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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1117 du 12 septembre 2014/Première page

Première page

Editorial : Hollande-Valls et leurs serviteurs Outre-mer toujours plus au service de la bourgeoisie !

Les parlementaires des Outre-mer étaient invités le 10 septembre dernier par  leur ministre, Pau Langevin. Le Premier ministre, Manuel Valls, s'y est invité. Ce dernier fait feu de tout bois ces temps-ci pour s'assurer une majorité le 16 septembre lorsqu'il engagera la responsabilité de son gouvernement devant l'assemblée nationale. En effet, un vote négatif entrainerait sûrement sa démission et celle du gouvernement. Il apparaît qu'on n'en serait pas encore là.... du moins pour l'instant... Il aurait quand même une majorité, sauf accident... Les députés socialistes  "frondeurs" ont déclaré qu'ils s'abstiendraient.  Quant aux  députés des Outre-mer et en particulier ceux de Martinique et Guadeloupe socialistes ou apparentés, ils s'alignent totalement sur la politique de Hollande-Valls. Aux Antilles aucune voix  discordante de parlementaire  n'est venue troubler la politique de Hollande-Valls en faveur du patronat.
Le 10 septembre à la rue Oudinot, Pau Langevin et Valls  ont laissé entendre que le budget des Outre-mer serait  augmenté. Que le pacte de responsabilité aura bien son correspondant en Outre-mer... Et l'inévitable bla bla : "stratégie santé, social éducation",  "plan pour la croissance et l'emploi"... des généralités, des mots  pour rassurer les parlementaires d'Outre-mer.
Le maître mot du gouvernement en France comme dans les Outre-mer reste ce "pacte de responsabilité". Il s'agit  de 50 milliards qui devraient être versés en tout aux patrons d'ici 2017 au nom de la lutte contre le chômage. Mais jusqu'à présent, avec la moitié de cette somme déjà versée au patronat, ce dernier, lui, n'a donné ni promis aucune contrepartie, notamment sur les embauches. Le MEDEF confirme que le pacte de responsabilité n'aura pas "d'effet immédiat". Plus le gouvernement multiplie les actions en  faveur de patrons, plus ces derniers en redemandent. Les grands patrons ne recherchent que le maximum de profits et bien payer les actionnaires de leurs groupes. De ce côté là, oui, ça marche ! Par contre les travailleurs, eux, s'appauvrissent et les familles ouvrières tirent le diable par la queue, le chômage augmente, la pauvreté aussi. Dans les Outre-mer, aux Antilles, à la Réunion le chômage explose. Rien d'efficace n'a été fait contre ce chômage, pas plus par la droite que par la gauche au pouvoir. Les vols à main armée ou pas, les fusillades dans les quartiers populaires, les règlements de compte entre bandes de jeunes, l'augmentation alarmante des jeunes emprisonnés, tout cela est en grande partie la conséquence  du chômage de masse. Le chômage  a des conséquences désastreuses sur l'ensemble de la vie sociale...
 Et c'est avec le silence ou les protestations très feutrées des directions syndicales nationales françaises  que la  gauche socialiste au pouvoir  puise largement dans les poches des travailleurs pour arroser les patrons de milliards. Ces directions syndicales sont constituées d'un nombre important de militants du parti socialiste et communiste français qui ne veulent pas gêner le gouvernement et qui donc prêchent aux travailleurs la patience et l'attentisme.
Les dirigeants des grands syndicats français sont des agents de la bourgeoisie en milieu ouvrier. Ces derniers servent de tampon de chloroforme entre le pouvoir, la bourgeoisie et les travailleurs.
Le dernier rapport de la banque mondiale fait état de la crise du système capitaliste en comptant 100 millions de chômeurs dans les pays du G20 (c'est à dire les pays les plus riches) et 447 millions de "travailleurs pauvres" vivant avec moins de deux dollars par jour. Ce rapport affirme aussi que les inégalités se creusent. L'avenir est sombre pour les travailleurs et l'ensemble des exploités.
Ces derniers n'auront pas d'autre choix pour s'en sortir que de  compter  sur eux-mêmes, de s'organiser eux-mêmes. Un parti ouvrier révolutionnaire des travailleurs indépendant de la bourgeoisie et de toutes ses ramifications est une nécessité vitale et urgente !


Hollande à la Réunion : un nouveau panier de cadeaux au patronat d'outre-mer

François Hollande, de passage à la Réunion le 21 août dernier, s’est présenté en qualité de commis des capitalistes, comme il le fait lors de chacun de ses déplacements à l’étranger ou dans les DOM. Il n’a annoncé aucune mesure contre le chômage qui ronge la société réunionnaise, mais aussi tout l’Outre-mer. Il s’est contenté d’abaisser de 25 à 10% le taux de participation des collectivités au financement des «contrats avenir», contrats précaires qui concernent quelques centaines de jeunes. Rien non plus pour relever le pouvoir d’achat des travailleurs ou des retraités. Rien dans les annonces de François Hollande ne laisse entrevoir une quelconque amélioration des conditions de vie des travailleurs.
Les seules mesures concrètes annoncées par Hollande sont celles contenues dans le «pacte de responsabilité» du gouvernement c’est-à-dire les milliards qui sont destinés au patronat. Pour les DOM, le CICE Outre-mer (crédit d’impôt compétitivité emploi) sera augmenté de 50%, passant de 6% à 9% d’ici 2017, soit un apport supplémentaire de 160 millions d'euros aux patrons des Outre-mer.Hollande a même confirmé aux capitalistes réunionnais qu’ils pourront cumuler les cadeaux spécifiques à l’Outre-mer existants avec les avantages du pacte de responsabilité.
Cette déclaration est aussi valable pour le patronat de Martinique. Et ce dernier a d’ailleurs confirmé qu’il a reçu ce message avec satisfaction.
Pour ce qui est de l’utilisation de ces cadeaux, notamment pour la création d’emplois, Hollande s’en remet à la bonne foi des patrons, à leurs «responsabilités». C’est une façon d’avouer sa servilité devant les capitalistes.
Par contre, la pension des retraités percevant moins de 1200 euros, ne devrait pas augmenter normalement parce que le gouvernement n’a toujours pas pris le décret nécessaire pour sa revalorisation. Et l’ensemble des retraites supérieures à 1200 euros restent gelées jusqu’en octobre 2015 pour générer 1,3 milliard d’économies.
Et face à toutes ces mesures favorables au patronat, tous les élus locaux, de droite, de gauche ou indépendantistes qui s'en sont félicités sont complices de cette politique qui favorise toujours les plus riches au détriment des classes populaires.
 


Le gouvernement hollande fait la chasse aux chômeurs

Le ministre du travail François Rebsamen a soulevé l’indignation de bien des chômeurs et d’une grande partie des salariés, en affirmant que Pôle emploi doit renforcer ses contrôles des demandeurs d’emploi. Il s’est justifié en opposant les chômeurs qui effectuent une recherche active à ceux qui selon lui resteraient chez eux sans rien faire. Ces déclarations sont apparues même pour les journalistes comme une nouvelle attaque inadmissible contre les salariés les plus faibles, à l’heure où le chômage et la précarité ne cessent d’augmenter et touchent plus de 5 millions de personnes.
Décidemment, ce gouvernement continue à défendre servilement les intérêts des patrons. C’est d’autant plus écœurant qu’aucun contrôle des fonds versés au patronat n’est effectué ! Valls a confirmé qu’il ne demanderait aucune contrepartie au patronat aux 50 milliards du Pacte de Responsabilité. Après le tollé créé par ces déclarations, Rebsamen s’est bien gardé d’en rajouter.
 Pourtant, les nouveaux contrôles sont déjà en expérimentation depuis une année dans trois Régions de France à Pôle emploi. Et ce qui est désormais à l’ordre du jour, c’est l’extension de ces expérimentations à l’ensemble du réseau des agences de Pôle emploi. Ainsi, un nouveau corps de conseillers contrôleurs sera mis en place pour faire ce boulot. Et comme d’habitude, pour vendre sa marchandise, Pôle emploi l’emballe sous des couleurs attractives. Le contrôle est présenté comme un moyen de «réveiller» des chômeurs qui n’ont pas créé de compte personnel sur internet, qui n’ont pas déposé leur CV en ligne et pas envoyé de candidatures spontanées sur le net. Les contrôleurs convoquent ces chômeurs pour soi-disant leur apprendre de nouvelles méthodes de recherche et les redynamiser.  
En réalité l’objectif non avoué de tout ce cinéma, c’est de radier le maximum de chômeurs qui n’effectuent pas de recherche dite active ou refusent des offres au rabais ! En Guadeloupe, les radiations ont augmenté. C’est l’une des recommandations données aux directeurs d’agence car pour la direction, ce chiffre serait trop peu élevé ! A défaut de diminuer la courbe du chômage en aidant les chômeurs à retrouver un travail durable, le gouvernement préfère s’attaquer encore une fois aux chômeurs. Les agents qui sont en première ligne devant les demandeurs d’emploi risquent d’en payer les contrecoups par plus d’agressivité des usagers.

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