les ont chargés brutalement, sans raison. Ce procès infligé à nos deux camarades va, en réalité, bien au delà de ces faits ! Il s'agit d'un procès politique parce que ces deux camarades, leur journal lycéen Rebelle !, leur organisation, Combat Ouvrier, n'ont pas l'heur de plaire à l'administration coloniale dans son ensemble. Ce qu'on leur reproche en réalité ce sont leurs idées et leur action. TOUS AU MEETING DE COMBAT OUVRIER AVEC SONY ET RAPHAËL LE VENDREDI 28 NOVEMBRE A 19H SALLE RÉMY NAINSOUTA À POINTE-À-PITRE ! La Conférence de presse de Combat Ouvrier avec Sony Laguerre et Raphaël Cécé se tiendra aussi 10h le vendredi 28 novembre à la maison de Marie Galante sur la place de la Victoire à Pointe-à-Pitre.

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