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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1120 du 25 octobre 2014/Deuxième page

Deuxième page

"L'évaluation des politiques publiques" : de l’enfumage !

Le Comité National d’Évaluation des Politiques Publiques en Outre-mer, créé en 2009 dans le cadre de la Loi d’Orientation pour le Développement Economique en Outre- mer (LODEOM), a publié son rapport. George Pau-Langevin, la ministre des Outre-mer a comme d’habitude "phrasé", tout en cherchant à cacher la politique désastreuse et antisociale du gouvernement Hollande-Valls. Dans ce rapport, il s’agissait d’évaluer les politiques d’insertion professionnelle et d’emploi des jeunes, les politiques du logement social, les politiques de continuité territoriale, les mécanismes de formation des prix et leur niveau. Ce Comité envisage également de faire une évaluation de la politique d’immigration, et de celle de la soi- disant "sur rémunération des fonctionnaires" (les 40%). Mais dans l’article du journal France Antilles du 17 octobre sur le dit rapport, on constate qu’il n’y a pas d’évaluation. La raison est sans doute que concernant les politiques d’emploi des jeunes et de leur insertion, le chômage continue de plus belle. Depuis des années, plus de 70% des jeunes de 15-24 ans sont au chômage en Martinique et en Guadeloupe, et plus de 22 % pour ceux de 25-49 ans. Ils n’ont aucune perspective positive vers l’avenir. Sur le logement social, c’est la même chose. Pas plus tard que le samedi 18 octobre, la télévision Martinique première annonçait qu’il manque plus de 10 000 logements sociaux en Martinique. Ni les pouvoirs publics locaux, ni le gouvernement ne se soucient en priorité de cette politique sociale. Ils se soucient plutôt de mettre en place la nouvelle Collectivité Unique. Sur les mécanismes de formation des prix, on nous dit qu'il faudra «renforcer le rôle des observatoires des prix et des marges». Du vent ! La réalité c'est que les consommateurs constatent bien que le coût de la vie continue d’augmenter de plus belle et n’en peuvent plus. Quant à la politique d’immigration, elle n’aurait pas encore été évaluée. Mais là non plus il ne devrait guère y avoir de changement. La gauche a gardé la même politique répressive contre l’immigration que la droite précédemment. La question de la "sur rémunération des fonctionnaires" n'est que le vieux cheval de bataille de ceux qui veulent diviser les travailleurs pour mieux les exploiter. Par contre il n’y a aucune évaluation prévue par le dit Comité des profits réalisés par les capitalistes sur le dos des travailleurs. Voilà l’évaluation de ce gouvernement actuel. De l’enfumage sur les résultats de sa soi- disant politique sociale. La population pauvre n’a vraiment rien à en attendre. Celle-ci devra compter sur ses propres forces et se donner les moyens de s’organiser par la lutte pour imposer une politique nécessaire et utile pour elle.


Guadeloupe : affaire Ikenson Altino : un premier succès pour la défense des droits des étrangers.

Ikenson Altino est ce père de famille que la préfecture a voulu expulser le 27 septembre dernier. L’expulsion n’a pas eu lieu grâce à l’intervention de ses amis de l’association "Tèt Kolé" qui défend les droits des Haïtiens vivant en Guadeloupe. Le 20 octobre, M. Altino était convoqué au tribunal de Pointe-à-Pitre, accusé de s’être violemment rebellé le 27 septembre, et d’avoir volontairement blessé l’une des policières. Un comité de soutien s’était constitué regroupant Tèt Kolé, Travayè é péyizan, l’UGTG, la CGTG, Mouvman Nonm, Combat Ouvrier, la Cimade et la Ligue des Droits de l’Homme de Basse-Terre. Ce sont donc 70 personnes qui se sont rassemblées devant le tribunal, et qui ont accompagné M. Altino à l’audience. Un acte de désespoir Le juge s’est montré particulièrement cassant lorsque les débats ont commencé. Mais M. Altino a quand même pu expliquer ce qui s’est réellement passé le 27 septembre. C’est lorsqu’il s’est retourné, pour un dernier "au revoir" à sa femme et ses deux enfants, qu’il a pleinement réalisé que son départ allait briser sa famille. Il a alors refusé de monter dans l’avion, et tenté de mettre fin à ses jours. C’est en essayant de le raisonner qu’une des policières s’est blessée au genou. Maître Jabot, l’un des avocats de M. Altino, a démontré au tribunal qu’il s’agissait de " résistance passive" et non de " rébellion", et que la policière avait été victime d’un accident du travail, pas d’une agression. D’ailleurs, c’est ce qu’elle a dit dans ses premières déclarations, et ce n’est que dans une deuxième version des faits qu’elle parle de "coups de pieds et coups de poings". Le juge a également affirmé que M. Altino était " un délinquant", car il a été arrêté plusieurs fois pour conduite sans permis. L’autre avocate, Maître Navin, a pu expliquer que ce défaut de permis était lié au fait que M. Altino n’a pas pu faire reconnaître son permis haïtien, ni repasser le permis ici, parce qu’il était sans papiers. Mais il n’a commis aucune autre infraction, et a toujours travaillé (comme mécanicien) et payé ses impôts. Finalement, le juge a débouté les deux policières et a reconnu que M. Altino ne s’est pas rebellé le 27 septembre. Il l’a toutefois condamné à 1800€ d’amende pour avoir refusé d’embarquer dans l’avion. Dès le lendemain, le procureur - qui avait demandé 4 mois de prison ferme - a fait appel. Solidarité avec les travailleurs étrangers L’affaire n’est donc pas terminée. Et la décision préfectorale d’expulser M. Altino reste toujours en vigueur. Le comité de soutien reste donc mobilisé. Mais au-delà du cas de cette famille, qui vit ici depuis 10 ans et a deux enfants scolarisés, il ne faut pas oublier que ce sont des milliers de travailleurs qui sont condamnés à vivre clandestinement. Les lois anti-immigrés permettent aux autorités de désigner des boucs émissaires, de détourner la colère de la population en accusant les Haïtiens, par exemple, d’être responsables du chômage. Ces lois injustes permettent aussi aux patrons d’exploiter sans merci ces travailleurs, notamment dans la banane et dans le bâtiment. L’un des premiers communistes, Karl Marx, a forgé le mot d’ordre : " prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ". La solidarité avec les travailleurs de toutes nationalités n’est pas qu’une question d’humanité. C’est aussi une question vitale pour la classe ouvrière, qui doit être unie dans sa lutte contre un patronat de plus en plus avide. Combat Ouvrier continuera donc à participer pleinement à toutes les actions de défense de nos camarades haïtiens. Le parquet a fait appel le lendemain. Le procureur Guy Étienne estime que la décision ne prend pas suffisamment en compte les demandes des agents brutalisées lors de la rébellion de M. Altino.


Guadeloupe : Quand Marie-Luce Penchard se la joue : "dernier recours"!

Marie Luce Penchard, ex ministre de l'Outre- mer et maire de Basse Terre, tente de reconstruire un rassemblement de droite en Guadeloupe pour partir à la conquête du Conseil Régional en décembre 2015. Elle a appelé au rassemblement de la droite et fait signer une pétition. Molinier, le maire de Terre de Haut (Les Saintes) est aussi partie prenante de l'initiative. Mais ce n'est pas l'électorat des Saintes qui pourra remplacer celui, perdu, du Moule de Gabrielle Louis Carabin passée à gauche après l'UMP. On sait que M-L Penchard a été élue maire de Basse Terre, cette année, dans un wagon tiré par sa mère, Lucette Michaux Chevry. La maman s'étant retirée du poste de maire, elle a donc fait élire sa fille par le conseil municipal. Maman tente donc de jouer ses dernières cartes politiques au profit de sa fille qui tente, elle, de revenir au premier plan de la vie politique locale. Mais pour cela il faudrait battre l'équipe du parti socialiste local dirigée par Lurel, ce qui paraît fort peu probable pour cette année. Qu'importe ! Marie-Luce Penchard se place pour l'avenir. Si la droite repassait en 2017 elle aurait peut être un poste "national"... Mais au plan local et vu la déconfiture de la droite, l'avenir de MLP est bien compromis. Ce ne sont pas les travailleurs, les chômeurs qui s'en plaindront, car de gauche ou de droite, tous ces notables les enfoncent toujours plus dans l'impasse au profit du patronat et des milieux d'affaires.


Martinique, Les manifestants du 16 octobre ont eu raison.

Jeudi 16 octobre, le gouvernement entamait la discussion sur le budget de la Sécurité Sociale avec au programme un nouveau plan de 9,5 milliards d’économies prises dans les poches des malades, des retraités, des familles, des hôpitaux aussi. La CGTM avait décidé de s’associer à la journée d’actions et de protestations organisée en France par la CGT. Les mobilisations les plus visibles ont encore été celles des agents municipaux. Dans plusieurs communes, les écoles ou les services techniques ont été perturbés, les cantines fermées, jusqu’au service du SERMAC (service municipal d’action culturelle) qui avait arrêté ses activités pour cause de «grève générale». En fin de matinée plus de cents agents se sont retrouvés à la Maison des syndicats. Très dynamiques, ils ont manifesté dans les rues de Fort-de-France contre «les attaques portées contre la Sécu et aussi contre le blocage des salaires, l’aggravation de leurs conditions de travail et le chômage qui empire». Les agents de la Sécurité sociale ont appelé à une journée de grève. Préalablement, ils ont rencontré leur direction sur des revendications locales sur lesquelles ils ont eu gain de cause ; à telle enseigne que la direction pensait qu'ils ne feraient pas grève le 16. Eh bien non, ils ont fait grève, fermé les barrières, le directeur est venu ouvrir et tout le personnel est resté dehors ! Ceux de la CAF (Caisse d’allocations familiales) étaient eux aussi mobilisés. Ils ont organisé un arrêt de travail avec rassemblement dans le parking de leur établissement en présence de ceux de la Sécu. Il y a eu également un rassemblement devant l’hôpital Pierre Zobda Quitman à Fort-de-France. Rejoints par une délégation de salariés de la Sécu et de la CAF, les agents présents et les responsables syndicaux ont dénoncé les attaques anti- ouvrières portées contre les familles, les retraités, les hôpitaux, au travers des diminutions budgétaires de la Sécurité sociale. Les travailleurs mobilisés et les militants savaient que pour freiner le gouvernement qui rackette les salariés et les familles et donne l’argent aux riches et aux patrons, il faudra bien plus que des rassemblements. Mais en attendant, ceux qui ont protesté ensemble ce jour là, ont eu 1000 fois raison de le faire !

L’Europe ou la France » : tous unis pour faire payer la dette aux exploités

Le gouvernement français, tout comme les autres États membres de l’Europe, a envoyé à la commission européenne (à Bruxelles) son projet de budget pour l’année 2015. Le déficit public atteindra cette année 4,4% du Produit Intérieur Brut (PIB) et le gouvernement prévoit d’abaisser son déficit à 4,3% en réduisant les dépenses publiques de 21 milliards d’euros en 2015. L’État a pour objectif d’abaisser le déficit structurel, c’est-à-dire ses dépenses courantes, celles des Collectivités locales et de la Sécurité Sociale. La Commission Européenne est chargée de donner son avis, à la fin du mois d’octobre, sur le budget qui doit respecter la règle des 3% du déficit public. Si cette limite n’est pas respectée, la Commission peut émettre un avis négatif et peut aussi modifier le projet de budget en donnant ses recommandations pour abaisser le déficit. Si le gouvernement refuse de se plier aux recommandations de Bruxelles, il s’expose à des sanctions. Il est prévu par exemple une amende comprise entre 0,2% et 0,5% du Produit Intérieur Brut (PIB) soit 4 à 10 milliards d’euros. De part et d’autre, en France, on entend dire que l’État français aurait perdu sa souveraineté. Mais en réalité, les exigences de Bruxelles permettent au gouvernement de M. Valls de justifier les 21 milliards d’économies qu'il entend faire payer à la population. Par contre, il pourra continuer à servir en toute quiétude les intérêts de la bourgeoisie française. La France et l’Allemagne qui sont les États les plus puissants de l’Europe ont toujours su négocier avec Bruxelles des dérogations pour échapper à la règle des 3%, contrairement à d’autres États membres plus pauvres. En réalité, tous ces États savent s’entendre pour ponctionner toujours plus la population afin de lui faire payer la crise. D'une main, François Hollande et sa clique font les poches des travailleurs, des chômeurs et des retraités qui paieront le prix de ces restrictions budgétaires : médicaments de moins en moins remboursés, suppression des emplois publics dans la santé ou l’enseignement, augmentation des taxes comme la TVA, toutes ces mesures touchent surtout la population pauvre et les travailleurs. De l’autre main, il prend des mesures pour donner toujours plus d’argent aux capitalistes, soi-disant pour faire repartir la croissance et créer des emplois. Ainsi, il n'y a pas moins de 6000 dispositifs d’aides publiques aux entreprises, ce qui coûte à l’État 110 milliards d’euros chaque année. Tous ces dirigeants européens s’unissent pour appliquer une seule et même politique : l’austérité pour la classe laborieuse en donnant satisfaction aux intérêts d’une bourgeoisie de plus en plus rapace.

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