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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1118 du 27 septembre 2014/Troisième page

Troisième page

Femmes de ménage ou pilotes d’Air France : tous des salariés exploités!

(Nous publions ci-dessous un extrait du dernier éditorial de nos camarades de Lutte Ouvrière) Aujourd’hui, deux grèves sont révélatrices de la situation du monde du travail : celle des pilotes de ligne d'Air France et celle des femmes de ménage des grands hôtels du groupe Park Hyatt. (en France). Entre les pilotes de ligne dont la paye peut dépasser 10 000 € et les femmes de ménage qui arrivent péniblement à 1300 € en étant exploitées sans merci, il y a un gouffre. Et, pourtant, ils sont, les uns comme les autres, en grève pour des revendications similaires. Les femmes de chambre se battent pour ne plus dépendre d’un sous-traitant qui les sous-paye et s’assoit sur le droit du travail. Les pilotes sont en grève pour ne pas devenir des pilotes low cost (à bas prix) dans une filiale low cost où les salaires, les conditions de travail, voire la sécurité, seront revus à la baisse. Quand la grève des femmes de ménage nous donne une leçon de courage, la grève des pilotes de ligne est une leçon politique. Que l’on soit pilote, ingénieur ou cadre, on n’en est pas moins un salarié soumis à la politique patronale. Alors, ne nous laissons pas opposer les uns aux autres. La politique patronale a toujours consisté à diviser les travailleurs : les CDI contre les CDD, les intérimaires contre les embauchés, les ouvriers contre les employés, les ouvriers d’origine française contre les immigrés. Face au blocage d’Air France, le patronat accuse les pilotes d’égoïsme et d’aveuglement. Il trouvera toujours des travailleurs plus exploités pour les monter contre les autres. Désormais, le Medef oppose même les travailleurs… aux chômeurs. Car, comme nous l’explique son président, à cause des salariés qui s’accrochent aux 35 heures, aux jours fériés et à tous les droits sociaux, les patrons ont trop de contraintes pour embaucher. À l’entendre, ce sont les travailleurs qui seraient responsables du chômage des autres ! Cette stratégie de division a pour but de masquer la seule véritable opposition qui existe dans cette société capitaliste : celle entre exploités et exploiteurs, celle entre bourgeoisie et travailleurs. Car il n’y a pas de miracle, et surtout pas dans une période de crise. Les 15 % d’augmentation des grandes fortunes et les 30 % de hausse des dividendes ont été pris sur le monde du travail. Ils viennent de ce que tous les salariés ont vu leurs droits et leurs conditions de travail reculer à un niveau ou à un autre. Si les travailleurs ne se battent pas pour inverser le rapport de force avec la bourgeoisie, ils reculeront encore. Et ce ne sont pas les politiciens qui sont tous des serviteurs de la classe capitaliste qui l’empêcheront.


Sarkozy : "l'éternel retour" !

Toute la presse s'est largement répandue sur le retour de Sarkozy. Il a en effet annoncé qu'il briguerait le poste de président de l'UMP. Un passage par l'appareil afin d'en faire son instrument pour les élections présidentielles de 2017. Bon. Mais Sarkozy était il jamais parti ? Depuis son "départ" il est toujours "revenu" sous une forme ou sous une autre à l'aide d'un jeu savamment étudié. Il faut vraiment que Sarkozy nous prenne pour des crétins en disant : " je n'ai pas le choix", que revenir est un "devoir. Encore un peu, il nous aurait dit que, comme Jeanne d'arc, il a entendu une voix lui dire " "Nicolas, va sauver la France " ! Cet "éternel retour", fait penser au vieux film du même nom inspiré de la légende de Tristan et Yseult.... Mais Tristan meurt à la fin. Nous souhaitons juste à Sarkozy une mort politique !


Guadeloupe : VICTOIRE DES AGENTS DU SYVADE

Après une semaine de grève, les agents du SYVADE ont obtenu satisfaction. La colère de ces travailleurs couvait depuis longtemps car Rinçon, le président du SYVADE a signé deux protocoles en février 2014 l’un avec la CGTG l’autre avec l’UGTG et a décidé de ne rien appliquer. Pour se faire entendre, les agents affiliés à l’UGTG ont arrêté brutalement le travail, suivis le lendemain, pour des raisons identiques, par ceux de la CGTG. Dès le troisième jour de mobilisation, après l’annonce du regroupement des deux actions en une seule, les élus du conseil d’administration du SYVADE sont passés sur le piquet de grève commun, devant la décharge de Grand Camp. Les agents ont exigé l’ouverture de négociations sur le champ. Il s’agissait essentiellement de respecter le déroulement de carrière des agents. En effet, nombreux sont ceux qui, au mépris de tous les textes de la fonction publique territoriale, comme dans de nombreuses collectivités, ne bénéficient d’aucun avancement. Une répression sournoise a cours au SYVADE contre ceux qui sont syndiqués. Les grévistes ont donc exigé avant d’aller plus loin d’avoir l’ensemble des fiches de carrière. Il suffisait aux élus de les réclamer au prestataire chargé de tenir à jour ces fichiers. Mais le président et son équipe ont prétexté qu’il leur fallait deux jours pour réunir ces documents. Dans la foulée, Rinçon a informé la presse que les négociations reprendraient après le week end, et que la décharge était ouverte. Il n’en a pas fallu plus pour que les grévistes durcissent le mouvement et campent sur le piquet tous les jours précédant la négociation. La détermination des agents a donc payé. Le conseil d’administration a fini par repositionner tous les agents en tenant compte des accords signés et en produisant les arrêtés en bonne et due forme. L’accord a aussi porté sur l’amélioration des conditions de travail. Face à ces élus qui ne respectent que le rapport de force, les agents du SYVADE ont décidé de rester vigilants jusqu’à l’application intégrale du nouvel accord.


Guadeloupe : La réforme des rythmes scolaires : Pour le Recteur tout va très bien !

Pour cette rentrée scolaire 2014/2015, la grande nouveauté est la généralisation de la réforme des rythmes scolaires à toutes les écoles primaires. Avec cette réforme les écoliers auront classe 4 jours et demi. La demi-journée supplémentaire a lieu en général le mercredi matin. Le but de cette réforme selon le ministère est d’alléger la journée pour les enfants afin de favoriser les apprentissages de certaines matières à des heures où ils sont plus réceptifs. La plupart des écoles ont choisi la fin des classes à 15h15 ou 15h30 et le mercredi matin à 11h ou 10h30 pour certaines. Pour les parents c'est un véritable casse-tête car bien entendu les entreprises n’ont pas aménagé leurs horaires en fonction de l’école. Les maires ont donc mis en place ce qu’ils appellent des activités périscolaires mais là où le bât blesse, c’est que le prix à payer est variable selon les capacités financières des communes. Ainsi, pour Pointe-à-Pitre par exemple qui a appliqué la réforme dès la rentrée 2013, les parents doivent payer un forfait de 10 €/an. À Goyave les activités sont gratuites. Par contre dans d’autres communes, comme par exemple Baie-Mahault, il faut payer 5€ par mois pour le premier enfant et 4 € pour le deuxième. Aux Abymes il faut payer 8 €/mois et par enfant, au Gosier c’est 6€ par mois. Le prix à payer varie en général de 5 à 15 € par enfant selon les communes. Toutes ces sommes représentent un budget supplémentaire pour les parents, d’autant plus qu’ils doivent payer en plus la cantine et la garderie car bien souvent les enfants ne sont pas récupérés avant 17h30, voire 18h. Alors en fait d’allègement de la journée, pour les enfants c’est toujours la même amplitude du moins pour ceux qui ont des parents qui travaillent. L’État a proposé une aide appelée fonds d’amorçage de 50 €/enfant scolarisé (90 € en Outre-mer) pour permettre aux municipalités de faire face à la dépense car il faut payer les intervenants qui animent les activités périscolaires mais l’aide est insuffisante pour permettre aux communes de supporter ces dépenses supplémentaires. Cette réforme décidée par le gouvernement permet à l’État de se désengager financièrement pour des activités qui se font normalement sur le temps scolaire. Ce sont encore les parents qui doivent mettre la main à la poche et supporter les coûts supplémentaires. C’est l’Éducation Nationale qui aurait dû prendre en charge les activités périscolaires, donner plus de moyens en personnel aux écoles, mais on constate que cette réforme creuse les inégalités entre communes riches et communes pauvres. Les plus riches peuvent proposer des activités gratuites diversifiées et intéressantes pour les enfants et les autres se contenteront de faire de la garderie bien souvent par un personnel municipal non formé pour cela. Beaucoup de parents se plaignent car les activités n’ont commencé qu’à partir du 15/09/14 dans la plupart des communes et beaucoup d’associations font pour le moment de la garderie car elles n’ont pas le matériel nécessaire. Cette réforme décidée et voulue par le gouvernement soi-disant socialiste de Hollande ne fait pas l’unanimité et certains maires rechignent à l’appliquer surtout en France dans les petites communes. La réforme ne doit pas faire oublier tous les autres problèmes rencontrés par les enseignants en matière de conditions de travail, d’effectifs insuffisants. Ce n’est donc pas l’intérêt des enfants qui a été pris en compte et c’est encore une façon pour l’État de se désengager sur le dos des communes qui sont étranglées financièrement.

Martinique : Mobilisation victorieuse des chauffeurs de SOTRAVOM

Des chauffeurs de SOTRAVOM (Société de transport des voyageurs de Martinique), une des entreprises chargées du transport de passagers en zone CACEM (Communauté d'agglomération du centre de la Martinique : Fort-de-France, Schœlcher, Lamentin, Saint-Joseph), ont entamé un mouvement de grève de 24 heures reconductible le vendredi 19 septembre avec le soutien de leur syndicat CSTM (Centrale syndicale des travailleurs martiniquais) suite à un préavis déposé le 11 septembre. Ces salariés ont dû se mobiliser pour obtenir de la direction de cette entreprise la satisfaction de divers points comme la date de versement des salaires, les congés payés, le paiement des heures supplémentaires effectuées, ou encore les conditions de travail. S’agissant de ce dernier point, chauffeurs et passagers se plaignaient de la température à l’intérieur des bus pourtant neufs. La raison ? Des courroies actionnant le système de climatisation avaient été déconnectées. Effet attendu par la direction ? Une économie sur la consommation de carburants. Qu’importe le confort des passagers. Cela poussait ces derniers à manifester leur mécontentement aux chauffeurs qui ne disposaient même pas de système de sécurité anti-agression dans ces bus neufs. Face à la détermination des chauffeurs, une réunion s’est tenue à la CACEM entre les chauffeurs et leurs délégués et des représentants de SOTRAVOM, de la CACEM, de la direction du travail. Un accord a été signé le soir. Durant cette journée, les usagers des zones desservies par SOTRAVOM ont été pénalisés par ce mouvement à cause des calculs et de l’attitude des dirigeants de cette entreprise. Mais la détermination des chauffeurs a conduit ceux-ci à comprendre qu’il valait mieux ne pas résister.

RÉUNION PUBLIQUE DE : COMBAT OUVRIER

Vendredi 10 octobre salle Rémy Nainsouta à Pointe à Pitre à 19H. Thèmes : 1)-La situation politique et sociale en France (dont la montée du Front national, ses causes et conséquences) 2)-La situation politique et sociale en Guadeloupe et en Martinique 3)- La montée de l'islamisme radical : causes et conséquences

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