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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1121 du 8 novembre 2014/Troisième page

Troisième page

Brésil : Après le deuxième tour des élections présidentielles !

Le deuxième tour des élections présidentielles du Brésil a vu la réélection de Dilma Rousseff du Parti des travailleurs (PT). Avec 51,64 % des voix elle a devancé son adversaire, président du Parti social démocrate brésilien (PSDB), Aécio Neves qui était soutenu par la bourgeoisie et une partie de la classe moyenne. Cependant, celle qui a succédé à Lula qui l'a toujours soutenue, voit quand même s'effriter son électorat ouvrier et venant des classes pauvres. Ce score étriqué traduit le mécontentement des travailleurs, de la population en général face à la politique de la présidente. On se souvient des grèves et autres manifestations qui ont eu lieu avant et pendant la coupe du monde de football au Brésil. Le ralentissement des réformes, notamment les actions de rénovation des quartiers pauvres, la répression dont les habitants de ces favelas sont victimes de la part de la police, du gouvernement, comme ils sont victimes de celle des groupes mafieux de la drogue armés jusqu’aux dents, tout cela a joué. D'autre part, alors que les salaires n'évoluent pas et que le niveau de vie des travailleurs se détériore de plus en plus, les grandes entreprises capitalistes sont renflouées à coup de milliards. Face à une telle situation politique et sociale, la population a donc envoyé un avertissement fort à la présidente sortante Dilma Rousseff sans pour cela aller jusqu’à élire le candidat de l’opposition soutenu par la bourgeoisie et le patronat, Aécio Neves.


Guadeloupe : Les travailleurs de la SA-Bois Debout reçoivent le soutien
des travailleurs des autres plantations.

En grève du 10 au 15 octobre, puis en droit d’alerte et de retrait depuis le 15 octobre, les travailleurs de la SA-Bois Debout continuent leur mouvement devant le refus de la direction de la plantation de payer les salaires en dépit de l’injonction de l’Inspection du travail. Et au lieu de payer les salaires dus, la direction se livre à toutes sortes de manœuvres pour décourager les travailleurs : interventions d’huissier de justice, tentative de vente de bananes à des planteurs etc. Mais loin de décourager les travailleurs ces manœuvres accroissent leur détermination à obtenir une amélioration des conditions de travail et de sécurité de postes très éprouvants et dangereux : le transport des régimes de bananes et le travail sur les échelles (pose des sacs en polystyrène et des ficelles ; une échelle n’étant pas un poste de travail). Les autres planteurs faisaient semblant de ne pas être concernés par le mouvement des travailleurs de la SA-Bois debout - il n’y a pas pour le moment de mouvement des travailleurs chez eux- mais en fait ils le sont, car chez tous, les conditions de travail et de sécurité sont les mêmes et parfois pires qu’à la SA-Bois Debout. Mais depuis bien des choses ont changé. Tout d’abord les ouvriers de la SA-Bois Debout, accompagnés des grévistes de La Palette-Weldom-Batica, sont allés rendre visite le 3 novembre à ceux de la plupart des plantations de la région de Capesterre-B-E : SA-Dumanoir, SA Fonds cacao, SCEA Shangy, SCEA La Digue. Et le mardi 4 octobre, près de 400 travailleurs des plantations de bananes étaient rassemblés devant la SA-Bois Debout. Certains d’entre eux se sont retrouvés plus tard à Jarry pour soutenir les grévistes de La Palette-Weldom-Batica. Sentant monter la pression, les planteurs, après discussion avec la Préfète, font savoir qu’ils sont prêts à négocier un accord sur la pénibilité, en tenant compte des conclusions du rapport de l’expert du CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) de la SA-Bois Debout, accord qui sera applicable sur toutes les plantations. C’est ainsi que le 4 novembre, une rencontre a eu lieu entre le Synproban (syndicat de planteurs), les syndicats CGTG et UGTG, les seuls ayant des élus à la Chambre d’Agriculture de la Guadeloupe et une délégation des travailleurs de la banane en mouvement en vue d’une négociation. Mais la rencontre n’a pas débouché sur des négociations, les travailleurs de la SA-Bois Debout réclamant de percevoir leurs salaires avant toutes négociations. Il est à noter que les planteurs du Synproban semblent reconnaître la validité du rapport d’Expertise Indigo sur les conditions de travail dans la banane, alors que la direction de la SA-Bois Debout conteste totalement ses conclusions alors que le rapport concerne directement la SA-Bois Debout. En tout cas, à l’heure où nous écrivons, les travailleurs de la SA-Bois Debout poursuivent leur mouvement, renforcés par le soutien des camarades des autres plantations.


Martinique : les travailleurs municipaux réclament leur dû.

Depuis plus de deux semaines, les employés municipaux de Rivière-Salée, soutenus par leur syndicat, la CGTM-SOEM, sont en lutte pour obtenir d’être payés conformément au nombre d’heures qu'ils font. Ce mouvement a pris naissance avec la mise en œuvre des nouveaux rythmes scolaires dans le primaire, avec les TAP (temps d'activité périscolaire). Tout naturellement, et compte tenu du fait que des moyens nouveaux n’ont pas été attribués par le gouvernement, André Lesueur, le maire de Rivière-Salée, comme beaucoup d’autres maires, doit appliquer une disposition sans les moyens nécessaires. Le maire a donc décidé, tel un géreur d’habitation, de réorganiser les plannings de travail sans aucune concertation, sans aucune consultation. Face à cet état de fait, les employés ont fait savoir à A. Lesueur que sa décision était inacceptable et ils ont décidé de cesser le travail en demandant au maire de rémunérer leurs heures complémentaires. La municipalité, elle, refuse d’entendre les demandes des agents parce selon elle, cela se traduirait par un coût financier d'environ 230 000 euros. Et c’est là le hic. L’État a supprimé plus de 3,5 milliards d’euros aux Collectivités en 2014 et en supprimera autant en 2015. Et tout ça, pour donner de l’argent aux patrons dans le cadre du CICE (Crédit impôt-compétitivité-emploi). Le maire refuse d’exiger de l’État les moyens financiers car il est d’accord avec cette politique là, et veut se rattraper sur le dos des agents. Lesueur, face à la détermination des agents, a saisi le Tribunal pour faire condamner les grévistes, arguant du fait que l’accès à la mairie n’était pas possible. Mais il a été débouté et condamné à payer des frais d’avocat aux grévistes. En revanche, le Tribunal a ordonné une médiation qui a débuté le 31 octobre pour tenter de trouver une solution à ce conflit. Il a par ailleurs promis aux parents d’élèves de rouvrir les classes à la rentrée du lundi 3 novembre. Pour cela il a fait venir des non grévistes ou des intérimaires. Mais le lundi la pagaille dans les écoles primaires était complète et la grève continuait. Au moment où nous écrivons, les agents municipaux de Rivière Salée ne se laissent pas raconter des sornettes et exigent que leur situation change. DH : Un accord est intervenu entre municipalité et grévistes tard dans la soirée du 3 novembre.


Martinique : CHANTIERS EN LUTTE

BIOMÉTAL: NOUS SOMMES SUR LA BONNE VOIE

A Biométal au Robert, la direction parle de baisse des activités. Et pour garantir ses profits, elle veut rogner sur les avantages acquis des salariés, mais elle ne sait pas par quel bout commencer. Seulement, les salariés avec raison ne l’ont pas entendu de cette oreille. Le mois dernier, après une journée de grève, ils ont obligé la direction à leur verser une prime de 300 euros de fin d’année. C’est toujours ça de pris.

NOS SALAIRES NE SERONT AUGMENTÉS QUE PAR LA LUTTE
Pour exiger de véritables augmentations des salaires, notre véritable référence est : la hausse des prix des produits de première nécessité, des loyers, de l’eau, de l’électricité, du téléphone, des impôts, des vêtements et chaussures pour notre famille, etc. Et surtout des profits que réalisent les patrons du BTP sur notre dos. C’est par rapport à ces hausses des prix incessantes qu’il nous faut exiger l’échelle mobile des salaires. C’est-à-dire, que chaque fois que le coût de la vie augmente, nos salaires devront automatiquement augmenter. Mais c’est seulement par la lutte et tous ensemble qu’on aura satisfaction.

SEULE LA LUTTE PAYE
Les ouvriers agricoles de l’habitation Petite grenade, au quartier Belle-Etoile au Vauclin, syndiqués à la CGTM, se sont mis en grève du 22 au 27 octobre pour exiger le paiement de toutes les heures de travail effectuées. L’arrêt du harcèlement exercé contre eux par la direction. La mise en place d’un binôme, notamment pour les femmes qui travaillent dans les champs. L’abandon du remboursement d’un phare cassé sur un véhicule stationné sur le lieu du travail. La direction voulait faire effectuer ce remboursement par un conducteur d’engin… Face à leur détermination, la direction a vite été obligée de répondre favorablement à toutes leurs revendications. Un exemple à suivre.


Guadeloupe : L’ÉCHO DE JARRY

EDF CENTRALE JARRY : TOUT MOUN SÉ MOUN

Comme dans de nombreuses entreprises, les accidents du travail sont mal pris en charge à la centrale de Jarry. Mais c’est encore pire quand il s’agit des travailleurs en intérim : pour le directeur Mithois, ils ne comptent pas ? Mais sans ces travailleurs, la centrale ne tournerait pas ! Alors que Mithois, lui, on se demande bien à quoi il sert…

GADDARKHAN SOCIÉTÉ D'ENROBAGE : L’ART DU BLUFF…
Depuis plus d’un an, la direction a changé. Au départ, elle est arrivée avec de belles promesses pour les ouvriers. Mais tout ça a fait plouf : jusqu’à maintenant, les travailleurs n’ont rien vu. Comme quoi le changement n’était pas pour maintenant. Bèl pwomès pou bouché zyé ! …

UNE STRATÉGIE D’ATTAQUE CONTRE LES TRAVAILLEURS
Au contraire, cette nouvelle direction affine sa tactique qui vise à réduire les effectifs. Pour cela les petites pressions sont la base d’une stratégie pour pousser des travailleurs aux départs volontaires. Ce jeu n’amuse pas tout le monde. Quand on veut jouer, les cartes ou les dominos sont là pour ça, pas les travailleurs !


Guadeloupe : ÉCHO DE PÔLE EMPLOI

PÔLE EMPLOI SE FAIT DE LA PUB SUR LE DOS DES CHÔMEURS !
Le dernier job dating de Pôle emploi s’est tenu à Gosier. Pour nos dirigeants toujours satisfaits d’eux-mêmes, ce fut un succès. On retiendra qu’on les a vus parader à la télé. Mais de nombreux chômeurs qui s’attendaient à trouver un emploi sont repartis bredouilles et insatisfaits du peu d’offres proposées et de la mauvaise organisation. Décidément, il y a loin de la coupe aux lèvres !

ENCORE UN EFFORT !
Plus d’un millier de personnes ont parcouru les allées du hall des sports de Gosier, espérant retrouver un emploi. De peur que les demandeurs d’emploi ne répondent pas à l’appel, Pôle emploi a envoyé des convocations à des centaines d’entre eux. Parfois, certains en ont reçues deux. Il y a encore du boulot à faire pour s’organiser, à Pôle emploi.

UN SYSTÈME FAUSSÉ À L’AVANCE
Après le job dating on a appris que seules deux cent offres d’emploi étaient proposées aux chômeurs. Mais en plus, des personnes convoquées avaient été présélectionnées sur ces offres. Ceux qui sont venus spontanément, sans y être convoqués ont bien souvent constaté que les offres étaient déjà pourvues. Comme si tout était déjà décidé à l’avance. Inadmissible…

ET POURTANT, ILS CHERCHENT…
C’est devenu un lieu commun de critiquer le manque de motivation des chômeurs à rechercher un travail, comme s’ils étaient responsables du chômage. Le job dating l’a encore démontré : cette plaie sociale qu’est le chômage est un véritable cancer. Pour exiger des emplois pérennes, la seule solution sera d’imposer des embauches massives par la lutte collective des chômeurs et des salariés.


Quand la COM de Saint Martin se met à l’œuvre contre les avantages sociaux.

Des élus de la Collectivité d’Outre-mer de Saint Martin ont proposé de faire des prélèvements sur le RSA (revenu social d’activité) pour renflouer les caisses de la COM. Cette prestation qui est à la charge de la COM représente selon ces élus un financement important. Pour eux ces prélèvements obligeront les bénéficiaires du RSA à se mettre au travail. Ce sont les mêmes arguments qui ont déjà été avancés par le gouvernement qui veut taxer d’impôts ces faibles revenus. Si depuis la création de la COM en 2007 elle doit gérer elle-même le RSA sans que l’État ait fait suivre son financement, pourquoi s’en prend-elle aux plus démunis ? Il y a suffisamment de riches sur l’île, des propriétaires de bateaux de luxe et de grandes chaînes hôtelières qui peuvent payer des impôts. Mais les élus de la COM sont plus proches de ces milieux qui comptent sur eux pour des défiscalisations, que de la population.

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