Site

Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1121 du 8 novembre 2014/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : la Faculté de droit apprend aux étudiants à travailler sans salaire !

Depuis 2 ans, plusieurs dizaines d’étudiants ont travaillé dans le cadre d’enquêtes pour "Cap Excellence"(la communauté de communes Pointe-à-Pitre, Abymes, Baie- Mahault). C’est la faculté de droit et le CAGI (Centre d'analyse géopolitique et international) qui leur ont proposé ce travail. Les enquêtes sont terminées depuis longtemps. Mais fin octobre, les contrats de travail n’avaient pas été signés, et les étudiants n’étaient toujours pas payés. Ces étudiants ont fait toutes les démarches auprès des responsables de la faculté de droit, sans obtenir de réponse, alors qu’on leur doit jusqu’à 2500€. À chaque fois on leur donnait des excuses différentes : «tout ça est de votre faute», «tant que tout le monde n’a pas signé le contrat, le comptable ne peut rien faire»... Les responsables se renvoyaient tous la balle. Excédés, des étudiants concernés par ce problème ont contacté les animateurs du journal Rebelle ! Le 27 octobre, un premier tract a été distribué sur le campus de Fouillole pour dénoncer ce scandale. Le 29 octobre, les responsables du dossier à Cap Excellence ont confirmé que l’argent destiné aux salaires des étudiants avait été depuis longtemps viré à la faculté de droit. Un groupe déterminé s’est alors rendu à l’administration. C’est M. Maurin, le vice-doyen, qui les a reçus dans le couloir. Il a prétendu tout ignorer du problème, et leur a demandé de revenir à 15h. Mais après deux heures de réunion, en fin d’après-midi, les responsables n’avaient toujours rien à proposer aux étudiants. Le lendemain, ils ont alors organisé une conférence de presse, pour mettre la population au courant de l’injustice qu’ils subissaient. Et là, les responsables de l’Université ont commencé à se démener pour trouver une solution. Dès le 3 novembre, un premier groupe d’étudiants a pu signer leur contrat, et recevoir un engagement écrit qu’ils seront payés avant la fin novembre. Ceux du deuxième groupe doivent toucher leur paye avant la fin décembre. Le plus scandaleux, c’est que problème a eu lieu à la faculté de droit ! Au lieu de montrer l’exemple aux étudiants en respectant les règles, les responsables de cette faculté ont piétiné le Code du travail. Quant au Doyen de la faculté de droit, soi-disant à l’écoute des étudiants, il a brillé par son absence ! Mais les étudiants qui se sont mobilisés ont compris que c’est la détermination qui paye. Et que c’est de cette manière que les jeunes salariés de Guadeloupe, trop souvent condamnés à la précarité et aux jobs bidons se feront respecter ! Un rassemblement organisé par l'équipe du journal Rebelle ! devait être organisé le mercredi matin, 5 novembre, à 8h30 à la faculté de droit.


Brève : Après la mort du PDG de Total

Hommage "total" à l'un des représentants du capitalisme exploiteur ! Avec la présence de Hollande et de Valls, les obsèques de Margerie ont pris l’allure d’un hommage national. Les élus de gauche comme de droite y ont participé en nombre aux côtés du gratin de la bourgeoisie française, de la présidente du FMI, Christine Lagarde, et de l’Émir du Qatar. Pourquoi tant d’honneurs ? Total c'est : 10 milliards de profits, 5 milliards de dividendes annuels versés aux actionnaires, fermeture des raffineries, suppression d'emplois, pillage de l'Afrique et magouilles ! De Margerie capitaine d'industrie ou de la pwofitasyon ? Malgré tous les profits de Total, Margerie a fait en sorte que Total ne paie pas un centime d’impôt sur les sociétés pour 2013, comme pour 2012. Et si le groupe parvient encore à présenter des comptes en déficit l’année prochaine, le fisc a prévu de lui faire un chèque de 80 millions au titre du crédit d’impôt compétitivité et du crédit recherche. Aux yeux d’un bourgeois, cela en fait assurément un « grand homme ». Mais sûrement pas pour le commun des mortels.


Martinique : La «prime Roro» en suspens !

La protestation d’une catégorie des dockers affiliés au STPFF (Syndicat des travailleurs du port de Fort-de-France) a été suspendue le lundi 27 octobre. Ils réclamaient le rétablissement de la prime exceptionnelle qui leur était versée lors du débarquement des navires rouliers chargés des voitures, la «prime Roro».
Cette protestation s’était manifestée durant plus de deux semaines par un ralentissement de la livraison des véhicules aboutissant à un engorgement du parc portuaire. Le Tribunal de Grande Instance saisi par la direction, le patron manutentionnaire GEMO (Groupement d’employeurs de main d’œuvre), pour «grève illégale», s’est prononcé pour faire payer aux grévistes une astreinte de 5 000 euros par jour, au cas où la grève repartirait. Mais il laissait un délai de 2 mois pour qu’une solution soit trouvée entre dockers et employeurs manutentionnaires avant d’appliquer cette astreinte.
Les patrons manutentionnaires de GEMO n’entendent pas rétablir la prime Roro qui existait en 2010. En effet, cette prime de 0.75€ par véhicule était versée aux dockers par l’employeur Manumar en contrepartie du déchargement de 6 véhicules par heure soit 42 véhicules par jour et par personne. Cette prime avait «sauté» lors de la rédaction de l’avenant à la Convention collective des dockers employés par GEMO après la liquidation de Manumar.
Aujourd’hui les patrons exigent que la discussion de cette prime se fasse dans le cadre d’une commission de révision de la Convention collective des dockers, avec l’ensemble des syndicats. Un nouveau round de cette commission est donc prévu à une date qui n’est pas encore fixée. Les patrons ont sans doute derrière la tête d’exiger des contreparties aux dockers. Mais selon ces derniers, il s’agirait d’un simple rétablissement de la prime. En effet, pour eux, une telle prime représente par docker peu de choses en comparaison des sommes rondelettes que se distribuent les magnats de l’import-export et autres concessionnaires, qui se sucrent sur les importations de véhicules. Le mouvement est donc suspendu, mais entre dockers et patrons manutentionnaires, le bras de fer est peut être seulement reporté.


Guadeloupe : Manifestation de l'UGTG

Le 21 octobre, plus de 300 manifestants, pour la plupart des travailleurs du syndicat indépendantiste UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe) ont défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre. Ils protestaient contre les attaques que les patrons mènent contre le Code du travail, contre les licenciements, l’augmentation des charges sociales, les cadeaux fiscaux aux riches et la répression syndicale. Ils ont manifesté devant le palais de Justice contre les condamnations inadmissibles de plus de 100 militants de l’UGTG. Certains d’entre eux ont été condamnés pour avoir refusé le prélèvement ADN. L'UGTG déclare refuser que ses membres soient assimilés à des criminels et délinquants sexuels. Eli Domota, secrétaire général de l'UGTG a annoncé qu'une campagne de mobilisation sera menée durant le mois de novembre pour élaborer une plateforme de revendications de la classe ouvrière. L'UGTG réclame des négociations sur les Conventions collectives des différentes branches professionnelles, dans le but de garantir aux travailleurs de meilleurs salaires et l’application de l’accord Bino. Cette mobilisation a été renforcée par les grèves des employés des hôtels Salako et l’Auberge de la Vieille Tour. Ceux de la Pointe de la Verdure au Gosier, dont le Clipper et le Prao, ont été bloqués par les grévistes. Les militants de l’UGTG ont aussi voulu commémorer la date du 21 octobre 1801. Ce jour là, des officiers noirs dont Ignace emprisonnèrent le représentant du pouvoir français qui avait pour mission de rétablir l'esclavage qui avait été aboli en 1794. C'est le gouvernement de la Convention issue de la révolution française qui l'avait aboli, sous la menace d'extension de la révolte des esclaves qui avait démarré en Haïti.


Hommage des hypocrites à un vrai libérateur !

Le président d'Haïti, Martelly, lors de son séjour récent en France est allé au fort de Joux, dans le jura pour rendre hommage à Toussaint Louverture, le chef de l'insurrection des esclaves d'Haïti. Ce dernier fut par traitrise arrêté et déporté par le général Leclerc, beau frère de Napoléon Bonaparte, venu avec une armée pour rétablir l'esclavage en Haïti sur ordre de Bonaparte en 1802. Au fond d'un cachot, sans soins, Toussaint Louverture mourut en 1803, victime du froid et de la maladie. Mais l'armée insurgée des ex esclaves, dirigée par Jean Jacques Dessalines, eut malgré tout raison du fleuron des armées européennes, celle de Bonaparte et Leclerc. L'indépendance d'Haïti put enfin être proclamée, les armes à la main, le 1er janvier 1804 ! L'État Français ne put jamais y rétablir l'esclavage ni recoloniser directement Haïti. Martelly était accompagné d'une délégation d'officiels haïtiens et français dont la ministre de l'Outre-mer Pau Langevin. C'était un vrai ballet d'hypocrites. Voilà donc une brochette de personnalités qui s'accommodent fort bien de la grande misère du peuple haïtien, de son exploitation féroce, de tous les dictateurs qui se sont succédé dans ce pays, dont le sinistre Duvalier, et des liens affichés qu'entretient Martelly avec les milieux duvaliéristes, voilà donc tous ces gens venus rendre hommage à un vrai combattant contre l'oppression, Toussaint Louverture, en étant eux mêmes aux antipodes de sa lutte. Exploiteurs noirs du peuple haïtien, représentants noirs et blancs de l'impérialisme français et membre de son appareil d'État, ces gens là sont les descendants politiques de ceux que Toussaint Louverture combattait ! Mais quoiqu'ils en disent ce n'est pas au nom des opprimés d'Haïti qu'ils auront fait cette démarche, pas au nom des peuples noirs opprimés en Afrique et dans les Amériques, pas au nom de tous les opprimés de la terre. Ils l'ont fait pour créer des illusions sur le véritable rôle qu'ils jouent, Martelly, comme Pau Langevin : un rôle de larbins de l'impérialisme français et des suceurs de sang du peuple haïtien : la bourgeoisie haïtienne, américaine, française et internationale !

Bookmark and Share