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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1118 du 27 septembre 2014/Première page

Première page

Editorial : La barbarie des djihadistes et celle de l 'imperialisme

ZoomL'otage français Hervé Gourdel, kidnappé il y a quelques jours a été décapité en Algérie par un groupe terroriste affilié aux milices de "l'État Islamique" (l'EI) ou "Daech" qui occupent une partie de la Syrie et de l'Irak. La vidéo de cette exécution barbare indique qu'elle est dirigée particulièrement contre l'Etat français dont les avions de chasse ont commencé à bombarder les positions de l'EI en Irak. Cet assassinat, par décapitation, d'un otage français rejoint ceux, récents, de deux journalistes américain et britannique sauvagement décapités eux aussi pour les mêmes raisons : l'intervention de la coalition contre les positions de l'EI. Oui, ces assassinats d'otages occidentaux sont barbares et rien ni aucune cause ne peuvent les justifier. De même, l'est aussi, l'appel lancé par L'EI de tuer des Français ou des Américains innocents partout où les terroristes auraient l'occasion de le faire. Tout cela est la suite de la politique des milices terroristes se dénommant EI. Elles imposent aux populations du territoire conquis une dictature moyenâgeuse, décapitant, coupant les mains réduisant les femmes en esclavage. Mais il n'y a rien à attendre de bon des interventions militaires de l'impérialisme occidental appuyées timidement par quelques pays arabes. Aucune solution ne viendra jamais des pays impérialistes car ce qui se passe aujourd'hui au Moyen-Orient, en Irak en Syrie est le produit de la politique impérialiste depuis plus d'un siècle dans cette région. Les seigneurs de guerre de l'EI et autres "djihadistes" radicaux sont les produits directs de la politique des grandes puissances américaine, française et britannique qui entretiennent des guerres en permanence pour les intérêts financiers et pétroliers des grandes sociétés capitalistes. Outre le tracé de frontières imposées par Paris et Londres il y a un siècle, les états impérialistes occidentaux, dont la France n’ont cessé de soutenir puis de lâcher la dictature des Assad père et fils, celle de Saddam Hussein, de jouer l’Iran contre l’Irak, les Chiites contre les Sunnites, ou l’inverse. Depuis 30 ans, la population irakienne est martyrisée comme le sont les Palestiniens depuis 60 ans. Les nouveaux bombardements américains et français stopperont peut-être la progression des milices de l’EI ; ils sécuriseront peut-être les champs de pétrole mais pour les Irakiens ou les Syriens de toutes confessions religieuses, pour les Kurdes, cette nouvelle guerre ajoutera le chaos au chaos et la barbarie à la barbarie. Depuis au moins 1991 et la première guerre d’Irak, c’est le bilan de toutes les guerres et interventions occidentales. L'EI a fait son apparition en Irak après la guerre déclenchée par les Etats -Unis contre l'Irak en 2003 et des années d'occupation militaire. Et, si aujourd'hui certains jeunes des banlieues françaises se laissent influencer par la propagande djihadiste c'est parce qu'ils sont désespérés, sans perspective, victimes du chômage. Les puissances occidentales créent elles-mêmes les conditions du chaos et de la désespérance aussi dans leurs propres pays. La crise économique et sociale qui en est la cause est due à la rapacité des requins de la finance et du grand patronat. Ils trouvent aujourd'hui en Hollande-Valls-Fabius comme hier en Sarkozy-Fillon-Juppé leurs serviteurs politiques zélés. Il faut changer ce monde. Mais ce changement ne pourra venir que des travailleurs, des opprimés, ceux des pays impérialistes comme ceux des pays opprimés du Moyen-Orient et d'ailleurs. "Not in my name" : "pas en mon nom", c'est le slogan lancé par des milliers de jeunes musulmans contre l'EI sur les réseaux sociaux. Mais ce sont tous les travailleurs, la jeunesse des puissances occidentales qui devraient aujourd'hui reprendre ce slogan mais dans les rues et dans les luttes, à l'adresse de leurs gouvernements et du grand patronat en s'opposant massivement à leur politique.


La grève des pilotes d'Air France concerne tous les travailleurs

Au moment où nous écrivons, malgré les pressions, les pilotes d'Air France tiennent bon et continuent leur grève et avec 60 % de vols annulés, cela s'est vu ! Pourquoi accepteraient-ils des conditions de travail plus dures, le chantage au transfert ou à l'alignement vers le bas ? Surtout quand ceux qui reprochent aux pilotes leurs salaires sont payés plus qu'eux. À commencer par le PDG d'AF, De Juniac, payé près de 100 000 € par mois, 40 ou 50 fois notre paye ! On est tous attaqués. Les pilotes réagissent, ils ont raison! (le texte est extrait du bulletin de lutte ouvrière à l'aéroport de Roissy)


Martinique : Grève des agents municipaux : un succès.

En cette rentrée scolaire, les agents municipaux affiliés à la CGTM-SOEM ont tapé fort. Le mardi 16 septembre, ils démarraient la grève dans la plupart des municipalités de l’île et ils sont restés mobilisés jusqu’à la fin de semaine pour obtenir des résultats sur leurs revendications. Le mardi 16 septembre ils ont installé des piquets de grève devant certaines mairies et écoles. Les cantines ou les services techniques n’ont pas fonctionné. Puis les grévistes sont descendus des communes vers Fort-de-France en «opération molokoy» (tortue). Ils se sont rassemblés au stade de Dillon puis sont descendus en manifestation jusqu’à la préfecture à Fort-de-France. Leur détermination pour arracher leurs revendications et aussi pour que les maires respectent enfin leurs engagements était forte. En effet, la liste de leurs revendications était connue des maires. La mauvaise organisation de l’application de la réforme des rythmes scolaires a bien évidemment mis le feu aux poudres. Les personnels se voyaient imposer du jour au lendemain des modifications substantielles de leur emploi du temps et certaines fois de leurs responsabilités, sans même une réelle concertation avec leurs représentants. Il s’agissait aussi pour eux d’exiger le respect de différents accords signés à la suite de mobilisations précédentes. Les accords de 2013 concernent les conditions d’organisation d’examens permettant aux agents les plus mal rémunérés de changer de grade et donc de pouvoir toucher une retraite moins ridicule après des dizaines d’années de service ou bien la mise en application d’une loi datant de 2001 sur les risques professionnels dans les Collectivités territoriales. Ils revendiquaient également la participation des municipalités au paiement de leur mutuelle comme le prévoit une loi depuis 2008. Le préfet interpellé leur a répondu qu’il saisirait les maires sur ces questions… Affaire à suivre donc. Dans certaines communes, la grève a été plus longue qu'ailleurs. Cela a été le cas notamment à Schœlcher, à Saint Joseph ou au Lamentin. A chaque fois, il leur a fallu de longues négociations pour arracher des améliorations de leur situation, mais aussi de nouvelles garanties, de nouveaux calendriers sur les différents accords qu’il leur faudra faire respecter. A Case Pilote, ils s’opposent à la diminution de 30% de leur prime pour raison budgétaire. Et là, ils ont encore des rendez-vous cette semaine. En tout cas, les municipaux ont une fois de plus dit NON aux discriminations, au manque de respect des accords signés et ont montré qu’ils refusaient d’être victimes des restrictions budgétaires. Ils savent qu’il leur faudra rester vigilant. C'est un bel exemple pour les salariés qui dans la plupart des secteurs ont à faire face aux mesures restrictives du gouvernement au service du patronat.

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