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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1121 du 8 novembre 2014/Quatrième page

Quatrième page

OCTOBRE 1917 : LES TRAVAILLEURS ONT PRIS LE POUVOIR EN RUSSIE

ZoomLénine s'adressant à la foule. En bas à droite Léon Trotsky. Son image fut enlevée par la suite par le pouvoir stalinien.Dans la nuit du 24 au 25 octobre 1917, des ouvriers, soldats et matelots révolutionnaires imposaient à la tête de la Russie le pouvoir des travailleurs, représentés par les Soviets (conseils ouvriers). Cette révolution qui a eu lieu il y aura bientôt 100 ans nous concerne aujourd’hui plus que jamais. La barbarie dans laquelle le capitalisme sous sa forme impérialiste a plongé le monde, les énormes inégalités entre l’infime minorité, la plus riche, et la masse des pauvres, la dégradation de la planète due à l’incohérence du système et à la rapacité de la classe capitaliste dominante… autant de raisons de penser que ce système doit être renversé. «Socialisme ou barbarie» écrivait Karl Marx. La barbarie, nous la voyons ou la vivons tous les jours, et cela peut devenir bien pire. Quant au socialisme ou au communisme, ces termes sont et ont été dévoyés pour désigner des partis et des États agissant à l’exact opposé de ce qu’ils signifient en réalité. Revenir sur le processus qui a conduit les travailleurs à prendre le pouvoir en Russie et à diriger l’URSS pendant plusieurs années est donc un exemple et un espoir pour les opprimés et les exploités du monde entier : oui, la prise du pouvoir par la classe ouvrière est envisageable autant que nécessaire.

LES COMBATS QUI ONT PRÉPARÉ LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE

L’insurrection d’octobre 1917 fut l’aboutissement d’un mouvement révolutionnaire qui agitait la Russie, empire des tsars, depuis de nombreuses années. A la fin de XIXe siècle, des «terroristes», les Narodnikis, révoltés par l’injustice et la violence de ce régime féodal, organisaient des attentats politiques, dont l’assassinat du tsar Alexandre 2 en 1881. En 1905, une première révolution ouvrière constitua la «répétition générale» de celle de 1917. Les premiers organes révolutionnaires du pouvoir de la classe ouvrière : les Soviets (Conseils ouvriers), apparurent. Leurs représentants élus par les travailleurs des quartiers et des usines pouvaient être révoqués à tout instant. L’échec de cette première révolution entraina une répression, mais le Parti des travailleurs, le Parti Bolchévik, continua à se renforcer. La première guerre mondiale, dans laquelle la Russie était impliquée, rajouta à la misère des masses. Les soldats russes, comme tous ceux qui ont fait la guerre, vivaient des conditions épouvantables. La population affamée voulait du pain et voulait la paix. Les paysans qui s’échinaient sur les terres appartenant aux grands propriétaires voulaient la terre. En février 1917, la pression longtemps contenue éclata. Une manifestation de femmes, les ouvrières du textile de Saint Petersburg, fut l’étincelle. Les travailleurs de la ville s’engagèrent dans la lutte. Ils furent rapidement rejoints par les soldats. S’appuyant sur la première expérience de 1905, ces insurgés constituèrent des Soviets dans les usines, les quartiers. Cette première insurrection contraignit le tsar à abdiquer. La bourgeoisie, soucieuse de préserver ses intérêts, constitua un gouvernement provisoire. De leur côté, les ouvriers et soldats avaient leur propre pouvoir, les Soviets. Lénine et une minorité de révolutionnaires bolchéviks revendiquaient tout le pouvoir aux soviets, ils étaient convaincus que la prise du pourvoir politique par le prolétariat était possible et nécessaire, mais la majorité des travailleurs ne les suivaient pas encore. Le gouvernement provisoire de la bourgeoisie n’amena que déception pour les opprimés : il ne mit pas fin à la guerre, la population souffrit toujours de la faim, et la question agraire ne fut pas réglée. C’est ce qui engagea les masses ouvrières et paysannes, ainsi que les soldats, à soutenir la cause révolutionnaire du parti bolchévik, qui seul représentait leurs aspirations et leurs intérêts. Ce parti, dont Lénine et Trotsky étaient les dirigeants, joua un rôle décisif dans la révolution d’octobre. Durant les mois qui précédèrent octobre, les Bolchéviks se battirent pour obtenir la majorité dans les Soviets, face à d’autre partis, Cadets, Menchéviks, Socialistes révolutionnaires, représentant des idées petites-bourgeoises au sein de la classe ouvrière. Les Bolchéviks convainquirent les travailleurs de leur capacité à poursuivre la lutte jusqu’à la victoire. Ils convainquirent aussi l’armée et les paysans de rejoindre la révolution.

OCTOBRE 1917 : LES TRAVAILLEURS PRENNENT LE POUVOIR

C’est cette adhésion générale des opprimés qui permit la victoire de l’insurrection à Saint Petersburg et à Moscou, en octobre 1917. Le pouvoir de la bourgeoisie, qui ne bénéficiait plus d’aucun soutien populaire, tomba sans résistance majeure face à l’insurrection armée d’ouvriers, de soldats et de matelots révolutionnaires. Les premières mesures prises par le nouveau pouvoir furent la paix immédiate, l’abolition du droit de propriété des grands possédants sur la terre, le contrôle ouvrier sur la production. Le gouvernement des Soviets fut mis en place. Si les travailleurs de Russie ont pu renverser d’abord le pouvoir du tsar puis celui de la bourgeoisie pour mettre en place leur propre état, c’est qu’ils disposaient d’un instrument indispensable : un parti révolutionnaire, le Parti bolchévik, qui a su les conduire à la victoire. La combativité, la volonté révolutionnaire n’étaient pas un cas isolé particulier à la Russie. Dans plusieurs pays d’Europe, les travailleurs exploités, opprimés, qui exécraient la guerre, se soulevèrent dans cette période. Mais ils ne disposaient pas d’un tel parti organisé et expérimenté. Cette absence conduisit la révolution européenne à la défaite. A aucun moment, les révolutionnaires russes n’ont envisagé de construire la société socialiste dans les frontières de l’URSS. La révolution à l’échelle de l’Europe puis du monde était indispensable pour venir à bout de la vieille société capitaliste. L’échec des révolutions dans le reste de l’Europe entraina l’isolement de l’URSS. La bourgeoisie tenta de reconquérir le pouvoir avec l’aide des puissances capitalistes européennes, qui entrainèrent une «armée blanche» pour combattre l’armée rouge révolutionnaire dont Trotsky fut le principal dirigeant. La guerre civile dura plusieurs années. L’armée blanche fut défaite, mais le formidable effort qui fut nécessaire pour remporter la victoire entraina un essoufflement de la force révolutionnaire. De telles difficultés permirent à une caste bureaucratique dirigée par Staline d’accéder au pouvoir. Il organisa la mise à l’écart puis peu à peu l’élimination physique systématique de toute une génération de militants révolutionnaire, celle qui avait fait 1917. Lénine était mort en 1924. Trotsky fut exilé et finalement assassiné sur ordre de Staline en 1940. Mais près de 100 ans après, cette révolution reste un magnifique exemple pour les travailleurs du monde entier. Elle montre qu’ils ont la capacité de renverser l’oppression capitaliste pour offrir à l’humanité un avenir de justice et de progrès, une société véritablement communiste. Ils ne le feront pas dans les mêmes conditions que les révolutionnaires de 1917. Mais ils en sont capables.


Burkina Faso : La rue a eu raison de Compaoré

Des milliers de personnes ont manifesté durant trois jours dans ce pays pour protester contre la révision de la constitution qui visait à prolonger la présidence de Blaise Compaoré. Ce dernier est resté au pouvoir durant 27 ans jusqu’à sa chute après ces récents événements. Le 21 octobre 2014, la colère est montée d’un cran quand les manifestants ont envahi l’Assemblée nationale. Les lieux ont été saccagés. Le président a fini par annoncer sa démission avant sa fuite. Ce sont des dirigeants de l’armée qui se sont installés au pouvoir. Le général Nabéré Honoré Traoré s’est proclamé chef du gouvernement provisoire. Mais la tension n’est pas retombée. Au cours d’une manifestation devant les bâtiments de la radio nationale, des coups de feu ont été tirés. Il y a eu des morts parmi les manifestants. L’armée a été accusée de confiscation du pouvoir. La population réclame un gouvernement civil et une transition plus démocratique. Des dissensions sont vite apparues parmi les militaires. Le général Traoré a été remplacé par le lieutenant colonel Isaac Zida. Ce dernier face à la colère de la population qui ne faiblit pas a négocié avec les dirigeants de l'opposition. Il a promis un passage de pouvoir aux civils dans les plus brefs délais. Le Burkina Faso est une ancienne colonie française. Les capitalistes français et l’État à leur service y ont des intérêts. La plus grande société qui contrôle le coton et l’industrie du textile est française. Il n’est pas étonnant que le dictateur Blaise Comparé ait été soutenu par la France pendant si longtemps. Dans cette crise, la France continue de jouer un rôle important en arrière plan pour ménager les intérêts de ses sociétés. Tout cela se joue sur fond de misère de la population prise en sandwich entre ses dirigeants corrompus et l'impérialisme français.


Mexique : l’État gangrené par la mafia.

7 étudiants-enseignants ont disparu le 7 octobre 2014, dans l’État de Guerrero, dans le sud mexicain, à la suite d’une manifestation qu’ils avaient organisée pour protester contre une réforme de l’enseignement. 14 étudiants ont été retrouvés mais les autres demeurent introuvables pour l’instant. Plusieurs manifestations ont eu lieu dans les villes du sud et à Mexico. Des témoins ont vu des policiers tirer sur les voitures qui transportaient des étudiants le jour de l’enlèvement. Certains policiers ont été arrêtés. Le président Erique Pena Nieto s’est engagé à faire la lumière sur cette affaire. Mais l’enquête s’avère difficile comme toute enquête qui a déjà eu lieu pour des enlèvements dans ce pays. Ceux-ci sont réguliers au Mexique et menés par des groupes mafieux qui extorquent des fonds aux familles. Selon une enquête, 249 personnes ont disparu entre 2006 et 2012. Ces groupes mafieux sont très puissants à cause du trafic de drogue mais parce qu’ils ont aussi des appuis au sein de l’appareil d’État. Dans un rapport intitulé «les disparus du Mexique», 149 cas comportent des éléments de preuves sur l’implication des autorités. La police a été soupçonnée la première dans l’enlèvement des étudiants mais également le maire de la ville d’Iguala qui est en fuite, actuellement recherché. Le Mexique est un pays où la population est très pauvre ce qui est la cause d’une forte émigration vers les États-Unis. Dans le contexte de crise qui frappe la population, le gouvernement veut imposer des réformes y compris contre les jeunes étudiants. Ces derniers n’ont pas hésité à protester. Mais l’État peut compter sur la mafia pour terroriser la population et les opposants. Il n’est pas neutre dans tous ces enlèvements.


Guadeloupe : Réunion publique de COMBAT OUVRIER

Pour soutenir nos deux camarades de Combat Ouvrier et du journal Rebelle Sony Laguerre et Raphaël Cécé dont le procès en appel se déroulera le 2 décembre à 14h au tribunal de Basse Terre !

-Pour protester contre le procès qui leur est fait!

-Pour appeler les travailleurs et l'ensemble de la jeunesse à les soutenir massivement et à se révolter contre l'injustice !

VENEZ NOMBEUX !

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